SKA

  • Tripalium

    Jean-Hugues Oppel

    • Ska
    • 30 September 2020

    Quand une soeur veut venger son frère sacrifié sur l'autel de la rentabilité...
    [...] Ses souliers vernis couinent sur les tomettes. Il rajuste machinalement son noeud de cravate. Il se trouve emprunté. Il se sent mal à l'aise depuis qu'il est entré dans la salle du restaurant perdu sur la lande au bord de la mer. La cliente solitaire et blonde assise à côté de la cheminée sans consommation devant elle l'a salué d'un hochement de tête. Il a répondu de même, avant d'aller s'asseoir près de la fenêtre aux rideaux jaunis. Le silence s'est établi. A duré. Il s'en est accommodé, n'étant pas liant de nature. La situation vire à l'étrange, mais un coup de téléphone remettra vite les choses en ordre. Sauf que la porte au fond, après le bar, est fermée à clé.
    Il dit :
    - Merde !
    Le mot juste, le sens du détail et de l'ambiance, un regard aigu sur la société et les hommes. Deux textes noirs d'Oppel, courts et percutants. Glaçants de noircitude...

  • Même les cireurs de pompes rêvent de gloire...
    [...] En-dehors des hautes sphères administratives, du personnel d'encadrement de quelques entreprises dynamiques et des marécages médiatico-mondains de la société civile, le cirage de pompes est une activité en forte régression. Tout le monde possède chez soi de quoi entretenir ses chaussures, petit matériel rituel rangé dans un carton, une boîte, un quelconque contenu relégué au fond du placard à balais. Généralement. Ajoutez à cela les effets "mode" pervers : tongs (très portées par les mamans), sandales à marguerite en plastique, socques de bois (indispensables avec le futon du salon), santiags en peau de requin pas-touche-c'est-fragile, godillots caterpillés et godasses façon randonneur de-la-graisse-de-phoque-et-rien-d'autre, baskets, tennis, espadrilles... [...]
    Personnage transparent au quotidien sans relief, le cireur Touchet cherche tous les moyens d'échapper à sa condition modeste. Mais la succes story se fait attendre, pour le plus grand plaisir du lecteur de ce conte cynique. L'écriture alerte de Jean-Hugues Oppel fait invariablement mouche : humour noir et rire jaune au rendez-vous !

  • Condé

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 29 October 2020

    Un flic à la gueule cassée enquête sur des crimes en marge de la Grande boucherie...
    Un poste arrière, un cabanon en bois, une barre qui traverse une route défoncée.
    Les civils doivent passer par là pour se faire enregistrer. Fouille obligatoire : son sac, ses fringues, il sort tout. On n'entre pas sur un champ de bataille comme dans un grand magasin !
    Au loin gronde un souffle sourd, on canarde.
    Le sergent tousse gras. « Les gaz moutarde », qu'il explique :
    - Vous venez pour quoi ? il demande au gaillard défiguré face à lui.
    - Police...
    Le militaire rend les papiers officiels, lève la barrière.
    - Ah ! c'est vous... [...]


    Un texte stupéfiant et implacablement évocateur d'un malheur universel pris sur le vif.
    Jérémy Bouquin, on le connait, c'est un style unique en forme de série d'uppercuts qui, ici, se marie parfaitement avec le sujet. La noirceur de la Grande Guerre trouve une évocation originale à la hauteur de la trace laissée dans l'inconscient collectif.

  • La Danse des Cafards

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 23 November 2020

    Paul Féder, sa goélette, son équipage et ses amours : aventures au rendez-vous quand les nuisibles se pointent...
    Le thonier fonçait à pleine vitesse dans la nuit noire, au moins dix-sept noeuds, la mer semblait calme. Pourtant, une imperceptible houle commençait à l'agiter, menaçante respiration de la tempête approchant par le nord. En cette fin mai la lune n'était qu'un mince croissant que l'on apercevait encore vers l'ouest, entre les nuages. Le jour ne tarderait plus maintenant. Dans la timonerie éclairée par la lueur orange des instruments de bord, José sentait une boule d'angoisse durcir peu à peu dans son ventre. Décidemment ce commandement ne lui plaisait pas. Il ne l'avait accepté que contraint par la misère où il se trouvait, la crise de la surpêche du thon l'ayant privé d'embarquement. Cette année-là, tous les navires sous pavillon français étaient restés à quai, ayant largement dépassé les quotas fixés par l'Europe. Enfin, c'est ce qu'ils avaient dit, car José n'y comprenait plus rien à ces histoires de quotas. Les espagnols, eux, pouvaient encore pêcher un peu et certains bateaux passés sous pavillon Libyen continuaient tranquillement à travailler sans limite. Ils faisaient fortune avec les navires usines japonais, pendant qu'eux cherchaient désespérément à s'embarquer, même sur une « estrasse » !


    Réédité aux Editions du Horsain sous le titre La danse des Cafards ce roman appartient à la Suite Catalane. Un polar mais pas que. Une réflexion sur la fameuse Françafrique qu'à tort l'on croit morte. Ce roman a reçu le Prix Delta Noir 2015.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Carnaval*** Nouv.

    Carnaval***

    Jean-Hugues Oppel

    • Ska
    • 1 April 2021

    Quand les temps sont durs, faut-il renoncer aux grandes fêtes conviviales ? On trouve toujours une solution pour remplacer le traditionnel cochon de lait...




    Le gendarme s'encadre dans le pare-brise sitôt passé la pancarte souhaitant la bienvenue au village. Il a surgi de nulle part pour venir se planter au milieu de la route.
    La signorina Pescatore lève le pied et freine en douceur, le coeur léger : l'aiguille du compteur de sa Fiat Panda n'a jamais dépassé le 90 (et le 50 fatidique en agglomération), sa ceinture de sécurité est mise, et le dernier verre d'alcool (une grappa à réveiller les morts) qu'elle ait bu remonte au dernier réveillon familial en Emilie - bientôt Mardi-Gras, elle a eu le temps d'assimiler.
    Vitre baissée, elle pointe son nez à la portière. Le gendarme se penche et salue vaguement. [...]




    Avec l'humour décapant bien connu de ses lecteurs, Oppel raconte comme personne les expédients d'une municipalité qui ne manque pas d'idées macabres. Dans un texte parsemé d'allusions cinématographiques et digressions cyniques, on hésite entre rire et frisson d'horreur.







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  • Histoires épouvantables Nouv.

    Histoires épouvantables

    Gaston Leroux

    • Ska
    • 31 March 2021

    Le père de Rouletabille met en scène, sur une terrasse de café, cinq loups de mer qui se racontent des histoires épouvantables: C'est à qui dira, avec une délectation certaine, la plus effroyable...




    Il y a de cela bien des années, je me trouvais à Guersaü, petite station sur le lac des Quatre-Cantons, à quelques kilomètres de Lucerne. J'avais décidé de passer là l'automne pour y terminer quelque travail, dans la paix de ce charmant village, qui mire ses vieux toits pointus dans une onde romantique où glissa la barque de Guillaume Tell. En cette arrière-saison, les touristes avaient fui et tous les affreux Tartarins, descendus d'Allemagne avec leurs alpenstocks, leurs bandes molletières et leur chapeau rond inévitablement adorné d'une plume légère, étaient remontés vers leurs bocks et leur choucroute et leurs « gross concerts », nous laissant enfin le pays libre entre le Pilate, les Mitten et le Rigi. [...]



    Gaston Leroux s'amuse beaucoup à écrire ces histoires, qui sont autant d'hommages à ses maîtres, Balzac, Stendhal, Dumas, Maupassant et Mirbeau... Le maître ne perd jamais de vue que le bizarre, l'étrange, le grotesque savent très bien s'accommoder d'un zeste d'humour noir et de dérision, elles procurent toujours un délicieux frisson au lecteur bien emmitouflé sous ses couvertures par un soir de tempête. (Extrait de la préface de Roger Martin)

  • Inch'Allah Nouv.

    Inch'Allah

    Jean-Luc Manet

    • Ska
    • 31 March 2021

    Un libraire, tombé dans la misère, se trouve confronté à la violence de skinheads ciblant des épiciers arabes de Paris...



    - Vous n'étiez pas libraire, rue de Charenton, il y a quelques années ?
    Je l'ai vu ralentir puis s'arrêter, hésiter, puis revenir sur ses pas, jusqu'à mon banc. Sa question me cueille néanmoins à froid. Beaucoup de gens ne peuvent s'empêcher d'adresser un petit sourire ou un mot symbolique et supposé chaleureux au clodo de service. L'effet escompté n'est pas toujours au rendez-vous et la compassion induite écrase souvent la gentillesse souhaitée. Il faut faire avec, acquiescer sans s'offusquer, accepter en se disant que c'est mieux que le dégout, l'indifférence ou l'ironie.
    Là, c'est autre chose. La dame ne s'adresse pas à un statut mais à un individu, moi. [...]



    Mendiant, clodo, SDF... Il suffit parfois d'un rien pour se retrouver à la rue. En sortir est-il possible ? De manière imprévue, pour peu qu'on vous regarde comme un humain, il peut arriver qu'on échappe au moins un temps à sa solitude.

  • Les Soeurs Nouv.

    Les Soeurs

    Stuart; Camille Stuart

    • Ska
    • 31 March 2021

    Deux soeurs jumelles, déprimées par des maris conventionnels, vont tenter d'épicer leur soirée de la St Valentin. Mais leurs désirs pourraient leur échapper...



    Il faudrait se méfier des évidences, surtout le jour d'une Saint-Valentin.
    Melinda et Melissa poussèrent les portes du Lutetia, les bras chargés de sacs. Elles se posèrent sur une banquette du bar avec un plaisir non dissimulé. Cet après-midi de shopping s'était révélé harassant. Elles en avaient mal aux jambes. Leurs cartes bleues s'en trouvaient encore chaudes.
    Les deux jumelles, de belles métisses franco-mauriciennes, commandèrent un thé.
    -Beau petit cul, ce serveur, jugea Melinda.
    -Pas mal, oui, confirma Melissa. J'en ferais bien mon quatre heures.
    Les deux soeurs échangèrent un sourire complice.
    -Au fait, tu fais quoi ce soir pour la Saint-Valentin ?
    Melissa soupira.
    -Ma pauvre, ça va être encore un truc chiant. Je crois qu'Yvon a réservé chez un Italien. Je te parie qu'il y aura des chandelles. Il excelle dans les dîners romantiques cucul. Ça fait juste dix ans qu'on fait la même chose. [...]




    Il ne faut jamais se fier aux apparences et le mari le plus coincé peut parfois abriter en secret des envies torrides, voire dangereuses. Après La Belle mère et La Tante, Camille Stuart explore toujours les ressorts fantasmatiques des relations familiales... Brûlant...

  • Des instantanés de vies féminines exposés avec le brio d'une artiste du court-lettrage... POUR PUBLIC AVERTI. Les yeux fermés, elle l'approche de sa bouche, pose ce petit morceau de fraise, à peine, sur ses lèvres. Le pose seulement. Elle lèche doucement la chair grenue de la fraise, les doigts frais qui la tiennent. Doucement. Tout doucement... la fraise... les doigts... Un voeu. Un voeu à garder secret pour conserver une chance qu'il se réalise. Sa langue caresse encore tendrement la chair tranchée à vif par la lame posée devant elle. Ces micro nouvelles flashent des instantanés de vies féminines, exclusivement. Des femmes : jeunes ou vieilles, malades, aigries ou optimistes, alcooliques ou artistes, pleines d'illusions ou de chagrins, mère attendrie, amoureuse comblée, surprises dans un moment d'abandon ou de crainte. Ce « pointillisme littéraire » obéit à des règles strictes : chaque texte compte environ mille caractères, ne comporte ni nom, ni dialogue. Une narration clinique, attachée aux détails, ceux qui comptent. Ce recueil propose une sélection de récits courts, tous genres confondus, faisant la part belle aux femmes ! EXTRAIT D'ELLE SE SOUVIENT Elle vient de déposer le cadet à l'entraînement de hand. Dans son siège auto, le bébé s'est endormi, le pouce brillant de salive, visage penché sur le doudou. Elle a l'esprit tourné vers le repas qui l'attend. La lessive en retard, la femme de ménage qui vient encore de tomber malade. Elle avance au pas de la circulation. La pluie brouille légèrement les lumières, pas assez pour embellir la ville. Un homme court sur le trottoir, comme s'il venait vers elle, la tête levée sous la pluie, et cette attitude libre de souci attire le regard de la femme au volant. Elle prend en pleine poitrine le choc de la reconnaissance, assez fort pour suspendre sa respiration, puis la reprendre douloureuse. À PROPOS DE L'AUTEUR Jeanne Desaubry a d'abord promené son regard à la fois aigu, indulgent et sans illusion sur le milieu hospitalier, avant d'en faire de même sur celui de l'éducation nationale. Polars, romans noirs, romans jeunesse, ateliers d'écriture, critiques, causeries... constituent désormais tout son univers. Aujourd'hui, elle se consacre exclusivement à ses passions de toujours : lire, écrire et éditer. Elle a animé la petite fabrique de livres Krakoen du temps de la coopérative d'édition. Elle est directrice littéraire des éditions du Horsain et de Ska numérique qu'elle a créé avec Max Obione.

  • Farniente

    Sullivan Rabastens

    • Ska
    • 1 June 2016

    Les vacances sont propices aux jeux érotiques, Madame le Maire s'éclate... le jardinier et Monsieur aussi ! « Sea, sex and sun », fredonne l'édile libertine. Tel est le leitmotiv gagnant de la période estivale se prêtant aux galipettes sans retenue, loin de la mairie. Rabastens a toujours l'oeil dans le trou de la serrure... pour relater les étreintes débridées de ce joli monde. Une nouvelle érotique pleine de rebondissements et de plaisirs partagés ! EXTRAIT Je vous ai envoyé une clé USB, insérez-la dans votre ordinateur, et vous verrez que je ne vous oublie pas, je sais qu'en ce jour c'est votre anniversaire, alors j'ai un cadeau pour vous. Vous y trouverez un jeu de photographies coquines, et j'ai aussi osé quelques petites vidéos filmées rien que pour vous. Vous voyez, je ne vous oublie pas, je pense à vous, mon Antoine. A PROPOS DE L'AUTEUR Sullivan Rabastens est un obsédé textuel. Chacune de ses pensées est orientée vers les rondeurs des femmes. Sa naissance au cours des seventies, en pleine libération sexuelle, a dû influencer sa façon d'être, de voir, de penser, d'imaginer. Si Sullivan a grandi normalement, jusqu'à l'arrivée de la puberté et des hormones, quand les jupes des filles ont commencé à le tourmenter sa vie a pris une autre trajectoire, sans tabou, sans retenue. Juste le plaisir, la jouissance. La légende voudrait qu'il ait pris pour ligne de conduite : Vincit aliquando cupiditas voluptasque rationem (Le désir et le plaisir arrivent parfois à vaincre la raison), ne cherchez donc pas plus loin, Sullivan Rabastens est une sorte de priape absolu, un érotomane fou...

  • Soumissions

    Chris Lafner

    • Ska
    • 23 January 2021

    Sévices et humiliations comme autant de piments pour rehausser les étreintes des corps saturés de plaisir... POUR PUBLIC AVERTI. Soumissions relègue 50 nuances de Grey au rang de gentille bluette. Cette novella sulfureuse possède tous les ingrédients suggestifs permettant d'explorer le tréfonds des fantasmes érotiques. La chute de l'histoire est saisissante. Avec ce roman brûlant, Chris Lafner nous entraine dans les joies du libertinage et du sexe décomplexé. EXTRAIT Je suis d'ordinaire très clitoridienne, mais on dirait que les dieux ont façonné son sexe exactement à la taille de mon vagin et les va-et-vient de son membre en moi m'ont très vite arraché des cris de plaisir non simulés et j'ai eu mon premier orgasme dans cette position depuis des années. Excité par mes cris, Jérôme a continué à me pilonner de plus en plus fort, et tout a basculé lorsqu'emportée par cette vague je lui ai demandé de me claquer les fesses. Je crois que cela a été le tournant de notre relation. J'ai joui une deuxième fois en même temps que lui. Quelques secondes après notre orgasme, il me soufflait dans l'oreille : - Tu n'es pas si sage que tu en as l'air... Je crois qu'on va beaucoup s'amuser tous les deux.

  • Les chouchoutes

    Alphonse Momas

    • Ska
    • 1 December 2015

    Les jeunes pensionnaires ont les fesses cuisantes pour leur plus grand plaisir et celui de celle qui distribue les coups. Délicieusement pervers et cinglant ! C'est curieux cette prédilection que manifestent certains amateurs pour les établissements de filles où l'on pratique notamment la fessée ! Momas a le chic pour les titiller de la manière la plus agréable, c'est-à-dire la plus coquine. Un classique de la littérature érotique, préfacé par Franq Dilo EXTRAIT Reine les pelota d'une main complaisante, comme si elle en prenait les dimensions, allongea une claque retentissante, bientôt suivie d'une deuxième et de plusieurs autres : l'astre lunaire frémit sous la fouettée, mais loin de se troubler, Nelly développa davantage les rondeurs de son cul, et souriante, murmura : - Encore, fesse-moi encore. A PROPOS DES AUTEURS Alphonse Momas, né en 1846 et mort le 6 juin 1933 à Paris, est un écrivain français qui s'est illustré dans le genre érotique. " Si je suis masqué, c'est la faute de Miss Ska ! Elle a tenu absolument que je rejoigne son staff d'auteurs. Après plusieurs mois de résistance, j'ai fini par céder à ses sollicitations. A une condition, que mon identité réelle demeure inconnue. Je vous supplie de ne point la torturer afin qu'elle révèle mon nom ! A part ça, à visage découvert, je suis dialoguiste, scénariste, et commets d'autres vilénies littéraires. Vous lirez ma signature sous certaines préfaces de certaines Perle noire ou rose. Je me suis joint avec plaisir au recueil collectif Sacré Noël." (Franq Dilo)

  • Edouard

    Chantal Vattan

    • Ska
    • 1 June 2016

    La passion mortelle de Gisèle s'appelle Edouard mais ils finiront par faire lit à part... Ça commence par une conversation de pipelettes, pour terminer par un drame familial d'un noir désespérant. Une juxtaposition créant la dynamique d'un récit rudement bien conduit par cette nouvelle auteure. Une nouvelle noire et angoissante qui vous fera frissonner d'horreur EXTRAIT La lumière disparaît sous les plinthes. Le froid s'installe. Il a bien fallu allumer la lampe. Je suis lasse. La radio gémit sur des ondes inaudibles. Je m'accroche aux lambeaux des mots. Encore une nuit à affronter. Une nuit d'attente. J'appréhende la disparition complète du jour. Quand les ombres surgissent, j'ai peur de ne plus rien maîtriser et de me mettre à hurler. Je ne peux pas, je ne veux plus dormir.

  • Juarez 1911

    Marc Villard

    • Ska
    • 1 March 2016

    Un gringo plongé au coeur de la révolution zapatiste recherche le mexicain qu'il doit exécuter... Le soleil claque. La route brûlante pétille sous la sécheresse. Dans les champs bordant l'artère, des ouvriers agricoles, mexicains pour la plupart, arrosent des plans d'oignons et de salades. Les villages se suivent : Donna Anna, Las Cruces, San Miguel, Anthony. Il est vingt-trois heures quand Parker pénètre dans El Paso. Il gagne les confins de la ville et parvient au bord du Rio Grande. Quelques badauds observent à la jumelle la rive mexicaine. On entend des coups de fusils isolés en provenance de Ciudad Juarez. Parker se rapproche d'un homme blond, feutre noir et appareil photo en bandoulière. « Excusez-moi, peut-on gagner Juarez ?... Première incursion de Marc Villard dans la fiction western. Il abandonne ici les sonorités jazzies pour les mariachis, le macadam de Paris pour la poussière de Juarez, en pleine Révolution. Avec la même maestria il tisse un conte d'amour et de mort sur fond de révolution mexicaine. Une vraie curiosité, une belle réussite. Une nouvelle noire qui vous plonge dans la chaleur du soleil mexicain et pourtant vous fait frissonner... EXTRAIT Jim Parker faisait face aux champs de maïs en soupirant. Derrière lui, le vétérinaire descendit d'une guimbarde flambant neuve, mais geignarde. La mère de Jim se tenait debout devant le corps de son mari, à l'entrée d'un enclos prévu pour dresser les chevaux ; formant voûte, des nuages gonflés de pluie assombrissaient la forêt proche. Le vétérinaire, un homme de cinquante ans, à la barbichette bien taillée, se porta vers le jeune homme. « Qu'est-ce qu'il s'est passé, Jim ? - Papa s'était mis en tête de dresser une jeune pouliche. Avant de la faire trotter à la corde, il s'est approché de la bête par derrière et a pris une ruade en plein front. Mort sur le coup. - Seigneur... et le cheval ? - Elle s'est brisé l'antérieur droit en retombant contre un rondin. » A PROPOS DE L'AUTEUR Né à Versailles, Marc Villard joue au foot à Reims, devient graphiste en sortant d'Estienne, tape sur des caisses dans un groupe de rock, se lance dans la poésie et publie dans des revues. Puis il est saisi par la fiction. En 81 paraissent simultanément son premier recueil de nouvelles, Nés pour perdre, son premier scénario, Neige, et son premier roman, Légitime démence, écrit en collaboration. Poésie, jazz, rock tapissent son imaginaire fertile. Parmi les nouvellistes tout genre confondu, Marc Villard est reconnu comme l'un des plus originaux et des plus féconds. Ces derniers recueils, parfois avec son complice Pouy, sont des musts.

  • La surprise de Monsieur Wang

    Malicia Joy

    • Ska
    • 1 September 2016

    Elle jouit de son image devant son miroir aux sortilèges... POUR PUBLIC AVERTI. Elle passa comme une caresse sa main sur le verre qui lui renvoyait son image, et crut percevoir furtivement une onde de chaleur là où ses doigts s'étaient posés. Intriguée, elle recommença son geste, lentement, et le miroir, continuant de s'échauffer étrangement, prit une douce teinte bronze, nimbant le reflet de Jade d'un halo sépia. Et le miroir exhala un soupir. Un soupir presque imperceptible mais qui se prolongeait sous la caresse de Jade, comme un murmure, comme une lointaine plainte qui mit la jeune femme en émoi. On trouve le « miroir », objet de sortilèges, dans une foultitude de textes. Ici Malicia Joy met en place joliment une héroïne amoureuse de son propre reflet sous les ricanements malicieux d'un vieux marchand chinois. Savourez cette nouvelle qui mêle narcissisme et érotisme ! EXTRAIT L'un à l'autre mêlés, le miroir et la jeune femme voguaient sur une mer de jouissance aux parfums de vieux bois, de citronnelle et de jasmin, dans le brouhaha des rues de Shanghaï qui pénétrait la chambre, étouffé, à travers la persienne entrouverte. Une ultime vague, violente et douce à la fois, submergea la jeune femme, et l'éclair qui explosa dans sa tête, telle une bouffée d'opium, secoua tout son corps d'un langoureux spasme qu'elle savoura jusqu'au dernier frisson. À PROPOS DE L'AUTEUR C'est une joyeuse, Malicia Joy. Elle croque la vie à bouche gourmande, s'amuse d'un rien, jubile d'un bon mot, savoure le moindre plaisir et jouit d'être au monde. Alors, forcément, quand elle écrit ses histoires de Q, ce n'est jamais triste...

  • Obione, la compil'

    Max Obione

    • Ska
    • 1 October 2016

    Un recueil de 20 nouvelles dans lequel Max Obione fait mouche, en plein dans le coeur noir de la cible. Elle sentit une sueur chaude envahir le bas de son dos. Elle connaissait le danger, elle avait lu les cahiers, elle avait près d'elle cet écrivain que l'institution psychiatrique allait détruire à force d'électrochocs et de chimie. Elle n'était que sensations humides, troublée tant par le désir que par la transgression professionnelle. « J'ai lu vos cahiers. » murmura-t-elle en frissonnant. Elle souhaitait qu'il la caressât. Maintenant. Elle souhaitait qu'il la parcourût, qu'il jouît aussi de sa peau à elle, sur laquelle aucune main d'homme ne s'était posée depuis si longtemps, et aussi qu'il continue à écrire, un jour prochain, si bien. Sa peau à elle... La main d'Oskar se posa sur sa jambe. (extrait de La peau des femmes) Malgré sa bonne bouille de marin de haute mer coincé à terre, il ne titube pas, ne contemple pas les vagues inopérantes s'écrasant sur grèves et rivages divers, et s'ancre peu à peu dans la noirceur du paysage. Il écrit de ces textes clairs à force d'être sombres, évidents dans leur brutalité, souvent charnus et poétiques, dérangeants et patients, parfois pleins d'un humour cynique grand gabarit, récits qui nous renvoient parfois à cette littérature « hard boiled » que nous aimions tant, pour sa passion métaphorique et sa « vista » comportementaliste. Mais sans les archétypes et marronniers qui encombrent souvent le polar. [extrait de la préface de Jean-Bernard Pouy à L'ironie du short (Krakoen)] Retrouvez l'univers noir, à mi-chemin entre polar et littérature érotique, des récits de Max Obione ! EXTRAIT DE MONSIEUR BOVARY Quand Marcel Bovary décrocha son fusil, on eut dit que sa vie était en jeu. On sut plus tard que le gibier portait des escarpins Prada. Il enfila cinq cartouches de chevrotines dans le magasin du fusil, actionna la pompe. Il grommelait indistinctement, sa moustache frémissait, ses yeux fixes étaient ceux d'un fou. Pas le temps de mettre sa casquette. La R16 démarra en trombe aspergeant le parterre de pétunias d'une gerbe de gravillons. - Ah ! C'est que tu veux plaquer Marcel, ma salope ! Il répétait, répétait cette phrase en serrant les dents, substituant vache à salope, et réciproquement. Il frappait le volant de sa main droite avec rage. Parfois il redressait l'arme calée contre le siège passager que sa conduite brusque chahutait. À PROPOS DE L'AUTEUR Max Obione s'est emparé du noir sur le tard afin de donner libre cours à son tempérament libertaire. Dans ses polars et ses nouvelles, ce jeune auteur tardif revisite les archétypes du genre. C'est un franc-tireur des lettres qui, se reposant du noir un temps, met du rose à sa palette. Sur le chemin de la littérature érotique, il commence à semer des cailloux libertins. Mais le noir demeure sa couleur de prédilection.

  • La baronne de feu

    Pascal Pratz

    • Ska
    • 1 November 2016

    De retour dans sa Vendée ravagée par la guerre, la Baronne rallume les désirs des Chouans... POUR PUBLIC AVERTI. Voici l'avant-dernier épisode de la saga. La défaite des Vendéens se dessine. Notre héroïne nymphomane toujours aussi sulfureuse a perdu ses illusions, mais elle incendie encore les coeurs et les corps... Pratz manie les faits et gestes de cette aventurière du sexe avec une alacrité où l'aventure historique le dispute à l'audace individuelle. Le quatrième épisode des aventures érotiques de la Baronne du plaisir ! EXTRAIT Le passé lui revient en tête et la voici qui se lance, seule, dans une revue des troupes dont elle s'était autrefois fait une spécialité. Cravache en main, elle parcourt les rangs dans une posture ostensiblement provocante. De nouveau, quelques anciens exhibent leur sexe. Voilà qui la ravit, elle manifeste sa joie d'une douce caresse de sa badine au passage. Parvenue au milieu de la foule, elle s'arrête et prend la parole : - Mes amis... Je suis très heureuse de me retrouver parmi vous et d'y revoir tant d'admirateurs. À PROPOS DE L'AUTEUR Pascal Pratz, 61 ans, poursuit d'abord des études avant de les rattraper avec un diplôme supérieur de physique qui l'autorise à enseigner quelque temps. Mais il abandonne cette voix pour devenir auteur-compositeur, peintre et photographe, passant de la physique au physique. Finalement, c'est sa plume qui occupera ses journées. Auteur de douze livres, romans, nouvelles, récits et poésie, il s'égare souvent sur les chemins des sens et de la plastique.

  • Vent fripon

    Malicia Joy

    • Ska
    • 1 January 2017

    Brassens murmuré dans votre oreille par Malicia, une version drôlement coquine... POUR PUBLIC AVERTI. Tenir encore, la laisser gémir, t'appeler, t'ordonner, te supplier... non, ma belle !... Cruel, démoniaque : « Qu'est-ce que tu veux ?.. » « Toi ! » « Quoi, moi ? » « Ton sexe !! » « Où ? » « S'il te plaît, prends-moi, envahis-moi, baise-moi !!! Maintenant ! » « Tiens donc, tu ne dors plus ?? » Il ne la laisse pas répondre, sa plainte lui suffit... Malicia s'épanche dans deux lettres à un inconnu, lui faisant part de ses difficultés à écrire des scènes érotiques... pourtant la diablesse s'y essaie et elle y réussit avec bonheur, le nôtre... Plongez dans cette nouvelle érotique, épistolaire et enflammée ! EXTRAIT Au Donjon, ce vendredi 25 janvier, 18h... Très cher C., c'était un Faugères. Point de Bordeaux prétentieux ni de précieux Bourgogne dans la cave du Donjon, mais des crus d'ici, rustiques, rudes, grandis dans la rocaille des garrigues et encore forts en gueule même si la nouvelle oenologie, pour redorer leurs blasons, arrondit leur accent et adoucit leurs manières. J'ai quelques bouteilles de côté pour les amis de passage, elles t'attendent... Mais j'ai peut-être un peu abusé hier soir ; devant mon feu le verre se fit double, puis triple, puis nombreux, pour embrumer ma raison trop raisonnante et embraser mes rêveries. À PROPOS DE L'AUTEUR C'est une joyeuse, Malicia Joy. Elle croque la vie à bouche gourmande, s'amuse d'un rien, jubile d'un bon mot, savoure le moindre plaisir et jouit d'être au monde. Alors, forcément, quand elle écrit ses histoires de Q, ce n'est jamais triste...

  • Comme du sang

    Isabelle Letélié

    • Ska
    • 1 April 2017

    En proie à des visions qui le bouleversent, un homme erre au volant de sa voiture dans la zone industrielle du Havre. Mais le répit est de courte durée. Dans son esprit, meublant le ruban infiniment avalé de la route, commencent à surgir des fragments stroboscopiques des heures qui viennent de s'écouler.     Du rouge, beaucoup de rouge. Du rouge carmin, du rouge cramoisi, du rouge mouvant, du rouge figé, du rouge en gouttes et en nappes. Du sang ! Beaucoup de sang !     C'est beau, non ? Le sang est une matière merveilleuse. J'aime ses couleurs changeantes, sa texture, son odeur. Depuis toujours. Mon premier souvenir est celui du sang. Je devais avoir trois ans. Au fil de ses nouvelles, Isabelle Letélié révèle son talent de conteuse de noires histoires où des suggestions pointillistes distillent une angoisse qui est la marque du genre. EXTRAIT Fuir ! Fuir ! Claquement de portière, clé dans le démarreur, mains sur le volant, accélérateur, rugissement grotesque du moteur, bond en avant, un premier virage à gauche, feu vert, ligne droite, passer la troisième, la quatrième, la cinquième ; il réalise qu'il hurle, ferme la bouche ; oreilles bourdonnantes ; fixer les points rouges là-bas ; 140 ; relâcher la pression, relâcher la pression. Relâcher la pression... À PROPOS DE L'AUTEUR Isabelle Letélié est née un dimanche matin de juin. La légende dit qu'il a fait très beau ce jour-là. Depuis, il s'est passé des choses. Par exemple, elle s'est fait opérer de l'appendicite, a adopté deux chats, est tombée amoureuse d'une ville, Le Havre, mais a acheté une maison en pleine campagne. Et puis elle a lu, - beaucoup -, et écrit, - pas mal non plus. Elle aime bien les dimanches.

  • Fligth to Kidney

    Franck Thilliez

    • Ska
    • 1 May 2017

    What's left to sell when poverty took it all? Your body, whole or by bits... As she was unwrapping a brand new pair of Jimmy Choos, while all he had unwrapped this last two to three years were the pills he couldn't live without anymore, in between dialysis as he always was, she suddenly noticed her husband was troubled. - What's wrong with you? - I've met him, he breathed. He's 29 and has a wife called Haniya. He's a pauper. He doesn't read nor write and barely has enough to survive. He didn't even know what a kidney was. Best-seller author Franck Thilliez offers a short story which is just as documented as his well-known thrillers. It gets its facts from the harsh iniquities of our world where cash is king. Ska is very proud to have Franck Thilliez in its catalogue. EXCERPT "So, who wrote this internet response for you? Moussa Zahran had put on an old pantsuit and a white shirt. He was closely shaved, had put perfume on, oiled and combed back his heavy mass of black hair. He wanted to look presentable. The applicants might be many and it was not every day one could earn that much money. - I did, he answered shyly. The man shoved a sheet of paper and a pencil in his hands. - Write something. ABOUT THE AUTHOR Born in 1973 in Annecy, Franck Thilliez is currently living in the North of France. Initially working as a web developer, he is now one of the best-selling authors on the French market.

  • Piano Palace

    Bernard Madonna

    • Ska
    • 1 July 2017


    Les longues et belles mains du pianiste font fantasmer les riches clientes en mal de jeunesse... jusqu'à la réalisation de leurs désirs...

    « Cela ne faisait pas une minute qu'elle était arrivée chez moi que déjà sa douce main passait dans mon pantalon et l'escamotait avec une virtuosité inégalable. Elle me fit comme chaque fois un effet instantanément vérifiable, et commença son inénarrable comptabilité. Elle branlocha mon engin par dix va-et-vient d'une grande douceur, mais suivis, pardon ! par dix décalottages vigoureux dont la soudaineté et la violence étaient compensées par le fait qu'elle s'était craché dans les mains, qu'elle en soit remerciée ! »
    Dans cette nouvelle de Bernard Madonna, on entend la musique pianotée avec lassitude dans un Palace à l'ambiance surannée. Mais le feu du désir couve sous la cendre des ans, le pianiste est la proie des femmes appartenant au personnel autant que des clientes richissimes en mal de frissons libidineux. Une écriture maitrisée évocatrice et sensuelle.

  • Une odeur de brûlé

    Gaëtan Brixtel

    • Ska
    • 1 December 2017


    Quand la déprime postnatale vise un père paumé, le slogan « fumer tue » se vérifie...

    « Arrête de pleurer, Tim ! Je t'en supplie ! Arrête de pleurer. Tiens, tu vois, fiston ? Je te prends dans mes bras, je te chante une berceuse, celle que ma mère fredonnait quand j'étais petit, avec un zébu tout moche que le troupeau rejette et que sa mère console. Regarde ! Papa t'aime, il fait ce qu'il peut ! Pourquoi tu pleures, cette fois ? Tu es malade, encore ? C'est cette satanée diarrhée qui te brûle les intestins ? Je vais chercher le médicament dans la cuisine, je vais t'apporter ton biberon de lait (connerie ! Le lait file la chiasse !), alors de l'eau peut-être ? Est-ce qu'on peut donner de l'eau du robinet à un bébé ? Est-ce qu'ils boivent de l'eau ? Pourquoi je ne me le rappelle pas ?! Arrête de pleurer je t'en prie !!! »

    Gaëtan Brixtel nous décrit les affres d'un jeune père au foyer dans cette histoire à la noirceur peu commune dès lors que l'on touche à l'un des totems sacrés de nos sociétés, l'enfant et a fortiori le nourrisson. Au demeurant, une nouvelle salutaire si l'on veut se motiver pour arrêter de fumer.

  • Décroisser la lune

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 1 January 2018


    Décroisser la lune, est-ce hors de portée pour ce SDF secrètement amoureux de la boulangère bienfaitrice ?...

    « - Prenez... Plus froid que la semaine dernière, n'est-ce pas ? Je la devine pressée mais disponible, discrète mais enjouée. Je récupère le sac en papier garni de je ne sais quels délices. L'odeur flatte mes narines, tandis que j'enregistre mille myriades dispensées par son regard éblouissant.
    - Merci beaucoup. Oui ça... ça pique ces jours-ci, je bredouille. Je me tiens dans la flaque de lumière du trottoir, héron mazouté.
    - Ils ont prévu zéro degré, sourit ma bienfaitrice. »

    Dans la rue, la concurrence est féroce entre miséreux. Sadaune pose sur eux un regard chaleureux et humain, en mesure de découvrir ce que cachent les oripeaux de la pauvreté extrême.

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