Robert Laffont

  • Kenya, Éthiopie, Soudan, Égypte, Israël... Après le grand succès d'"Africa Trek I", Alexandre et Sonia Poussin nous racontent la suite et la fin de leurs aventures africaines.
    Alexandre et Sonia Poussin ont entrepris de remonter d'une seule foulée le continent africain en refaisant le voyage du premier homme, de l'australopithèque à l'homme moderne, le long de la vallée du Rift en Afrique de l'Est. Le premier tome d'"Africa Trek" relatait leur périple du cap de Bonne-Espérance au Kilimandjaro, le second les suit du Kilimandjaro au lac de Tibériade.À pieds, seuls, sans sponsor ni assistance technique, ils ont pris le temps de vivre avec les masaïs, de suivre une méharée, de gravir les pyramides. Durant cette seconde partie du voyage, nos deux marcheurs ont connu des moments fort difficiles ? découragement, hostilité de certaines populations ? et d'autres instants magiques ? rencontres inoubliables et découvertes de lieux hors du temps. Sincères et enthousiastes, les Poussin nous offrent plus qu'un récit de voyage, le portrait d'un continent.

  • Le 8 décembre 1995, brutalement, un accident vasculaire a plongé Jean-Dominique Bauby dans un coma profond. Quand il en est sorti, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce qu'on appelle le " locked-in syndrome " - littéralement : enfermé à l'intérieur de lui-même -, il ne pouvait plus bouger, manger, parler ou même simplement respirer sans assistance. Dans ce corps inerte, seul un oeil bouge. Cet oeil - le gauche -, c'est son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie.
    Avec son oeil, il cligne une fois pour dire " oui ", deux fois pour dire " non ". Avec son oeil, il arrête l'attention de son visiteur sur les lettres de l'alphabet qu'on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières... Avec son oeil, il a écrit ce livre : chaque matin pendant des semaines, il en a mémorisé les pages avant de les dicter, puis de les corriger.
    Sous la bulle de verre de son scaphandre où volent des papillons, il nous envoie ces cartes postales d'un monde que nous ne pouvons qu'imaginer - un monde où il ne reste rien qu'un esprit à l'oeuvre. L'esprit est tour à tour sarcastique et désenchanté, d'une intensité qui serre le coeur. Quand on n'a plus que les mots, aucun mot n'est de trop.
    Publié dans trente pays, Le Scaphandre et le Papillon a déjà touché des millions de lecteurs dans le monde. Le film qui en a été tiré, réalisé par Julian Schnabel et interprété par Mathieu Amalric, figure dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2007.

  • Ce livre apparaîtra aujourd'hui, pour les centaines de milliers de lecteurs des Grives aux loups et des Palombes ne passeront plus, comme le livre de l'amitié qui s'est tissée entre l'auteur et ses lecteurs. Claude Michelet y raconte son enfance, à Brive, dans une famille provinciale, bourgeoise et bien-pensante: rien de plus banal, avant 1940. Mais voici la défaite, le déferlement de l'exode et, pour Edmond Michelet, la Résistance, l'arrestation, la déportation, enfin la nomination comme ministre des Armées! Toute la famille quitte Brive et se retrouve à Paris dans d'immenses appartements qui donnent sur la place de la Concorde. Une nouvelle vie commence. Mais les écoles parisiennes ne lui font pas oublier les bois de la Corrèze; en vérité, il étouffe à Paris: à quatorze ans, il décide qu'il sera agriculteur. On connaît la suite - et comment le petit dernier de la famille est devenu écrivain et célèbre...

  • Août 1914. Louis Maufrais, étudiant en médecine, pense présenter l'internat quand la guerre éclate. Le jeune homme rejoint le front, découvre les tranchées. Il va y rester quatre ans. Quatre ans pendant lesquels il côtoie la mort les pieds dans la boue et les mains dans le sang, jour et nuit enterré au fond de postes de secours secoués par le souffle des obus. Quand il a un moment de repos, il prend des notes, photographie, pour raconter la souffrance, celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l'amitié, le burlesque, l'absurde...
    "Voici un texte hallucinant. Oeuvre d'un médecin, qui a fait toute la Grande Guerre dans les tranchées, il est à ce jour inédit, publié pour la première fois en ce 90e anniversaire de l'Armistice.
    "Maufrais a été partout : d'abord en Argonne et en Champagne en 1915, à Verdun et sur la Somme en 1916, à nouveau à Verdun en 1917, enfin chirurgien dans une ambulance d'avril 1918 à janvier 1919. Non seulement il a été sur tous les fronts de la guerre, en France, mais au feu quatre années sur quatre. En cela, son témoignage est unique. Il l'est aussi en ce que son activité de médecin auxiliaire l'amenait à prendre des notes pour le suivi de ses blessés.
    "Ce sont ses carnets et ses photographies, sauvegardés, qui lui ont permis, soixante ans plus tard, de dicter des fragments d'une précision inégalée : des informations et souvenirs intacts, comme congelés."
    Marc Ferro
    De l'Argonne au Chemin des Dames en passant par Verdun et la Somme, la Grande Guerre racontée au jour le jour, illustrée - fait rarissime - de photos prises par l'auteur du texte.

  • Voix sans pesanteur, beauté intemporelle, silhouette élancée, Françoise Hardy est surtout une auteur-compositeurinterprète exigeante, appréciée dans le monde entier, qui a inspiré plusieurs générations depuis son premier succès, Tous les garçons et les filles, en 1962.
    Pour la première fois, elle livre les clefs de sa vie. Elle raconte son enfance en vase clos qui ne la préparait en rien à une célébrité totalement inattendue, évoque ses amours avec Jean-Marie Périer, puis avec Jacques Dutronc, son mari, et naturellement parle de leur fils, Thomas.
    Françoise Hardy revient aussi sur ses chansons, ses collaborations et ses rencontres. Au gré des années, on croise Dalí, Stockhausen, Ionesco, Bob Dylan, Mick Jagger, Elvis Presley, Pauline Réage, Hélène Grimaud ou Michel Houellebecq, ainsi que tous ceux qui ont le plus compté pour elle: Mireille et Emmanuel Berl, Patrick Modiano, Michel Berger, Serge Gainsbourg, Gabriel Yared, Étienne Daho...
    Écrit avec sincérité, lucidité et tendresse, son récit permet de revivre des épisodes connus, d'en découvrir d'autres, et surtout de rire, de rêver et de s'interroger avec elle sur ce qui fait le sens de nos existences, joies et souffrances mêlées. Mieux qu'un livre de souvenirs, une grande traversée des apparences, où l'on découvre, depuis l'enfance à nos jours, l'itinéraire intérieur, artistique et amoureux d'une artiste profondément singulière.

  • L'agriculture, pour Claude Michelet, c'est un choix. Tout jeune, il s'est attaché à ce petit domaine proche de Brive, exploité par un domestique, où la famille passe les vacances : la terre de Marcillac. À douze ans, il décide qu'il sera paysan. Son père, Edmond Michelet, ne s'oppose pas à ce qui semble être une vocation. À l'école d'agriculture de Lancosme-en-Brenne, Claude apprend qu'il existe d'autres méthodes de culture que celles que l'on pratiquait alors dans la basse Corrèze. En 1960, il s'installe à Marcillac, dix-neuf hectares cinquantes ares de terres usées en friches, cinq vaches et une génisse, c'est toute sa richesse. Il se met à l'ouvrage.
    Ici, très simplement, il dit ce que furent ces années de reconquête : ses travaux et ses peines, ses réussites et ses échecs, ses bonheurs et ses déboires. Parlant de lui et des siens, de sa terre et de ses bêtes, il exprime l'inquiétude de centaines de milliers de petits exploitants désorientés par les décisions souvent contradictoires venues d'en haut et de très loin, qui craignent l'avenir et parfois se révoltent. Ces hommes-là se reconnaîtront dans ses propos. Les autres, les citadins, y découvriront une réalité qu'ils ignorent. Et chacun prendra conscience, à travers les pages de ce livre passionné, qu'une partie de la plus haute importance se joue dans les milliers d'exploitations qui jalonnent la France : la survie d'une civilisation à visage humain.

  • Kenizé Mourad donne la parole aux victimes du conflit Israëlo-palestinien, et nous replonge au coeur de la vérité de ce drame...
    Kenizé Mourad, auteur de De la part de la princesse morte, a travaillé pendant quinze ans comme reporter spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et du sous-continent indien. C'est avec son expérience de journaliste et sa sensibilité de romancière qu'elle aborde aujourd'hui le drame vécu par Israéliens et Palestiniens. Évitant les analyses politiques et les généralités dont nous sommes submergés, ce livre décrit et laisse s'exprimer des hommes et des femmes des deux camps. Jérusalem bien sûr, mais aussi Jénine, Gaza, ou les implantations de colons... Kenizé Mourad est allée à la rencontre de tous. C'est leur histoire qu'elle nous raconte, mais aussi celle de leur famille, car il est impossible de mesurer ce qui se passe aujourd'hui sans remonter le fil des tragédies vécues par les générations successives. Palestiniens, Arabes israéliens, Juifs... Il y a Oript, dont la soeur a été tuée dans un attentat et qui n'arrive plus à vivre ; Itaï, l'officier israélien, objecteur de conscience ; Naomi, qui chaque jour craint pour la vie de son fils, tout jeune soldat; Mohammed, l'imam emprisonné et torturé ; ou encore Leïla, qui voit son plus jeune fils prendre le chemin de l'aîné, tué pendant l'Intifada et dont il porte le prénom... En retraçant leur vie, et celle de leurs parents, rescapés des camps de la mort, ou chassés de leurs villages de Palestine et parqués dans des camps de réfugiés, Kenizé Mourad nous fait comprendre leurs besoins, leurs angoisses, et leurs façons d'appréhender le présent.


  • " L'une des plus grandes affaires d'espionnage du XXe siècle. " (Ronald Reagan)
    Au cinéma en septembre 2009.

    Farewell, de son vrai nom Vladimir Ippolitovitch Vetrov, est une figure hors ligne de l'espionnage. Deux ans d'enquêtes à Moscou et en France par le journaliste écrivain Sergueï Kostine ont permis de reconstituer la vie de Vetrov. Bon étudiant d'une école technique de haut niveau, fils et père de famille modèle, il est recruté au KGB, opère avec brio en France où le contre-espionnage français, la DST, essaiera vainement de le recruter. À la suite d'un " incident de parcours " au Canada, il est rappelé à Moscou et affecté à un poste d'analyste qui lui permettra de faire le tour complet du renseignement technologique soviétique. Le sentiment de frustration et de haine envers son service sous Brejnev, les problèmes avec sa femme, Svetlana, et un penchant de plus en plus prononcé pour la boisson, provoquent en lui une crise profonde. Pour racheter sa vie ratée, il fait le saut : au printemps 1980, il renoue avec la DST et devient Farewell. Le lecteur apprend comment, à la barbe du KGB tout-puissant, des dossiers top secret se baladeront à Moscou dans des paniers de légumes, ou sous le bras d'agents de liaison. Il apprend aussi comment les documents les plus sensibles seront photocopiés et quitteront l'URSS par la valise diplomatique. La production de Farewell est sans précédent, à la fois par la précision de la documentation technique que par la révélation des noms, pays par pays, des agents occidentaux travaillant pour l'URSS. Dans ce jeu, la raison d'État l'emporte parfois sur la sécurité de la taupe... Mais ce n'est pas cela qui perdra l'impulsif et incontrôlable Vetrov. L'impossible choix entre sa femme et Ludmila, sa maîtresse, l'amènera à commettre l'irréparable : en février 1982, il tente de tuer cette dernière et abat un témoin de la scène. Condamné à quinze ans de prison, il se retrouve au Goulag. Il sera transféré à Moscou, passera en second jugement et sera fusillé en 1985, le tout à huis clos.


  • Un livre politiquement incorrect destiné à faire polémique...

    "Je sais qu'il y a des gens qui, sans me connaître, me haïssent. Le pire c'est que certains sont de bonne foi, car ce qu'ils savent de moi, ce sont des propos déformés et non mes positions réelles."
    Auteur, en 2001, d'une note et d'un article sur le conflit israélo-palestinien, Pascal Boniface a été la cible d'une véritable campagne organisée qui a fait beaucoup de bruit dans la presse. Il met ici au jour une réalité singulière: l'impossibilité de critiquer le gouvernement Sharon sans encourir les accusations les plus extravagantes et des mesures de rétorsion qui s'apparentent au terrorisme intellectuel.
    Les juifs de France sont divers, beaucoup d'entre eux critiquent le gouvernement d'Israël et se rattachent au parti de la paix, tandis que la droite et l'extrême droite ont lancé sur la "communauté" une OPA intolérante visant à rallier tous les juifs français à un soutien inconditionnel envers la politique de la droite israélienne. Dès lors, toute critique de la politique israélienne, toute tentative de traiter du conflit israélo-palestinien, est assimilée à une volonté de détruire Israël et à une position antisémite.
    Pascal Boniface analyse ce mécanisme dangereux qui risque d'importer en France le conflit du Proche-Orient. Enfin, il donne des informations et des réflexions propres à rétablir une vision équilibrée sans laquelle aucune négociation de paix ne sera possible.

  • Chaque soir, de la fenêtre de sa chambre, le petit Michel regarde passer le train Granville-Paris en rêvant du jour où il montera dedans, échappant à sa Normandie natale. Cancre dans une famille où l'excellence scolaire est un devoir sacré, il la fuit très jeune, à dix-sept ans, avec pour seul bagage la rage de se soustraire au reproche paternel : "Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? "
    La suite de l'histoire est celle d'une exceptionnelle réussite : Michel Drucker est à la fois la mémoire du petit écran, l'ami des stars, le confident des politiques et l'animateur le plus populaire de la télévision française. Il a débuté au temps de l'ORTF du Général avec les grands pionniers : Desgraupes, Zitrone, de Caunes... Et il continue de régner sur celle d'aujourd'hui, indétrônable souverain des émissions de variétés, de "Champs-Élysées" à "Vivement dimanche". Depuis plus de quarante ans, on connaît son visage, son ton inimitable, son humour, sa gentillesse ; il fait partie de la famille.
    Derrière les rencontres et les anecdotes hautes en couleur, on découvre dans ce livre les fêlures d'un autodidacte qui a construit sa vie comme une longue course cycliste, étape après étape, pour prouver sa vraie valeur aux siens.

  • Olivier Weber a pu passer quatre semaines en Afghanistan: un mois dans ce fief délirant et attachant, un mois dans le pays de l'absurde.
    Olivier Weber est un des meilleurs écrivains-voyageurs français. Il est un des rares journalistes européens depuis quatre ans à avoir passé un mois complet en Afghanistan, et à avoir pu sortir de Kaboul. Son expérience de la région, ses liens avec des chefs de tribu, des talibans, des marchands d'armes, des policiers, ont permis ce voyage. Il pratique l'ethnologie "participante": quand il entre dans un groupe, il adopte en tout point la façon d'être de ceux qui le composent.Dans les villes et villages où il a vécu, les personnages clef, les mollahs, les ministres l'ont reçu et se sont entretenus avec lui. Le pays est dirigé vers l'édification du Bien. Les miliciens cravachent dans les rues ceux qui ne vont pas prier à l'heure dite dans les mosquées; les voleurs ont une ou deux mains coupées, en public; les adultères et l'homosexualité sont punis de lapidation: on place les coupables sous un camion-benne rempli de blocs de pierre; la possession d'un lecteur de cassettes est punie de deux paires de gifles, dans le meilleur des cas; le dépassement du couvre-feu mérite une bastonnade... Il est aussi entraîné vers l'édification du Mal: les combines, les trafics, la culture du pavot, les négoces de l'opium, le marché noir des médicaments sont les méthodes les plus courantes grâce auxquelles les talibans vivent sur le peuple.Parallèlement à la vie contemporaine en Afghanistan, des scènes du passé éclairent le présent. Les batailles avec les Anglais, le séjour de Lawrence d'Arabie, les chasses au faucon, les visites aux bouddhas... permettent d'appréhender l'esprit et l'âme de ce peuple. Voilà des siècles que leur histoire se construit autour de leur caractère propre : orgueil et hospitalité, courage invincible et esprit de vengeance.

  • " Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d'une mauvaise vie, bien différente de celle que laisse supposer sa notoriété.
    Autrefois on aurait dit qu'il s'agissait de la divulgation de sa part d'ombre ; aujourd'hui on parlerait de "coming out".
    Il ne se reconnaît pas dans ce genre de définitions.
    La mauvaise vie qu'il décrit est la seule qu'il a connue. Il l'a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l'a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu'il était content de son existence puisqu'il parvenait à évoquer la nostalgie du bonheur.
    Mais les instants de joie, les succès, les rencontres n'ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée.
    Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu'il ne doit plus se mentir à lui-même. "

  • C'est une nouvelle ruée vers l'or qui se déroule en Amazonie, entre le Brésil, le Surinam et la Guyane française. Cette folie éternelle a attiré aventuriers et trafiquants, qui ont transformé ces villages clandestins en un état de non-droit où l'on compte une poignée de gendarmes. D'ailleurs, ici, tout se paie en or, même une canette de bière. Trafic d'or mais aussi trafic d'armes, trafic de drogue, trafic de femmes. Règlements de comptes, séquestrations, meurtres. La ruée vers le métal précieux a dégénéré autour de Maripasoula ? deux mille habitants ?, qui est le centre de cet eldorado tenu par des caïds et des mafieux. Les hommes ne se déplacent pas sans fusil et règnent par bandes sur les orpailleurs, des Brésiliens, des Indiens, des Noirs marrons, descendants d'esclaves libérés, et des prostituées. Premières victimes de cette fièvre : les Indiens de la forêt ; ils sont sept mille et vivent de la pèche. Un désastre écologique est le résultat de cet orpaillage sauvage. Car, pour agglomérer les particules d'or, il faut du mercure. Celui-ci est acheminé vers la forêt, utilisé puis rejeté dans les cours d'eau à raison d'environ vingt tonnes par an. Le mercure se retrouve le long de la chaîne alimentaire jusqu'à l'homme. Il provoque chez les Indiens des malformations congénitales, des séquelles neurologiques et des cancers. Le taux de suicide et l'alcoolisme ont grimpé en flèche. Autre conséquence directe : la déforestation, qu'on estime à vingt mille kilomètres carrés par an. Après un an d'enquête, l'auteur a passé quatre mois sur place pour finir son livre et tourner un film, La fièvre de l'or, qui sera projeté en salle en octobre 2008, puis sur Canal + et France 2 dans les mois suivants. Il dessine des portraits, décrit la vie sur les pirogues et dans la boue, raconte les aventures d'hommes et de femmes dans ce trou du monde où chacun se damne pour quelques pépites. Mieux que des grandes phrases, ces personnages sont les fils conducteurs sur la scène d'un des pires théâtres de la mondialisation.

  • "Il ne fait aucun doute que la France a deux vocations dans le monde... Vocationde Chrétienté... Vocation de Liberté..." Ainsi parle Péguy, qui fut le véritable maître d'Edmond Michelet, son inspirateur dans toutes les grandes circonstances de sa vie - ainsi le 17 juin 1940 (le 17 !), accomplissant ce qui devait être le premier acte de la résistance clandestine en France, c'est Péguy que cite Edmond Michelet dans le tract que lui et ses amis glissent dans les boîtes aux lettres de Brive : "Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend..."
    Il est peu de vies réellement exemplaores. Nul n'a jamais contesté que la vie d'Edmond Michelet le fut. Père de famille, militant catholique, chef de la Résistance d'une vaste région, déporté, président du Comité patriotique français de Dachau, homme de gouvernement indéféctiblement fidèle au général de Gaulle, Edmond Michelet, partout et toujours, dans la paix comme dans la guerre et jusque dans l'enfer, s'est révélé homme de foi, d'espérance et de charité - un saint, ont pu dire ses compagnons de Dachau.
    C'est cet homme-là, qui fut son père, que Claude Michelet fait revivre ici. Avec émotion, avec simplicité et honnêteté, sans jamais élever le ton ni emboucher les trompettes de la renommée. Sur le ton qui s'impose pour parler d'un homme qui fut courage tranquille, fidélité et modestie.
    Publié peu après la mort d'Edmond Michelet, le 9 octobre 1970 - dix ans avant que Claude Michelet ne s'imposât avec Des grives aux loups et Les palombes ne passeront plus -, épuisé depuis plusieurs années, ce livre devait se trouver de nouveau en librairie.

  • Avec le prix Nobel de la paix attribué à Médecins sans frontières, les humanitaires se voient récompensés pour leurs efforts menés à travers le monde depuis trente ans. L'épopée a débuté au Biafra, en 1968, lorsqu'une poignée de jeunes médecins français, emmenés par Bernard Kouchner, s'aventura dans l'enfer d'une guerre oubliée. Depuis, les French Doctors ont été de tous les combats humanitaires, au chevet des victimes pour les soigner, mais aussi pour témoigner et dénoncer les atteintes aux droits de l'homme. En trois décennies s'est ainsi imposée une génération, celle du devoir d'ingérence, qui a su s'immiscer au coeur de l'action diplomatique.
    Olivier Weber retrace cette saga où les volontaires de Médecins sans frontières , Médecins du monde ou d'autres organisations ont couru la planète pour soigner, sauver et témoigner, parfois au péril de leur vie.
    Il a enquêté pendant trois ans, visité une quinzaine de pays et réalisé plus de deux cents interviews. Il nous montre, dans le détail de leur vie sur le terrain comme dans l'intimité de leurs choix personnels, les figures emblématiques de l'humanitaire français (Bernard Kouchner, Claude Malhuret, Xavier Emmanuelli, Jacques Bérès, Rony Brauman, Philippe Biberson), mais aussi des centaines d'anonymes. Il nous fait vivre avec eux le sauvetage des boat people en mer de Chine, l'aide aux victimes des tremblements de terre en Arménie, de la famine en Ethiopie, de la guerre en Afghanistan ou en Bosnie...
    Un livre passionnant, qui se lit comme un roman vrai et nous éclaire sur notre temps et ses enjeux.

  • 45 ans d'une extraordinaire vie de comédien, à la rencontre des plus grandes figures du cinéma français.
    Le Ruisseau des Singes est un endroit magnifique situé dans une vallée au milieu de la montagne, près de Blida, en Algérie. " Des centaines de petits singes adorables vivent dans cet endroit et viennent à la rencontre des visiteurs... C'était pour nous un véritable paradis. " Si le comédien a choisi d'intituler ainsi le récit de sa vie, c'est parce qu'avant d'accéder à cet éden, il lui fallait parcourir des kilomètres en voiture avec ses parents, voyage pendant lequel le petit Jean-Claude était horriblement malade. Il n'a jamais oublié ces expéditions et ce souvenir est devenu, en quelque sorte, la métaphore de sa vie : " Savoir surmonter les obstacles pour accéder à un bonheur simple fait de lumière et de douceur. " D'autant que son père, militaire de carrière, s'opposa longtemps à la vocation du comédien et lui répéta tout au long de son enfance : " Quand tu seras grand, que tu auras fini tes études, tu feras ce que tu voudras. Et même le singe, si tu veux ! " Tout au long de ce récit ponctué d'anecdotes de tournages et de souvenirs personnels, Jean-Claude Brialy raconte quarante-cinq ans de sa vie de comédien. Adolescent, il rêve de Louis Jouvet, Danielle Darrieux, Pierre Fresnay, Jean Gabin ou Michel Simon et des grandes figures du cinéma d'avant-guerre et du music-hall. Il les rencontrera et jouera avec la plupart d'entre elles. Mais, à vingt ans, son destin croise celui de Chabrol, Truffaut, Godard, Rohmer et, avec eux, il devient l'acteur fétiche de la Nouvelle Vague. Jean-Claude Brialy parle de sa rencontre avec Jean Gabin, Jean Marais, de son admiration et de sa fidélité à Jean Cocteau. Il confie ses passions pour Arletty, Marie Bell, Marlène Dietrich, Romy Schneider ou Françoise Dorléac. Et puis, au milieu de ses amis comédiens, passent des silhouettes immenses : celles d'Édith Piaf, de Joséphine Baker dont il fut, jusqu'au bout, l'ami fidèle, et celles plus furtives de Maria Callas ou de Jacques Brel, avec qui il vécut des moments uniques et privilégiés. Et, bien sûr, le Commandeur, Sacha Guitry, dont Jean-Claude Brialy joua et mit en scène tant de pièces.Tour à tour drôle et émouvant, Jean-Claude Brialy nous fait découvrir, avec des anecdotes personnelles, d'autres facettes d'un monde que nous avions pourtant l'impression de bien connaître.

  • Depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'au lac de Tibériade en Israël, trois ans de marche à pied pour Sonia et Alexandre Poussin.
    Sonia et Alexandre Poussin ont quitté le cap de Bonne-Espérance le 1er janvier 2001. À pied. Direction: Jérusalem. Depuis, le couple intrépide a parcouru quatorze mille kilomètres, remontant d'une seule foulée le continent africain en refaisant symboliquement le premier voyage du premier homme, de l'australopithèque à l'homme moderne, le long de la vallée du Rift. Sans soutien, sans assistance, dormant à la belle étoile ou chez l'habitant, ils ont relevé ce défi unique et accompli un véritable exploit. Leur ambition? Prendre le temps et le pouls du continent, et rencontrer hommes, femmes et enfants d'Afrique. Une aventure vouée à l'échec sans la bonté et la générosité des Africains, "nos sauveurs de chaque jour", qui, souvent dans la plus terrible misère, les ont recueillis au long des pistes. Ce premier volume retrace leur passionnant parcours, du Cap au Kilimandjaro.


  • Fresque politique, autobiographie, roman intime... Ce livre n'est pas un ouvrage politique de plus, mais une saga.

    Michel Rocard, l'homme du "parler vrai", se livre pour la première fois. Celui qui, durant trente ans, fut un mythe dans le pays, l'espérance rénovatrice à gauche, avant de devenir le "battu" de Mitterrand, a décidé de tenir parole.
    Pour cet entretien, Michel Rocard a choisi un singulier interlocuteur: Georges-Marc Benamou, qui fut le dernier confident de François Mitterrand, mais aussi un journaliste très critique à l'égard du rocardisme. Dans un dialogue sans fard ni tabou, parfois drôle, toujours vif, Michel Rocard évoque avec lui sa famille, son éducation politique et sentimentale, ses amis et ses ennemis, Mai 68, Mendès France, Mitterrand...

  • François Simon est un écrivain dont le talent littéraire se porte sur la cuisine, la gourmandise et la gastronomie. D'abord il y a l'auteur en tant qu'homme qui réfléchit, aime, souffre et marche dans la grande ville. Il connaît l'enthousiasme, l'insatisfaction, la recherche des femmes, l'anxiété quand il reçoit à dîner chez lui. Sa vie privée est inséparable de sa vie professionnelle. Ce n'est pas drôle de déjeuner ou de dîner tout seul - et d'ailleurs, qu'est-ce qu'on fait entre-temps ?
    Mais les restaurants et les hôtels représentent son gagne-pain, sa raison de vivre, le champ de son honnêteté. C'est pourquoi aucun ne lui échappe, des trois-étoiles au petit bistrot. Et rien n'échappe non plus à son palais aiguisé, sa langue pointue, sa mémoire infaillible. Cette promenade parisienne n'est pas exhaustive. Il ne s'agit pas d'un guide, mais d'un choix. Ce sont davantage des visites dans des endroits très connus ou très méconnus, faites par un homme dont tous les sens sont en éveil, et l'esprit ouvert pour tâter le moelleux d'une coquille Saint-Jacques, l'épaisseur craquante d'une frite, la tiédeur d'une pomme au four et l'exacte température d'un nuit-saint-georges quand il descend dans son verre.
    L'originalité de François Simon, c'est l'introduction des êtres humains dans la critique gastronomique. Un repas, même à deux, est collectif. Il se déroule dans un décor, un passé et l'esprit du patron qui souffle sur la salle. L'ensemble forme un tout que l'auteur met en scène comme une pièce de théâtre quand il s'assied à une table.

  • "Le restaurant n'est donc plus ce havre consigné, cette salle des plats perdus, cette réserve de notables. C'est devenu le dernier théâtre des vies qui maraudent aux heures ultimes du jour, de la semaine. Comme si allaient apparaître le plaisir soudain, la révélation d'un sens enfoui, l'ivresse magique d'un condrieu sur une chair blonde. Il s'est dégagé de ses poncifs, de son ordre, de sa tragique absence de rêve, d'imagination, pour s'embarquer vers d'autres continents. Ce nouveau monde est ici. Alors, c'est maintenant devenu comme une drogue. Il me faut partir pour n'importe quel prétexte. Inventer un chef frappé de stupeur, une réincarnation de canette de Barbarie, une multiplication des pains. Car la cuisine est un miracle."
    Cristallisation, passion, déception, rupture... Toutes les rencontres racontées ici obéissent aux lois de l'amour. Rencontres avec des chefs, des villes, des livres, des personnages, des restaurants... Au fil d'un texte souvent éblouissant, toujours juste, nous suivons François Simon, dans sa quête du beau et du bon, poser sur toute chose son regard libre et amusé, et définir, en fin de compte, un art de vivre au XXIe siècle.

  • " Quand on n'a pas grand-chose à y faire, le Festival de Cannes est une drogue dure de la jeunesse, elle donne l'illusion que l'on s'amuse au coeur du monde. C'est difficile de décrocher, ça prend du temps et ça demande des efforts mais je m'étais juré il y a quelques années que je n'y retournerais pas tant que je n'aurais pas un film à présenter ou un projet précis à défendre. Promesse à soi-même non tenue puisque je reviens afin de présider un jury d'enseignants et que je suis encore en train de me demander si ce n'est pas un prétexte pour me libérer de cet engagement secret. Après une longue abstinence que je n'ai pas mise à profit pour devenir le nouveau Spielberg, j'adopte le profit discret du cinéphile de base qui me permettra peut-être de surmonter la nostalgie des ambitions perdues et de faire la paix avec les regrets et les souvenirs. Il y en a tant qui remontent à la surface. " Au-delà des paillettes du Festival, qu'en amoureux du cinéma Frédéric Mitterrand dépeint avec son regard à la fois ultrasensible et acéré, on retrouve le ton et le style si singuliers de La Mauvaise Vie.


  • Le témoignage inédit d'un très jeune homme s'engageant dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
    Au-delà d'un document historique saisissant, la voix d'un homme remarquable.
    C'est à peine âgé de 16 ans que Jean-Daniel Fallery va se lancer dans une folle aventure. Voulant servir sa patrie contre l'oppresseur mais peu conscient des dangers qu'il va encourir, le jeune homme intègre secrètement le réseau " Comète ", un cercle de résistants très actif à Paris. Devenant expert dans l'art de voler et de fabriquer des faux papiers, Jean-Daniel Fallery doit cesser brutalement son activité lorsque la Gestapo démantèle leréseau auquel il appartient. Fuyant la France, il part se réfugier en Espagne. Malheureusement, il y est arrêté par la milice de Franco et emprisonné au camp de Miranda,
    Libéré grâce à l'intervention d'un haut commandant de la Résistance, Jean-Daniel Fallery rejoint le Maroc où il est formé militairement par les Américains. Malgré son jeune âge - il n'a pas encore 18 ans ! -, on lui confie au mois d'août 1944 le commandement d'une dangereuse mission de sabotage baptisée " Opération Virus ", qui favorisera le débarquement des Alliés en Provence.

  • Je suis grand reporter. Trente ans que je couvre les guerres du monde. Au début, je ne savais pas ce qui m'attendait. Massacres, charniers, tortures et viols... J'ai plongé dans la nuit. Très vite, j'ai remarqué ces hommes que la guerre a rendus fous: héros terrorisé par ses cauchemars, ancien commando soudain muet ou vétéran qui se tire une balle dans la bouche.
    Ce mal, étrange, est aussi répandu que tabou. Rwanda, Bosnie, Irak, Algérie, Vietnam, Liban... De partout, des hommes reviennent brisés. Depuis ce jour où ils ont rencontré la mort, dans la gueule d'un fusil, le regard d'un ennemi ou les yeux d'un ami.
    À Bagdad, mon hôtel a reçu un obus. J'ai vu un confrère couché sur la moquette. À la place du ventre, il y avait une tache blanche et nacrée. Alors j'ai commencé une enquête qui m'a mené dans plusieurs pays. J'ai interrogé les combattants et les psychiatres, fouillé les livres, la peinture et les films, l'ethnologie et la mythologie. Une chose est sûre : si on n'affronte pas la douleur de la guerre, elle nous tue. Il faut plonger en nous-mêmes et se reconstruire pour trouver la guérison. Oui, on peut en mourir, survivre et revivre. Et ce mal ne nous parle que de vie et d'humanité.
    Ceci est ma plus grande enquête.

  • Reconnu comme l'une des plus hautes autorités du judaïsme, spécialiste de la tradition biblique, Armand Abécassis signe ici son livre le plus personnel : un livre de souvenirs, entre hymne à un pays aimé, le Maroc, et hommage à des figures croisées : maître talmudique, épicier sans instruction ou projectionniste haut en couleur - silhouettes disparues, toutes dessinées avec la plus grande tendresse.
    Au fil des pages, il est question de Casablanca à l'époque du protectorat français, d'une rue où se trouvent dix synagogues, d'enfants juifs et musulmans qui vivent, rient et pleurent ensemble - les uns souvent avec les autres, les uns parfois contre les autres.
    Évocation d'une jeunesse passée dans un dénuement ensoleillé, aventure de la découverte d'une culture religieuse mais aussi républicaine, livre de partage et d'espérance, Rue des Synagogues nous entraîne dans le temps retrouvé d'un Maître.

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