Le passeur

  • Le portrait de l'exploratrice Alexandra David-Néel, dont la vie et l'oeuvre continuent d'être sources d'inspiration pour nos contemporains.
    " Elle fait partie de ces héros qui donnent de la force et inspirent ceux qui veulent aller au bout de leurs rêves. "
    Marie-Madeleine Peyronnet
    En février 1924, Alexandra David-Néel pénétrait à Lhassa, au coeur du Tibet interdit, après une marche de quatre mois à travers de hautes montagnes puis des territoires non cartographiés que l'on croyait peuplés de cannibales. Accompagnée de son fils adoptif Aphur Yongden, elle vécut cette rude expérience en se faisant passer pour une Tibétaine, mendiant sa nourriture comme les pèlerins les plus pauvres du pays. Ce périple clandestin de 2 000 km, exploit sans précédent, la rendit célèbre dans le monde entier.
    Cette voyageuse intrépide présente bien d'autres facettes, moins connues : anarchiste dans sa jeunesse, féministe, bouddhiste bien avant l'arrivée du bouddhisme en Europe, franc-maçonne, cantatrice, journaliste... Esprit libre et douée d'un beau talent d'écriture, elle laissa une oeuvre sans cesse rééditée. Sa passion de l'Orient, dont elle fit connaître les coutumes et les religions, resta intacte jusqu'à sa mort à 101 ans.

  • Au fil des mots de sa vie, Pierre Rabhi nous éclaire sur les racines de son insurrection pour la construction d'une société écologique et humaine et sur sa conviction profonde que nous pouvons changer le monde. Un document exceptionnel.Figure du sage appelant à l' " insurrection des consciences " et au refus de toute aliénation consumériste, Pierre Rabhi est aujourd'hui le chantre de la sobriété librement consentie. Servis par un indéniable sens de la formule, ses appels à la modération et au respect de la terre emportent une adhésion considérable.
    Devenu un porte-parole de l'agroécologie pensée comme une éthique de vie mais aussi un philosophe du changement de paradigme, il ne s'était cependant jusqu'alors jamais exprimé sur nombre de sujets touchant autant à sa biographie, à son expérience qu'à son regard sur le monde et l'histoire. Nostalgie, peur et amour, violence, hospitalité et migration, libéralisme, démocratie et politique, Sahara, Europe et Israël, Krishnamurti, Albert Einstein et René Dumont, Shoah, guerre de 1914 et " Marseillaise ", OGM et privatisation du vivant figurent parmi les thèmes abordés " en toute liberté ".
    Cet abécédaire intime vient à point pour éclairer les racines de l'" insurrection " de Pierre Rabhi et de son intime conviction : en nous changeant nous-mêmes, nous pouvons changer le monde.

  • La totalité des essais écrits durant toute sa vie par Henry David Thoreau, publié en français pour la première fois.Le présent volume regroupe la totalité des essais écrits durant toute sa vie par Henry David Thoreau (1817-1862), l'auteur de
    Walden et de
    La Désobéissance civile.
    Au total, près de quarante textes, dont dix sont traduits et présentés pour la première en français. Du premier rédigé à vingt ans jusqu'au dernier, révisé sur son lit de mort, toutes les thématiques chères à Thoreau s'y retrouvent. Leur ordonnancement chronologique permet de suivre le fil de sa pensée, son évolution, ses bifurcations, et ses engagements. À côté de ses essais célébrant différents aspects de cette Nature qu'il n'a cessé d'arpenter, on trouve des textes qui sont de véritables bréviaires de sa philosophie vécue sans concession, et des brûlots politiques qui, bien qu'inscrits dans un contexte historique particulier, n'en continuent pas moins de résonner jusqu'à nous. Car c'est le propre de Thoreau de transcender ce qu'il vit à un instant pour lui donner une dimension plus ample qui trouve des échos avec nos propres interrogations. Ce que dénonce ou célèbre Thoreau nous parle plus que jamais : le temps pour soi, la simplicité volontaire, l'attention à la nature, l'hégémonie de la valeur travail, la soumission à l'argent, la désobéissance civile, le recours à la violence pour une cause que l'on croit juste...
    À côté des deux seuls livres qu'il a publiés de son vivant et de son immense journal, ces essais constituent l'autre chef-d'oeuvre de Henry David Thoreau, son indispensable complément, son précieux prolongement, qui fait de son auteur notre contemporain.

  • Pour la première fois réunie en un seul volume, la correspondance de George Sand aux femmes qu'elle fréquenta, révélatrice de ses idées progressistes et de son féminisme avant l'heure.George Sand est sans conteste l'une des plus grandes épistolières francaises.
    Ce volume propose une vaste anthologie de lettres aux femmes qu'elle a connues ou qui l'ont accompagnée au long de sa vie.
    Ces lettres témoignent avec force combien l'écrivaine fut faconnée par les femmes importantes de sa vie, à commencer par sa mère, sa grand-mère et ses amies de pension. Elles détermineront sa vision de la famille et de la féminité, qu'elle développera plus tard dans ses romans.
    En plus de ces dernières et de diverses amies, on y trouve également ses trois correspondantes les plus fameuses : Marie d'Agoult, Pauline Viardot et la sulfureuse Marie Dorval, avec laquelle elle entretint peut-être une relation amoureuse. Celles-ci l'accompagneront de facon déterminante dans ses choix de vie comme dans ses idées, si libres, qui marqueront son oeuvre et sa vie.
    C'est donc l'être profond de George Sand qui se révèle à travers ses lettres, ce qu'il présente d'audacieux, d'original et de si ouvert.
    Apparaissent en pleine lumière la femme engagée, la femme de combat et la femme moderne qui inspireront dans son sillage toutes celles à venir.

  • Du piano aux étoiles Nouv.

    Jean-Pierre Luminet, célèbre astrophysicien, est un mélomane invétéré depuis toujours et également pianiste. Il retrace son parcours étonnant dans lequel son exploration musicale lui a permis de côtoyer de prestigieuses figures (Gérard Grisey, Hèctor Parra ou encore Henri Dutilleux).Depuis son enfance Jean-Pierre Luminet cultive avec passion des activités de musicien, de mélomane et de pianiste, qu'au fil des ans il a progressivement mêlées à ses activités d'astrophysicien de réputation mondiale, à la recherche de l'harmonie secrète de l'univers.
    Il retrace ici son étonnant parcours qui l'a conduit à rencontrer de nombreuses figures de la musique contemporaine dont il retrace les portraits. On y croise de prestigieuses figures comme Gérard Grisey et Hèctor Parra, avec lequel il a développé de fructueuses collaborations, Henri Dutilleux, André Boucourechliev ou encore Régis Campo, mais aussi d'attachants créateurs moins connus comme Arthur Petronio, Tristan Clais, Thérèse Brenet, Karol Beffa et quelques autres. L'auteur nous parle aussi de ses compositeurs classiques favoris, de son intérêt pour le jazz, de ses concerts les plus mémorables, et réserve un chapitre spécial à Franz Liszt, qui l'accompagne depuis toujours.

  • A travers une galerie de portraits des philosophes emblématiques de l'histoire de la philosophie, Henri de Monvallier explore leur rapport à la vie matérielle et dévoile quelques anecdotes édifiantes sur ces grands penseurs.Les historiens de la philosophie s'intéressent beaucoup à la logique mais assez peu, au total, à la logistique.
    Primum vivere, deinde philosophari, dit la sentence latine : " D'abord vivre, ensuite philosopher. " Certes, mais pour vivre, encore faut-il avoir de quoi vivre. Les philosophes, de quoi vivaient-ils ? Étaient-ils riches ou pauvres ? Vivaient-ils de leurs écrits ? Comment négociaient-ils leurs droits d'auteur ? Étaient-ils rentiers, héritiers ou bien étaient-ils obligés de travailler à côté ? Étaient-ils pingres ou généreux avec les autres ? Et comment ont-ils pensé l'argent dans leurs textes théoriques ? Que penser enfin de certaines tendances contemporaines du " business de la pensée " chez les intellectuels ? C'est à ce questions, et à quelques autres, que ce livre entend fournir des éléments de réponse en proposant à travers une galerie de portraits qui va de Platon à Sartre jusqu'aux philosophes actuels une réflexion sur la vie matérielle des penseurs.

  • Pendant sept ans, deux génies de la littérature, Flaubert et Maupassant, ont partagé une profonde amitié. Dans leur correspondance transparaît la bienveillance de l'aîné envers son cadet pour lequel il fut un véritable guide.Il existe une relation quasi filiale entre Flaubert et Maupassant. Le premier a 52 ans quand débute cette correspondance, le second 23 ans. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Flaubert, en 1880. Ainsi, cette correspondance permet de suivre Flaubert dans les sept dernières années de sa vie et Maupassant dans ses sept premières années en littérature.
    Flaubert s'intéresse d'abord à lui parce qu'il est le neveu d'Alfred Le Poittevin, son ami d'enfance. De cette relation va naître une véritable amitié que traduit fidèlement ces lettres.
    Comme l'écrit la préfacière, " tous deux éprouvent du mépris pour la masse, l'esprit bourgeois, l'égalitarisme, le suffrage universel, la soutane ; et tous deux se délectent à la lecture des grands auteurs. La détestation de la médiocrité et l'amour de la littérature les réunissent ".
    Par certains côtés, Flaubert tient avec Maupassant le rôle que tenait George Sand avec lui, celui d'un " conseiller de vie " plus qu'un esthète. Cette correspondance est un morceau de vie partagé entre deux génies.

  • Un recueil d'entretiens avec Arthur Schopenhauer qui se livre sans filtre et se révèle enjoué et volontiers sarcastique nous permettant ainsi de découvrir sa personnalité insolite et souvent cocasse.Comme l'écrit Didier Raymond, spécialiste du philosophe allemand, dans la préface de ces
    Entretiens, " Schopenhauer affirme à de nombreuses reprises, notamment dans ses aphorismes sur la sagesse dans la vie, que l'oeuvre est inséparable de son sujet ". Pour lui, comme pour Nietzsche, qu'il influencera, une oeuvre est toujours par nature biographique. C'est pourquoi ces entretiens sont si importants, ils permettent d'appréhender l'homme Schopenhauer dans sa réalité.
    Il est rare qu'un aussi grand penseur se prête à de tels dialogues. La forme de l'entretien est un genre auquel Schopenhauer s'est adonné volontiers au cours de l'année 1858, deux ans avant sa mort, avec des personnes de tous horizons (enseignant, journaliste, politique, disciple...), alors qu'il est célébré dans toute l'Europe. Ainsi accède-t-on à la véritable personnalité du philosophe, à certains aspects de son caractère, insolites et étranges parfois.
    Sa misogynie, son pessimisme, son mépris de la science et de l'histoire se donnent libre cours dans des conversations à bâtons rompus et sans filtre. Elles permettent de découvrir un Schopenhauer enjoué et volontiers sarcastique que le sombre auteur du
    Monde comme volonté et comme représentation ne laissait pas pressentir.

  • La correspondance troublante et singulière de Baudelaire à sa mère." Je n'ai que ma plume et ma mère ", écrit Baudelaire à son tuteur le 5 mars 1852. Les rapports de Baudelaire à sa condition d'homme et de créateur sont étroitement liés à ceux, étranges et passionnels, qu'il entretint toute sa vie avec sa mère.
    Cette relation étroite est également due à sa condition financière : accumulant les dettes, toujours en manque d'argent, il se plaint en permanence à sa mère. D'ailleurs, il ne parle pour ainsi dire jamais de poésie ou d'art avec elle. Tout y est affaire de choses matérielles et de soucis intimes. Ce qui donne à ces lettres attachantes la vision d'un Baudelaire se débattant avec les problèmes du quotidien.
    Mais par-delà cette apparente trivialité, les formules assassines sur l'humanité et " l'ennui " qui toujours assaille le poète, se révèle aussi une relation terrible et ambigüe, voire sado-masochiste. On voit un génie implorer sa mère de le reconnaître et de l'aimer, alors qu'elle est persuadée qu'il gâche son existence. Cette obsession de gagner l'amour de cette femme adorée et haïe à la fois rend cette correspondance troublante singulière.

  • Ce livre est un bijou d'intelligence et de subtile écoute de Mozart. Une invitation à sortir des sentiers battus et à laisser de côté les poncifs officiels pour, enfin, entrer dans la célébration du silence, jamais égalée, à laquelle nous convie l'oeuvre du compositeur.Dès la publication en 1960 de son premier livre, La philosophie tragique, Clément Rosset ne cessa plus d'écrire. Non seulement des livres de philosophie, mais aussi des récits, des pièces de théâtre, des essais sur ses artistes de prédilection. Parmi ces derniers, Mozart et le silence, devant être suivi de Note sur Jacques Offenbach, écrits en 1967 et 1970 respectivement, d'après la bibliographie que Clément Rosset établit lui-même vers 1970, préservée à la Bibliothèque Nationale.
    Partant essentiellement de l'opéra chez Mozart -; son genre préféré, crucial à sa compréhension -;, Clément Rosset démontre, à rebours des thèses musicologiques en vigueur, l'indifférence du génie autrichien à l'égard de la psychologie de ses livrets.
    À contre-sens des clichés en vigueur qui accordent un sens ou une intention aux airs sublimes de Don Giovanni, de Cosi fan Tutte ou des Noces de Figaro, l'auteur oppose une musique pure, finalement proche du silence et débarrassée de tout prétexte ou de toute arrière-pensée.
    À son retour du Canada, où l'essai sur Mozart fut rédigé, Rosset le propose à un éditeur qui le refuse, ainsi que d'autres manuscrits. Le texte reste alors inédit pendant une vingtaine d'années.
    Dans une série d'entretiens biographiques, Rosset raconte à ce sujet qu'au moment où il s'apprêtait à les mettre à la poubelle, il offrit quelques-uns de ces manuscrits à son ami Didier Raymond, estimant que ce dernier parviendrait probablement, de par son " entregent ", à les faire publier -; ce qui fut le cas du Mozart, qui voit le jour chez Mercure de France en 1990 sous le titre de : Mozart. Une folie de l'allégresse, signé donc Didier Raymond. Discrète et ironique vengeance : c'était l'éditeur qui avait refusé le texte quelque temps auparavant.
    Ce même livre fut réédité chez Le Passeur en 2013 sous le titre Le cas Mozart. Il est aujourd'hui présenté au public sous son titre original, rendant justice à son auteur à titre posthume.

  • Réunies pour la première fois sous cette forme, les lettres entre Bouilhet et Flaubert dévoilent une relation artistique et amicale singulière entre ces deux hommes de lettres devenus comme des frères.Louis Bouilhet fut le complice, le frère élu de Flaubert, celui avec lequel il pouvait partager ce goût de la farce tonitruante, dans la plus pure tradition rabelaisienne. Il fut aussi son éminence grise, ce compagnon d'écriture qui entretint Flaubert dans une exigence littéraire soutenue, et c'est lui qui lui souffla l'idée de Madame Bovary. Leur correspondance croisée, publiée ici pour la première fois, se fait l'écho de cette connivence à la fois potache et hautement littéraire. Drôles, féroces, tonitruantes, brillantes, ces lettres portent la marque d'une de ces rares amitiés littéraires qui en font les héritiers de La Boétie et Montaigne, dans un registre plus facétieux, Bouilhet étant le témoin privilégié du gueuloir du Croisset. Elles permettent aussi de redécouvrir également l'oeuvre du " pauvre Bouilhet ", auquel Flaubert resta fidèle même après sa disparition prématurée. C'est indéniablement l'une des correspondances de Flaubert parmi les plus vivantes, les plus complices et les plus entraînantes.

  • En 200 questions, ce guide objectif et complet expose avec clarté les origines, l'histoire, les textes, les croyances et les pratiques religieuses des trois monothéismes. Il en montre les similitudes et les divergences, sans éviter les sujets tabous.Pourquoi un juif se couvre-t-il dans une synagogue alors qu'un chrétien se découvre dans une église ? Pourquoi juifs et musulmans ont-ils interdiction de consommer du porc ? Sur quels principes reposent la circoncision et le baptême ? Quelles différences entre Halakha, droit canon et charia ? La kabbale est-elle une secte ? Où se trouve l'arche de Noé ? La charité serait-elle l'apanage du christianisme ? Homme et femme ont-ils une âme ? Le plaisir sexuel est-il sacré ?
    En répondant de façon objective et neutre à près de 200 questions essentielles, Isabelle Lévy explique avec clarté les origines, l'histoire, les dogmes, les croyances, les rites, les pratiques des trois religions monothéistes, et en expose avec clarté les convergences et les divergences. Elle aborde également de nombreux thèmes en résonance avec l'actualité, tels l'euthanasie, l'interruption de grossesse ou le don d'organes.
    Remontant aux sources des traditions religieuses et s'appuyant sur de nombreux entretiens avec des spécialistes des trois religions, elle démontre que juifs, chrétiens et musulmans partagent aussi des valeurs communes.

  • Entre la Russie et la France, deux géants de la littérature échangent actualités de la vie littéraire, tourments d'écriture, mais surtout nouent une chaleureuse amitié.Il lui reste dix-sept ans à vivre lorsque Flaubert rencontre le plus français des écrivains russes, Ivan Tourgueniev. Leur première lettre date de 1863, et cette correspondance exceptionnelle durera jusqu'aux derniers jours de Flaubert.
    Exceptionnelle, en effet, parce que c'est un document irremplaçable sur le laboratoire intérieur de chacun des deux auteurs : ils livrent leurs doutes, leurs difficultés, les affres qu'ils traversent. Sans filtre ni prévention, car chacun sait que l'autre est un frère d'encre et de plume.
    C'est aussi un irremplaçable miroir de la vie intellectuelle, culturelle et politique : on voit défiler, peints et croqués avec une force de trait stupéfiante, les grands personnages de l'époque.
    Enfin, c'est le livre d'une amitié : les deux géants des Lettres correspondent, au sens le plus plein du terme. Ils échangent, se confient, s'épaulent et se critiquent. Ils nouent ensemble le plus subtil et plus exigeant des signes de ponctuation : le trait d'union.

  • Une grande partie de ce que le XIXe siècle a produit en artistes, journalistes, hommes politiques, comédiens et philosophes s'est rendue à Nohant, attirée par le magnétisme et l'ouverture d'esprit de la dame des lieux. Sylvie Delaigue-Moins nous ouvre la porte d'entrée de cette fameuse demeure.Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Frédéric Chopin, Eugène Delacroix, Franz Liszt, Alexandre Dumas fils, Ivan Tourgueniev, Théophile Gautier, Marie d'Agoult, Pierre Leroux, Auguste Charpentier, Pauline Viardot, Bocage, Auguste Clésinger, le Prince Jérôme Napoléon, Luigi Calamatta, Alexandre Manceau ... On n'en finirait pas de dénombrer toutes les personnalités passées à Nohant, chez George Sand, à partir de 1835. Une grande partie de ce que le xixe siècle a produit en artistes, journalistes, hommes politiques, comédiens et philosophes s'est rendue à Nohant, attirée par le magnétisme et l'ouverture d'esprit de la dame des lieux.
    Sylvie Delaigue-Moins nous ouvre la porte d'entrée de cette fameuse demeure et détaille les séjours de chacun et raconte les souvenirs ou anecdotes notables. Nous pénétrons ainsi dans l'intimité de la famille Sand.
    Grâce à ces pages, largement documentées, nous sommes, à notre tour, invités privilégiés de Nohant et de la communauté de ses génies....

  • Pour la première fois réunies dans un recueil, les lettres de La Fontaine nous permettent de découvrir une autre facette du célèbre auteur des Fables. Cette correspondance oubliée constitue un véritable trésor où le style virtuose de La Fontaine fait des merveilles.Depuis quatre cents ans, les Fables de La Fontaine émerveillent. D'éminents spécialistes les analysent en tout sens. Mais qui était vraiment La Fontaine ? Nous ne connaissons pas toutes les facettes du génie champenois. Il manque un éclairage plus personnel, des traits intimes précieusement révélés.
    Les quelques lettres qui nous restent de lui, moins d'une cinquantaine, sont éclairantes. Elles fourmillent de détails cocasses que l'on découvre dans celles adressées à son épouse lorsqu'il partit en aventure jusqu'à... Limoges, ou encore à son ami Maucroix au seuil de sa vie, à son mécène Fouquet si cruellement frappé par Louis XIV, au prince de Conti, au duc de Vendôme ou à son oncle Jannart.
    La Fontaine ne dissimulait rien, ni ses peurs, ni ses doutes, ni sa paresse savamment entretenue, ni ses amours plus platoniques que réelles.
    Ces lettres, si peu connues, sont un chemin que nous faisons à côté de lui : il nous parle à coeur ouvert, à travers ses amis, avec la même grâce, la même virtuosité de style qu'il développe dans ses extraordinaires fables.

  • Pour la première fois, un guide réuni et explique l'argot de Kaamelott. Indispensable pour tous les accros de la série qui veulent se replonger dans ses dialogues truculents et hilarants.Alors que peu de professionnels pariaient sur le succès de la série,
    Kaamelott fut une révélation ovniesque, fédérant rapidement un large public. Parler de la Table ronde, de la quête du Graal, en costumes d'époque ? Et pour faire rire en prime ? Improbable, parce que d'une ambition folle. Et pourtant,
    Kaamelott est devenu culte.
    A quoi l'efficacité de
    Kaamelott tient-elle ? Pas de gags ou de grosses ficelles,
    Kaamelott c'est un univers : une grande aventure qui a du sens, qui progresse, dont les personnages évoluent. Ils sont sérieux, ils sont dans leur époque, et le ressort follement comique tient au décalage qui repose sur le langage contemporain mais aussi à une langue propre à Kaamelott, nourrie par un très riche vocabulaire familier et argotique, proche du cinéma de genre français des années 60-70 à la Michel Audiard.
    Alexandre Astier met en mouvements et en rythme ce patrimoine linguistique, l'adaptant à chaque personnage, qui a son phrasé propre et ses intonations. Kaamelott se donne à écouter, comme une vaste partition.
    En parcourant plus de 500 mots familiers et argotiques dans ce " dictionnaire ", l'auteur s'est amusé à crapahuter dans les méandres de l'esprit
    Kaamelott, non pour en mettre plein les miquettes et frimer, comme le commun des glandus ou des pégus, mais pour donner du singe au gratin qui souhaite découvrir le monde d'une série mortelle, ou à tous les amateurs qui veulent s'amuser à retrouver les répliques pour poursuivre l'aventure !

  • L'une des plus belles correspondance de la littérature, vibrante de vitalité et d'esprit, entre deux écrivains majeurs.On n'imagine pas caractères plus dissemblables, conceptions de la vie plus différentes et rapports à la littérature plus divergents que ceux de George Sand et Gustave Flaubert.
    Pourtant, leur correspondance est l'une des plus belles qui soient et apporte un éclairage indispensable sur leurs oeuvres et leurs démarches artistiques. Son intérêt est multiple : tant pour l'histoire littéraire que pour la connaissance des idées philosophiques, esthétiques et politiques de l'époque. Cependant, elle est souvent réservée aux seuls spécialistes.
    Cette réédition de la correspondance croisée Sand/Flaubert essaye de la rendre plus abordable dans sa présentation, de telle sorte que le lecteur puisse naviguer dans les échanges épistolaires entre le " vieux troubadour " et le " chère maître " avec fluidité.
    Dans ces lettres se déploie une profonde amitié entre ces deux écrivains qui échangent sur leur art, les affres de l'écriture, leurs contemporains, les événements politiques de leur temps, leurs amis et familles comme sur les choses plus triviales de l'existence. Enthousiasme et dégoût, joie ou tristesse, colère ou allégresse, cette correspondance est vibrante de vitalité et d'esprit. Sa lecture s'avère à la fois passionnante et émouvante.

  • Anouk Grinberg propose une constellation de textes d'art brut, des bijoux d'inventivité et de liberté.Anouk Grinberg compose un recueil de textes d'art brut. Les mots de ceux considérés comme fous ou idiots et malmenés par la société sont libres, emplis de joies pures, de rage, de couleurs, de désirs. L'enfance est partout, le réel n'est pas si réel, ils dialoguent avec les esprits et parlent couramment la langue du chaos. Il s'agit bien de littérature alors qu'aucun d'eux n'était cultivé, et ne prétendait faire de l'art.
    Presque tous ces auteurs ont écrit pour qu'on les libère, presque tous l'ont fait pour rien et pour personne, car leurs lettres n'ont pas été lues, pas transmises aux destinataires. Les familles avaient le dégout de leur fou, et les médecins rangeaient dans des tiroirs ces missives qui dérangeaient. Ils ont eu la pulsion d'écrire, comme on a la pulsion de la vie. Ils se fichaient d'écrire " comme il faut " ; ils obéissaient à d'autres lois, inventaient des langues pour se tenir au plus près d'eux-mêmes.
    Avec les écrits bruts, on est à la source de pourquoi l'écriture vient, pour faire monter la vie, pour s'ébrouer du malheur et en faire des feux de camps, pour faire vivre l'esprit.
    Ces êtres à fleur de peau parlent de nous, et parlent dans des langues qui méritent une vraie place dans la littérature, pas seulement celle des fous. Ils ont inspiré les surréalistes et bien d'autres encore dont quelques poèmes parsèment ce livre.

  • Losar : mon nouvel an tibétain Nouv.

    L'odyssée sensible au Népal pendant le Nouvel An d'une artiste qui ne parvient pas à trouver sa place dans le monde.À la fin de l'automne 2019, Karen Guillorel, impénitente voyageuse, prend conscience qu'elle ne souhaite pas fêter Noël ni le nouvel an du calendrier chrétien en Occident.
    Pendant cette période, elle veut être seule. Elle aspire à se recentrer.
    Pour cela, elle cherche à fuir loin des festivités humaines.
    Elle veut un lieu où je pourrai prendre le temps de faire silence en elle-même et s'interroger sur ce qui l'habite...
    Paradoxalement, l'idée lui vient qu'elle pourrait fêter Losar, la nouvelle année tibétaine...Pourquoi celle-ci et pas les autres ? Elle n'est pourtant ni bouddhiste ni même fascinée par cette spiritualité. Mais le désir de fêter un nouvel an dans l'Himalaya s'impose peu à peu : Losarl'appelle avec la persistance d'un mantra.
    Ce nom même, et sa musicalité, l'attirent comme un aimant.
    Dans Losar, elle entend en effet hasarden langue des oiseaux.
    Elle se convainc qu'elle va ainsi s'en remettre à sa bonne étoile.
    Cette année-là,Losarse fête du 24 au 26 février 2020 du calendrier grégorien.
    Dans l'Himalaya ce seront les tous premiers jours de l'année 2147...
    Karen souhaite ardemment découvrir les danses singulières des moines masqués et bondissant qui incarnent les divinités de la lumière et de l'ombre... L'ancienne religion chamaniquebnse glisse en effet subrepticement au sein du bouddhisme.
    Karen prend son bâton de pèlerin, son carnet et ses crayons... et elle s'engage sur les traces de Milarépa... L'aventure peut commencer.


  • Cet essai incisif, au " parfum de résurrection ", rappelle que vivre en poète, c'est lutter pied à pied contre les forces qui poussent à l'exil pour habiter la vie entière. Pour une résurrection de la vie.

    Depuis les temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales ou écrites, il y eut des poètes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son exigence la plus haute.
    Quand on n'entend plus ce diapason, c'est bien la cacophonie qui règne, intellectuelle, spirituelle, morale : le symptôme d'un abandon, d'une lâcheté et, bientôt, d'une défaite.
    Pour Jean-Pierre Siméon, il est urgent de restituer à notre monde sans boussole la parole des poètes, rebelle à tous les ordres établis. Pas de malentendu : si la poésie n'est pas la panacée, si elle n'offre pas de solutions immédiates, elle n'en est pas moins indispensable, d'urgente nécessité même, parce que chaque poème est l'occasion, pour tous sans exception, de sortir du carcan des conformismes et consensus en tous genres, d'avoir accès à une langue insoumise qui libère les représentations du réel, bref, de trouver les voies d'une insurrection de la conscience.


  • La correspondance inédite en un seul volume poche des lettre d'Apollinaire aux femmes qu'il a aimé.

    Guillaume Apollinaire avait sept maîtresses de plume pendant la Grande Guerre : les cinq femmes qu'étaient Marie, Louise, Madeleine, Jeanne et Jacqueline et deux allégories, la guerre et la mort. À toutes il écrivit des lettres qui étaient très souvent porteuses de ses plus beaux vers.
    " Faire l'amour et faire la guerre " : dès le 10 août 1914, date de sa demande d'engagement volontaire et de naturalisation, Guillaume Apollinaire a décidé qu'il n'aurait pas d'autre choix. Entre le 4 avril 1915, date de son départ pour le front et le jour de sa mort, le 9 novembre 1918, Guillaume Apollinaire ne cesse d'écrire aux femmes aimées. C'est sans doute de sa part une stratégie secrète et subtile pour survivre au coeur de l'apocalypse. Créer pour contrer le néant et résister à la destruction. Canaliser son énergie vitale en érotisant, en poétisant tous ce qui passe, les femmes comme les tranchées. Exorciser la mort en cultivant l'obsession de la beauté des choses. Ne jamais perdre l'oeil du peintre-poète. Exprimer les merveilles de la bataille, qu'elle soit amoureuse ou guerrière. Conjurer en permanence, combattre ses trois compagnes de toujours, celles qui le harcèlent depuis sa petite enfance, et contre lesquelles il lutte en permanence : l'angoisse, la tristesse et la solitude.

  • À l'opposé du présupposé général, l'auteur démontre avec force combien la vulnérabilité permet d'habiter le monde avec plus de force et d'harmonie.La vulnérabilité est le plus souvent associée à la faiblesse, vue comme un écueil majeur dans notre société qui promeut la performance et la force, où écraser l'autre ou être écrasé semble être le seul horizon.
    À l'inverse, la pensée chrétienne valorise la faiblesse vue comme un signe d'humanité.
    Pour Bertrand Vergely, il est nécessaire de sortir de l'opposition du couple fort-faible et de la violence qu'il engendre. Cela est rendu possible grâce à la vulnérabilité, entendue comme la capacité à être blessé, donc à retirer ses protections pour pouvoir réellement rencontrer l'autre. Ainsi, la vulnérabilité est créatrice. Elle fonde les liens et permet la vie sociale. Elle est un viatique pour entrer dans la plénitude de la vie et donc de l'amour. Et l'on découvre ce paradoxe : la vulnérabilité est la plus grande force qui soit.
    Il est donc possible de voir le monde autrement et de la vivre différemment en reconsidérant cette force simple, juste et profondément équilibrée qu'est la vulnérabilité.
    Dans cet essai à la fois philosophique et spirituel, Bertrand Vergely en dévoile les chemins.

  • Pendant vingt ans, Flaubert et les frères Goncourt échangèrent des lettres extrêmement précieuses pour comprendre, certes, les " créatures " contradictoires, changeantes et vulnérables, mais surtout les grands artistes qu'ils furent tous trois." Qui révélera mieux que la lettre autographe la tête et le coeur de l'individu ? [...] Seule la lettre autographe sera le confessionnal où vous entendrez le rêve de l'imagination de la créature, ses tristesses et ses gaîtés, ses fatigues et ses retours, ses défaillances et ses orgueils, sa lamentation et son inguérissable espoir. "
    Par ces quelques lignes de la préface de leurs
    Portraits intimes du XVIIIe siècle les frères Goncourt, grands amateurs et collectionneurs d'autographes s'il en est, révèlent tout le prix qu'ils attachent aux correspondances.
    Et de fait, celle qu'ils échangèrent avec leur ami, maître et rival Flaubert au long d'une relation de vingt ans (1860-1880), se révèle, en écho et en opposition parfois à leur célèbre
    Journal, extrêmement précieuse pour comprendre, certes, les " créatures " contradictoires, changeantes et vulnérables, mais surtout les grands artistes qu'ils furent tous trois, artistes qui considéraient la littérature comme un véritable sacerdoce et se percevaient comme les derniers représentants d'un art " pur ", sacré, à l'abri du mercantilisme et de la " blague " moderne : " La pure littérature, le livre qu'un artiste fait pour se satisfaire, me semble un genre bien près de mourir. Je ne vois plus de véritables hommes de lettres, de sincères et honnêtes écrivains que Flaubert et nous " (
    Journal, 9 août 1868).
    Cette correspondance est aussi éminemment instructive (et complète en cela de façon irremplaçable le
    Journal) pour la connaissance du champ littéraire sous le Second Empire et la compréhension des sociabilités d'écrivains, penseurs et artistes.

  • Inventer sa vie

    Jean-Louis Etienne

    Dans un abécédaire intime, Jean-Louis Étienne, célèbre pour ses expéditions en Arctique et en Antarctique, se livre comme il ne l'avait jamais fait, avec sincérité, profondeur et humour.
    Médecin, homme de terrain, conférencier, écrivain, passeur entre les différents champs d'investigation scientifiques, Jean-Louis Étienne est un explorateur singulier, un infatigable éveilleur de consciences au défi écologique que pose à l'humanité le réchauffement climatique.
    Dans cet abécédaire, à partir des " mots de sa vie ", Jean-Louis Étienne se raconte comme il ne l'avait jamais fait. L'enfance, la timidité et la dyslexie, l'appel irrésistible de la vie au grand dehors, les personnes qui l'inspirent, mais aussi les voitures, les souvenirs, les oiseaux, les enfants, les émotions, l'amitié, l'amour - et de nombreuses histoires inattendues. Sous diverses formes, il nous dévoile les grandes lignes de force de son existence, d'une persévérance et d'une humanité exceptionnelles. Ce veilleur écologique élabore ici une sagesse en route, celle du voyageur qui avance dans un pays où il n'existe pas de chemins tracés. Il cherche la voie, il trouve un passage, en marche vers son " pôle intérieur ".
    Avec beaucoup de modestie et de simplicité, Jean-Louis Étienne nous rappelle notre capacité à la liberté et à l'action. Une sagesse acquise pour soi mais exercée loyalement sur cette terre et envers les hommes.

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