Le Bord de l'eau

  • La France est un ancien pays d'immigration marqué par l'installation durable de migrants d'origines diverses dont les plus récents rejoignent souvent leurs prédécesseurs dans les quartiers populaires. S'y côtoient les enfants et petits-enfants des premiers travailleurs nord-africains et les nouveaux arrivants dont les expériences et cadres de référence divergent.
    Comment les individus vivent-ils ce face-à-face entre « banlieusards » et « blédards » ?
    Les enquêtes menées par l'auteur depuis plus de dix ans dans les collèges, lycées, lieux de travail et réseaux sociaux où se rencontrent, se jugent et parfois s'affrontent ces deux catégories de jeunes répondent à cette question encore inexplorée en France.
    En raison même de leur distance à l'égard du pays d'installation, le rapport des nouveaux migrants à la société française est moins problématique que chez les jeunes issus des immigrations postcoloniales, car les difficultés de l'intégration ne sont pas intériorisées comme des marqueurs d'une identité stigmatisée. Le pays d'accueil est encore envisagé comme un lieu de possibilités nouvelles et non comme un espace de conflictualité et d'exclusion. L'analyse de la situation méconnue des jeunes nouvellement arrivés permet ainsi la mise en perspective de celle des jeunes qui n'ont pas connu l'immigration, mais qui continuent malgré eux à en incarner les défis et les périls.
    Les figures contrastées du réfugié et du jeune radicalisé qui ont marqué l'actualité récente témoignent de la nécessité de distinguer entre les questions d'intégration des nouveaux venus et le problème de la marginalisation et des conduites déviantes d'une frange de jeunes français issus de l'immigration. Ce livre entend contribuer à lever l'amalgame.

  • Reuven Feuerstein, pédagogue israélien, a travaillé avec les enfants bouleversés par la Deuxième Guerre mondiale lors de la création de l'Etat d'Israël. Il s'est occupé d'enfants juifs européens et nord-africains rescapés de la Shoah. Soumis à des tests psychométriques, ces enfants obtenaient des résultats qui dénotaient un retard intellectuel de 3 à 6 ans par rapport à la norme. Feuerstein s'est aperçu que si les tests pouvaient rendre compte des connaissances de l'enfant, ils ne permettaient pas pour autant de mesurer leur capacité d'apprentissage. Il importait donc avant tout de débloquer le processus intellectuel et émotionnel permettant aux enfants et aux adolescents d'acquérir des connaissances.
    À travers des milliers de patients, le Professeur Feuerstein a acquis la conviction qu'il était possible d'apprendre à apprendre, et ce d'une manière continue. Son programme d'enrichissement instrumental consiste donc à créer chez tous ceux qui présentent un immobilisme intellectuel les conditions physiologiques et psychologiques leur permettant de faire face de manière autonome aux différents événements auxquels ils seront confrontés.
    Plus largement, la pédagogie de Feuerstein est une pédagogie de la médiation. Elle permet de faire le tour des problèmes pédagogiques, de mettre des mots sur des choses implicitement connues pour devenir mieux armé. En prônant une pédagogie généreuse, active et modifiante, Feuerstein nous invite à quitter des attitudes qui ont trop souvent été chez nous passives et acceptantes. Bref une pédagogie à visage humain...

  • Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.

  • Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.

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