Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Les trente ans qui nous séparent de 1958 ont vu d'immenses changements en tous domaines. Pourtant l'année 1958 est censée nous avoir légué quelque chose qui reste : une Constitution.

  • La cohabitation des princes finit dans le désenchantement parce qu'elle ne reflète pas la cohabitation des citoyens.

  • Héritière des grandes cités marchandes, Londres a acquis la suprématie mondiale au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, elle a transformé cette suprématie en hégémonie. Aujourd'hui, la City de Londres a cédé à New York et Tokyo les deux premières places dans le monde, mais consolide sa première place en Europe.

  • La paix civile est fondée sur la concorde, c'est-à-dire sur la communion des coeurs autour des mêmes valeurs et des moeurs qui s'ensuivent, inscrites d'ordinaire dans la longue durée, dans une commune culture. L'ordre public est l'ensemble des institutions, des moyens et des droits dont dispose la puissance publique pour garantir et maintenir le respect d'un ordre pacifique, contre les éventuelles infractions dont se rendraient coupables ceux qui pourraient être mauvais ou méchants. C'est un préjugé absurde de prétendre qu'ordre et liberté sont contradictoires. Un ordre public authentique, est un ordre justifiable, compréhensible et compris, puisqu'il doit être établi et reconnu par des hommes capables de raison et de liberté. Charles Péguy disait fort bien : L'ordre, et l'ordre seul, fait la liberté. Le désordre fait la servitude. Seul est légitime l'ordre de la liberté.

  • Comment les Allemands de l'après-guerre ont-ils géré le terrible enjeu de mémoire que constitue le nazisme ? Les historiens et autres spécialistes des sciences humaines s'accordent généralement à voir dans la « maîtrise du passé », c'est-à-dire la capacité de la société allemande à assumer le poids d'une histoire particulièrement culpabilisante, un phénomène d'ampleur croissante au fur et à mesure que l'on s'éloigne de 1945. Alors que les années cinquante sont caractérisées par la propension au refoulement, les années quatre-vingt-dix accordent au contraire toute leur attention à l'horreur nazie. S'il est globalement convaincant, ce schéma présente cependant le grave inconvénient d'ignorer la période à bien des égards particulière qu'a été l'immédiat après-guerre. A l'ombre des ruines et de l'occupant, les intellectuels allemands se sont en effet mobilisés pour rendre compte du phénomène national-socialiste. Dans des ouvrages et des revues largement diffusés, ils ont proposé à leurs compatriotes des schémas interprétatifs ambitieux, mettant en cause les déviances du passé allemand ou les ravages de la modernité. Cette méditation de grande ampleur sur le cadavre encore chaud du nazisme est un fascinant révélateur de l'imaginaire des élites à un moment charnière de l'histoire allemande. A l'aide des outils de l'histoire culturelle, cet ouvrage propose donc l'exploration d'une dimension peu connue de la mémoire du nazisme.

  • La question fut posée par les autorités chinoises dès 1845 : Hongkong fait-elle partie de l'Angleterre ou de la Chine ? Contre trop de simplisme et de bonne ou de mauvaise conscience, cet essai historique et polémique s'interroge sur les réponses données à cette question dans le débat sur la rétrocession à la Chine d'un territoire présenté comme un paradigme de prospérité et de liberté.

  • La fin de la guerre froide et la désintégration de l'Union soviétique ont totalement modifié les rapports inter-arabes et la nature du conflit israélo-arabe. L'ensemble des acteurs de la région est à présent tourné vers Washington et l'Europe occidentale chargés de permettre enfin au Moyen-Orient de trouver une stabilité politique et d'encourager la coopération et le développement économique.

  • La société à vivre n'exige, en définitive, qu'une révolution douce. Elle ne nécessite pas d'arrêter à grand fracas le train de l'Histoire, seulement de l'aiguiller vers un avenir plus chaleureux, aisément entrevu dès que l'on ne fait plus l'impasse sur la spiritualité humaine. Habitué à la violence héroïque des révolutions passées, le lecteur aura peut-être quelque difficulté à croire en celle-ci, qui ne réclame pas de chambardement matériel. C'est qu'il aura omis d'ajouter, dans son bilan des forces, l'énergie spirituelle mobilisée. Car la révolution personnaliste, qui doit nous mener à la société à vivre, a, certes, un coût économique et politique dérisoire, elle demande en revanche de chacun d'entre nous un certain état d'esprit. Normal, n'est-ce pas ? pour une approche spiritualiste.

  • En France, depuis sa naissance, la télévision n'a pas cessé d'être contrôlée, surveillée. Car le pouvoir a besoin des images et des sons pour montrer sa force et la faire jouer. Cependant, rien ne dit que cette surveillance ait été opérante sur nous, spectateurs. Tout semble prouver, au contraire, que l'idée de manipulation n'est pas vraiment une idée juste. La télévision, flux énorme de moments qui défilent, a un autre pouvoir. Un pouvoir très ordinaire : invariable, conforme à l'habitude des choses et composant un rituel. Mais aussi de l'ordre de la fascination, de l'oubli et du renoncement. De là à penser que la télévision ne serait peut-être pas si loyale. Entre le politique et le langage, ce livre s'interroge sur la nature de la télévision, sur la stratégie politique, sur ce qui est dit d'information et de fiction, et sur la manière dont cela est dit, sur ce qui est montré et sur ce que cela provoque. Et la télévision, d'espace utilitaire, ordonné, rationnel, redevient énigme, incertitude.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La crise de l'Afrique noire représente, pour les pays industrialisés, un défi majeur à relever en cette fin du XXe siècle. La diversité et l'ampleur des déséquilibres appellent dans cette perspective une mutation profonde des structures de l'économie africaine, et des méthodes de la coopération entre pays riches et pays en développement. Cet ouvrage, par-delà une vision globale des origines et des manifestations de la crise du continent noir, explore les diverses possibilités de sortir du cercle vicieux de la misère et du sous-développement. La France, de par son histoire et sa géographie, est appelée à jouer un rôle moteur dans l'effort international en faveur de l'Afrique. Les auteurs dépeignent avec précision les objectifs et les moyens d'une politique de coopération qui fait, certes, peser sur la France une lourde charge pour le présent, mais lui offre la chance inestimable d'affirmer pour l'avenir comme par le passé sa vocation mondiale.

  • Les années 1950-1990 resteront une période cruciale pour la magistrature. Un nouveau statut l'aide à passer du 19e au 21e siècle; les juges-propriétaires font place à une magistrature d'employés et de cadres, la création d'une école remplace le bon sens juridique par la technique et le professionnalisme.

  • Depuis Machiavel, la question fondamentale de la philosophie politique est : à quelle condition un ordre social stable est-il possible, parmi les hommes pris tels qu'ils sont, c'est-à-dire irrémédiablement égoïstes, et non tels qu'ils devraient être dans une cité parfaite, comme pour les anciens ? Or, deux grands systèmes se sont affrontés dans ce cadre machiavélien. C'est ce dialogue des philosophes politiques modernes que ce livre met en évidence, distinguant : les théoriciens du contrat qui fondent, depuis Hobbes, le lien politique sur une construction politique rationnelle, qui conduit à faire table rase du passé ; les penseurs de l'économie politique qui pensent, avec Adam Smith, l'échange comme le principe d'un ordre spontané, selon l'harmonie naturelle des intérêts. Divergentes, les philosophies du contrat et du marché reposent, cependant, sur la même définition individualiste de l'homme et la même conception utilitariste de la vie en société. Leur affrontement théorique en recoupe d'autres : les libéraux, comme Burke, Constant ou Hayek, s'inquiètent de la reconstruction abstraite de la société à quoi mène le contrat social ; dans le refus de la coutume, ils voient une avancée vers la terreur. De même, le poète et dissident polonais Alexandre Wat, serviteur puis victime du projet totalitaire de la refonte des âmes, en écrit l'horreur et l'échec. Légitimées par des systèmes spéculatifs, certaines théories se sont, depuis deux siècles, révélées terribles. Violences de l'abstraction dont la dénonciation est au coeur de la pensée de Marx, pensée dont la lecture de Michel Henry nous invite, par-delà les contresens de l'idéologie marxiste, à redécouvrir la vérité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'ordre mis en place par les nations libres après la deuxième guerre mondiale a fait son temps. Il a lui-même favorisé les raisons de sa disparition en transformant la communauté disparate des peuples en une seule société internationale interdépendante. Des avancées significatives ont été réalisées dans ce sens par la dimension donnée à l'idée de l'action commune internationale qui a, pour la première fois de l'histoire de l'humanité, pris une forme concrète, institutionnalisée et active dans les domaines : - politique, par la contribution à l'éveil des consciences à la question de la libération des peuples et à celle des droits de l'homme ; - sécuritaire, à travers le rôle de surveillance de la paix internationale conférée au Conseil de Sécurité ; - socio-économique par la normalisation et la promotion de la coopération internationale dans divers secteurs. Il en est résulté la contraction du monde en un simple « village planétaire », contraction grandement favorisée, cela va sans dire, par le développement de nouvelles technologies. La chute du « mur de Berlin », la fin de la « guerre froide » et la déconvenue du communisme ont, par ailleurs, libéré les relations internationales du manichéisme idéologique qui leur servait de repères. Le libéralisme, bien que dominant, se trouve, de son côté, en butte aux aspirations identitaires qui se font partout jour pour contester le modèle occidental qu'il véhicule. D'où la nécessité pour un nouvel ordre mondial qui fasse droit à ces aspirations en prenant en charge les particularismes régionaux dans une restructuration pyramidale des institutions continentales et internationales. Le monde islamique, en tant que groupement intercontinental institutionnalisé, est riche de potentialités, porteur de valeurs, et n'entend pas rester à l'écart du débat international portant sur la définition d'un nouvel ordre mondial. Le moment n'est-il pas propice pour un projet réellement à contenu universel ? C'est à cette question que le présent essai tend à répondre.

  • Les Nations Unies au Moyen-Orient est l'étude approfondie d'un tournant dans le conflit arabo-israélien : l'adoption de la résolution 242 du Conseil de sécurité, après la guerre des Six jours, en 1967, et les efforts déployés par les Nations Unies entre 1967 et 1977 pour l'exécuter, c'est-à-dire instaurer la paix. Ovadia Soffer, ambassadeur d'Israël en France, est un diplomate expérimenté. Pendant plusieurs années, il a participé en tant qu'ambassadeur et membre permanent de la délégation d'Israël aux Nations Unies aux travaux de l'Assemblée générale des Nations Unies et à plusieurs de ses commissions. Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d'Israël à Genève en 1981, chargé des affaires des Nations Unies, il est en poste à Paris depuis octobre 1983. L'auteur a donc du sujet une expérience personnelle, et en traite en profondeur et avec autorité. Son analyse concerne tout d'abord un point d'histoire : les raisons pour lesquelles l'organisation internationale n'a pas réussi dans la mission qu'elle s'était assignée, et quel rôle les diverses puissances, et notamment les pays du Tiers Monde, ont joué dans cet échec. Mais l'intérêt de l'ouvrage est d'actualité surtout, à la fois pour les spécialistes et pour le grand public. Il éclaire la situation actuelle du Moyen-Orient, et permet de mieux répondre aussi aux questions générales que l'on peut se poser sur les Nations Unies.

  • Changer ou disparaître. Tel est le cri d'alarme que lance depuis plus de dix ans le Club de Rome, un groupement d'industriels et de scientifiques présidé par un grand capitaine de l'industrie italienne, Aurelio Peccei. Le développement d'un ensemble de problèmes complexes, interdépendants et de nature mondiale menacerait en effet la survie même de l'espèce humaine. C'est cette « problématique mondiale » que le Club de Rome prétend analyser d'une manière scientifique et en dépassant toute option politique partisane et toute idéologie. Cet ouvrage cherche à montrer que la démarche du Club de Rome, loin d'être au service des intérêts supérieurs de l'humanité, est fondée sur une double imposture, commise par un groupe de pression transnational dont l'action préfigure la prise du pouvoir par une nouvelle élite, celle des gestionnaires souples et efficaces, prétendant penser en termes globaux et organiser rationnellement l'interdépendance mondiale.

  • Cela fait maintenant plus de dix ans que les diverses économies se débattent dans une crise profonde sans qu'aucune perspective d'issue n'apparaisse clairement. Diverses politiques économiques ont été essayées. Leurs succès se font toujours attendre. Derrière ce désarroi n'y a-t-il pas des difficultés tenant à la théorie économique elle-même ? Ne convient-il pas de s'interroger à nouveau sur les origines, les caractères d'une crise qui a semblé défier ladite science économique ? Des avancées importantes ont été réalisées ces dernières années. De multiples explications s'affrontent. L'heure d'un premier bilan est venue. A travers une lecture des théories de la crise cet ouvrage dresse un constat des apports récents de la théorie économique, marque leurs limites, propose un cadre d'ensemble pour contribuer à de nouveaux développements de la réflexion.

  • Partout dans le monde, les organisations patronales se sont réformées ou sont engagées dans des réformes. Cela montre qu'une époque est révolue. L'époque où des institutions, trouvant souvent leurs racines au XIXe siècle, représentaient la communauté des affaires dans des relations parfois incestueuses, souvent complices, toujours complexes, avec la puissance publique et les syndicats de salariés. Mondialisation, libéralisation, déréglementation, démocratisation viennent partout chahuter, bousculer les vieilles structures patronales. Nouvelles attentes, nouvelles géographies, nouvelles entreprises appellent nécessairement un renouveau. Le monde change et avec lui les patronats bougent. Ils se transforment dans les pays développés, ils émergent dans les pays en transition, ils s'organisent sur le plan international. La mutation du « Patronat français » (CNPF), en « Mouvement des entreprises de France » (MEDEF) est symbolique de cet aggiornamento. Les « patronats » disparaissent mais les associations d'entrepreneurs demeurent, sous d'autres vocables, plus modernes. Elles sont d'autant plus légitimes à faire vivre la démocratie sociale et à promouvoir l'esprit d'entreprise que le marché impose aujourd'hui à toutes les entreprises du monde et à leurs représentants, les mêmes exigences.

  • La libre circulation des personnes est le grand rêve européen de ces dix dernières années. Cependant, cette nouvelle liberté ne doit pas s'exprimer au détriment de la sécurité. Aussi, la marge étant toujours très étroite entre une liberté qui émancipe et son protecteur qui restreint, les accords de Schengen ont l'ambition d'apporter une réponse originale à cette double quête de liberté et de sécurité. Signés par l'Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas, rejoints plus tard par l'Espagne, la Grèce, l'Italie et le Portugal, ces accords prévoient des mesures - délivrance des titres de séjour et des visas, droit d'asile, coopération policière et judiciaire, système d'information Schengen - qui se déclinent des deux principes fondamentaux de libre circulation et de sécurité. En illustrant son propos avec l'exemple français, l'auteur détaille l'ensemble de ces mesures destinées à compenser les risques inhérents à la suppression des frontières intérieures entre les pays partenaires des accords de Schengen.

  • Édouard Bonnefous, homme d'action et de réflexion, achève ici une histoire consacrée au XXe siècle. Dans le premier volume d'Avant l'oubli, il avait fait une évocation des années 1900-1940, dans le deuxième, celle des années 1940-1970. Ce troisième et ultime volume décrit les trois dernières décennies du siècle, riches en drames et en rebondissements, mais aussi en découvertes et en perspectives nouvelles. Avec le présent volume, l'auteur a su faire revivre non seulement le monde politique, mais aussi un « monde » qui fut si brillant, celui de la société, ainsi que celui des arts, du spectacle, des médias, des sciences ou de la médecine. Sous une forme synthétique, Édouard Bonnefous offre une multitude d'informations, d'analyses, de réflexions et de portraits qui donnent à ce livre toute sa valeur et son originalité.

  • Claude Heurteux est un praticien de l'aménagement du territoire. Grâce au groupe d'immobilier d'entreprises qu'il dirige, ce sont des milliers et des milliers d'emplois qui ont trouvé l'installation qui leur convenait, à Paris comme en province. Son diagnostic est net : sans entreprise, pas d'aménagement du territoire. Mais comment faire pour que l'entreprise ne converge pas vers Paris, renforçant la centralisation économique et la centralisation administrative ? Comment faire pour attirer les entreprises étrangères en France et inciter les entreprises françaises à y rester ? D'abord, en se débarrassant des faux procès. La situation actuelle n'est pas due à un manque d'aménagement du territoire mais à un excès. Il retrace l'histoire de cette politique coercitive, menée depuis les rois de France, et qui s'est poursuivie jusqu'à nos jours, multipliant les effets pervers. Ensuite en proposant de passer de l'aménagement du territoire à l'harmonisation du territoire. Autrement dit des solutions dirigistes aux solutions libérales. Celles-ci existent, elles se nomment allègement des contraintes, liberté d'entreprendre, défiscalisation. Mises en oeuvre, elles donneraient des résultats étonnants. Dans le débat politique sur ce thème, voici une contribution originale et roborative, qui ne craint pas de défier les idées reçues. Claude Heurteux s'exprime ici à titre personnel.

  • À l'heure où un jeune français sur trois poursuit des études après le bac, faut-il suivre certaines voix alarmistes et parler avec elles d'une crise de la lecture qui toucherait désormais les étudiants ? Rien dans les faits n'autorise à conclure à la mort du livre, à la fin de la culture de l'écrit ou à l'échec de l'université. Mais, dans une France qui compte plus d'étudiants que de paysans, où les pratiques culturelles se sont transformées au cours des trente dernières années, de nombreux signes invitent à étudier de plus près quels sont les rapports des étudiants au monde de l'écrit. Reflet et prolongement d'un questionnement collectif engagé lors des journées nationales de la lecture étudiante (Royaumont, juillet 1992) organisées par le ministère de l'Éducation nationale, ce livre a pour ambition de proposer des voies d'exploration et des bases de discussion. Sociologues, enseignants, bibliothécaires, spécialistes de la lecture se rencontrent dans cet ouvrage pour proposer un tableau en mouvement qui rassemble des analyses, des travaux récents, des perspectives d'expérimentations et d'actions en faveur de la lecture étudiante. Ils soumettent ainsi à la communauté universitaire et à l'ensemble des acteurs du livre et de la lecture des points de repères et des éléments de débat.

  • L'histoire de la construction de l'Europe communautaire serait incomplète sans la prise en compte et l'analyse des événements que cette dernière a suscités en Scandinavie. Alors que la Communauté des Six s'est progressivement élargie à l'Europe méridionale, puis a entamé un dialogue prometteur avec l'Europe de l'Est depuis l'automne 1989, l'Europe du Nord pouvait sembler oubliée. Pourtant, commencée depuis plus de quarante ans, l'histoire des relations entre la Scandinavie et l'Europe occidentale en révolution devrait retenir l'attention, cet ouvrage se propose d'en retracer les grandes lignes. A l'évidence, le développement continu des liens économiques avec la CEE poussait les pays nordiques à se rapprocher toujours plus de marchés dont ils dépendaient étroitement, surtout après l'adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté en janvier 1972. Le Danemark et la Norvège donnaient alors aussi leur adhésion, mais le gouvernement norvégien fut ensuite désavoué par un référendum. La Suède et la Finlande se refusèrent à une pareille démarche, donnant la priorité à leurs politiques de sécurité sur leurs intérêts économiques. Les occasions d'unification scandinave ne furent pas saisies, et, au contraire, l'Europe du Nord s'est divisée devant l'Europe communautaire. Aujourd'hui, devant les perspectives de Confédération ou de « maison commune » européennes, la neutralité semble avoir perdu sensiblement de sa valeur. Les choix des pays nordiques sont plus ouverts que naguère et leur adhésion à la Communauté européenne des Douze n'a plus rien d'utopique.

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