La découverte

  • " Aramis est un métro automatique, que l'on a failli construire au Sud de Paris. J'en ai fait le héros d'un dossier de scientifiction. Toutes les aventures de ce héros non humain sont véridiques. Mais elles n'apparaissent jamais vraisemblables, parce que nous ne sommes pas habitués à enquêter en détail sur les amours et les haines des techniques de pointe. Pour la première fois, je crois, l'histoire d'une enquête de sociologie et l'histoire amoureuse d'une machine se déploient de concert. Pour la première fois aussi les ingénieurs parlent directement, et leur voix comme leurs documents ne ressemblent guère au mythe terrifiant de la technique sans âme. Aux humanistes, j'ai voulu offrir l'analyse détaillée d'une technique assez magnifique, assez spirituelle, pour les convaincre que les machines qui les entourent sont des objets culturels dignes de leur attention et de leur respect. Aux techniciens, j'ai voulu montrer qu'ils ne pouvaient pas concevoir un objet technique sans prendre en compte la foule des humains, leurs passions, leurs politiques, leurs pauvres calculs et qu'en devenant de bons sociologues et de bons humanistes, ils en deviendraient de meilleurs ingénieurs et des décideurs plus avisés. Un objet purement technique n'est qu'une utopie. Aux chercheurs en sciences humaines, enfin, j'ai voulu montrer que la sociologie n'est pas cette science des seuls humains, mais qu'elle peut accueillir à bras ouverts les foules de non-humains comme elle le fit au siècle passé pour les masses de pauvres gens. Notre collectif est tissé de sujets parlants, peut-être, mais auxquels s'attachent en tout point les pauvres choses, nos frères inférieurs. En s'ouvrant à eux, le lien social deviendrait sans doute moins mystérieux. Oui, je voudrais que l'on pleure de vraies larmes en lisant la triste histoire d'Aramis et que nous apprenions de cette histoire à aimer les techniques. "
    Prix Roberval 1992

  • Les Touaregs vivent dans le Sahel et le Sahara méridional, répartis entre plusieurs groupements qui furent jusqu'au début de ce siècle des unités politiques indépendantes. Par-delà les frontières nationales qui les séparent aujourd'hui, la langue qu'ils partagent leur donne le sentiment de former une communauté. Mais, autant que la langue elle-même, ce qui les rassemble, eux qui se désignent comme les " gens de la parole ", c'est le souci du bien-parler. Dans ce livre magnifique, Dominique Casajus s'efforce de révéler les mystères et de restituer toute la subtilité de cette parole " pénombreuse ", qui accorde une place singulière au silence et au non-dit. Partant à la rencontre des hommes voilés, il évoque ces paroles échangées à l'ombre des tentes et notamment la forme de parole la plus précieuse, la poésie, élégiaque ou guerrière. De l'exploration de ces faits langagiers, prosaïques ou poétiques, l'image d'une société bruissante de mots échangés se dégage peu à peu, dans laquelle certains ont plus que d'autres droit à la parole et où ceux qu'opposaient la guerre s'adressaient jadis des poèmes tandis qu'ils croisaient le fer. Mais Dominique Casajus n'oublie pas l'autre langue, celle du Coran. Car, si la langue des Touaregs les installe dans leur spécificité et les oppose à tous les autres hommes, l'adhésion à la religion du Livre les fait membres de la communauté des Croyants et les installe dans l'universel.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)

  • Comment fonctionne l'économie de marché ? Qui anime, en deçà de la main invisible, les rapports marchands ? Quels sont les hommes et les savoirs qui soutiennent l'échange économique moderne ? Une histoire du marketing apporte une réponse originale à ce genre de questions, en nous faisant voyager à travers l'histoire du marketing américain, depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours. Dans cette vaste fresque qui se lit comme un roman, l'auteur nous montre comment, dès les débuts du capitalisme américain, la volonté libérale d'atteindre un rapport plus direct entre l'offre et la demande s'est paradoxalement soldée par la multiplication des intermédiaires censés y pourvoir : marchands ambulants, grossistes, publicitaires se sont succédé les uns aux autres, au motif que chacun d'eux apportait une meilleure " représentation " du marché que ses prédécesseurs. Peu à peu, la prolifération des médiateurs marchands a gagné le coeur des entreprises, avec l'apparition de cadres spécialisés dans l'étude du marché, avant de migrer au dehors, du côté des business schools et de l'Université. L'étude du marketing comme science permet alors de s'interroger sur le fonctionnement des communautés scientifiques pluridisciplinaires, et sur les rapports parfois surprenants que les disciplines appliquées entretiennent avec leurs clientèles. Les multiples facettes de cet ouvrage qui croise les perspectives de l'histoire, de l'économie, de la gestion, de la sociologie des sciences et de la sociologie des professions intéresseront un vaste public : historiens, économistes et sociologues désireux de mieux connaître les acteurs, les institutions et l'histoire du marché, étudiants et enseignants de gestion soucieux de mieux comprendre l'une de leurs disciplines de prédilection, enfin tous ceux qui pensent que le marketing et les marketers jouent un rôle majeur dans notre monde, et méritent à ce titre d'être mieux connus.

  • Le Roman de Renarta donné naissance en Europe à toute une mythologie de la ruse et de l'ambivalence. De même, les aventures de Chacal dans les montagnes kabyles révèlent des modèles de comportement qu'on aurait tort de réduire à un simple divertissement. Tantôt amusant, tantôt franchement odieux, le personnage de Chacal est une création de l'imaginaire populaire. Mais la connaissance du monde fabuleux des animaux et des rapports de forces qui le traversent peut être aussi un moyen de mieux comprendre les structures sociales et leurs représentations. Tel est l'exercice que propose l'auteur dans ce livre : en analysant les liens entre mythe et réalité, elle décrypte la fable du chacal à la lumière des rapports aux différents pouvoirs et aux différents modes de domination. Et elle montre comment les intellectuels colonisés d'Algérie négocient leur statut avec le pouvoir à la manière du chacal avec le lion. Ce livre a le mérite d'articuler sociologie et anthropologie, en montrant comment les différents niveaux du symbolique se chevauchent et se répondent en produisant du sens. Par-delà la dérision et le jeu, ce sont bien des enjeux sociaux que la littérature orale nous révèle. La ruse et l'ambiguïté sont des concepts qui rompent avec une analyse caricaturale de la position des intellectuels colonisés. L'auteur évite ainsi le piège du seul déterminisme sociologique. Cette mise en perspective des rapports de forces permet également d'éclairer les relations hommes/femmes. Il s'agit là d'une démarche novatrice qui ouvre sur une véritable théorie sociale des rapports de domination, dans leur dimension historique et symbolique.

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrices, secrétaires, restauratrices ou " au chômage ". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Elles sont mes amies. Trois d'entre elles sont mes nièces adoptives depuis vingt ans déjà. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces " femmes bien ", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constances et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • Au début de la guerre d'Algérie ", à l'automne 1956, fut tentée, par les services secrets français, en Kabylie, chez les Iflissen Lebhar, l'opération " Oiseau bleu ". Elle consistait dans la création de " contre-maquis " clandestins destinés à discréditer le FLN. Or, c'est à l'avantage de ce dernier qu'à tourner cette affaire, les hommes recrutés et armés par les services français s'étant révélés être des " rebelles ". L'auteur, ethnologue, spécialiste de l'Algérie, a réussi non seulement à élucider cette étrange affaire, mais à en analyser les raisons profondes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'écriture fut depuis l'origine conçue et utilisée sous formes de signes statiques sur un support fixe. Or, grâce aux écrans interactifs, l'informatique ouvre aujourd'hui des possibilités radicalement nouvelles à l'expression visuelle de la pensée. A partir de ce constat, et grâce à une approche théorique originale du langage et de la pensée, Pierre Lévy propose ici pour l'informatique de demain un programme de recherche complémentaire de celui de l'intelligence artificielle.
    Présentée pour la première fois dans cet ouvrage, l'"idéographie dynamique" n'est pas un code de programmation, mais un nouveau genre d'interface, un langage d'images animées pour la communication entre les hommes. L'idéographie dynamique est la forme d'écriture réclamée par les supports techiques contemporains. Elle fonctionne suivant le principe d'une représentation figurative et animée des modèles mentaux, plutôt qu'en redoublant le langage phonétique sur un plan visuel, comme le fait l'alphabet.
    Faire de l'image animée une technologie intellectuelle à part entière, c'est contribuer à inventer une culture informatico-médiatique critique et imaginative, dessiner une autre voie que celle de la société du spectacle, vouée au scintillement sans mémoire de la télévision et à la gestion "rationnelle" par les systèmes d'information.
    Cet ouvrage s'adresse au public curieux des nouvelles approches de la connaissance proposée par la philosophie et les sciences cognitives. Il stimulera également les informaticiens passionnés par l'avenir de leur discipline.

  • De même qu'on admet aujourd'hui l'inexistence de " sociétés sans histoire ", on tient pour acquis qu'il ne saurait exister de sociétés sans mémoire : chacune viserait à perpétuer le souvenir du maghreb, affectées du double signe de la " tradition orale "

  • On peut soit débattre de la légitimité d'une sociologie des connaissances scientifiques, soit la faire. Ce volume prouve le mouvement en marche. Il rassemble quelques-unes des meilleures études publiées en langue anglaise au cours des quinze dernières années et a pour but de présenter des faits scientifiques analysés en détail par des sociologues et des historiens qui n'établissent a priori aucune frontière infranchissable entre les facteurs sociaux et cognitifs. Contrairement à la littérature épistémologique qui ignore tout du fonctionnement technique et social des sciences, et contrairement à la littérature sociologique qui fait généralement l'impasse sur les contenus scientifiques, de nombreuses études existent en anglais qui proposent une autre façon de parler des sciences. Elles mettent en scène des acteurs sociaux - scientifiques ou autres - qui construisent à chauds des connaissances, dont certaines finissent par s'imposer. En suivant les controverses, les conflits d'interprétation, les doutes, les coups de force, on assiste à l'élaboration de connaissance qui, une fois acceptées, font oublier les conditions de leur production. On se convainc progressivement que pour apprécier la science faite, pour comprendre pourquoi elle se répand irrésistiblement, il faut étudier la science en train de se faire. Ces études, déjà publiées pour la plupart en tirage limité par l'association Pandore, sont à nouveau disponibles. Elles ont été enrichies d'une longue présentation, où Michel Callon et Bruno Latour (Centre de sociologie de l'innovation, École nationale supérieure des mines de Paris) les restituent par rapport aux travaux de ces dernières années, pour souligner leur actualité et montrer le rôle qu'elles ont joué dans le renouveau des travaux consacrés aux rapports entre les sciences, les techniques et les sociétés.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1991.)

  • L'auteur mobilise ici deux ressources complémentaires : des enquêtes anthropologiques menées sur le terrain et des documents écrits ou oraux. Cette démarche débouche sur un double questionnement : l'importance dans les modes de pensée du substrat historico-mythique d'origine berbère, largement occulté et nié par la culture officielle, et la place inconfortable des intellectuels algériens, sans cesse bloqués dans l'exercice de leur fonction critique par un système autoritaire qui mobilise la culture traditionnelle pour imposer son ordre.

  • Il est banal de dire que la science contemporaine s'appuie sur la théorie et l'expérience. Mais si les philosophes et les historiens des sciences se sont intéressés à la charge de vérité des théories scientifiques et aux conditions de leur élaboration, ils ont quelque peu délaissé la question de l'expérience et de la manière dont celle-ci peut faire preuve. C'est cette question que cherche à élucider cet ouvrage sous un angle historique : l'auteur y interroge un corpus fort large et peu usité de récits d'expérience depuis le XVIIe siècle, qui voient de mettre en place la mathématisation de la physique et se répandre la représentation de la science moderne fondée sur les deux piliers jumeaux de la théorie et de l'expérience. Cet ouvrage montre comment apparaissent alors les formes de preuves expérimentales forts diverses, qui se succèdent et s'enchevêtrent selon un motif historique complexe. Celles-ci, fondées sur la curiosité, l'utilité ou l'exactitude des faits proposés, renvoient aussi bien à des conceptions intellectuelles qu'à des pratiques matérielles, voire à des techniques littéraires, selon les groupes sociaux qu'il s'agit de convaincre. La comparaison entre France et l'Angleterre, les deux pays qui se dotent les premiers d'institutions scientifiques permanentes, permet d'éclairer les trames qui gouvernent l'élaboration de cette tapisserie expérimentale aux motifs contrastés. En dégageant ainsi des " régimes de preuve " progressivement stratifiés dans la pratique scientifique, cet ouvrage offre une grille originale permettant de réinterroger nos représentations contemporaines de la science. Enfin, en rapprochant fermement l'histoire des sciences des champs plus traditionnellement parcourus par les historiens en général, il ouvre des perspectives fécondes et d'actualité.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l''édition originale de 1996.)

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