Sous-sol

  • Les Argonautes

    Maggie Nelson

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    • 4 January 2018

    Les Argonautes, c'est d'abord une histoire d'amour. Deux êtres qui se rencontrent et tombent éperdument amoureux. Leur amour grandit, leurs deux corps se transforment, et avec leurs mutations d'autres grandes questions résonnent : qu'est-ce que la maternité ? Comment se construit le genre ? Comment vivre et penser la marge en construisant une famille ?
    À la lisière de l'essai et de l'autofiction, Les Argonautes est à la fois amusant et indigné, souvent emporté, toujours brillant. Maggie Nelson nous y présente les penseurs qui l'ont aidée à vivre, Judith Butler, Susan Sontag, Gilles Deleuze ou Roland Barthes. Elle parvient à mêler histoire intime et réflexion, livrant un texte à nul autre pareil, brillant et solaire. Au fil de ses lectures, elle nous emmène en Floride sur la plage, au cabaret burlesque, dans une université de New York, dans le bureau d'un shérif en Californie, à la très kitsch chapelle de Hollywood... Et surtout, elle s'assure que nous ne verrons plus jamais de la même façon le mystère de la fabrication d'un corps par un autre.
    "Les Argonautes l'a imposée aux États- Unis comme une star de la 'non-fiction'. (...) Surprenante, exigeante, la pensée de Maggie Nelson vogue à contre-courant, ne prend rien pour acquis et force à réfléchir. Non-fiction, mais oui-talent.'
    ELLE
    "Le portrait exceptionnel à la fois d'une relation amoureuse et de la collaboration entre le coeur et l'esprit de Maggie Nelson.'
    The New Yorker

  • Le pain perdu

    Edith Bruck

    • Sous-sol
    • 14 January 2022

    “Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle.”



    En moins de deux cents pages vibrantes de vie, de lucidité implacable et d’amour, Edith Bruck revient sur son destin : de son enfance hongroise à son crépuscule. Tout commence dans un petit village où la communauté juive à laquelle sa famille nombreuse appartient est persécutée avant d’être fauchée par la déportation nazie. L’auteur raconte sa miraculeuse survie dans plusieurs camps de concentration et son difficile retour à la vie en Hongrie, en Tchécoslovaquie, puis en Israël. Elle n’a que seize ans quand elle retrouve le monde des vivants. Elle commence une existence aventureuse, traversée d’espoirs, de désillusions, d’éclairs sentimentaux, de débuts artistiques dans des cabarets à travers l’Europe et l’Orient, et enfin, à vingt-trois ans, trouve refuge en Italie, se sentant chargée du devoir de mémoire, à l’image de son ami Primo Levi.

    "Pitié, oui, envers n’importe qui, haine jamais, c’est pour ça que je suis saine et sauve, orpheline, libre."

  • Les humbles ne craignent pas l'eau : un voyage infiltré

    Matthieu Aikins

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    • 1 April 2022

    Omar, un jeune chauffeur et interprète afghan, décide de prendre la route de l'exil, laissant derrière lui son pays et son amour, Laila, sans savoir s'il pourra les retrouver un jour.

    Matthieu Aikins, grand reporter, correspondant depuis 2008 du New York Times en Afghanistan, est devenu peu à peu l'ami d'Omar, son traducteur et chauffeur. Lorsque ce dernier lui annonce sa décision de rejoindre l'Europe, le journaliste décide de le suivre. Il change d'identité, détruit son passeport et se lance à ses côtés dans une odyssée parmi des millions de réfugiés prêts à s'arracher à leurs vies et leurs familles dans l'espoir d'une existence meilleure.

    Nous sommes en 2016, au pic de la crise des réfugiés, et Matthieu Aikins raconte les dangers et les peurs, la traversée de pays en guerre, les passeurs, la solidarité comme la haine, la terrible situation du camp de Lesbos et de l'accueil en Europe.
    Dans la pure tradition du journalisme en immersion, de Florence Aubenas ou Ted Conover, loin d'un document racoleur, l'auteur par la profondeur de son regard, son empathie et son écriture, se détache du simple reportage et nous offre une réflexion à hauteur d'hommes et de femmes, sur la condition de réfugié, les frontières, et l'éthique même de sa démarche.

    Les humbles ne craignent pas l'eau est une histoire d'amitié et de courage inoubliable, un livre décisif qui explore avec précision et empathie l'un des grands défis de notre temps.

    "Je connaissais Omar depuis que j'avais commencé à travailler en Afghanistan et il avait toujours rêvé de vivre en Occident,
    mais ses aspirations s'étaient faites plus urgentes maintenant que son pays avait replongé dans la guerre civile et que les attentats à la bombe ensanglantaient sa ville. Les soldats américains commençaient à quitter le pays, j'essayais de partir moi aussi, essoré par sept années sur place, mais je ne pouvais pas abandonner Omar (...) Des milliers de personnes débarquaient chaque jour sur de petits bateaux. Un million de personnes allaient gagner l'Europe. Et Omar et moi en ferions partie."

  • De la liberté : quatre chants sur le soin et la contrainte

    Maggie Nelson

    • Sous-sol
    • 21 January 2022

    "Pourquoi ne pas accepter que la longue et glorieuse carrière de la liberté touche à sa fin, que notre obsession continuelle à son égard reflète plutôt une pulsion de mort ? `Ta liberté me tue !' proclament les pancartes des manifestants pendant la pandémie ; `Ta santé n'est pas plus importante que ma liberté !' s'égosillent en retour les militants anti-masques.".
    Dès l'ouverture de son livre, Maggie Nelson souligne cette contradiction au centre de tous les débats actuels entre le soin (care) et la liberté. Quelle notion plus caractéristique des oppositions à l'oeuvre dans nos sociétés que celle de liberté, idéal revendiqué comme un cri de ralliement, par des camps que tout oppose ? La liberté reste-t-elle la clé de notre autonomie, de notre justice, de notre bien-être, ou représente-t-elle la fin d'une étoile qui a trop longtemps brillé ? L'obsession collective pour la notion de liberté est-elle toujours synonyme d'émancipation, ou d'un nihilisme de plus en plus profond (ou les deux) ? Comment expliquer que la liberté soit désormais l'étendard du populisme et du puritanisme ?

    Dans son nouvel essai, De la liberté, Maggie Nelson nous offre, en s'appuyant sur un vaste corpus, de la théorie critique à la culture populaire, une manière de penser et d'interroger notre propre liberté. Dans la lignée des Argonautes et de son écriture à la fois réflexive et intime, nous retrouvons toute la singularité de celle qui est devenue, au fil des années, une icône de la pensée. Elle convoque et déconstruit les débats du monde de l'art, l'héritage complexe de la libération sexuelle, les douloureux paradoxes de l'attrait du désespoir face au changement climatique. Passionnant, déroutant, nuancé et courageux, De la liberté confronte le lecteur à ses propres contradictions.

  • Etat des lieux

    Deborah Lévy

    • Sous-sol
    • 7 October 2021

    Nous avions quitté Deborah Levy gravissant sur son vélo électrique les collines de Londres et écrivant dans une cabane au fond d'un jardin. Nous la retrouvons, plus impertinente et drôle que jamais, prête à réinventer une nouvelle page de sa vie. Tandis que ses filles prennent leur envol, elle nous emmène aux quatre coins du monde, de New York aux îles Saroniques en passant par Mumbai, Paris ou Berlin, tissant une méditation exaltante et follement intime sur le sens d'une maison et les fantômes qui la hantent.

    Entremêlant le passé et le présent, le personnel et le politique, la philosophie et l'histoire littéraire, convoquant Marguerite Duras ou Céline Sciamma, elle interroge avec acidité et humour le sens de la féminité et de la propriété.

    Par l'inventaire de ses biens, réels ou imaginaires, elle nous questionne sur notre propre compréhension du patrimoine et de la possession, et sur notre façon de considérer la valeur de la vie intellectuelle et personnelle d'une femme.
    Pour être romancière, une femme a besoin d'une chambre à soi, nous disait Virginia Woolf. Deborah Levy complète ce tableau par l'étude d'une demeure pour soi.

    Avec État des lieux, qui fait suite à Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie, prix Femina étranger 2020, Deborah Levy clôt son projet d'"autobiographie en mouvement", ou comment écrire sa vie sans mode d'emploi.

  • Le coût de la vie

    Deborah Lévy

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    • 20 August 2020

    L'oeuvre de Deborah Levy est marquée par un vaste projet autobiographique, dont Le coût de la vie, constitue le volet central. Dramaturge, poétesse et romancière anglaise, l'autrice revient sur sa vie.
    À l'âge de 50 ans et après des décennies d'une vie de famille au nord de Londres, Deborah Levy se retrouve à la dérive, et sans aucune envie de revenir en arrière. Faussement simple, passionnant d'intelligence, le récit avance pas à pas, dévoilant peu à peu un projet d'autobiographie vivante. L'histoire banale et tragique parce que répétée d'une femme qui s'est jetée à corps perdu dans la quête de l'amour et du travail pour créer un foyer, univers qui s'avère répondre aux besoins de tous sauf d'elle-même. Pas tant un récit qu'un manifeste de ce que Déborah Levy appelle « une nouvelle façon de vivre », Le coût de la vie est un livre puissant et magnifique sur la féminité, la maternité, la liberté, l'écriture, les normes et le chemin d'une vie. Entre Maggie Nelson et Annie Ernaux, Deborah Levy devrait marquer la rentrée littéraire avec la parution en simultanée du premier volet de sa trilogie autobiographique, Ce que je ne veux pas savoir.

  • Ce que je ne veux pas savoir

    Deborah Lévy

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    • 20 August 2020

    PRIX FEMINA ETRANGER 2020

    Deborah Levy revient sur sa vie. Elle fuit à Majorque pour réfléchir et se retrouver, et pense à l'Afrique du Sud, ce pays qu'elle a quitté, à son enfance, à l'apartheid, à son père - militant de l'ANC emprisonné -, aux oiseaux en cage, et à l'Angleterre, son pays d'adoption. À cette adolescente qu'elle fut, griffonnant son exil sur des serviettes en papier. Telle la marquise Cabrera se délectant du "chocolat magique', elle est devenue écrivaine en lisant Marguerite Duras et Virginia Woolf. En flirtant, sensuelle, avec les mots, qui nous conduisent parfois dans des lieux qu'on ne veut pas revoir. Ce dessin toujours inédit que forme le chemin d'une existence.
    Ce que je ne veux pas savoir est une oeuvre littéraire d'une clarté éblouissante et d'un profond secours. Avec esprit et calme, Deborah Levy revient sur ce territoire qu'il faut conquérir pour écrire. Un livre talisman sur la féminité, la dépression, et la littérature comme une opération à coeur ouvert.

  • Jours barbares

    William Finnegan

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    • 16 March 2017

    Le surf ressemble à Un sport, un passe-temps. Pour ses initiés, c'est bien plus : une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre. Elevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l'université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, errant des îles Fidji à l'Indonésie, des plages bondées de Los Angeles aux déserts australiens, des townships de Johannesburg aux falaises de l'île de Madère. D'un gamin aventureux, passionné de littérature, il devint un écrivain, un reporter de guerre pour le New Yorker. À travers ses mémoires, il dépeint une vie à contre-courant, à la recherche d'une autre voie, au-delà des canons de la réussite, de l'argent et du carriérisme ; et avec une infinie pudeur se dessine le portrait d'un homme qui aura trouvé dans son rapport à l'océan une échappatoire au monde et une source constante d'émerveillement. Ode à l'enfance, à l'amitié et à la famille, Jours Barbares formule une éthique de vie, entre le paradis et l'enfer des vagues, où l'océan apparaît toujours comme un purgatoire. Un livre rare dont on ne ressort pas tout à fait indemne, entre Hell's Angels de Hunter S. Thompson et Into The Wild de Jon Krakauer.
    William Finnegan a acquis ses galons de journaliste lors de la guerre civile au Soudan, en Afrique du Sud pendant l'Apartheid, dans les Balkans ou à Mogadiscio. Ses reportages sur les théâtres d'opérations sont le fruit de longues immersions et de patientes observations, ou, comme il aime à le résumer : "Je fouine, je parle aux gens, j'attends.' Il a reçu en 2016 pour Jours Barbares le prestigieux Prix Pulitzer.

  • Toujours sur la brèche Nouv.

    Toujours sur la brèche

    Lillian Ross

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    • 6 May 2022

    On entre dans le livre de Lillian Ross comme on avancerait dans le musée Grévin, par une galerie d’acteurs et d’actrices. D’un article dénonçant le maccarthysme sévissant à Hollywood dans les années 1960, à une rencontre avec Julie Andrews et Al Pacino ou une partie de tennis avec Charlie Chaplin. Mais on y croise aussi des anonymes, série de jeunes gens, ainsi qu’elle les nomme, d’un bus jaune aux ‘écrasemerdes’ de Madison Avenue. Portraits de badauds, doux dingues, de l’histoire vraie et inouïe d’un matador né à Brooklyn au portrait d’une maîtresse d’école de Central Park. Le menu se compose aussi de quelques gros poissons, Coco Chanel, Hemingway ou Fellini.

    Dans cette anthologie réunissant soixante-dix ans de portraits et de reportages d’une légende du New Yorker, on décèle un sens profond de l’empathie et une écoute rare, une capacité à mêler le sérieux au trivial, l’inconnu à l’étoile sans distinction de valeur et sans déférence particulière, proche en cela d’un Gay Talese ou d’un Tom Wolfe. Parmi ses inconditionnels lecteurs, Martin Scorsese ou Wes Anderson, mais aussi J. D. Salinger qui lui écrivit un jour après la lecture de l’un de ses papiers : “C’est de la littérature, que j’aimerai toujours et n’oublierai jamais.”“Incroyablement curieuse, extrêmement courageuse, avec un sens rare de l’écoute : à travers Lillian Ross et ses mythiques reportages, nous avons la chance de nous faufiler dans l’intimité des plus grands (Chaplin, Hemingway, Truffaut, Huston).”

    Wes Anderson“Pour tous ceux qui s’intéressent aux films, les articles de Lillian Ross étaient et sont toujours essentiels.”

    Martin Scorsese

  • The white darkness

    David Grann

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    • 4 February 2021

    Comme souvent dans les récits de David Grann, un homme est dévoré par son idéal.
    Ce personnage d'un autre temps sorti tout droit d'un film de Werner Herzog, se nomme Henry Worsley. The White Darkness raconte son extraordinaire histoire. Celle d'un militaire britannique fasciné par l'exemple d'Ernest Shackleton (1874-1922) et par ses expéditions polaires ; un homme excentrique, généreux, d'une volonté exceptionnelle, qui réussira ce que Shackleton avait raté un siècle plus tôt : relier à pied une extrémité du continent à l'autre. Une fois à la retraite, il tentera d'aller encore plus loin en traversant l'Antarctique seul, sans assistance.
    Il abandonne tout près du but, dans un état de santé tel qu'il meurt quelques heures après son sauvetage. Édifiant destin d'un homme perdu par une quête d'impossible, qui n'est pas sans rappeler Percy Fawcett, autre explorateur guidé par une obsession, dont David Grann avait conté l'histoire dans La Cité perdue de Z.
    "Tout le monde a son Antarctique", a écrit Thomas Pynchon, rien n'est moins vrai dans ce récit magnifique qu'on ne peut lâcher avant de l'avoir accompagné à son terme.

  • A la recherche de milan kundera

    Ariane Chemin

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    • 1 April 2021

    Milan Kundera est l'un des écrivains les plus lus au monde ; il est aussi un disparu volontaire. À force de refuser toute apparition depuis trente-sept ans, il s'est effacé du réel. Le geste de la main d'Agnès au bord de la piscine, le sourire du chien Karénine, ses personnages restent gravés dans les mémoires ; lui est devenu un écrivain fantôme. Il a posé des scellés sur sa propre existence et ce siècle d'histoires qui s'enroule autour de la sienne.

    Depuis ses vingt ans, Ariane Chemin rêve de rencontrer l'auteur de La Plaisanterie. Partie sur ses traces, elle voyage d'Est en Ouest, de Prague à Rennes, de la Corse à Belle-Île-en-Mer, rencontre sa femme Vera, remonte le temps à ses côtés, croise des éditeurs et des cinéastes célèbres, une speakerine mystérieuse, des compositeurs et des pianistes assassinés, de vieux dissidents et des espions repentis, entend la poésie de Desnos et celle d'Apollinaire, toujours à la recherche de Milan Kundera. Elle lit la vie dans l'oeuvre et l'oeuvre dans la vie d'un romancier désormais écartelé entre deux patries - quelque part perdu dans la traduction.

  • Le diable et Sherlock Holmes

    David Grann

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    • 7 March 2019

    Contrairement aux histoires imaginées par Arthur Conan Doyle, les douze enquêtes racontées par David Grann sont bien réelles. Que l'auteur se penche sur l'infiltration d'un gang de détenus dans le système carcéral américain ou la traque de l'un des grands imposteurs du XXe siècle, affabulateur caméléon aux multiples identités, qu'il retrace la folle cavale d'un vieux braqueur de banque, le démantèlement d'un empire mafieux dans une cité de l'Ohio surnommé "Crimetown", ou encore la disparition dans des circonstances mystérieuses d'un fanatique de Sherlock Holmes, ce recueil rassemble les meilleures enquêtes criminelles de David Grann. Il y endosse tour à tour et avec une virtuosité sans égale les habits de l'historien, du détective ou de l'auteur de romans policiers, jusqu'à effacer, en bon prestidigitateur, la frontière qui pourrait séparer la fiction de la réalité. De sorte qu'à la fin, subjugué par ses contes de meurtres, de folie et d'obsession, on serait tenté de s'écrier : "Élémentaire mon cher Grann !"

  • Avec mollie

    Finnegan/Cavaillez

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    • 6 May 2021

    William Finnegan a passé sa vie à naviguer entre les théâtres d’opération et les vagues, une existence entre deux eaux qu’il a racontée dans un livre inoubliable et merveilleux : Jours Barbares. À la naissance de sa fille Mollie, il s’est rangé des planches. À ses douze ans, lorsqu’elle se révèle une grimpeuse-née, l’écrivain-reporter décide de la suivre dans son apprentissage. Tandis que Mollie endosse le rôle d’entraîneur et de mentor, voire de gourou, son père se doit de repousser sans cesse ses limites pour suivre son rythme, bousculant quelque peu la dynamique parent-enfant. Il raconte alors l’escalade comme l’envers de sa propre obsession pour l’eau, non plus la quête éperdue de ces “montagnes qui chancellent au milieu de l’océan”, mais la recherche frénétique de vagues tortueuses en forme de pics à gravir. À travers ce récit d’initiation, William Finnegan nous guide dans le monde singulier de la grimpe – des salles d’escalade de New York ou des blocs de Central Park aux parois rocheuses du Vermont ou aux falaises du Mexique et du Canada. Mollie, adolescente douce et ironique, ouvre la voie, et ce qui commence comme un passe-temps pour le père et la fille devient vite une obsession où toute occasion est bonne pour enfiler les chaussons et attaquer les “problèmes’’ sur le mur ou les “itinéraires’’ sur la paroi. Ensemble, ils apprennent un nouveau langage et se forgent de nouveaux souvenirs. À mesure qu’ils se lancent dans des ascensions toujours plus hautes et toujours plus délicates, ils font aussi l’apprentissage d’une notion cardinale : l’expérience du danger, ce que les grimpeurs nomment l’exposition. Et en creux, une leçon de vie simple mais décisive : tomber, c’est être humain.

    Formidable plongée dans le monde de l’escalade, Avec Mollie offre un regard tendre, bienveillant sur cette relation unique entre un père et une fille.

  • Le secret de joe gould

    Mitchell J Q.

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    • 16 September 2021

    Joe Gould n'est pas un simple vagabond, mais un vagabond qui possède une certaine dose de génie, "un drôle de petit bonhomme un peu malingre qui hante depuis un quart de siècle les bars, les cafétérias, les restaurants et les bouis-bouis de Greenwich Village".

    Il aurait étudié à Harvard, parlerait le langage des mouettes. Mais surtout, Joe Gould serait l'auteur d'Une histoire orale de notre temps, collecte des bruits de la rue au hasard de ses déambulations, le plus long manuscrit jamais écrit, onze fois plus long que la Bible, neuf millions de mots éparpillés, tous écrits de sa main. Cet amas de feuilles et de cahiers d'écolier est son secret et sa fierté. Selon l'idée du poète Yeats que Joe Gould a faite sienne : "L'histoire d'un pays ne s'écrit pas dans les parlements et sur les champs de bataille, mais à partir de ce que les gens se disent les jours ordinaires."

    Un jour, l'écrivain-reporter Joseph Mitchell décide de consacrer un portrait à ce clochard céleste. Ce livre raconte leur rencontre et la quête de ce manuscrit aussi insaisissable que Joe Gould. Peu à peu la réalité se dissipe dans la fiction jusqu'à se confondre l'une dans l'autre et que l'auteur sombre à son tour.

    Adulé par Salman Rushdie, Paul Auster, Martin Amis ou Julian Barnes, Le Secret de Joe Gould est un inépuisable classique.

  • 10 jours dans un asile

    Nellie Bly

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    • 22 October 2015

    Engagée en 1887 au journal New World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly se voit confier une mission pour la moins singulière : se faire passer pour folle et intégrer un asile, le Blackwell's Island Hospital sur Roosevelt Island à New York.

    Intrépide, courageuse et soucieuse de dénoncer les conditions des laissées-pour-compte, elle accepte le défi et endosse le rôle. Elle reste dix jours dans l'établissement et en tire un brûlot. D'abord publié en feuilleton, ce reportage undercover met en lumière les conditions épouvantables d'internement des patientes ainsi que les méthodes criminelles du personnel. L'oeuvre de Nellie Bly, jusqu'alors inédite en France, marque la naissance du journalisme dit "infiltré" et préfigure les luttes pour l'émancipation des femmes.

  • Bleuets

    Maggie Nelson

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    • 14 August 2019

    Dans le sillage des Pensées de Pascal citées en exergue, Bleuets est un objet hybride quelque part entre l'essai, le récit, le poème. Deux cent quarante fragments composent cette méditation poétique, intime et obsessionnelle autour d'une couleur, le bleu. Le deuil, le sentiment amoureux, la mélancolie sont autant de thèmes chers à Maggie Nelson ici abordés dans une maïeutique convoquant l'art et la beauté entre deux digressions introspectives ou savantes, des fantasmes de l'auteure à des approfondissements autour de la pensée de Platon ou de Goethe, en passant par l'oeuvre d'un Warhol ou d'un Klein ou la musique de Leonard Cohen. Laissons-nous séduire par cette déclaration d'amour fou à une couleur, un livre à ranger précieusement entre les Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes et Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman.
    "Et si je commençais en disant que je suis tombée amoureuse d'une couleur. Et si je le racontais comme une confession ; et si je déchiquetais ma serviette en papier pendant que nous discutons. C'est venu petit à petit. Par estime, affinité. Jusqu'au jour où (les yeux rivés sur une tasse vide, le fond taché par un excrément brun et délicat enroulé sur lui-même pareil un hippocampe), je ne sais comment, ça a pris un tour personnel."
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy

  • Que le diable m'emporte

    Mary Maclane

    • Sous-sol
    • 4 October 2018

    Mary MacLane a dix-neuf ans quand elle publie en 1902 son premier livre, Que le diable m'emporte, un journal intime tenu sur trois mois. Œuvre anticonformiste à la liberté souveraine, ces confessions aussi sulfureuses que courageuses firent sensation à l'époque, puisque cent mille exemplaires se sont vendus dès le premier mois de leur publication. Mary MacLane y décrit l'ennui et les aspirations à contre-courant d'une jeune fille de Butte, petite ville minière du Montana. Tour à tour drôle, poétique et sensuelle, elle y fait étalage de ses fantasmes et proclame son génie tout en défendant des idées philosophiques scandaleuses. Que le diable m'emporte est ici traduit en français pour la première fois.

  • Jane, un meutre / une partie rouge

    Nelson Maggie

    • Sous-sol
    • 4 March 2021

    Avec l'audace qui la caractérise, Maggie Nelson raconte l'histoire d'un fantôme familial, Jane, sa tante, morte assassinée en 1969, alors étudiante en droit à l'université du Michigan.
    À travers une série de collages de poèmes, sources documentaires, fragments du journal intime de sa tante, brèves dans des journaux et enquête sur les traces de la disparue, Maggie Nelson explore la nature de ce fait divers, le dernier en date d'une macabre série d'assassinats perpétrés dans la région. Dans cette grande oeuvre écrite sous forme de long poème, l'autrice éclaire l'ombre portée sur son passé, et interroge ces fantômes qui peuplent nos vies et que l'on tait. Elle crée une forme hybride et poétique qui impose une réalité brutale au silence pesant, la juge, la confronte et la fait plier par l'écriture. L'ouvrage présent réunit deux livres de Maggie Nelson dans un volume tête-bêche. Jane, un meurtre, enquête poétique sur la disparue. Une partie rouge, au verso, démarre à l'instant où la police annonce l'arrestation d'un suspect et la tenue d'un procès.
    Cet ensemble que l'on pourrait nommer "Le livre de Jane" est un document littéraire unique sur un féminicide et sur la violence à l'oeuvre dans nos sociétés.

  • Ici pour aller ailleurs

    Geoff Dyer

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    • 1 October 2020

    Geoff Dyer hait les voyages et les explorateurs... Anti-récit de choses vues aux confins du monde, voici un singulier mélange de carnets de route, de reportages et d'essais. Que ce soit dans les rues de Los Angeles, en plein désert du Nouveau-Mexique, devant la tombe de Gauguin en Polynésie ou aux portes de la Cité interdite, ce n'est pas tant l'exotisme ou la découverte qui prévalent ici qu'une drôle de façon de répondre à l'unique question, au fond, qui taraude le voyageur : qu'arrive-t-il lorsqu'on sort de sa zone de confort pour affronter l'imprévisible ? Comparable aux récits de John Berger, ce recueil inédit d'un écrivain majeur et pourtant méconnu nous offre, au fil de ses pérégrinations, une leçon d'écriture autant qu'un réjouissant petit traité de désinvolture.
    Brillant, drôle, assez désabusé, follement intelligent, Ici pour aller ailleurs est un livre rare où l'auteur s'acharne à être là où on ne l'attend jamais, un bréviaire pour voyageurs en fauteuil.

    « Le point essentiel, c'est ce que ce livre n'exige pas d'être lu à l'aune d'une prétendue ligne de démarcation entre la fiction et la non-fiction - entre certaines formes et les attentes qu'elles engendrent - et de la distance à laquelle il serait censé se situer par rapport à celle-ci. À cet égard, Ici pour aller ailleurs est à la fois motif au centre du tapis et une zone vierge sur la carte. »

    « Geoff Dyer est un des écrivains les plus drôles, les plus tristes et les plus addictifs qui soient. Je parle d'expérience : j'ai lu tous ses livres et j'attends qu'il en paraisse un nouveau comme on attend des nouvelles d'un ami - un mélange improbable et irrésistible de Thomas Bernhard et Woody Allen. »

    Emmanuel Carrère

    Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Pierre Demarty

  • Près de 50 ans après que Tom Wolfe ait lancé dans sa fameuse anthologie du reportage le manifeste du Nouveau Journalisme, Robert S. Boyton reprend le flambeau et en actualise le propos en exposant l'importance et la variété du journalisme littéraire contemporain. A travers une série d'entretiens avec les grands noms du grand reportage, de William Finnegan à Gay Talese, de Michael Lewis à Adrian Nicole LeBlanc, l'ouvrage dessine un art du reportage comme l'on exposerait un art du roman. Que ce soit Ted Conover détaillant ses techniques d'immersion dans une prison d'état, ou Adrian Nicole LeBlanc racontant dix ans de vie avec une famille du Bronx, ces conversations à bâtons rompus de légendes du reportage forment un bréviaire passionnant du genre, bible de tout étudiant en journalisme.

  • La voie des ancetres

    Bock Clark Doug

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    • 1 April 2021

    Baleo ! Baleo ! Baleo !

    La vie des Lamalériens est régie par cet appel se propageant, tel un écho, des rivages jusqu'au coeur des montagnes. Il prévient les chasseurs qu'une baleine est proche. La chasse est ouverte...
    Sur une petite île volcanique, perdue au milieu de la mer de Savu, vit une tribu de chasseurs-cueilleurs qui, depuis plus d'un demi-millénaire, suit les préceptes des Ancêtres. À bord de leurs bateaux en bois et armés de leurs harpons en bambou, les Lamalériens chassent la baleine pour survivre. Mais leur mode de vie est menacé d'être broyé dans l'étau de la modernité se resserrant un peu plus chaque jour sur eux.

    L'écrivain Doug Bock Clark a vécu trois riches années aux côtés de ce peuple autochtone pour livrer au lecteur cet édifiant récit de voyage au coeur d'une culture en voie de disparition. Au fil des pages on y rencontre Jon, un orphelin apprenti chasseur, qui peine à subvenir aux besoins de ses grands-parents malades, pendant que sa petite soeur, Ika, cherche à tout prix à se construire une vie libérée du poids des traditions. Frans, un shaman vieillissant, qui souhaite unir la tribu afin d'annuler un sort mortel. Ou encore Ignatius, un harponneur légendaire, qui tente d'inculquer les préceptes des Ancêtres à son fils, Ben, qui, lui, préférerait fuir à Bali pour poursuivre ses rêves et trouver ce qu'il croit être la liberté.

  • Le motel du voyeur

    Gay Talese

    • Sous-sol
    • 3 October 2016

    Le 7 janvier 1980, Gay Talese reçoit à son domicile new-yorkais une lettre anonyme en provenance du Colorado. Le courrier débute ainsi : "Je crois être en possession d'informations importantes qui pourraient vous être utiles." L'homme, Gerald Foos, confesse dans cette missive un secret glaçant : voyeur, il a acquis un motel à Denver dans l'unique but de le transformer en "laboratoire d'observation". Avec l'aide de son épouse, il a découpé dans le plafond d'une douzaine de chambres des orifices rectangulaires de 15 centimètres sur 35, puis les a masqués avec de fausses grilles d'aération lui permettant de voir sans être vu. Il a ainsi épié sa clientèle pendant plusieurs décennies, annotant dans le moindre détail ce qu'il observait et entendait - sans jamais être découvert. A la lecture d'un tel aveu, Gay Talese se décide à rencontrer l'homme. Au travers des notes et des carnets du voyeur, matériau incroyable découpé, commenté et reproduit en partie dans l'ouvrage, l'écrivain va percer peu à peu les mystères du Manor House Motel. Le plus troublant d'entre eux : un meurtre non résolu, digne d'une scène de Psychose, auquel le voyeur assisterait, impuissant.

  • Old M. Flood

    Joseph Mitchell

    • Sous-sol
    • 6 February 2020

    Comme souvent dans les récits de Joseph Mitchell, il ne se passe pas grande chose, sinon la rencontre entre les deux hommes, occasion d'un portrait de ce personnage excentrique – y compris à l'aune des critères de l'auteur, assez élevés en la matière. M. Flood se définit comme un "fruitdemerien" qui, depuis presque six décennies, n'a pratiquement rien mangé d'autre que du poisson, des langues de raie frites, de l'anguille, des palourdes, du crabe et tout ce qui est vendu au marché de Fulton Street. (Les seules exceptions à son régime, ou peu s'en faut, sont les quelques aliments dignes selon lui d'accompagner ces produits de la mer, tels que le pain beurré, les oignons et les pommes de terre au four.) Il se dit convaincu que le secret de sa longévité réside dans son régime alimentaire. Lorsque Mitchell mentionna pour la première fois son nom dans les colonnes du New Yorker en janvier 1944, M. Flood avait quatre-vingt-treize ans et sa principale préoccupation était d'atteindre l'âge de cent quinze ans. C'était bien entendu une idée absurde en soi, mais après avoir fait plus ample connaissance avec le vieux M. Flood, la plupart des lecteurs furent convaincus qu'il y parviendrait.
    Quoique considéré comme un joyau du journalisme littéraire, le portrait du vieux Flood relève de la fiction de tout premier ordre. Old M. Flood ou l'invention du portrait composite, et tout le reste est littérature.

  • Le fond du port

    Joseph Mitchell

    • Sous-sol
    • 12 October 2017

    Dedalus du Lower East Side, Joseph Mitchell a su peindre les rues du vieux Manhattan comme retranscrire la drôlerie désespérée de sublimes anonymes bringuebalant l'Histoire dont ils sont les héritiers. Chacun de ses caractères entonne tour à tour son aria : le patron d'un restaurant, le marin-pêcheur, l'ostréiculteur, le prêcheur composent l'oratorio d'une cité en perpétuel mouvement. La déambulation hasardeuse de l'arpenteur urbain est à l'image de ses digressions fulgurantes : imbriquées les unes dans les autres comme les blocks aux quartiers. Quand en 1960 paraît Le Fond du port, Joseph Mitchell a cinquante et un ans. Soutier du journalisme, il est devenu un auteur littéraire à part entière. L'attention au détail, le sens de la construction, la minutie obsessionnelle, il avait élevé le reportage au rang d'art et mêlé fiction et réalité avec une maestria inégalée. Inoubliable volume, Le Fond du port, tient autant de la chronique d'un temps révolu que de la collection littéraire, au sens d'un inventaire cabossé par la poésie des rues et des noms, Fulton Street, Louie Morino, M. Hunter comme autant de notes d'un blues du macadam.
    "Voilà ce qu'aurait pu écrire Borges s'il avait été originaire de New York.' Martin Amis
    ''Les autres livres de Joseph Mitchell – Le Merveilleux Saloon de McSorley, Old Mr. Flood, Le Secret de Joe Gould – sont superbes, mais ils sont au Fond du port ce que Tom Sawyer et Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur sont à Huckleberry Finn.'' Janet Malcolm

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