Libertalia

  • Voici la première biographie en français de Léo Frankel (1844-1896), seul élu étranger de la Commune de Paris (1871). Militant de la Première Internationale, dont il intègre la direction lors de son exil à Londres, il est un proche de Karl Marx. Il est emprisonné sous le Second Empire. Pendant la Commune, il est élu à 27 ans responsable de la commission du Travail, puis condamné à mort par contumace par les Versaillais.Ouvrier d'orfèvrerie, puis correcteur, enfin journaliste, il travaille et milite dans de nombreux pays d'Europe (Hongrie, Autriche, Allemagne, France, Grande-Bretagne). Véritable internationaliste, son parcours militant et ses articles montrent l'aspiration à un socialisme révolutionnaire qui réaliserait l'autoémancipation ouvrière.

    Julien Chuzeville est historien. Il est l'auteur d'Un court moment révolutionnaire (Libertalia, 2017).

  • "Consultez l'histoire et vous verrez que tout peuple comme toute organisation sociale qui se sont prévalus d'une injustice et n'ont pas voulu entendre la voix de l'austère équité sont entrés en décomposition ; c'est là ce qui nous console, dans notre temps de luxe et de misère, d'autorité et d'esclavage, d'ignorance et d'abaissement des caractères, de pervertissement du sens moral et de marasme, de pouvoir déduire des enseignements du passé que tant qu'un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines. "
    Eugène Varlin, ouvrier-relieur, est l'une des grandes figures de l'Association internationale des travailleurs, élu de la Commune de Paris en 1871, assassiné à la fin de la Semaine sanglante. Tous ses écrits retrouvés à ce jour (articles, proclamations, lettres), connus ou moins connus, sont présentés dans ce livre. L'ensemble constitue comme une autobiographie de l'Internationale en France, à la fin du Second Empire, et met en lumière les ouvriers boulangers, mineurs, ciseleurs, ovalistes qui luttent pour changer la vie.
    Passionnée par la Commune de Paris, auteure de Comme une rivière bleue, Une vie brève, Oublier Clémence et Mademoiselle Haas, récits publiés aux éditions Gallimard, Michèle Audin poursuit ici son hommage " à celles et à ceux qui n'ont pas d'histoire ". Elle anime le blog macommunedeparis.com

    Michèle Audin est romancière, mathématicienne et membre de l'Oulipo. Elle est l'auteure de plusieurs récits publiés aux éditions Gallimard, parmi lesquels Une vie brève(sur son père, le mathématicien communiste Maurice Audin), Comme une rivière bleue, Oublier Clémence. Passionnée par la Commune de Paris, elle anime un blog très sourcé : https://macommunedeparis.com

  • La réflexion politique sur l'école en général et l'enseignement de l'histoire en particulier aurait intérêt à délaisser quelque temps le domaine de la controverse stérile alimentée par quelques astrologues de la catastrophe pérorant dans Le Figaro, Marianne, ou Causeur.
    En redonnant la parole au terrain, elle pourrait se targuer d'une forme d'intelligence des choses susceptible de formuler plus sereinement les questions urgentes que l'école pose aujourd'hui à la société.
    C'est ce qu'ambitionne de faire cet ouvrage en proposant un retour historique sur l'enseignement de l'histoire du point de vue de ceux qui l'écrivent, l'enseignent ou l'apprennent. Il s'agit donc de donner la parole aux praticiens et usagers depuis le moment où l'histoire s'est constituée comme une discipline scolaire à la fin du XIXe siècle.
    Nous y faisons ressortir la configuration des tensions et débats dont la plupart existent encore aujourd'hui sous des formes qui ne sont que recyclées ; nous y rappelons les expériences pédagogiques oubliées, les tentatives plus ou moins temporaires de bouleverser les paradigmes dominants de l'histoire scolaire ; mais nous y éclairons aussi les raisons des pesanteurs dans lesquelles s'englue souvent l'histoire scolaire, assignée à la délicate mission de garantir une identité nationale et un comportement politique codifié dans les coulisses feutrées de la République.
    C'est ce jeu de miroir entre une discipline tiraillée dans ses finalités, objet de multiples récupérations et confiscations politiques, et des enseignants en prise avec des réalités autrement plus concrètes qui nous intéresse ici. Sans basculer dans la mystique de l'âge d'or d'une résistance enseignante, il s'agit de montrer qu'entre la norme et le terrain, des bribes de ruses, de contournement, d'accommodements ont toujours existé, plus ou moins silencieuses ou ostensibles, et que dans ces interstices réside la possibilité d'une réflexion sur l'enseignement de l'histoire autre que le commentaire médiatique ou la confiscation politique.
    Ce livre pose quelques jalons d'une histoire populaire de l'enseignement de l'histoire depuis le XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Il donne aussi à voir différentes expériences, temporalités, géographies d'une pratique scolaire de l'histoire à l'école primaire comme dans l'enseignement secondaire.

    Laurence De Cock est enseignante et historienne. Elle anime le collectif "Aggiornamento histoire". Avec Mathilde Larrère, elle anime "Les Détricoteuses" sur Médiapart. Figure charismatique et médiatique, influente sur les réseaux sociaux, elle a dirigé plusieurs ouvrages, dont La Fabrique scolaire de l'histoire (Agone) ou Paniques identitaires (Le Croquant). C'est une spécialiste des questions pédagogiques.

  • Au début du XXe siècle, en Grande-Bretagne, pays qui se veut un modèle démocratique, les femmes sont privées du droit de vote et celles qui le revendiquent sont réprimées. À Manchester et dans les villes cotonnières du nord de l'Angleterre, des ouvrières se mobilisent : ce sont les suffragistes radicales. Leur combat pour le suffrage s'inscrit dans celui, plus vaste pour la cause des femmes : pour de meilleures conditions de travail et l'égalité des salaires ; pour le droit à l'éducation et au divorce ; pour l'émancipation ouvrière et le socialisme. Leur militantisme lui-même est un combat, avec « une main liée dans le dos », quand il faut en même temps élever une famille et gagner sa vie. Quand la guerre éclate, les suffragistes radicales sont antimilitaristes et pacifistes.

    Jill Liddington (née en 1946) et Jill Norris (1949_1985), historiennes féministes britanniques.

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