Presses Universitaires du Septentrion

  • Qui est Jan van Eyck ? Si le peintre mosan a laissé des oeuvres fortes et innovantes qui ont fait sa renommée dans l'Europe du xve siècle, et jusqu'à nos jours, les sources écrites très lacunaires ne laissent entrevoir que certains aspects du maître flamand et de sa personnalité. Entreprendre d'écrire la vie de Van Eyck constitue donc un défi que propose de relever cette biographie, en resituant le peintre dans les différents environnements qu'il a fréquentés, qui l'ont inspiré, et dans les réseaux auxquels il a appartenu, des bords de la Meuse à la flamboyante Bruges, en passant par la Hollande. Il s'agit de partir à la rencontre de Jan le peintre, mais aussi de Jan l'ambassadeur du duc de Bourgogne Philippe le Bon ou de Jan l'intermédiaire entre ses mécènes et des milieux artistiques foisonnants, de suivre le maître dans son parcours de vie, original par bien des aspects, et, en fin de compte, de donner corps à un nom demeuré célèbre, celui de Jan van Eyck.

  • La commémoration du centenaire de la Grande Guerre a donné lieu à de nombreuses publications. L'économie n'a pas été oubliée. Mais la perspective est souvent restée très nationale. Cet ouvrage s'intéresse à l'économie du principal adversaire et perdant, l'Allemagne. Lui non plus n'était pas préparé à une guerre longue. Lui aussi s'est trouvé pris dans la contradiction entre mobiliser toutes ses forces sur le front et préserver la main-d'oeuvre pour assurer l'approvisionnement par l'arrière. L'État, avec un poids plus fort du pouvoir militaire en Allemagne, s'en est également mêlé de plus en plus, sans aller jusqu'à remettre en cause complètement l'initiative privée. La défaite finale était largement inscrite dans la disproportion initiale des ressources, aggravée par l'entrée en guerre des États-Unis. Les contributions des meilleurs spécialistes allemands, du charbon à l'agriculture, en passant par l'aéronautique ou la chimie, sont discutées ici par leurs homologues français.

  • Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutant le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.

  • En quoi l'horizon est-il un concept central de la phénoménologie husserlienne ? Si elle n'est pas neuve, cette thèse n'a, chez les commentateurs successifs, cependant pas encore reçu de véritable justification. Ce livre veut montrer qu'elle ne la recevra qu'en embrassant simultanément le problème de l'horizon et celui de la phénoménologie husserlienne comme telle. Car comment justifiera-t-on la centralité d'une notion dans une philosophie, sans déterminer le centre d'une telle philosophie - centre à partir duquel seulement on peut fixer de façon motivée l'importance de cette notion ? Et comment apprécier le sens et la fonction de l'horizon dans la phénoménologie de Husserl sans avoir défini le principe de cette dernière ? L'horizon comme problème ne peut donc être déterminé que dans le cadre d'une entreprise phénoménologique dûment définie. En retour, on verra comment l'histoire de ce concept contribue à porter un regard neuf sur l'histoire de la phénoménologie husserlienne elle-même.

  • La Photographie au théâtre montre que les esthétiques et les imaginaires théâtraux ne cessent, depuis près de cent cinquante ans, d'être profondément travaillés par la photographie, avec ses techniques, ses appareils, ses processus de production, ses images, leurs usages et leurs circulations. Au fil de réflexions théoriques, d'analyses d'archives du dix-neuvième et de la première moitié du vingtième siècle, d'études de pratiques des années 1960 à nos jours, de récits d'expériences de recherche-création et de témoignages d'artistes, le couple théâtre-photographie apparaît comme un objet exemplaire aussi bien pour interroger les interactions entre nouveaux et anciens médias que pour revisiter l'histoire du théâtre moderne et contemporain.

  • Les relations cinématographiques entre la France et la RDA Nouv.

    Retracer l'histoire des relations cinématographiques entre la France et la RDA de l'immédiat après-guerre jusqu'au lendemain de la chute du Mur de Berlin à partir d'un croisement inédit de sources met à jour la circulation de films et de professionnel.le.s qui façonnèrent les cinématographies des deux pays. Ces échanges s'initièrent à travers le réseau communiste et permirent notamment à Simone Signoret de tourner à plusieurs reprises dans les mythiques studios de Babelsberg avant de poursuivre sa carrière à Hollywood. Cette camaraderie s'estompe ensuite au profit d'un sentiment d'exotisme qui justifie l'engouement du public est-allemand pour des stars françaises comme Brigitte Bardot, et conduit enfin des cinéastes tels que Jean-Luc Godard ou Chris Marker à filmer la disparition de cette « autre » Allemagne. L'exploration de ces rapprochements esthétiques, politiques et culturels démontre l'importance (et aussi les limites) du rôle joué par les échanges cinématographiques entre l'Est et l'Ouest de l'Europe pendant la guerre froide.

  • À cause de ses incroyables mutations, le cinéma russe des années quatre-vingt-dix et celui du xxie siècle devait être abordé dans un ouvrage collectif à la fois à travers ses thématiques, ses inventions formelles, mais également ses rapports avec l'État. Comment le cinéma russe contemporain repense son passé soviétique et s'inscrit dans la Russie d'aujourd'hui, comment il négocie sa place face aux goûts des spectateurs et aux exigences étatiques, comment il invente ou réinvente ses formes génériques et quelle place il laisse aux cinéastes singuliers et à leurs univers cinématographiques, voilà les questions auxquelles l'ouvrage proposera des réponses. Écrits par les spécialistes russes, européens et américains, les textes abordent le cinéma sous des angles différents : juridique et économique, mais également historique et esthétique. Premier ouvrage collectif en français sur le cinéma russe contemporain, ce volume se veut une exploration d'une cinématographie riche et protéiforme, encore trop peu connue aujourd'hui en France.

  • Anthony Mann. Arpenter l'image est le premier ouvrage en français qui propose une analyse des films majeurs de l'un des plus importants réalisateurs hollywoodiens classiques, Anthony Mann (1906-1967). Celui-ci s'est investi dans les genres les plus importants de l'art cinématographique : film noir, western, film de guerre, péplum. Les auteurs visent, à travers ces analyses, à réfléchir l'image cinématographique et à contribuer à une philosophie de l'image. C'est que l'ambition de Mann est bien réelle : il s'obstine, tout au long de sa carrière, à comprendre ce qu'est l'image et l'action qu'elle donne à voir. Mann raconte et s'efforce de comprendre en même temps, à même ses images, ce que c'est que de narrer en image, ce qu'est une action qui est de part en part image. Mann arpente les images qu'il compose.

  • Les satisfaits : Guizot et sa majorité à la chambre des députés (1846-1848) Nouv.

    La révolution de 1848 a des origines politiques : le refus de la réforme électorale par le roi Louis-Philippe et son ministre Guizot. Or sous la monarchie de Juillet, la Chambre des députés avait aussi son mot à dire. Les députés étaient désignés par une minorité d'électeurs censitaires et accordaient leur confiance aux ministres du roi. Il s'est trouvé qu'en 1846, les élections législatives donnèrent au gouvernement une solide majorité parlementaire. Et celle-ci partagea les vues du roi sur la réforme électorale. Toute la question est donc de savoir si les élections ne furent pas corrompues et si ces députés une fois élus soutinrent Guizot sans menace ou intimidation. L'étude montre que l'osmose était profonde entre cette majorité et le gouvernement de Louis-Philippe au point qu'on peut se demander si ce n'était pas elle qui imposait ses vues à ce dernier. Aussi par dérision, la presse d'opposition qualifia ces députés ministériels de « satisfaits ».

  • Dans des pays caractérisés par une profusion d'images essentiellement venues d'autres continents, et par une production très inégale, voire inexistante, quels ont été les modèles dominants de production ? Quels sont ceux que les mutations en cours font émerger ? Quels sont les enjeux économiques, industriels et sociaux de cette mutation numérique ? Quels en sont les principaux acteurs ? Qu'en est-il de la participation et du rôle des États ? Quels liens financiers, politiques, juridiques, demeurent avec les anciennes métropoles coloniales, avec les nouveaux acteurs de la production ? Qu'en est-il des équipements et de la formation des personnels ? Des contributions de chercheurs abordent ces questions en différents pays d'Afrique et du Moyen-Orient, sous des angles économiques, sociologiques et historiques. Complémentairement, six témoignages de producteurs évoquent leur métier, et les questions spécifiques qui se posent pour eux en travaillant en et avec ces aires géographiques.

  • Avec cette histoire condensée de la Suisse, Thomas Maissen délivre la nouvelle vue d'ensemble longtemps attendue. S'appuyant sur les recherches les plus actuelles, il décrit de manière fluide l'émergence de la Confédération suisse, son extraordinaire continuité, mais aussi les nombreuses lignes de fractures qui la traversent jusqu'à aujourd'hui. Comment se sont formés les ligues fédérales et les mythes fondateurs ? Pourquoi la Confédération, divisée entre catholiques et protestants, n'a-t-elle pas éclaté ? La guerre du Sonderbund était-elle nécessaire pour que naisse, en 1848, un État fédéral moderne ? Pourquoi Hitler n'a-t-il pas conquis la Suisse en juin 1940 et comment la Suisse se positionne-t-elle dans l'Europe et le monde au xxie siècle ? Si l'interprétation de l'histoire suisse est controversée depuis plusieurs années à l'intérieur du pays, elle a aussi été remise en question par des critiques venues de l'extérieur. Rédigée avec clarté, cette synthèse solide et exhaustive met au jour les racines historiques du régime politique actuel de ce pays plurilingue au coeur de l'Europe. Dans sa version allemande, cet ouvrage de référence en est à sa sixième édition. La présente traduction en propose une version remaniée et actualisée.

  • L'habitat participatif est traité dans cet ouvrage par une articulation d'approches avec l'objectif d'inscrire l'analyse dans un cadre à même de nourrir la réflexion sur l'urbanité. De la sorte, il est appréhendé autant par une sociologie de la ville, en tant que rapport à l'espace et à autrui, que par une prise en compte de l'action publique et des aspirations à limiter les processus d'individualisation propres à nos sociétés contemporaines. Il est le fruit d'une équipe constituée en 2013 pour répondre à un appel à projet Recherche-citoyen qui associe le Clersé (UMR 8019-Université de Lille-CNRS), Eco Habitat Groupé et le CEREMA dans un dispositif soutenu par la Région portant sur le thème de L'habitat participatif, essor de nouvelles formes de rapport à la ville. La dynamique des trois partenaires repose sur la volonté d'aborder à nouveaux frais, et par une analyse distanciée, les questions fondamentales attachées à cette forme d'habitat que bon nombre de ses usagers définissent par la volonté de participer ainsi pleinement à la vie de la cité. Partant de la volonté de combiner recherche, engagement militant et expertise, sans confondre les registres de réflexivité, il est écrit à plusieurs mains pour traiter de ces différentes dimensions.

  • Le surveillant général est un acteur méconnu de l'enseignement secondaire français, des xixe-xxe siècles. L'analyse des représentations permet de dégager la figure unifiée du « surgé ». Dépassant ces stéréotypes, une étude historiographique et prosopographique, basée sur un important corpus d'archives et de témoignages, révèle les profils historiques nuancés du surveillant général, le cadre d'exercice, le métier au quotidien et les carrières protéiformes. La surveillance générale au prisme du genre s'ancre dans les images traditionnelles de la femme, attendues par l'institution. Le surveillant général demeure le gardien de l'ordre aux ordres, garant de l'éducation comme clôture. L'histoire de cet acteur condense l'histoire de l'enseignement secondaire et ses scléroses. Le mythe du « surgé » survit à la disparition de ces personnels et altère l'identité professionnelle de son successeur, le conseiller principal d'éducation.

  • Les decisions d'orientation - notions fondamentales Nouv.

    Comment prenez-vous des décisions pour votre carrière ? Quelques mots-clés permettent d'organiser une réflexion fondamentale : informatique, maturité professionnelle, indécision, styles de décision, motivation à la réussite, intérêts et valeurs. L'analyse de quelques logiciels de décision aide à comprendre ce que peut être une bonne méthode de décision. Utilisez-vous toujours la même méthode ou procédez-vous différemment à chaque fois ? Ressentez-vous (rarement/souvent) de l'indécision et à quoi la rattachez-vous ? Une fois la décision prise, faites-vous (peu/beaucoup) d'efforts pour la réaliser ? Vous sentez-vous plutôt poussé de l'intérieur par un besoin ou plutôt tiré de l'extérieur par des activités que vous aimeriez pratiquer ? Ces réflexions pourront inciter chacun à progresser dans ses propres décisions, inciter l'enseignant et l'enseignant-chercheur à aider leurs élèves et étudiants et inciter le spécialiste de l'orientation à reconsidérer ses pratiques.

  • Parmi les oeuvres qui inaugurent le « tournant linguistique » de la pensée contemporaine, l'Herméneutique de Schleiermacher (1768-1834), théologien, philosophe, philologue, selon les catégories de l'époque, tient une place essentielle. Conçue en pleine expansion de l'idéalisme allemand, mais pour une large part contre lui, elle développe la première théorie du discours individuel et définit les méthodes de compréhension qui lui sont appropriées. L'observation minutieuse des mécanismes du langage y va de pair avec une analyse étonnamment actuelle de leurs incidences sur le processus de formation de la formation subjective. Entièrement revue et augmentée de deux textes sur la critique philologique, cette traduction intègre les corrections philologiques et chronologiques de l'édition critique.

  • Filmer l'écrivain, est-ce filmer une vie, un statut institutionnel, une parole ? L'émission littéraire ou la critique filmée sur internet ont-elles pour but de rapprocher le public de littérature ? La dimension patrimoniale et didactique du film sur la littérature, la starisation liée à l'incarnation des auteurs semblent dominer les discours cinématographiques et télévisuels. Peut-on alors parler de critique ? Ou avons-nous affaire à la constitution d'un pur objet de culture ? Les études ici rassemblées témoignent qu'un discours critique est en jeu dès lors que le cinéma ou la télévision engagent un geste de mythification ou de démystification. L'ouvrage mettra également en avant les ressources propres dont le film dispose pour explorer ce qui apparaît comme au coeur de l'expérience littéraire : la production d'effets qui dépassent le fonctionnement linguistique et relèvent de la matérialité de l'écrit, du corps, de la naissance des images, des rythmes et des sons et par-dessus tout sans doute, comme le cinéma, d'une méditation sur le temps et la mémoire.

  • Figure de proue de la nouvelle danse des années quatre-vingt, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker n'a cessé depuis de maintenir le corps dansant au centre de ses préoccupations artistiques. Cette analyse met en exergue les éléments qui permettent de définir son style chorégraphique, marqué par une volonté d'assimilation intime et physique des éléments de la composition. Centrée sur le mouvement, ancrée dans un étroit rapport à la musique, la structure compositionnelle met également en valeur une vision exigeante mais éthique de l'interprétation. Ce livre est issu d'une recherche sur le statut de la description, ainsi que son rôle dans l'activité critique et le débat esthétique. L'auteur tente de donner ici au matériau même de la danse l'importance qui lui revient, en alliant étude des textes et analyse des oeuvres composant le répertoire de la compagnie Rosas, de Fa se (1982) à Raga for the rainy season (2005).

  • Segundo de Chomón (1871-1929) est l'un des maîtres incontestés des premiers trucages cinématographiques et des débuts de la mise en couleurs des images animées. Néanmoins, ce pionnier espagnol est bien plus que cela et l'importance de son oeuvre aurait sans doute été mieux étudiée sans l'ombre portée de Georges Méliès. Si Chomón a pu s'inspirer du célèbre prestidigitateur français dans certains de ses films à trucs, il s'en distingue toutefois clairement par son exploitation magistrale du tour de manivelle, des ombres chinoises et du mouvement inversé. Par ailleurs, il reste l'un des rares à avoir réussi le passage entre le cinéma monstratif des films à trucs des années 1900 et le cinéma institutionnalisé des années 1910. Les trucages de ses premières scènes à trucs chez Pathé frères deviendront effets spéciaux dans les films narratifs dont il assurera l'exécution, tel Maciste alpino de Giovanni Pastrone en 1916. Cet ouvrage propose de revisiter son oeuvre et de comprendre les mille et un visages de ce formidable pionnier du cinématographe, truqueur, coloriste et cinématographiste. Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé en novembre 2017 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et « Les Arts trompeurs. Machines. Magie. Médias ».

  • Accompagner la contre-migration de Michelangelo Frammartino de Milan à l'arrière-pays méridional signifie être convié dans un univers cinématographique où le champ humain fourmille de ses hors-champs environnementaux. Dans les films du réalisateur italien, peu connu et étudié en France, la mort d'un berger semble donner naissance à un chevreau, des esprits végétaux envahissent un village et les objets quotidiens sont animés par des imprévisibles forces terrestres. À l'intérieur de cet univers rural où les présences vivantes se multiplient et se manifestent à notre regard, nous commençons à interroger le rapport entre notre attention et les milieux que nous habitons, la relation entre les problèmes écologiques et l'expérience audiovisuelle. Ces questions ne pourront émerger pleinement dans l'analyse des formes et des pratiques de Frammartino que grâce au dialogue avec les voix d'autres disciplines (d'Ernesto De Martino à Anna L. Tsing, jusqu'à Giorgio Agamben) et les images d'autres cinéastes (de Sharunas Bartas à Alice Rohrwacher).

  • L'intensification et l'amplitude des migrations internationales à l'aube du xxie siècle placent l'Europe devant de nouveaux défis. Au coeur d'un système migratoire d'ampleur inédite, il lui faut d'urgence élaborer une stratégie visionnaire pour assurer ou refonder sa cohérence. Condition préalable : la compréhension de son passé migratoire récent. Fondé sur les derniers résultats de la recherche, ce livre explore les articulations complexes entre mobilités, migrations et constructions identitaires en contexte transnational. Les migrations étudiées ici dans plusieurs aires géographiques d'Europe et jusqu'en Israël sont appréhendées dans leur dimension culturelle, économique ou ethnographique, mais aussi historique et politique. Ainsi rassemblés, les articles proposés par des auteurs de diverses nationalités marquent l'état de la réflexion scientifique et constituent un observatoire pertinent dans le contexte contemporain d'une Europe inquiète, marquée par « la crise des réfugiés ». Ce livre vise à nourrir la réflexion politique et civile sur la question migratoire.

  • Image évocatrice, objet convoité, enjeu de pouvoir, la carte dessine le monde. Outre les géographes-cartographes, de nombreux chercheurs, stimulés par sa puissance de représentation, l'utilisent afin de répondre à quelques-unes des interrogations de la société actuelle. La diversité des points de vue, des regards et des usages scientifiques, par conséquent la multiplicité des questionnements, se combine à la profondeur historique des références en apportant au lecteur curieux du monde des éléments de compréhension spatiale de processus, de circonstances, d'événements et de concepts propres à l'humanité. La carte, vivante et mouvante, est un reflet de l'imaginaire et la représentation d'un réel. Depuis l'Antiquité, les représentations de la Terre instaurent des mondes successifs, en jouant avec la géométrie, les distances et les formes, les plans et les volumes. Inscrites dans le temps, les cartes intègrent les temps de la terre et des sociétés. De nouvelles cartographies réinventent le monde du xxie siècle.

  • Près de trente ans après sa disparition, la RDA est toujours présente au cinéma et à la télévision, notamment grâce à Good Bye, Lenin! et La vie des autres qui ont profondément marqué l'image que l'on se fait de la chute du mur de Berlin et de l'Allemagne communiste. Et pourtant ces succès internationaux n'ont jamais fait l'unanimité auprès de la population de l'ex-RDA. Comment alors expliquer qu'ils aient cristallisé la mémoire filmique et conduit à occulter une production tout aussi importante que variée ? Que nous disent aujourd'hui ces fictions, documentaires ou séries à propos des débats identitaires et mémoriels qui animent l'Allemagne depuis l'unification ? Comment certains films échappent-ils aux images figées et quasi iconiques de la RDA et de la société postsocialiste ? Cet ouvrage, qui propose une approche franco-allemande et donne la parole à des chercheurs et des professionnels, dresse le premier bilan en langue française sur la nature et l'évolution de cette production.

  • Constellation dynamique où se croisent, s'entremêlent et se redéfinissent les pratiques comme les savoirs, la magie se déploie en multiples facettes en se nourrissant des avancées de la connaissance dans les domaines les plus divers : de la physique à la religion, de la chimie à la linguistique, de la philosophie aux technologies, des théories de la communication et des médias au corps performant. C'est dans le but de cerner les principaux enjeux de ce vaste ensemble mouvant que nous avons convié des spécialistes à l'aborder, à partir de leur pratique et de leur discipline d'origine, en se concentrant sur sa dimension spectaculaire. De la scène au cinéma, de la télévision aux réalités augmentées et virtuelles, des spectacles de cirque aux spectacles aquatiques, la pratique magicienne n'a pas cessé de se renouveler et de se métamorphoser, perpétuant cette aura de mystère et de secret qui ne cesse de fasciner mais qui représente aussi, il faut le dire, un sérieux défi pour tout chercheur du domaine. C'est la raison pour laquelle nous avons tenu à intégrer, en plus des théoriciens et historiens, des magiciens à ce vaste projet qui marque un premier aboutissement des travaux du groupe international de recherche Les Arts Trompeurs.

  • Jean Grémillon et les quatre Éléments entend, sinon réhabiliter, du moins rendre un hommage renouvelé à l'un des cinéastes majeurs de l'école française du vingtième siècle, un créateur qui occupe une place à part, paradoxale : même si elle n'est pas tout à fait oubliée, l'oeuvre de cet homme nourri d'art musical demeure aujourd'hui étrangement en retrait, sans doute en raison de son originalité irréductible et, plus encore, de sa complexité déstabilisante. Pas moins de quatre axes ont paru nécessaires pour approcher celui que l'on a trop souvent qualifié seulement de cinéaste maudit. Quatre chapitres, en résonance intime avec son dernier film, son testament poétique, André Masson et les quatre Éléments. En premier lieu, encore trop peu fréquenté et condensant pourtant l'essentiel d'une vision universelle, érudite et fraternelle, l'axe méconnu de l'ésotérisme (« l'air »), car l'homme de culture Grémillon inscrit ses films dans une rêverie précise se rattachant aux grandes traditions ; il est l'alchimiste du septième art. Puis l'axe du sonore (« l'eau »), les liens du cinéaste à l'expression musicale sous toutes ses formes s'avérant déterminants. Ensuite, l'axe des conflits de l'Histoire (« le feu »), Grémillon s'étant toujours voulu un témoin de son temps. Enfin, l'axe du réalisme documentaire (« la terre »), Jean Grémillon présentant le cas unique d'un cinéaste réputé, reconnu pour ses fictions de long métrage, commençant et surtout achevant sa carrière par une série de courts métrages documentaires, d'exemplaires films d'art qui sont autant de libres films d'essai : des films d'art et d'essai. On a souhaité, par ces quatre déclinaisons, donner des clefs pour mieux apprécier une poétique plus que jamais actuelle, ô combien vitale pour notre temps.

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