Sciences humaines & sociales

  • C'est l'an 1 d'Indignez-vous ! Près de quatre millions du petit livre beige répandus sur la planète. Dans l'élan des éditions étrangères, Stéphane Hessel a précisé ses positions sur Israël, la Palestine, rendu un hommage exceptionnel à l'inventeur des Nations unies, le président américain Franklin Roosevelt ; il est revenu sur la non-violence. Cette édition anniversaire intègre ces ajouts, mais aussi des corrections de lecteurs, des photos inédites, sans oublier la fabuleuse histoire de ce soulèvement des consciences.

  • Le maire d'une petite commune peut-il agir quand l'État renonce à exercer ses responsabilités ? Peut-il empêcher les agriculteurs de mettre en danger leur santé et celle des riverains de parcelles aspergées de pesticides ? Daniel Cueff, disciple indigné de Stéphane Hessel à la tête de Langouët - 602 âmes, à 25 km de Rennes - a rédigé un arrêté interdisant l'utilisation de pesticides de synthèse à moins de 150 m des habitations. Voici le récit ferme et non sans humour de ce lanceur d'alerte. Pourquoi une telle carence de la loi ? Daniel Cueff met en cause l'agriculture low cost de proximité ou d'importation et dégage la voie pour une ruralité apaisée et plus de démocratie dans des territoires nourriciers.

    Daniel Cueff est maire de Langouët en Bretagne, commune engagée depuis vingt ans dans la transition écologique. Il a également été conseiller régional de Bretagne, délégué au foncier et à l'écologie urbaine.

  • Dérèglement climatique, chômage et précarité, crise financière, crise de l'Europe... Sommes-nous condamnés au chaos ?
    La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a aucune fatalité. Rien à voir avec l'extinction des dinosaures. Cette fois, la météorite, c'est nous. C'est nous, les responsables : nos bâtiments mal isolés, nos transports trop polluants, notre alimentation, notre agriculture... Il est temps de déclarer la guerre au dérèglement climatique, de saisir cette « chance » pour enfin mettre au monde un nouveau modèle de développement, au service de l'humanité. Et ce livre prouve qu'il est possible de financer ce chantier colossal grâce à un Pacte européen climat-emploi.
    Pour vaincre l'inertie des pouvoirs et le poids des lobbies, il est temps de nous rassembler et de pousser nos dirigeants à l'audace : réveillez-vous ! Et passons à l'action.

    Anne Hessel est docteur en médecine et docteur en chimie. Fille de Stéphane Hessel, elle est engagée dans plusieurs mouvements citoyens.
    Jean Jouzel est climatologue, membre de l'Académie des sciences. Il était vice-président du groupe scientifique du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) quand celui-ci a reçu le prix Nobel de la paix.
    Pierre Larrouturou est ingénieur agronome et diplômé de Sciences-po. En 2008, Marianne le présentait comme « l'un des cinq économistes qui avaient annoncé la crise financière ».

  • « Il est important de (re)donner la finance aux citoyens. » C'est bien Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, qui parle ici, riche des témoignages des 70 000 bénévoles de l'association en contact quotidiennement avec cet univers de la pauvreté (13% des Français). Mais qui sont-ils vraiment ? Comment le devient-on dans la cinquième puissance économique mondiale ? Un quart des ménages redoutent de vivre ainsi. C'est à une « révolution fraternelle » qu'appelle l'auteure.

    Véronique Fayet, née en 1953 à Toulouse, est présidente du Secours catholique français depuis juin 2014. Militante au sein de Quart-Monde, conseillère municipale à Bordeaux, elle a été successivement chargée de l'Action sociale et de la lutte contre l'exclusion, puis des Solidarités, de la Santé et des Seniors. Elle est chevalier de l'Ordre national du Mérite et officier de la Légion d'honneur. Aujourd'hui, elle fait la synthèse entre son engagement humaniste et son engagement chrétien.

  • Pour l'auteur, jeune avocat, « la révolution est faite dans les esprits » depuis le samedi 17 novembre 2018 quand des individus isolés, figés jusqu'ici dans un « coma politique » ont émergé comme force politique. L'ouvrage revient sur ce réveil d'autant plus inaugural, assure l'avocat, qu'une fois gagné le combat des idées, tout peut suivre : la remise en cause des dispositifs fiscaux accordés aux 1 %, voire aux 0, 1% qui détiennent 99 % des richesses du pays ; de l'évasion fiscale (80 à 100 milliards par an) ; des intérêts de la dette publique (40 milliards par an) au profit du système financier. Et surtout le retour du peuple dans la démocratie. Il sera bien sûr aussi question de la violence, des divisions et des courants internes au mouvement qui ont pu l'affaiblir.

    François Boulo, 32 ans, est un avocat de Rouen spécialisé dans le droit du travail et de la famille. Porte-parole devant les médias des gilets jaunes de Normandie, il a récemment été plébiscité pour devenir le porte-parole national du mouvement, ce qu'il a refusé, par respect pour l'horizontalité et la diversité du mouvement. Quatre-vingt mille personnes suivent son actualité sur sa page Facebook.

  • "C'est à nous, les éditeurs d'Indignez-vous !, qu'Abd al Malik a confié sa supplique à la République et nous la publions fièrement avec en tête les mots de Stéphane Hessel appelant, à la veille de sa disparition, à ce que « la démocratie se fasse spirituelle »." Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou  AVERTISSEMENT  « Ma démarche est apolitique, au sens de partisane ou de politique politicienne. Je ne recherche pas le pouvoir et ne briguerai jamais aucun mandat. Voici simplement ma parole, celle d'un citoyen concerné, comme des millions d'autres, par le présent et l'avenir de son pays. Celle d'un artiste qui ne vit pas en périphérie, mais en plein milieu d'une douleur que seule la fraternité véritable pourra guérir. » Abd al Malik  Abd al Malik naît le 14 mars 1975 à Paris et grandit dans la cité du Neuhof à Strasbourg. Rappeur, slameur, il est aussi réalisateur et auteur de plusieurs livres dont Qu'Allah bénisse la France (2004) ; La guerre des banlieues n'aura pas lieu (2009) ; Le Dernier Français (2012) et L'Islam au secours de la République (2013).

  • Clémentine Autain livre ici un réquisitoire sans pathos mais néanmoins effarant contre le viol, elle appelle à briser le silence qui entoure le viol, cette expression ultime de la domination masculine.

  • La valeur particulière de ce dialogue tient à ce que ses deux auteurs ont, l'un, Erri de Luca, récemment risqué la prison pour défendre le droit à l'usage d'un mot : « sabotage », et l'autre, José Bové, fait de la prison en 2002 parce que la justice lui refusait le terme « démontage festif » au profit de « saccage » dans son action contre le McDonald's de Millau, temple de la malbouffe. Rétablir la vérité des mots, relier une parole juste à des actes justes : voilà bien le sens de cette élégante leçon dispensée par le très grand écrivain italien et le fameux député européen. Non pas donc un enième discours « sur » la justice et la désobéissance, mais bien une incarnation, par le langage, de ces deux grands thèmes éternels, auxquels s'ajoute évidemment l'écologie.

  • « Cours, cours, camarade, le vieux monde politique est derrière toi ! »L'homme qui participa, en Mai 68, à la réinvention de la société, propose ici de fonder une forme d'action collective qui ne passe pas forcément par un parti politique.« Un parti, écrit-il, c'est un blindage, une structure fermée, presque génétiquement hermétique à la société. » Mais comment résoudre cette exigence d'ouverture quand notre imaginaire baigne dans une conception figée, contraignante, des rapports de force, quand il est vampirisé par « l'imaginaire capitaliste-libéral » ? Pour construire ce sujet pensant autonome capable d'engendrer un collectif lui-même pensant et autonome, « Dany » exhume une chaîne de penseurs comme le Français André Gorz, premier théoricien de l'écologie politique ; le psychanalyste grec, Cornelius Castoriadis, adepte de « l'utopie plausible » ; l'universitaire de Rabat, Fatima Mernissi, et son « miracle de la boîte noire où tu mets ton bulletin de vote » ; le sociologue allemand Ulrich Beck qui réinvente un contrat social fondé sur le risque. Une nouvelle fois, Cohn-Bendit agrandit le champ des possibles, tout en restant fidèle à ce qu'il appelle « ma ligne libertaire ».

  • Au coeur de ce petit livre engagé, Christiane Hessel Chabry restitue les mots du Palestinien Nasser, à Gaza, enregistrés en janvier 2009 sous les feux de l'opération israélienne Plomb durci, et qui, mieux que tout rapport officiel, font foi sur les crimes de guerre perpétrés alors. Nostalgie de rencontres, de regards, d'un invincible goût de la vie affleurant sous les massacres. Bref, d'une liberté inespérée qui a poussé Christiane Hessel Chabry à vouloir écrire ce nom : Gaza.

  • Les Roms sont en lutte dans nos sociétés pour leur reconnaissance et leur droit à l'auto-détermination, loin des tutelles paternalistes et maternalistes qui les étouffent. Cet ouvrage se veut l'écho de ce combat ancré dans des cadres politique et culturel bien réels.

  • Peter Trawny, l'un des plus brillants philosophes de sa génération, engage ici, à travers le cas Heidegger, une réflexion sur le processus de l'errance dans une pensée, errance que Heidegger tenait pour « inévitable ». En décidant de publier en l'état, avec leurs passages antijuifs, ses Cahiers noirs dont les deux premiers tomes sont parus en mars en Allemagne sous sa direction Heidegger n'a t-il pas voulu montrer en effet combien un philosophe, même de son envergure, peut se fourvoyer ? Liberté de se tromper, de se laisser effrayer en particulier lorsqu'elle s'applique à une époque aussi trouble, aussi noire que le XXe siècle. Au-delà du seul cas Heidegger, ce thème nous a semblé d'une... effrayante actualité.

  • La jeune Lina Ben Mhenni, aux commandes de son blog Tunisian Girl, est l'une des actrices les plus courageuses de cette guerre menée contre Ben Ali, le dictateur tunisien. Tandis qu'ex-ministres arabes et ex-ministres occidentaux palabrent sans vergogne sur le « printemps arabe », ce petit livre témoigne du rôle indéniable de la génération Facebook pour la conquête d'un monde sans violence, sans torture, sans censure et sans chefs. 

  • C'est un extrait d'un ouvrage posthume du philosophe, Manuscrits de 1844 , publié seulement en 1932. C'est une dénonciation sans précédent du rôle que peut tenir l'argent dans nos sociétés, jusqu'à devenir comme l'écrit Marx, " le vrai et unique besoin ", à se substituer au propre de la condition humaine. " L'argent peut manger, boire, aller au bal. " Mais, note Marx, c'est un jeu pervers car alors, faute d'être sollicités, nos sens et l'être de nos sens s'éteignent. Seul demeure l'avoir. Nous sommes rendus " sots et bornés ".

  • Qui d'autre, sinon son « jumeau spatio-temporel » - selon l'expression de David Servan-Schreiber lui-même -, le psychanalyste et psychothérapeute Jacques Roques, pouvait restituer l'apport révolutionnaire dans la pratique du soin de David Servan-Schreiber, cet éminent professeur, psychiatre, décédé le 24 juillet 2011 ? Et d'abord sa fureur de guérir au-delà de tous les dogmes, du médicament et de la psychanalyse, en redonnant au patient son pouvoir d'acteur sur sa santé. Rien de posthume dans cet hommage, mais le rappel et la poursuite de l´oeuvre d'un grand homme.

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