Hachette Littératures

  • La France, pays de manifs et de contestation, a un savoir-faire inégalé dans le domaine du maintien de l'ordre. Emeutes 2005, fronde anti-CPE 2006, comment le pouvoir a-t-il fait face à ces événements majeurs ? Comment l'Etat use-t-il du monopole de la violence qui lui est accordé ? Comment gérer une violence sociale elle-même plus ou moins acceptée, plus ou moins reconnue ? Comment ne pas provoquer un désordre plus grand quand le droit de manifester est inscrit dans la Constitution ? Quels sont les choix politiques qui vont conduire les forces de l'ordre soit à « encadrer », soit à « repousser », soit à interpeller les contestataires, selon les lieux, les époques, les effets souhaités ? Car, c'est ce que révèle ce livre : derrière chaque coup de matraque se niche une consigne, un ordre, une doctrine. Le maintien de l'ordre, savoir-faire de la police française et instrument politique : c'est tout l'enjeu de cette enquête, qui revient sur plusieurs moments forts de ces dernières années où le pouvoir fut sérieusement contesté et en dévoile les coulisses. C'est aussi, en creux, le portrait d'un certain... Nicolas Sarkozy, qui avait justement fait des forces mobiles d'intervention le pivot de toute sa pensée policière. Fruit de plus d'un an de travail, cette enquête donne la parole à des dizaines de témoins, côté ordre et côté désordres. Du casseur aux plus grands patrons actuels de la Police, du syndicaliste au responsable des RG, des organisateurs de manifestations sauvages à Claude Guéant, l'intime lieutenant du nouveau président de la République.

  • mikheilSAAKACHVILI
    avec Raphaël Glucksmann
    Je vous parle de liberté
    Au coeur du mois d'août2008, la guerre entre la Russie et la Géorgie projette Mikheil Saakachvili, jeune président de quarante et un ans, au coeur de l'actualité mondiale.
    L'ennemi public numéro1 de la Russie s'explique enfin sur sa vie, ses projets, ses rêves et la crise internationale actuelle.
    Pourquoi a-t-il choisi la confrontation avec la superpuissance russe en attaquant l'Ossétie du Sud? Est-il tombé dans un piège ou n'a-t-il fait que stopper une invasion en cours? Est-il comme le prétend le Kremlin un agent de l'Occident? Que veut-il réellement pour son peuple? Se considère-t-il toujours comme un révolutionnaire? Et qui est vraiment Vladimir Poutine?
    À toutes ces questions, et à beaucoup d'autres, Mikheil Saakachvili répond sans détour: révélations sur le déroulement de la guerre d'août2008, clarifications sur ses liens avec Israël, George Bush, George Soros et la CIA, retour sur ses premiers démêlés avec le KGB lorsqu'il était étudiant à Kiev et Tbilissi, décryptage de la Révolution des roses, récit ému et drôle de ses années en France et aux États-Unis.
    «Pour vous l'Occident est un mot vague. Pour moi, il a toujours eu ce parfum de liberté qui donne sens à une vie», déclare Saakachvili. C'est un homme pétri de nos valeurs et de nos traditions qui s'exprime ici, avec une liberté de ton rarissime chez un chef d'État en exercice.

  • L?immigration est devenue en France un objet essentiel de controverse politique. Cet ouvrage, dirigé par Benjamin Stora et Émile Temime, rassemble les contributions de quatorze des meilleurs spécialistes des questions migratoires. Il présente l?état de la recherche aujourd?hui, selon trois grandes parties : les politiques de l?immigration, les problèmes économiques et sociaux rencontrés par les immigrés et enfin les représentations de l?immigration.
    La succession des statuts, lois et décrets définissant la place des étrangers n?a cessé de scander les politiques suivies, ne permettant pas toujours d?accueillir dignement les immigrés.
    La place croissante des femmes dans l?immigration, l?accélération des migrations du travail, la mondialisation du marché ont profondément transformé, en France comme en Europe, les flux et les modalités des mouvements migratoires. En ce début du XXIe siècle, les notions comme « intégration » ou « assimilation » sont remises en question. Ces débats révèlent les tensions entre modèle républicain français et dérives communautaires, réelles ou supposées.

  • Stéphane Clerget
    Danièle Laufer
    LA MõRE PARFAITE,C'EST VOUS
    Toutes les femmes ont en tête l'image d'une mère idéale à laquelle elles s'efforcent de ressembler. Mais oubliant que cet idéal est un fantasme, elles se culpabilisent de ne pas être à la hauteur. Dans la réalité, les choses sont beaucoup plus simples: pour un enfant, la mère parfaite, c'est toujours la sienne.
    Stéphane Clerget est pédopsychiatre.
    Danièle Laufer est journaliste, chef du service psycho au mensuel Bien dans ma vie.

  • On a longtemps pensé que l'ère des villes était close : la post-modernité les aurait entraînées dans la déroute de l'industrialisation, de l'urbanisme planifié, de la centralité administrative, au profit d'une prolifération urbaine qui déborde de toutes parts, de la multiplication des réseaux, de l'effacement des territoires devant les flux. Or ce livre montre l'inverse : non seulement les villes persistent, mais elles renforcent leur identité et leur emprise. Qu'elles mettent en avant leur patrimoine ou qu'elles renouvellent la fonction capitale, les villes imposent plus que jamais les formes de la nouvelle civilisation urbaine : il y avait 800 millions d'urbains en 1950, 5 milliards sont prévus en 2030. Mais la ville, c'est aussi la mondialisation en acte : le développement de l'emploi, l'équilibre social résidentiel, la sécurité des habitants, la gestion des mobilités, la sauvegarde de l'environnement s'affirment comme des objectifs communs à toutes les grandes villes contemporaines, du Nord comme du Sud, quels que soient leurs niveaux de développement économique ou leur mode de gestion politique. Plus compactes, nos villes sont aussi plus vulnérables, au point de devenir parfois la cible de nouvelles formes de terrorisme. Comment dès lors parvenir à un gouvernement de la ville qui sache assumer ces défis tout en faisant droit à des exigences de participation renouvelées des habitants ?

  • 00 h 44, le 21 janvier 2006, à Bagneux, les policiers localisent pour la dernière fois le portable d'Ilan Halimi, jeune homme de vingt-trois ans, sans histoire, employé dans un magasin de téléphonie mobile. Le lendemain, une demande de rançon parvient à son amie par l'intermédiaire d'une boîte mail anonyme. Commence alors une incroyable, et malheureusement vaine, traque policière. Trois semaines de filatures, de tâtonnements, de fausses pistes et d'opérations ratées, avec d'un côté la crim, la prestigieuse brigade criminelle de Paris, et de l'autre une bande de jeunes, le « gang des barbares », menée par Youssouf Fofana. Le 13 février, Ilan est retrouvé nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Incapable de s'exprimer, il est mort pendant son transfert à l'hôpital. Trois semaines décortiquées dans ce livre, heure par heure, pour essayer de comprendre cet échec douloureux, le premier essuyé par le 36 quai des Orfèvres dans une affaire de kidnapping. Comment des jeunes férus de technologie ont-ils pu manipuler les meilleurs flics de France ? Pourquoi ces derniers ont-ils décidé de rompre le contact avec les ravisseurs au bout de deux semaines ? Pourquoi ne pas avoir réussi à les localiser plus tôt ? Pourquoi n'avoir diffusé les portraits-robots qu'après la mort d'Ilan ? Témoignages d'officiers anonymes, entretiens officiels, reconstitutions, une enquête au coeur d'un ratage policier...

  • À partir de témoignages, d'entretiens, de rapports internes, Pierre-Edouard Deldique mène une enquête au coeur de l'ONU. Ses dépenses - salaires, missions, ou simple fonctionnement - sont exorbitantes, pour un résultat rarement à la hauteur. Car les interventions de l'ONU s'avèrent peu efficaces : son organisation bureaucratique en fait une machine à produire des rapports, à décourager les bonnes volontés, à geler des situations internationales sans dénouer les problèmes. C'est tout le fonctionnement de la grande organisation internationale qui est à revoir. D'une plume alerte, maîtrisant un dossier complexe et riche d'informations puisées à la source, l'auteur explique les logiques propres des différents États qui utilisent l'ONU pour mener leur propre politique à tel point que depuis 1990 et l'invasion du Koweït par l'Irak, elle n'a pas su développer une action autonome. L'intervention américano-britannique en Irak en 2003 a encore une fois souligné les faiblesses, voire l'inutilité, de l'organisation internationale. Si quelques pays appellent de leurs voeux une réforme, d'autres souhaitent avant tout ne rien changer.
    Pierre-Edouard Deldique soulève une question capitale des relations internationales : alors que la mondialisation économique est généralisée, comment les États vont-ils assurer le dialogue entre eux pour éviter l'instauration d'une société internationale purement réglée par les rapports de force ? En d'autres termes, l'ONU a-t-elle encore un rôle à jouer ?

  • Milana a 27 ans et son histoire tient du miracle. Miracle d?avoir survécu aux deux guerres de Tchétchénie (1994-1996 et depuis 1999) et aux rafles qui ont emporté tant de ses proches. Miracle d?être passée de son petit village natal, à trois heures de route de Grozny, à l?école de journalisme de Sciences-Po Paris. C?est ce parcours hors du commun qu?elle nous raconte dans son livre, à la fois journal intime et journal de guerre, où défile toute l?histoire récente de ce pays meurtri, à travers mille et une anecdotes vécues. Le départ précipité de son petit village sous les bombardements, les journées dans la fac de Grozny encerclée par l?armée, la vie de famille, les amis qui disparaissent, les allers-retour en Ingouchie pendant les attaques, l?arrivée à Paris, les rapports avec les russes, etc. C?est aussi un combat pour la dignité, qui passe par son souci de rester belle, élégante, en toutes circonstances. On découvre le regard que porte sur la France cette jeune fille qui pourrait ressembler à une jeune parisienne mais qui n?a presque connu que la guerre, cette guerre sur laquelle l?Occident continue de fermer les yeux. C?est aussi pour briser ce silence que Milana a tenu à publier ce livre avant de repartir vivre dans sa chère Tchétchénie

  • La République parviendra-t-elle à relancer l'ascenseur social ? En 2001, Sciences-Po bouscule le petit monde des grandes écoles en établissant des partenariats avec des lycées des zones défavorisées, banlieues à l'abandon, petites villes des régions en crise, monde rural oublié. Trop longtemps à la porte, les enfants de la France du bas voient enfin s'ouvrir le temple de l'élite républicaine. Scandaleux pour les uns, superficiel ou démagogique pour les autres, le programme des Conventions éducation prioritaire ouvre la brèche dans une France bloquée. Les talents jusque-là ignorés par le système peuvent enfin être reconnus et valorisés. Ce livre fait le point sur une expérience qui s'impose comme un modèle pour les autres pays. À travers les témoignages de ces élèves d'un nouveau genre, l'auteur brosse le portrait d'une jeunesse appelée à faire elle aussi la France de demain. Il retrace également l'épopée collective d'une réforme laboratoire qui constitue un effort concret en faveur d'une véritable égalité des chances.

  • La ménopause est un phénomène biologique universel ; sa représentation sociale ne l?est pas.
    En Occident s?est longtemps imposée une image négative de la ménopause. Il y a quelques années encore, certaines publicités vantaient les traitements hormonaux avec ce slogan : « Pour que la femme reste femme ». Elle ne le serait donc plus ?
    Dans d?autres sociétés, au contraire, l?arrêt des règles signe un épanouissement social, amoureux, érotique des femmes, parfois même leur confère un pouvoir réel.
    Qu?en est-il vraiment, dans notre pays, aujourd?hui ? À travers une vaste enquête menée en France, l?auteur donne la parole à des femmes et des hommes de milieux et d?âges divers, sur ce qui est un sujet tabou autant qu?un enjeu social. Sexe, croyances et ménopause adopte un point de vue historique, anthropologique et sociologique, pour conclure que la réalité s?avère bien différente des clichés?

  • Cécile AmarFadela Amara
    Fadela Amara est aujourd'hui l'une des personnalités préférées des Français, un symbole autoproclamé des banlieues et de la diversité. Comment cette femme, sur qui personne n'aurait parié un sou, est-elle devenue une figure du gouvernement?
    Ce livre raconte l'histoire d'une fille d'immigrés élevée à la dure dans une cité de transit, au milieu d'une fratrie nombreuse, et qui n'a pas froid aux yeux. L'histoire d'une ambition, sur fond de trahison entre la gauche et les enfants d'immigrés. Le parcours de Fadela Amara tient à la fois du conte de fées et de la construction médiatique et politique.
    Comment fait-on carrière dans le milieu associatif? Comment en maîtrise-t-on les codes, les combines? Comment met-on les médias dans sa poche, évince-t-on ses rivales, falsifie-t-on l'histoire, retourne-t-on sa veste... Comment, aussi, passe-t-on en une soirée de Julien Dray à Nicolas Sarkozy?
    D'une obscure «Maison des potes» de Clermont-Ferrand à l'aventure de Ni putes ni soumises, d'une cité de province aux ors de la République, Fadela Amara revient sur l'ascension fulgurante d'une jeune femme implacable. La face cachée d'une icône.
    Cécile Amar est journaliste. Elle a notamment publié Les Nouveaux Communistes (Denoël, 1999), Jospin et Cie (avec Ariane Chemin, Seuil, 2002) et Ségolène et François (avec Didier Hassoux, Éd. Privé, 2005).

  • Il y a mille et un procédés pour mettre la justice au pas : promotions, décorations, intimidation, temporisation... Dominique Barella, président jusqu'en octobre 2006 du principal syndicat de magistrats, l'USM, dénonce la manière dont le « troisième pouvoir » est soumis à l'exécutif. Le système judiciaire, au-delà des failles révélées par le scandale d'Outreau, serait selon lui fondamentalement vicié par une dépendance délétère à l'égard des puissants du moment, vieille tradition française. L'auteur analyse sous cet angle la gestion des affaires, notamment Clearstream. Il dénonce également, dans un violent chapitre à charge, les méthodes de Nicolas Sarkozy. Alors que la justice est devenue un enjeu de la campagne, l'auteur apporte son témoignage de professionnel. Accablant.

  • Est-il permis de penser autrement sur les OGM?
    Explorer les raisons pour lesquelles le monde entier à l'exception de l'Europe investit dans les OGM, expose celui qui s'y risque au soupçon de scientisme aveugle. Confirmer, preuve à l'appui, que les OGM permettent de réduire les pesticides, d'économiser du carburant, d'améliorer la qualité et la quantité des plantes produites, bref d'atteindre un objectif somme toute très écolo, fera inévitablement peser le soupçon de corruption sur celui qui l'écrira.
    Il est temps d'échapper au discours idéologique, sans pour autant mépriser les questions éthiques posées par les biotechnologies, dont la société, quoi qu'en disent les anti-OGM, s'est très démocratiquement emparée.
    La production agricole plafonne depuis plusieurs années; la crise alimentaire provoque déjà des émeutes; le prix de l'énergie flambe, sans espoir réaliste de retour en arrière. Sans nouvelle révolution, l'agriculture ne pourra faire face aux besoins, au risque de graves tensions internationales. Passer à côté de ce que laissent espérer les OGM serait suicidaire, à défaut d'être criminel. Et laisser se développer des entreprises quasi monopolistiques comme Monsanto sans organiser une concurrence serait tout aussi fou.
    Rédacteur en chef du service «Société» à Marianne, Jean-Claude Jaillette est l'auteur de Les Dossiers noirs de la malbouffe (Albin Michel, 2000) et Le Procès de la vache folle n'aura pas lieu (Hachette Littératures, 2003).

  • Chaque année depuis vingt ans, surgit comme une ritournelle, une nouvelle idée économique - le remède anti-crise par excellence ! Elle s'épanouit dans les médias, relayée par le gouvernement du moment et la plupart des économistes bons teints. Une idée simple, marketée pour être comprise par tous, puisée dans la pensée unique relookée dans l'air du temps. Mais une fois lancée, l'idée fait pschitt. Le remède branché est parfois pire que le mal, mais personne n'en fait le bilan. Une baliverne chasse l'autre et la ronde économique reprend son tempo endiablé. Et la France, épuisée, danse sur place. Ce livre dénonce les balivernes et leurs auteurs. Travailler plus pour gagner plus ? Les chiffres des heures supplémentaires défiscalisées, la mesure phare de Sarkozy, sont faux. Et la disposition détruit des emplois. Des biocarburants dans toutes les pompes ? C'était une imposture. Des centaines de milliers d'emplois à domicile ? Le comptage n'existe même pas. Des stock-options pour encourager les patrons ? Un scandale dénoncé par la Cour des comptes... Dictées par les lobbies, les ministres sans scrupule ou les idéologues de droite comme de gauche, les balivernes économiques envahissent des discours politiques sans vergogne et des médias sans recul. Ce livre raconte les faits et les méfaits de ces lois votées sans études préalables sérieuses, de ces fausses bonnes idées aux redoutables effets pervers, de ces mesures innocentes qui se révèlent horriblement coûteuses.

  • Pape Diouf a été successivement journaliste sportif puis agent de joueurs avant de devenir le manager général, puis le président de l'Olympique de Marseille. Depuis cinq ans, il a contribué à assainir les comptes du club et sa réputation... L'OM a quitté la chronique judiciaire pour revenir aux pages sportives. Pape Diouf connaît comme personne le football français, ses arcanes et ses secrets. Il porte ici un regard lucide et acéré sur les passions que déclenche le football en général, et l'OM en particulier. Dans un tête-à-tête singulier avec Pascal Boniface, il mêle dans ce livre réflexions et anecdotes sur le football, la société française, et l'Afrique qui lui tient à coeur, sans hésiter à aborder les questions qui fâchent : le rôle d'un président de club face à la presse, l'impact de l'argent, les relations de l'OM et du PSG, l'arbitrage, le racisme dans le sport.

  • Aujourd'hui, l'Europe ne se heurte plus à la coalition des souverainismes, mais d'abord à elle-même. Ce sont les partisans de l'Europe qui pourraient bien en être les principaux fossoyeurs. En théorisant la «méthode Monnet», permettre l'avènement de l'Europe politique par la construction de l'Europe technique, les Européens les plus convaincus n'ont-ils pas fait reculer l'objectif final au lieu de s'en rapprocher? Telle est la thèse paradoxale que soutient ce livre, qui montre comment l'Europe s'est construite au prix du dérèglement technocratique et du déficit démocratique, comment la Commission européenne se dérobe à tout contrôle politique démocratique et théorise le gouvernement des experts, comment les politiques européennes méconnaissent le coeur de l'identité européenne, son modèle social et ses services publics. L'Europe d'aujourd'hui se dresse contre l'Europe de demain. Elle menace de se diluer en une grande Suisse, qui sortirait de l'histoire. Elle pourrait muter, avec la dynamique de l'élargissement, en préfiguration d'une communauté mondiale des démocraties. Le mythe de l'Europe fédérale est-il mort? Il y a un nouvel espoir. Le Parlement européen, le seul organe proprement démocratique de l'Union européenne, a désormais les moyens d'un «coup de force» politique. À lui d'agir. À nous, la nouvelle génération européenne, de le mandater pour sortir l'Europe de l'ornière.
    Olivier Ferrand est président de la fondation progressiste Terra Nova. Spécialiste de l'Europe, il a été conseiller du Premier ministre Lionel Jospin et du président de la Commission européenne Romano Prodi. Il a participé à l'élaboration du traité constitutionnel comme sherpa français puis à la campagne politique du référendum.

  • Au-delà des clichés associés depuis toujours à ce pays d'Asie, que connaît-on finalement de l'Inde? La patrie de Gandhi n'est-elle encore que pauvreté et sous-développement? Le Taj Mahal, les palaces des maharadjahs, la cité sacrée de Bénarès, brillent-ils toujours de leur envoûtante magie? Cette démographie galopante et son milliard d'individus sont-ils entrés dans le IIIemillénaire ou demeurent-ils retenus loin du monde moderne et de la globalisation? L'Inde contemporaine bouge, ses dirigeants s'affairent, dans un seul but: projeter «l'Inde qui brille» dans le XXIe siècle. Quitte pour cela à présenter à la face du monde ses seuls aspects glamour (Bollywood), ses réussites indiscutables (croissance économique; prouesses informatiques), ses ambitions (place de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies). L'Inde de 2009, c'est naturellement tout cela... mais également beaucoup d'autres choses moins étincelantes: la pauvreté et la discrimination du système des castes demeurent d'actualité, la sous-alimentation, une fatalité pour un cinquième de la population, le terrorisme, la corruption, une réalité quotidienne pour des dizaines de millions d'Indiens. Avoir une compréhension «honnête» de ce vaste pays abritant un individu de la planète sur six passe par la prise en compte de l'ensemble de ce panorama hétéroclite. Une découverte et une initiation rendues possibles par ces 50 petites leçons.

  • Juin2003. Un homme est interpellé par la police belge, soupçonné d'avoir séquestré une jeune fille. Lors de la perquisition de son domicile, les policiers découvrent, incrédules, une correspondance tenue en 1987 entre le prévenu, Michel Fourniret, alors en prison pour crimes sexuels, et une femme - qui deviendra son épouse - Monique Olivier. Dans ces lettres, il est question d'un pacte meurtrier: elle accepte de fournir à Michel, dès sa sortie de prison, de jeunes vierges pour qu'il les viole et les tue. En contrepartie, il s'engage à tuer son ex-époux, qui l'aurait brutalisée...
    Dans les locaux de la police, Fourniret confirme ce pacte funeste. Et dévoile seize ans de monstruosités. Il avoue, méticuleusement, cliniquement, sept meurtres. Sept fillettes ou jeunes femmes enlevées, violentées et tuées lors de scénarios presque toujours identiques. Et pour la première fois dans les annales criminelles, la complicité active d'une femme, sa femme, est mise au jour.
    Il a fallu trois ans et demi d'enquête à Emmanuelle Maurel et François Vignolle pour retracer les moments-clés de cette histoire choc: ils ont eu accès aux lettres échangées entre Michel et Monique en prison, aux expertises psychiatriques du couple montrant le parcours d'un homme obsédé par la virginité, aux aveux de Monique en juin2004, lorsqu'elle brise le «pacte»; et surtout aux aveux de Fourniret lui-même...
    Emmanuelle Maurel est chef de service «Informations générales» du Parisien. Elle a suivi depuis quinze ans les plus grands procès en France et les affaires criminelles les plus retentissantes.
    François Vignolle, grand reporter au Parisien, a couvert toute l'affaire Fourniret et a pu correspondre avec lui.

  • Christophe Bridou
    CALOMNIE
    En l'espace d'une journée, la vie d'un homme peut basculer. Le lundi 11septembre 2001, Christophe Bridou, chef de la police municipale de Garges-lès-Gonesse, est convoqué par le sénateur-maire Nelly Olin. On lui demande de but en blanc s'il est homosexuel, on l'accuse de détournement de biens publics. Très vite, il est même soupçonné de pédophilie.
    Le monde s'effondre autour de ce jeune père de famille, il voit ses collègues le lâcher, sa femme le quitter, il est destitué de ses fonctions. Une terrible descente aux enfers commence alors. Elle va durer six longues années. Rien ne sera épargné au policier. Il connaîtra l'humiliation de la garde à vue, la violence des perquisitions, l'internement psychiatrique, la rue.
    «Accuser quelqu'un d'actes de pédophilie c'est comme lâcher une bombe. Cela est devenu une arme.»
    Comment Christophe Bridou a-t-il réussi à déjouer ce piège infernal? Il nous le raconte avec beaucoup de souffle et d'émotion dans un récit captivant.

  • Parti aux États-Unis en 2007 pour découvrir un candidat démocrate que l'on croyait marginal, Niels Planel a suivi sa campagne de l'intérieur. Il montre comment le jeune avocat devenu sénateur de l'Illinois surpasse la formidable machine de la favorite Hillary Clinton, pour devenir le premier candidat afro-américain nominé par le Parti démocrate et enfin le premier président noir des États-Unis, au terme d'une prodigieuse bataille. Mais ce succès n'est pas seulement symbolique : en orientant sa campagne vers ceux qui avaient depuis longtemps déserté la politique, en proposant de concilier justice sociale et autonomie des individus, Barak Obama rénove aussi en profondeur l'argumentaire et la stratégie de la gauche américaine. La crise financière, puis économique que connaît l'Amérique lui aura finalement permis de triompher de son adversaire républicain, en réhabilitant le volontarisme politique. De quoi nourrir la réflexion d'une gauche européenne et surtout française en panne de projet. Au moment où ce noir américain de quarante-sept ans prend ses fonctions, alors que tant d'attentes, en Amérique et dans le monde, pèsent sur ses épaules, ce livre recense et analyse les défis auxquels il est confronté.

  • «La présidence de Nicolas Sarkozy est déjà un naufrage. Il avait promis une politique de civilisation, c'est à une liquidation qu'on assiste. Le chef de l'État se balade avec sans-gêne et vulgarité dans la République, jusqu'à en saper les fondements, dont il est supposé être le gardien. Pipolisation de la vie politique, complicité avec l'argent et les lobbies, personnalisation du pouvoir à un degré indécent, ces trois piliers du sarkozisme dessinent une démagogie cathodique qui peut être efficace pour conquérir le pouvoir, mais qui s'avère néfaste au traitement de fond des problèmes de la France. Car les résultats ne sont pas là, au contraire: pouvoir d'achat oublié, fonction présidentielle abaissée, valeurs républicaines méprisées, indépendance de la justice piétinée, laïcité attaquée, libertés menacées, image de la France à l'étranger dégradée, relation franco-allemande abîmée. Tout cela relève plus de la fuite en avant bonapartiste que de la rupture salutaire.»
    Une dissection implacable du sarkozisme par l'un des principaux dirigeants du PS, qui a la volonté de le rénover.
    Député du Doubs, Pierre Moscovici a été ministre des Affaires européennes. Ses deux derniers ouvrages, parus chez Perrin, sont consacrés à l'Europe: Les Dix Questions qui fâchent les Européens (2004), L'Europe est morte, vive l'Europe! (2006).

  • « Cet homme envahit mes pensées, me confie une patiente. Dès qu'on parle d'autre chose entre amis, je ramène toujours la conversation sur lui, j'essaie désespérément de comprendre ce qu'il a dans la tête. » À un autre moment de la journée : « J'ai su depuis le début qu'il avait un problème de quéquette, il est largement en train de me donner raison. » Et que dire des rêves innombrables où notre Président, triomphant ou démoniaque, pénètre les recoins les plus profonds de notre âme? Les Français semblent atteints d'un étrange mal : la sarkose obsessionnelle, sorte de déferlement fantasmatique et présidentiel dont ils ne parviennent pas à se défaire. Qu'un mâle exultant sur le trône de ses conquêtes fasse fantasmer les foules n'a rien de surprenant. Mais qu'un homme utilise à ce point son mandat en ivresse de lui-même, en stimulant pour mieux être désiré commence à susciter un réel malaise. Sarkomanie, sarkophobie, sarkophilie, sarkonoïa, sarkophrénie, pourquoi sommes-nous, tous, si sensibles à la frénésie présidentielle ? Qu'est-ce que l'omniprésence de Nicolas Sarkozy provoque chez nous ? Qu'est-ce qui fascine les Français, dans leur président, au point qu'ils ne peuvent pas s'en détacher ? Et où tout cela peut-il nous mener ?

  • Le 15 mai 2003, François Chérèque, élu secrétaire général de la CFDT à peine un an plus tôt, approuve, les larmes aux yeux, la réforme des retraites préparée par le ministre UMP François Fillon. Dans un mélange de précipitation et d'inexpérience, il oublie de consulter la base de son syndicat. Cette maladresse signe l'entrée de la CFDT dans une zone de graves turbulences. Des départs massifs sonnent le début de la crise : 100 000 militants, selon les anciens, rendent leur carte d'adhésion. La CFDT, qui ambitionnait de devenir le grand syndicat moderne et réformiste de demain, et de devancer la vieille CGT, est profondément remise en question. Le congrès de Grenoble au printemps 2006 est loin d'être gagné pour François Chérèque, qui tentera de se faire réélire pour un nouveau mandat de 4 ans.
    Les auteurs ont enquêté pendant 2 ans sur la nouvelle CFDT, les coulisses des grandes réformes, ses liens avec les politiques, les tractations secrètes avec les gouvernements de droite, l'évolution de ses réseaux intellectuels et de sa stratégie. On découvre à quel point Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, en froid avec Chérèque, s'est impliqué personnellement dans le débauchage de militants CFDT. François Chérèque lui aussi a répondu aux questions les plus dérangeantes, sur ses idées, ses échecs, voire les menaces de mort qu ' il a reçues... Au final, se dévoile un syndicat replié sur lui-même, car en plein doute, tentant de se reconstruire, à la recherche d'un nouveau souffle et d'un projet d'envergure pour redonner du sens à son action et affronter l'avenir avec sérénité.


  • Dix millions, 100 millions ou même 1milliard de dollars et plus... autant de salaires mirobolants qui tombent chaque année dans la poche des banquiers, traders et autres gestionnaires de fonds.
    La finance est un jeu où les règles sont quasi inexistantes, les gains démesurés, l'imagination sans limite, et le terrain de jeu la planète entière. Un seul objectif: risquer plus pour gagner plus.
    La crise financière actuelle - la plus sérieuse depuis 1929 - n'est pas la simple résultante des jeux complexes de la finance internationale. Elle a été provoquée pour beaucoup par des banquiers irresponsables, obsédés par leurs rémunérations et leurs stock-options.
    Voyage à l'intérieur du monde perverti et débridé de la finance mondiale.

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