La découverte

  • S'il est un spectre qui hante l'Europe des XIXe et XXe siècles, c'est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la " question sociale ", telle qu'elle s'invente avec l'industrialisation, est d'abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
    Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d'un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement - féministes, jocistes ou révolutionnaires.
    En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l'ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l'Europe contemporaine.

  • L'ambition de cet ouvrage est d'étoffer le débat sur l'apprentissage, au-delà du cercle des spécialistes, en mêlant à la polyphonie disciplinaire des études dans le champ de la transmission des savoirs la voix singulière de l'archéologie, qui étudie la matérialité et la temporalité du passé à travers les traces des activités humaines.
    À l'instar de l'anthropologie, de l'histoire et de la sociologie, l'archéologie impose de ne pas restreindre les savoirs aux seuls territoires lettrés et aux cultures de l'écrit. Elle replace les connaissances et apprentissages humains dans une perspective de très longue durée, soit près de trois millions d'années au cours desquelles apparaît et se développe le langage articulé, principal vecteur de la transmission. À travers l'étude de la matérialité des supports, des dispositifs d'apprentissage et des lieux de savoir, cette discipline apporte également un éclairage original sur les phénomènes de transmission et de socialisation des connaissances dans les sociétés humaines passées et présentes, que ce soit lors d'activités quotidiennes informelles ou dans des cadres professionnels et intergénérationnels plus structurés.

  • Depuis une vingtaine d'années, on entend dire qu'une " nouvelle économie " est en passe de supplanter les anciens modes d'échange des biens matériels - une économie dont l'attention constituerait la première rareté et la plus précieuse source de valeur. À quoi ressemble donc cette économie de l'attention ? Quels nouveaux outils sont nécessaires pour en comprendre les mécanismes ? Que faut-il en craindre ou que pouvons-nous en espérer ?
    Des neurosciences à la sociologie, du design de logiciels à la philosophie éthique, une grande diversité de disciplines sont convoquées ici pour éclairer l'économie de l'attention à partir de multiples perspectives critiques. Il en ressort qu'il est aujourd'hui indispensable de penser le destin de nos économies en termes d'attention - mais qu'il serait calamiteux de laisser les seules logiques capitalistes reconfigurer nos régimes attentionnels.
    Remède au productivisme forcené qui épuise nos ressources matérielles, ou symptôme de la colonisation qui soumet nos esprits à l'emprise du capital ? L'économie de l'attention se situe non seulement au carrefour des disciplines : elle est surtout au carrefour des chemins qui traceront notre avenir.
    Ce volume collectif propose dix-sept chapitres émanant de certains des meilleurs spécialistes internationaux de ce domaine émergent, ainsi que de voix dissidentes qui en contestent la validité : Franco Berardi, Daniel Bougnoux, Dominique Boullier, Jonathan Crary, Georg Franck, Christophe Hanna, Jean-Philippe Lachaux, Sandra Laugier, Pierre Le Quéau, Matteo Pasquinelli, Anthony Pecqueux, Julien Pierre, Martial Poirson, Claudia Roda, Adrian Staii, Bernard Stiegler, Henry Torgue.

  • Au-delà de la plurimillénaire geste thérapeutique, cet ouvrage met en lumière la façon dont les différentes sociétés ont dû gérer dans le temps et dans l'espace leur relation à la santé. Il est le fruit d'une collaboration entre de nombreuses disciplines qui viennent ici témoigner de ces petites fenêtres d'histoire de la santé et du soin que nous révèle l'archéologie.
    La pratique du soin et la préservation de la santé ont toujours représenté une préoccupation majeure pour l'ensemble des sociétés humaines, depuis les premières organisations sociales jusqu'à nos jours, et ce, sur tous les continents. L'approche archéologique et anthropologique adoptée dans cet ouvrage permet de retracer, sur plusieurs dizaines de milliers d'années, la manière dont les groupes humains ont appréhendé la maladie, le handicap et le soin. De la préhistoire à l'époque contemporaine, les contributeurs et contributrices nous racontent aussi la diversité des pratiques, car à chaque mal correspond un remède déterminé par des normes sociales et des choix contextuels.
    Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire entre archéologues, anthropologues, biologistes et historiens qui, dans une double approche sociale et biologique, se posent la question du soin et de la santé à l'échelle des individus comme des populations.

  • En dépit de sa richesse et de son dynamisme, la démarche comparatiste en études urbaines ne s'est vue consacrer aucun ouvrage en français à ce jour. Cet ouvrage collectif se propose de combler un vide éditorial en rassemblant les principaux sociologues français de l'urbain. Méconnues ou inédites, ces contributions rendent compte d'une discipline en plein essor.
    Face à l'urbanisation croissante de la planète et à la mondialisation qui donnent parfois l'impression d'une homogénéité globale, la comparaison internationale entre villes est devenue un enjeu majeur. Nombre d'organisations publiques et privées classent ainsi les métropoles selon des critères standardisés. Dans le champ académique, la circulation transnationale et les injonctions à l'internationalisation des recherches nourrissent les démarches comparatistes. Mais pourquoi et comment comparer ? Quels sont les avantages, les difficultés, les limites et les pièges de la comparaison ?
    Cet ouvrage réunit une vingtaine de chercheurs en sociologie urbaine, qui pratiquent dans leurs travaux la comparaison internationale. Leurs contributions illustrent en quoi, et à quelles conditions, la comparaison peut permettre de mieux analyser les structures sociospatiales, les processus, les normes et les catégories de pensée. Elles montrent aussi, au-delà de l'approche monographique souvent adoptée dans l'étude des villes, ou en complément de celle-ci, comment différentes façons de comparer permettent de monter en généralité et de développer l'inventivité théorique.

  • S'écartant des sentiers battus ce livre restitue le cadre historique dans lequel est née en Algérie, entre 1830 et 1962, une conscience culturelle et politique berbère. Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des " récits identitaires " en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans cette culture.
    Comment l'affirmation berbère s'est-elle construite en Algérie, et plus particulièrement dans le cas de la Kabylie ? À rebours des clichés sur les problématiques régionalistes, Yassine Temlali entreprend dans ce livre de définir un cadre d'analyse rigoureux à partir de questionnements essentiels : quelle était la situation réelle des communautés berbères à la veille de la conquête coloniale ? L'occupation française a-t-elle pu être un agent d'intégration des régions berbérophones à une nouvelle entité, l'Algérie ? Y a-t-il eu une " politique kabyle " de la France ? Pourquoi les berbéro-nationalistes du PPA-MTLD, critiques envers sa doctrine arabo-islamique, sont-ils restés minoritaires ? Y a-t-il eu au sein du FLN, entre 1954 et 1962, une guerre entre " Arabes " et " Kabyles " ? Pourquoi dans les régions berbérophones de l'Est, l'affirmation berbère n'est-elle pas aussi ancienne qu'en Kabylie ? Et comment expliquer qu'à l'indépendance, en 1962, ces régions se soient positionnées de façon différente vis-à-vis du régime d'Ahmed Ben Bella ?
    S'écartant des sentiers battus de l'essentialisation des identités culturelles, par définition flottantes et éphémères, l'auteur restitue le cadre historique dans lequel, entre 1830 et 1962, est née en Algérie une conscience culturelle et politique berbère, de façon concomitante avec la naissance de ces entités modernes que sont la nation algérienne, la Kabylie... Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des " récits identitaires " en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans ce pays.

  • Au coeur de nombre de déclarations et de débats, la question des migrations s'inscrit en tant que telle au rang des enjeux sociétaux majeurs. Au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires telles que celle observée aujourd'hui ne sont pas le propre de notre époque. Dans cet ouvrage collectif coédité par l'INRAP, l'évolution des mouvements de population et de leurs logiques se lit au fil des sources archéologiques, historiques, géographiques et démographiques les plus récentes.
    Au coeur de nombreux débats contemporains, la question des migrations est devenue un enjeu majeur, au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires ne sont pas le propre de notre époque.
    L'archéologie apporte des informations essentielles sur ces mouvements de population à grande échelle qui se sont succédé de la Préhistoire - avec les premiers Hominidés quittant l'Afrique - au XXIe siècle. Volontaires ou contraintes, ces migrations ont induit diaspora, colonisation, métissage, intégration et ségrégation.
    Confrontant les données archéologiques, historiques, génétiques, géographiques, démographiques et linguistiques,
    Archéologie des migrations propose un réexamen critique des sources disponibles. Cet ouvrage a pour ambition de mettre en perspective de nouvelles hypothèses scientifiques et d'aller au-delà de la simple observation des mouvements de population, en abordant notamment les contacts entre les migrants et les sociétés qu'ils rencontrent.

  • En étudiant la culture matérielle des esclaves, l'archéologie - et en particulier, depuis une vingtaine d'années, l'archéologie préventive - contribue de façon décisive aux recherches sur l'esclavage colonial. La traite, l'habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d'une documentation nouvelle, dont cet ouvrage rend compte grâce aux contributions des meilleurs spécialistes internationaux. L'archéologie a joué, depuis les années 2000, un rôle décisif afin de renseigner sur les conditions de vie des esclaves, leurs habitats, les établissements où ils furent asservis (souvent détruits mais dont subsistent les fondations), les enclaves du marronnage, les rites d'inhumation, l'état sanitaire des défunts, leur âge, leur sexe, etc. En étudiant la culture matérielle des populations asservies, l'archéologie - et en particulier depuis une vingtaine d'années l'archéologie préventive - contribue en effet de façon déterminante aux recherches sur l'esclavage colonial et offre une documentation nouvelle.
    Confrontant études de cas et synthèses sur l'archéologie de l'esclavage aux États-Unis, à la Barbade, à Cuba, au Brésil et aux Antilles françaises, en Afrique de l'Est, du Sud et de l'Ouest, à La Réunion et à l'Île Maurice, cet ouvrage fait le point sur les avancées récentes de la connaissance de la traite, de l'esclavage et du marronnage et propose une meilleure prise en compte du patrimoine archéologique du système esclavagiste, de sa conservation et de sa mise en valeur.

  • La charia, normativité référée à l'islam et à ses textes fondateurs, appartient à ces vocables constamment utilisés et jamais étudiés, ou si peu. Il n'existe en tout cas aucun ouvrage de langue française tentant d'aborder la question, non pas dans ses représentations fantasmées, mais dans ses formes et ses pratiques concrètes, vide que ce livre entend combler. L'objectif est de le faire " au temps présent ", dans le phénomène de référencement à la charia que l'on peut observer à l'oeuvre dans le contexte contemporain, tout en ne négligeant pas la nouvelle dimension politique que ce terme et ses usages n'ont manqué de prendre.
    Les rapports du droit à la référence islamique ont connu des bouleversements profonds au cours des cent cinquante dernières années. Aux niveaux législatif et judiciaire, les instances du droit ont eu à se prononcer sur la place de la charia dans les différents systèmes juridiques. L'ouvrage s'attache à observer comment la formulation des règles référées à l'islam, leur usage et leur autorité sont fonction du contexte social, politique et institutionnel de chaque État.
    Faut-il en conclure à la relativité de la charia ? Au lieu de chercher à connaître la nature de la règle islamique, il convient davantage d'observer, en contexte, comment ces règles sont invoquées, élaborées et mises en oeuvre dans le cours ordinaire de la vie de sociétés où la présence musulmane est importante.

  • Toutes les inégalités ne se " valent " pas : certaines sont visibles, d'autres moins, certaines sont perçues comme injustes, d'autres ne le sont pas. Il ne suffit donc pas de décrire et de mesurer les inégalités sociales, il faut aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l'action des individus. Tel est l'objet de ce livre collectif original, qui réunit les plus grands noms de la sociologie contemporaine. La seule dénonciation globale des inégalités sociales ne suffit pas, car toutes les inégalités ne se " valent " pas : certaines sont visibles, d'autres moins, certaines sont perçues comme injustes, d'autres non. Il faut donc pouvoir décrire et mesurer les inégalités sociales, mais aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l'action des individus. En effet, si la conscience des inégalités semble s'accentuer, elle ne débouche pas pour autant sur des formes d'action collective véritablement intégrées et organisées. Pour comprendre ce paradoxe, il faut savoir comment ceux qui les subissent vivent avec les inégalités sociales, comment ils s'en accommodent plus ou moins, comment l'expérience des injustices est construite... Il faut aussi connaître les principes de justice mobilisés par les individus pour comprendre quelles peuvent être leurs réactions face aux injustices. Les sciences sociales, leurs analyses et les critiques qu'elles développent sont susceptibles de nous aider à y voir plus clair et à peser sur la vie politique et sociale. C'est là tout l'objectif de ce livre original, qui contient les contributions des meilleurs spécialistes de la question.

  • L'idée de participation est ancienne et elle a inspiré de nombreuses expériences depuis deux siècles. Une analyse comparative de cette dynamique historique, par les meilleurs spécialistes.
    Aujourd'hui, la démocratie participative s'institutionnalise dans la durée, faisant apparaître de nouveaux acteurs, de nouvelles légitimités, de nouveaux objets dans l'implication de " citoyens ordinaires " à la prise de décision publique. Cependant, si l'idée de participation est au moins aussi ancienne que l'histoire des démocraties modernes, l'étude de sa dimension diachronique restait à faire. D'où l'intérêt de cet ouvrage réunissant les contributions des meilleurs spécialistes, qui proposent, dans une perspective comparative, un regard historique organisé en trois temps.La première partie interroge la généalogie des catégories utilisées par les acteurs et par les observateurs. La deuxième met en regard la France et les États-Unis, dans une période charnière de réformes progressistes - la fin XIXe et le début du XXe siècle -, qui voit se mettre en place les premiers éléments de l'État-providence et s'expérimenter de nouvelles formes de participation. Enfin, la troisième partie retrace les relations qui se nouent entre les sciences ou l'université et le reste de la société, et la façon dont la question de la participation citoyenne a été posée dans ce contexte. Une réflexion sur le temps long débouchant sur des propositions politiques et normatives pour les débats du présent.

  • Le monde contemporain, connecté comme jamais auparavant, est aussi traversé d'inégalités et de violences productrices de hiérarchies, sources de nombreux troubles dans le lien social. Pour comprendre un tel monde, explique Mondher Kilani dans cet essai lumineux, l'anthropologie est un précieux recours. Ce qui la distingue, en effet, c'est sa capacité à varier les échelles d'observation. Elle donne à voir le monde pour saisir la fabrique du social. Elle permet de traduire les formes d'expérience, sans chercher derrière elles une nécessaire nature. Il s'agit de percevoir le réel sur un fond de possibilités plus large que ce qu'en perçoit la conception usuelle.
    Cinq raisons principales illustrent dans ce livre une telle ambition analytique : la raison civile (rapports entre religions et société civiles), la raison identitaire (jeux de la mémoire et de l'oubli dans la construction des identités), la raison sacrificielle (rapport à l'animal, réel et mythique, et place du sacrifice dans le monde contemporain), la raison génocidaire (stigmatisation et exclusion de catégories entières de la population jusqu'aux violences les plus extrêmes) et, enfin, la raison anthropologique et son nécessaire " ethnocentrisme critique " (synthèse des quatre raions précédentes et questionnement sur leur caractère universaliste). Ces thématiques traduisent les mêmes préoccupations : l'être-ensemble et ses variantes ; la religion en société et les difficultés du sécularisme ; la culture, productrice autant que destructrice du lien social ; l'identité en tant que processus contradictoire ; le témoignage et la " preuve ", et leurs usages dans les controverses publiques ; les formes de violence et les logiques sacrificielles qui les accompagnent ; les politiques d'intégration et d'exclusion de l'étranger ; l'attitude face à l'environnement naturel et la perception de la catastrophe ; enfin, les valeurs et les pratiques sociales et culturelles oscillant entre le singulier et l'universel.
    Cette dernière problématique constitue le point de convergence de toutes les autres, puisque c'est elle qui fonde le discours anthropologique et lui confère son intérêt. D'où le plaidoyer de cet ouvrage pour un universalisme critique, conscient de ses présupposés, pratiques et théoriques, et qui s'assume jusque dans son incomplétude et ses limites. Du voile islamique en Europe à la mémoire et aux commémorations, en passant par la crise de la vache folle et les mythes du cannibale, les théories " racialistes " ou le nouvel " universalisme " américain depuis le 11 septembre, l'anthropologie est un regard précieux et irremplaçable pour qui veut comprendre la trame invisible du contemporain.

  • Des sciences humaines à la vie interne des partis politiques, des avant-gardes artistiques au monde colonial francophone, de l'extrême-gauche à la droite aronienne, un regard singulier qui permet de comprendre les multiples usages et déformations d'une oeuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.
    En octobre 2017, une enquête montrait qu'un jeune Français sur deux rejetait l'idée selon laquelle " le mot communisme fait ancien, dépassé ". Plus d'un quart des sondés exprimait une opinion positive sur la " pensée de Karl Marx ".
    Malgré la disparition de l'URSS, l'effondrement du Parti communiste, les séquelles laissées par le stalinisme et la doxa affirmant qu'" il n'y a pas d'alternative ", le spectre de Marx hante toujours l'imaginaire français. Nul hasard à cela : la vie intellectuelle comme l'histoire politique de la France ont été durablement marquées par les présences multiples de Marx.
    Deux siècles après la naissance de ce dernier, en 1818, cet ouvrage offre un éclairage historique et sociologique sur la façon dont la pensée de Marx a été reçue dans le contexte français, du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il propose non pas une nouvelle interprétation de Marx, mais un décryptage des formes complexes qu'y a prises son oeuvre.
    Analysant la place et l'influence de Marx dans le débat intellectuel, politique et artistique français, de l'extrême gauche à la droite aronienne, et jusque dans le monde colonial francophone, les contributeurs de cet ouvrage proposent un regard singulier qui permet de comprendre les usages - et mésusages - d'une oeuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.

  • Howard S. Becker, né à Chicago en 1928, est une figure majeure de la sociologie contemporaine. En un demi-siècle, ses travaux ont influencé les sciences humaines et sociales dans de nombreux domaines. Depuis ses premières enquêtes sur les étudiants en médecine ou les institutrices, jusqu'aux textes récents sur le métier d'enseignant-chercheur, en passant par une production scientifique jamais interrompue sur les musiciens et le travail artistique en général, Becker n'a cessé d'étudier les mondes professionnels les plus divers. Abordés dans une perspective interactionniste, ceux-ci donnent à voir à chaque fois des modes de coopération et de négociation souvent plus tacite qu'explicite entre professionnels et avec le public à propos du contenu du travail, de son organisation, de l'identité professionnelle et de la distribution des rôles dans le " théâtre social du travail ".
    Cet ouvrage rassemble les contributions originales de trois générations de chercheurs francophones dont la sociologie beckerienne constitue le point d'ancrage commun. Le lecteur y trouvera des textes théoriques, épistémologiques ou méthodologiques sur la pratique de l'observation, l'introduction en France de l'interactionnisme ou sur le concept de " monde de l'art ", mais aussi des études de cas par l'approche ethnographique du travail, parmi les DRH, les tatoueurs, les salariés de l'hôpital, les musiciens ou les cyclistes. Dans chacun des cas étudiés, les auteurs pensent le travail comme un objet à la fois central et banal, activité quotidienne de fabrication du social, laissant se déployer la richesse et la complexité de ce "doing things together" que Becker place au centre de sa démarche sociologique.

  • Longtemps, dans les représentations conventionnelles, la préhistoire a été celle de l'Europe occidentale, caractérisée par de l'industrie lithique et des grottes ornées emblématiques. A contrario, les sociétés non occidentales, en particulier les sociétés dites " primitives ", sont appréhendées comme étant intemporelles, figées dans le moment de leur découverte.
    Comment l'anthropologie prend-elle en compte le passé des sociétés dites " tribales " qu'elle étudie ? Comment ces sociétés se représentent-elles leur passé et comment l'archéologie peut-elle leur apporter une profondeur historique ? Dans quelles perspectives historiques et archéologiques les replacer ? Comment, en retour, l'anthropologie et l'archéologie des sociétés non européennes permettent-elles de donner des perspectives renouvelées à l'archéologie " occidentale " ?
    Archéologues et anthropologues offrent leurs regards croisés sur les cultures non occidentales et présentent ici les avancées récentes dans le champ de la recherche, en mettant l'accent sur la préhistoire de ces sociétés.

  • Dans un contexte de durcissement pénal et d'accroissement de la population carcérale, la question du devenir à long terme des délinquants mérite un intérêt particulier. L'idée selon laquelle les expériences délinquantes sont transitoires semble aller de soi, sans que l'on sache vraiment quand, pourquoi et comment s'ordonne cette perte d'attraction des conduites transgressives. Jusqu'ici, les sciences sociales tout comme les praticiens, notamment dans le monde francophone, se sont focalisés sur les entrants et les persistants et ont ostensiblement ignoré les sortants de la délinquance. C'est pourtant un enjeu social et politique important qui mobilise, à des niveaux divers, des centaines de milliers de professionnels en France.
    Il y avait donc un vide académique à combler, un champ de recherche à défricher et ce premier ouvrage en langue française pose un premier jalon dans cette direction. Il regroupe les éclairages d'auteurs reconnus qui abordent les sorties de délinquance à travers l'analyse des expériences individuelles, des dynamiques sociétales et de l'action publique en croisant différentes disciplines et en articulant théories, méthodologies et données empiriques.

  • Une vingtaine de sociologues, d'ethnologues et d'historiens font le point des connaissances sur ces fameuses bandes de jeunes, depuis l'époque des " blousons noirs " jusqu'à nos jours, et en observant aussi la façon (autrement plus problématique) dont cette question se pose dans d'autres pays. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2007.
    Dans l'imaginaire collectif, la bande renvoie à des actes délinquants commis en groupe et, plus largement, à des désordres juvéniles de tous types. Qu'un groupe d'adolescents ou de jeunes adultes pétarade à mobylettes ou chahute sur la dalle devant les immeubles, et l'on parlera facilement de " bandes ". Mais la presse parle également d'affrontements entre " bandes " de " jeunes de cités ", pour des faits qui peuvent aller jusqu'au meurtre. Durant les émeutes, certains fustigent également les agissements de " bandes ". C'est dire si la " bande " est un concept flou, désignant des formes multiples d'agissements et de regroupements bien réels mais qui semblent surtout unifiés par la peur qu'ils suscitent. Du reste, l'inquiétude contemporaine n'est pas nouvelle : au début du XXe siècle, ce sont des bandes de jeunes surnommées " Apaches " qui incarnaient cette dangerosité juvénile.Puis, au tournant des années 1950 et 1960, ce seront les " blousons noirs ". Dans ce livre, une vingtaine de sociologues, d'ethnologues et d'historiens font le point des connaissances sur ces fameuses bandes de jeunes, depuis l'époque des " blousons noirs " jusqu'à nos jours, en France mais aussi d'autres pays et continents. Ils s'interrogent sur la genèse des bandes, sur leur nature exacte, sur leurs relations avec diverses formes de délinquance, sur la façon dont les institutions travaillent sur ce " problème ", ainsi que sur sa construction médiatique et politique. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2007.

  • L'allongement de la vie humaine est un phénomène sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Les progrès en longévité sont même devenus très récemment un objectif prioritaire des politiques publiques européennes, lesquelles préconisent à l'horizon 2020 un gain de deux années d'espérance de vie en bonne santé.
    Phénomène sans précédent dans l'histoire de l'humanité, l'allongement de la vie humaine est en train de révolutionner durablement le xxie siècle, sur tous les continents. Pourtant, l'ampleur de ces mutations et leurs nombreuses implications restent largement méconnues.
    L'ambition de ce livre est d'en dresser un panorama complet en montrant comment cela bouleverse la condition humaine et sociale, le régime temporel de nos existences, ainsi que les manières de vivre ensemble. Dans une société où coexistent désormais quatre générations aux expériences et aspirations sensiblement différentes, les formes de solidarité sont à repenser. De même, comment faut-il protéger et soigner dans des sociétés de vie longue ? Quels sont le sens et le prix du prolongement de la vie ? Comment concilier longévité et qualité de vie ? Autant de questions aux implications à la fois sociales, éthiques, médicales et économiques.
    À partir du croisement d'approches pluridisciplinaires et dans une perspective de comparaisons internationales, cet ouvrage a pour ambition de dresser un état des savoirs et des réflexions sur la question de la longévité. Non seulement il circonscrit les multiples défis posés par l'allongement de la vie, mais il offre une lecture essentielle pour comprendre comment nos sociétés pourraient se saisir de cette révolution afin d'en faire une opportunité pour tous et toutes.

  • Comment vivent les femmes chinoises aujourd'hui ? Quel est leur statut et quelles places occupent-elles dans la Chine contemporaine ? En quoi les bouleversements économiques et sociaux depuis les années 1980 ont-ils modifié leurs situations et leur accès aux droits ? Observe-t-on des mutations dans leurs rapports à la famille, à l'éducation, au travail et à l'emploi ou encore à la sexualité ? Comment sont-elles représentées au cinéma ?
    Autant de questions auxquelles cet ouvrage collectif, résolument pluridisciplinaire, entend répondre. Anthropologues, démographes, historiens, sociologues et politistes réfléchissent aux mutations que connaît la société chinoise contemporaine, en centrant leur analyse sur les rapports de genre. Au-delà des situations contrastées des femmes chinoises, ce sont les rapports entre les hommes et les femmes et leurs représentations qui sont mis en exergue. En faisant se succéder chapitres de synthèse et enquêtes de terrain, cet ouvrage donne à voir la réalité foisonnante, hétérogène et nuancée, des rapports sociaux contemporains en Chine.

  • Comment est né le concept moderne, scientifique, de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Comment a-t-il pu revêtir une telle importance au cours du XIX e siècle et du début du XX e siècle, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? Des contributions des meilleurs spécialistes internationaux. Comment est né le concept de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? L'Invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la " race ", et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie. Cet ouvrage avance qu'à partir d'une origine européenne l'idée de race s'est étendue - par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands - à tout l'Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine. Partout, elle suscite représentations et politiques raciales discriminatoires. L'ouvrage montre aussi que les théories sur les hiérarchies raciales ont influencé les spectacles ethniques (dont les zoos humains), les expositions internationales et coloniales, la photographie ou les collections ethnographiques qui ont largement contribué à forger une vision du monde fondée sur l'inégalité des races.

  • Discipline aujourd'hui très présente dans le monde académique, la sociologie du travail a également pénétré le monde de l'entreprise. Mais pour mieux comprendre la nature des apports et le rôle des sociologues du travail, il est important de connaître leur histoire.
    C'est ce que propose ici Lucie Tanguy : mobilisant un vaste corpus d'archives, elle replace l'histoire, en France, de cette jeune discipline dans son contexte social et intellectuel, évoque ses déterminants et les luttes de courants qui l'ont traversée. Elle retrace les actions des chercheurs pour définir un modèle scientifique, le faire reconnaître, s'organiser en communauté, débattre des perspectives érigées en théorie et faire admettre des normes de scientificité à destination des générations suivantes. Enfin, elle analyse les politiques et programmes de recherches impulsés par la gauche dans les années 1980, les inflexions de style et d'orientations de recherches, ainsi que la conception même du métier de sociologue, qui en sont découlées : les sociologues peuvent-ils conjuguer autonomie de la pensée et engagement dans la société de leur temps ? Comment concilier pluralité d'approches, déplacements d'objets et cumulativité des connaissances ? Le métier de sociologue, et plus largement celui de chercheur scientifique, peut-il encore se définir au singulier ?

  • L'analyse d'une pratique aussi singulière que celle du yangge dans l'histoire récente de la Chine permet de " passer de l'autre côté du miroir " et de mieux comprendre la complexité et la diversité d'une société qui est encore souvent présentée comme homogène, docile et inflexible.
    Qui n'a jamais été surpris de découvrir une animation joyeuse, intense, sonore et dansée, dans les rues chinoises à la tombée de la nuit, menée par des résidents en quête de divertissements, d'activités physiques et de bien-être social ? Issu d'une recherche menée sur le long terme dans plusieurs localités de la province du Shaanxi et de la municipalité de Pékin, cet ouvrage plonge le lecteur au coeur des pratiques culturelles et sociales de nombreux Chinois. Il propose une réflexion originale sur la place de la culture en République populaire de Chine et sur ses diverses modalités d'expressions et d'interprétations depuis le Mouvement du 4 mai 1919 jusqu'à l'Exposition universelle de 2010 à Shanghai. La politique culturelle est-elle un instrument essentiel de l'exercice du pouvoir en Chine ? Ce livre y répond en explorant les liens entre culture et politique à partir d'une étude anthropologique réflexive et critique de la danse du yangge, inspirée des travaux des Cultural Studies qui associent dans leurs démarches les approches sinologique, historique, politique et sociologique. Fondé sur des enquêtes de terrain approfondies au sein de différentes communautés yangge, il montre comment la danse du yangge fut un outil de propagande qui a servi de pierre angulaire à la construction de la politique culturelle au temps de Mao et comment elle sert aujourd'hui à la promotion de la civilisation spirituelle socialiste, par un Parti communiste chinois en quête de légitimité.

  • Une cinquantaine d'expériences euopéennes sont en cours : mode passagère ou mouvement de fond amené à bouleverser les pratiques administratives et politiques ?
    Vingt ans après la chute du mur de Berlin, la dynamique européenne est menacée par les replis nationaux et la démocratie représentative n'est plus susceptible de faire face à elle seule aux défis nouveaux, ni apte à mobiliser les énergies et la confiance des citoyens. Inventé à Porto Alegre, au Brésil, le budget participatif, qui consiste à associer des citoyens non élus à l'allocation des finances publiques, s'est répandu très rapidement dans le reste du monde. Il est désormais préconisé aussi bien par le mouvement altermondialiste que par la Banque mondiale et des partis de tout bord. S'agit-il d'une mode passagère ou d'un mouvement de fond amené à bouleverser les pratiques administratives et politiques ? Cet ouvrage constitue la synthèse de la première recherche comparative menée à partir de la centaine de budgets participatifs existant en Europe. La première partie explique l'émergence des budgets participatifs et prend la mesure de leur diversité. La deuxième analyse dans le détail une vingtaine d'expériences, soulignant particularités et traits communs. La troisième partie s'interroge de façon transversale sur les effets, les dynamiques et les enjeux de ces démarches. Elle analyse comment les différents modèles de participation s'articulent aux mutations à l'oeuvre dans le domaine social, dans l'action publique et dans le système politique. Pour que les services publics puissent s'affirmer face aux logiques marchandes, ils doivent se mettre véritablement au service du public. C'est pourquoi le couplage de la modernisation et de la participation représente un enjeu crucial.

  • Ce livre, fruit d'un programme de recherches pluridisciplinaires, dresse un état des savoirs en matière d'inégalités sociales face à la santé. Pour les grands domaines de la santé et les principales maladies, il apporte des informations précises et révèle des faits encore trop méconnus, s'efforçant d'expliquer pourquoi ces inégalités ont leurs racines en amont du système de soins.

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