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  • Purge

    Sofi Oksanen

    « Un vrai chef-d´oeuvre. Une merveille.  J´espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge. »  Nancy HustonEn 1992, l´union soviétique s´effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.  Ainsi, lorsqu´elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l´occupation soviétique et l´amour qu´Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu´au bout, quel qu´en soit le prix.  Sofi Oksanen s´empare de l´Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d´Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ?  Des questions qui ne peuvent que résonner fortement dans la tête des lecteurs français.

  • Jolie et rayonnante, cuisinière émérite, Dona Flor est très aimée. On la plaint aussi parce qu'elle a épousé Vadinho, vaurien, joueur et coureur. Mais le roman s'ouvre au moment du carnaval et sur la mort inattendue de Vadinho, après sept ans de mariage. Dona Flor se consolera assez vite en épousant le docteur Teodoro, bien qu'il ne soit pas doué d'un tempérament de feu. Vient le jour où Dona Flor trouve Vadinho étendu nu sur le lit. Invisible à tous, Vadinho est complètement réincarné pour la seule Dona Flor et entend bien jouir de ses droits de mari À Bahia, terre des dieux, des danses et des résurrections, des transes et du candomblé, une telle aventure devient l'histoire d'une ville bien-aimée et de tout un peuple, une sorte de voluptueuse chronique. Ce roman foisonnant, truculent et irrévérencieux est un chef-d'oeuvre d'humour qui prend la forme d'un pied de nez à la morale. Tout l'art de conter de Jorge Amado s'y retrouve dans sa quintessence. Un plat aux aromates puissants, à la saveur et à l'exubérance toute tropicale cuisiné de main de maître.

  • Yellow birds

    Kevin Powers

    Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l´entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu´il ne pourra pas tenir... Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.  Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.  Kevin Powers livre un roman fascinant sur l´absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique.

    « Kevin Powers a écrit le À l´ouest rien de nouveau des guerres américaines en terre arabe. »  Tom Wolfe «Un premier roman puissant et émouvant. »  New York Times« Essentiel. À lire absolument. »  The Guardian« Littéraire, sobre et envoûtant. »  Time Magazine« Dévastateur. »  Damian Lewis, Homeland 

  • La Cosmopolite a entrepris, depuis six ans, de rééditer et de remettre en avant l´oeuvre d´Isaac Bashevis Singer, en publiant la plupart de ses nouvelles dans un recueil, La Couronne de plumes, ou encore des nouvelles inédites, Les Aventures d´un idéaliste, sans parler de ses romans, Satan à Goray, Shosha et maintenant La Famille Moskat, dans une nouvelle traduction de Marie-Pierre Bay.Cette immense saga se présente comme le troisième volet d´un triptyque romanesque, dont les deux autres sont Le Manoir et Le Domaine. Tous les trois montrent la Pologne qui, depuis 1863, est en train de se moderniser, de s´industrialiser, et où les contradictions liées au progrès n´épargnent ni la communauté juive, ni la société polonaise. Situé entre la veille de la Première Guerre mondiale et le début de la Seconde, La famille Moskat retrace l´histoire d´une famille juive patriarcale de Varsovie et sa désintégration progressive.Isaac Bashevis Singer nous offre une fois encore un roman magistral traversé par des personnages attachants et débordants d´humanité, un roman qui s´impose à tous et affronte victorieusement le temps.

  •  « Par moments Une terre si froide fait penser à James Ellroy par la précision et l´intensité de la langue. » The Glasgow Herald1981, Carrickfergus, Irlande du Nord. Le gréviste de la faim Bobby Sands vient de mourir et la région est sous haute tension. C´est dans ce contexte oppressant que le sergent Sean Duffy est appelé d´urgence pour résoudre une étrange enquête : un homme a été retrouvé dans un terrain vague, une main coupée. La victime est un homosexuel notoire. Un mobile suffisant ? Puis une deuxième victime est découverte, présentant les mêmes sévices. Aurait-on affaire au premier serial killer de l´histoire du pays ? Duffy sait toutefois que les apparences sont souvent trompeuses, lui qui incarne un paradoxe en Ulster : il est fl ic et catholique.Adrian McKinty réussit le pari de faire vivre la violence de la guerre civile en même temps qu´il nous entraîne au coeur d´une enquête palpitante, maniée avec un humour noir si cher aux Irlandais.

  • Occupation, résistance et collaboration sont les ressorts de ce roman puissant, dans une Estonie prise tour à tour au piège des communistes et des Allemands. Pour répondre aux errances de l´Histoire, chacun devra choisir un camp, un chemin. Roland, le juste, combat sans relâche l´envahisseur ; son cousin Edgar, véritable caméléon, épouse successivement l´idéologie du pouvoir ; enfi n Juudit, sa femme, est écartelée entre son amour sincère pour un offi cier allemand et l´hypocrisie suffocante d´un mariage raté. Mais qui sera le vainqueur de cette lutte acharnée ?

  • « Le gardien invisible est un roman noir puissant, inquiétant de réalisme, et inaugure la trilogie du Baztán, qui va faire parler d´elle. » El PeriódicoLe cadavre d´une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène. Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l´oeuvre du basajaun, un être mythologique ? L´inspectrice Amaia Salazar, femme de tête en charge de l´enquête, se voit contrainte de revenir sur les lieux de son enfance qu´elle a tenté de fuir toute sa vie durant.  Jonglant entre les techniques d´investigation scientifique modernes et les croyances populaires, Amaia Salazar devra mettre la main sur ce gardien invisible qui perturbe la vie paisible des habitants d´Elizondo.

  • Room

    Emma Donoghue

    « Room appartient à cette espère si rare, celle des vraies oeuvres d´art. Vous dire qu´il ne ressemble à aucun autre livre est pour moi le plus beau des compliments. Il suffit de décrire sa puissance, sa beauté sombre et pleine de révélations. » Michael CunninghamSur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque.  Il ne pense qu´à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l´entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d´autant plus qu´il habite seule avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
     Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu´au jour où elle réalise que l´enfant grandit, et qu´elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l´illusion d´une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s´enfuir.  Mais l´enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l´enfant né de la captivité d´une femme ?Room interroge la capacité de survie qui existe en chacun de nous, tout en célébrant les pouvoir du récit et du langage. Mais l´auteur résume magnifiquement son principal objet de réflexion : « Le drame essentiel de la parentalité : comment l´on passe d´un instant à l´autre du rôle de celui qui console à celui qui persécute, tout comme les enfants passent leur temps à illuminer notre vie et à nous rendre fous. J´ai essayé de saisir cette étrangeté et ce paradoxe. Devenir parent suscite les émotions les plus folles qu´on puisse ressentir. »

  • « Durant plusieurs années, Jorge Amado a voulu et a su être la voix, le sens et la joie du Brésil. Il est rare qu´un écrivain ait autant réussi à devenir, comme lui, le reflet et le portrait d´un peuple entier. » José Saramago  Nous sommes au début du siècle dans l´État de Bahia. Les Turcs - ainsi appelle-t-on les immigrants venus de pays Ottomans tels que la Syrie ou le Liban - s´y sont installés récemment. Parmi eux, il y a Jamil, qui rêve de fortune et d´amour. Raduan, un philosophe séducteur qui parle aussi bien qu´il bat les cartes. Et Ibrahim, un veuf éploré que sa fille, laide et acariâtre, ne cesse de poursuivre afin de le remettre sur le bon chemin. Et si la solution était de trouver un prétendant assez cupide pour épouser la jouvencelle en échange du commerce de son père ?De maisons closes en bars enfumés, nos trois personnages parlent des femmes, de sexe et d´amour. Dans un pays où les hommes se battent et s´entretuent pour quelques cacaoyers, où l´on peut devenir quelqu´un au mépris de sa condition sociale, nos trois Turcs rêvent et avec eux, le peuple brésilien. Dans cette Découverte de l´Amérique par les Turcs, Jorge Amado nous ouvre les portes d´un Brésil sensuel et coloré, où la provocation n´a d´égale que sa langue savoureuse et salvatrice.

  • À la fin du xixe siècle, au manoir de Glen Mawr situé dans la ville de Winterthurn à l´est des États-Unis, vit l´étrange famille Kilgarvan, composée de trois filles : Georgina, l´aînée, appelée la « nonne bleue », et ses deux demi-soeurs qu´elle élève seule, la sage et studieuse Thérèse et la jolie et fantasque Perdita. À l´aube d´une journée de mai, Georgina s´en va en ville acheter cinquante livres de chaux vive. Peu après, on retrouvera le bébé de sa cousine Abigaïl, venue quelques jours en visite, égorgé près du lit de la mère.
    Douze ans plus tard, cinq jeunes filles sont retrouvées mortes, atrocement mutilées, près de Winterthurn. Et, douze ans plus tard encore, c´est le pasteur, sa mère et une de ses paroissiennes qui sont sauvagement assassinés à coups de hache. Chaque fois, la clé de ces mystères épouvantables va être la même : jusqu´où ose aller une femme amoureuse ?Xavier Kilgarvan mène les trois enquêtes avec verve et passion et met toute sa vie dans la résolution de ces crimes. Et l´on suit avec délice les façons de la société du tournant du siècle avec tout ce qu´elle a de suranné et d´hypocrite à force de bienséance.

  • Le vieux marin

    Jorge Amado

    Un narrateur cynique et ironique essaie de démêler le vrai du faux dans une histoire abracadabrantesque. Qui pouvait bien être le commandant Vasco Moscoso de Aragão, débarqué un jour en grande pompe dans la paisible ville de Piripiri peuplée de retraités en attente du jugement dernier ? Était-il, comme certaines mauvaises langues l´affi rment, un simple fi ls de commerçant, ou ce vieux loup de mer, capitaine au long cours ? La ville se divise. On argumente, réfute, s´exclame, s´esclaffe, se dispute, se sépare. Au grand dam du narrateur, simple serviteur de l´illustre mystère. Jusqu´au jour où le fier et digne capitaine se voit obligé de prendre les commandes d´un bateau transportant d´importants passagers. La vérité fi nira-t-elle par éclater aux yeux de tous ? Titres honorifi ques et mariages bourgeois en prennent pour leur grade, et Amado de rendre hommage, encore une fois, aux fi lles de petite vertu et au peuple métissé d´un Brésil ardent.

  • Ainsi que l´indique le sous-titre du roman, Variations Dolorès, Darling River est une variation autour du thème de Lolita (diminutif de Dolorès) - tant le personnage fictionnel de Nabokov que la figure symbolique.  Lo est l´une de ces Lolita. Elle a treize ans et, avec son père, elle parcourt les routes à bord d´une vieille Jaguar, sous les lueurs d´incendies de forêts et à travers un paysage apocalyptique. Dolorès Haze, elle, est la créature même de Nabokov, dont Sara s´empare pour imaginer son destin jusqu´à sa mort, en Alaska, alors qu´elle donne naissance à un enfant. Une autre héroïne est la femelle chimpanzé à laquelle un scientifique français du Jardin des Plantes aurait cherché à apprendre le dessin. Nabokov a confié qu´il s´était inspiré de cette histoire pour écrire sa Lolita. Le dernier personnage enfin est une mère anonyme errant sur les autoroutes qui entourent la ville.  Le ton serein, léger, quasi aérien tranche avec le caractère parfaitement amoral du récit, empreint d´une étrange poésie. Nulle dénonciation ou discours féministe et pourtant un rapport ambivalent et critique à la maternité symbole de mort existentielle.  Sara Stridsberg souligne qu´il faut « considérer ce roman comme un oiseau qui tournoierait au-dessus de ces quatre créatures et les observerait ».

  • Bienvenue dans l´univers coloré, exotique, érotique et cruel de Tereza Batista. Dans un Brésil déchiré par des inégalités sociales grandissantes, la petite Tereza est vendue par sa tante au Capitão, un monstre de cruauté et de dépravation qui abuse des fillettes qu´il achète comme une vulgaire marchandise. Adolescente, elle trouve naïvement refuge dans les bras d´un don Juan manipulateur. Femme, elle croit rencontrer l´amour avec un médecin bien sous tous rapports qui fait d´elle une infirmière respectable et finit par... mourir. Désabusée, elle se tourne alors vers le Bordel, où sa sensualité de mulâtresse devient son arme pour survivre. C´est alors que la Peste Noire s´abat sur le pays. Avec les autres filles des rues, Tereza résiste, lutte et repousse le mal.Dans Tereza Batista, Jorge Amado nous entraîne au coeur d´un Brésil populaire qu´il manie à la perfection grâce à une construction virtuose qui mêle écriture orale et critique sociale. Roman de femmes, il dresse à travers le portrait de Tereza le destin de toute une génération de Brésiliennes. Roman populaire, il enchante la littérature avec son érotisme poétique et inventif et rend hommage à un peuple en quête de ses origines.

  • « Nous étions trois dans la baraque : mon grand frère, ma grande soeur et moi, "el bint", l´enfant, la fille, éternelle troisième personne du singulier. » Une famille, une maison au milieu du désert israélien. La mère : une femme d´origine égyptienne qui parle un mélange d´arabe et de français et veut tenir sa « baraque » coûte que coûte. « L´enfant », qui n´a pas de prénom. Elle est cet être qui erre dans la baraque, dont la mère n´a peut-être jamais désiré l´existence. La Nonna - la grand-mère - l´aime et la couve comme sa propre fille. Presque trop. Surtout quand la mère part à l´aube pour aller faire le ménage dans de grandes maisons bourgeoises et ne revient que tard le soir. Il y a la soeur, Corinne, grande coquette qui se marie trop tôt et passe son temps perchée sur des talons aiguilles à ébaucher des projets farfelus. Le frère, Sammy, menuisier, qui déteste les beaux vêtements et aime boire des litres de coca. Et le père, Maurice, l´éternel absent, le révolutionnaire idéaliste, qui va et vient dans la famille comme une ombre.
    Et « l´enfant » qui voit tout, se souvient et reconstruit pour nous le puzzle familial. Ronit Matalon nous offre avec Le bruit de nos pas un texte d´une sensibilité et d´une poésie inouïes sur une famille immigrée, démantelée. En décortiquant la structure familiale et la place centrale qu´y occupe la mère, elle interroge la fragilité du vivre ensemble, malgré l´amour et les liens du sang.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Seuls les plus forts et les plus purs étaient capables de tuer des femmes et des enfants et en sortir indemnes. »Nous sommes en 2008 en Allemagne : alors qu´Otto Nebelung enterre son ami et compagnon d´armes Paul Damaskus, fidèle défenseur du IIIe Reich, il se souvient de leur amitié.  Un lycée bourgeois dans les années 1930 à Munich. Heidegger officie en tant que professeur, Geghard Himmler est proviseur et l´élite toute entière regarde Adolf Hitler, le nouveau leader de l´Allemagne, comme un prophète. Puis la guerre éclate, une guerre au nom de l´Ordre nouveau qui érige l´homme aryen en être supérieur et condamne les êtres inférieurs à l´exil ou à la mort. 1950 : les nazis sont jugés, mais Otto et Paul, comme tant d´autres, parviennent à réintégrer de hautes fonctions au sein de l´administration allemande.  1960, en Norvège : le jeune Alf Magnus Mayen, fils adoptif d´un ancien collaborateur, décide de rentrer dans la police pour faire régner l´ordre et réparer l´irréparable. En pleine Guerre froide, l´ennemi communiste est partout et son élimination se pose comme le seul moyen de faire prospérer la démocratie et la paix. Grense Jakobselv, frontière entre la Norvège et l´Union soviétique, devient un lieu stratégique qu´il faut protéger à tout prix.  Deux voix, deux visions du monde qui s´entrechoquent. Dans cette lutte acharnée pour la vérité, où se trouve la frontière entre le bien et le mal ?Kjartan Fløgstad nous livre un texte passionnant sur les deux idéologies qui ont dominé le xxe siècle. En nous plongeant dans la conscience d´hommes persuadés d´avoir oeuvré pour le bien, il nous permet d´apercevoir la folie tapie au fond de chaque homme ordinaire.

  • Wakolda

    Lucía Puenzo

    En 1959, sur une route désolée en Patagonie, un médecin allemand pas comme les autres croise une famille argentine ordinaire et lui propose de faire route ensemble, afin d´être moins isolés. Ce médecin n´est autre que Josef Menguele. Très vite, il est fasciné par l´un des enfants, une jeune fille qui porte le doux nom de Lilith et qui est bien trop petite pour son âge. La fascination semble réciproque : elle ne peut quitter des yeux cet homme si cultivé et sophistiqué. Alors, quand il s´installe finalement dans la pension fraîchement ouverte par sa famille d´accueil, tout s´accélère. Surtout lorsque la mère de famille accouche de deux fragiles petites jumelles qu´il faut soigner. Traqué par des agents israéliens, il continue pourtant à vivre tranquillement, allant même jusqu´à investir dans le projet d´usine de poupées du père. Des poupées parfaites. Aryennes.  Contrairement à Wakolda.Wakolda, quatrième roman de Lucía Puenzo, nous entraîne au coeur d´une société argentine infiltrée par l´émigration nazie. En immergeant la figure énigmatique de Menguele dans la vie quotidienne, Lucía Puenzo s´appuie sur les détails les moins visibles de sa personnalité pour faire ressortir avec une grande subtilité l´horreur de sa pensée profonde. Un roman captivant qui entraîne le lecteur sur les routes de la mémoire.

  • Joumana est le récit du drame intime d'un homme. Comme pour mieux saisir ce je de la confession, le narrateur remonte aux souvenirs de son enfance, une enfance difficile, marquée par les figures autoritaires du père et du grand-père, et la perte trop précoce d'une mère adorée, mais aussi par une forte éducation religieuse chez les jésuites installés dans un Liban encore français. C'est au cours de ses études de droit, que Joseph rencontre Rose, celle qui deviendra sa femme. Avec elle, il partage la même passion pour la culture française. Mais derrière la complicité livresque, l'attrait commun pour cette France, à la fois lointaine et enracinée dans un Liban en pleine mutation, se cache un vide, et rien ne saura combler l'absence de l'amour charnel, la démission du désir, rien excepté l'événement imprévu qui survient dans la vie de Joseph : l'arrivée de la petite Joumana, la nièce de Rose, dont il devient avec Rose le co-tuteur. L'amour de Joseph pour l'enfant que Rose, stérile, n'a jamais pu avoir, finira par dépasser, tragiquement, les frontières de l'amour paternel... Récit d'un amour incestueux, Joumana se déroule dans un pays partagé entre deux mondes : l'Occident et l'Orient, au moment du passage d'un Liban français à un Liban indépendant, où les incertitudes de l'avenir opposent l'optimisme d'une génération nouvelle aux angoisses des tenants du passé.

  • Yolanda

    Moshe Sakal

    Momo est un jeune garçon fasciné et adoré par sa grand-mère maternelle, Yolanda. Dotée d´une forte personnalité, elle évolue dans un monde hanté par la nostalgie d´un faste révolu : celui du Caire où elle a tout laissé pour reconstruire sa vie en Israël, à Tel-Aviv. Il y a aussi grand-père Georges à qui il manque une jambe, toujours le nez plongé dans ses livres, qui a déménagé après s´être fait mettre à la porte par sa femme, Yolanda. Que s´est-il passé entre ces deux-là ? Et pourquoi refuse-t-elle même de prononcer son nom ? Qui était Yaakov, qui brisa le coeur de la jeune Yolanda ? Dans cette famille haute en couleur, les personnages se succèdent : grand-mère Nour, originaire de Damas, jalouse des liens qu´entretiennent Momo et la cairote, et la tante Havatselet, que tous méprisent et qui peint des natures mortes à l´image de sa vie figée.  Malgré son amour pour sa famille, Momo partira vers sa terre promise : Paris. De promenades solitaires en bars bruyants, il finira par y rencontrer l´amour et laisser éclore le rigolo en lui dans les bras du beau Shauli.D´une plume sensible, émouvante et extrêmement drôle, Moshe Sakal nous fait pénétrer l´univers d´une famille cosmopolite chargée de secrets. En dressant le portrait d´une grand-mère aimante, excentrique et pleine de contradictions, c´est toute la société israélienne contemporaine qu´il déflore, ses maux, ses peurs et ses espoirs.

  • La danse des millions est un roman baroque qui se déroule à Cuba, dans l´Oriente, bien loin de La Havane.  Alors qu´elle cherche des histoires à l´eau de rose à se mettre sous la dent, Ana Isidora tombe par hasard sur une coupure de presse dans le Diario de la marina (le journal de la marine) aux archives nationales. Elle découvre abasourdie que sa famille, les Gonzales de Rivera - famille fondatrice de la ville, originaire de Cubagua, une île proche du Venezuela - aurait laissé une fortune colossale. Pour la récupérer, il s´agirait de prouver sa descendance directe en montrant divers extraits de naissance et autres actes officiels - difficiles à trouver dans une Cuba administrative où les queues semblent ne jamais prendre fin.
    Un véritable cabinet de fortune va alors se mettre en place pour récupérer ces papiers et répondre aux demandes des citoyens. En effet, suite à la participation d´Ana Isidora à une émission de radio nationale, des milliers de cubains vont tenter de se mettre en contact avec « l´héritière » afin de réclamer des produits de première nécessité. De situations cocasses en énormités répétées, Ana Isidora va se retrouver malgré elle au coeur d´une polémique délirante. Jusqu´où ira-t-elle pour récupérer la fortune qui lui revient ?William Navarrete nous entraîne dans un univers fantasque où se croisent une série de personnages hauts en couleur. Avec une ironie certaine, il nous fait pénétrer un Cuba exaltant et délirant, où la vie quotidienne est semée d´embuches et d´absurdités.

  • « Carmen, Pilar, Mercedes pourraient être n´importe quelle femme espagnole des trente premières années du siècle passé. Cependant, le destin a voulu qu´elles soient les compagnes de trois hommes qui ont marqué le devenir de l´histoire récente de l´Espagne. Elles ont été les témoins muets de faits historiques qui ont changé l´Espagne joyeuse de la Seconde République en la triste Espagne de la Guerre Civile et de la dictature. Grâce à leurs regards, et sûrement aussi à leur intelligence, leur envie ou leur ambition, elles ont, au second plan, collaboré à concevoir des événements qui ont précipité l´Espagne dans une guerre civile. » Carmen DomingoNous sommes en Espagne à la veille de la guerre civile. Les phalangistes luttent contre les « rouges » et essaient d´imposer leur vision d´une Espagne traditionnelle, catholique et hiérarchique, dans laquelle les femmes occupent un rang inférieur. C´est dans ce contexte que l´on retrouve Carmen Polo, Pilar Primo de Rivera et Mercedes Sanz Bachiller, épouses des trois plus influents hommes de l´époque et qui ont marqué l´Histoire : José Antonio Primo de Rivera, Onésimo Redondo et bien sûr, Francisco Franco.  En alternant leurs pensées, Carmen Domingo nous offre un roman choral d´une grande véracité. D´une écriture précise et magistrale, elle nous replonge dans une époque capitale de l´Espagne. En évoquant le quotidien de femmes qui ont en réalité fait basculer l´Histoire, elle nous offre un point de vue d´une grande originalité en donnant une voix à celles que l´on a longtemps fait taire.

  • « Une série de coups de feu interrompt la discussion. Il y a la guerre, ou il y a eu la guerre, ou... quoi ?... il ne sait pas, là maintenant. Fouiller au fond de sa mémoire est comme plonger sa main dans une boîte, les yeux bandés, sachant qu´elle contient des objets mais sans savoir vraiment lesquels. La guerre a son rôle à jouer, mais peut-être n´est-ce que son grondement régulier qui ne l´a jamais quitté. Peut-être n´est-ce que le battement de son coeur mélancolique. »Jake approche la soixantaine quand il apprend qu´il est atteint d´Alzheimer. Quelque temps après l´annonce de cette terrible nouvelle, il survole une prison dont il a bâti les plans, et on comprend que son fils y est incarcéré. Très vite, l´existence de cet homme apparaît dans toutes ses zones d´ombre : son amour pour Helen, qu´il épousa, peut-être un peu rapidement, sa relation avec le personnage imposant de sa mère, Sara, qui a survécu à l´Holocauste. Les autres femmes de sa vie, son désir de paternité. Son rapport à la religion.  Très vite, le lecteur s´interroge sur la confiance qu´il peut accorder au récit de Jake, remarquant certaines incohérences, certains mensonges. Mais aussi l´influence sur sa mémoire de tous les récits qui lui ont été livrés... L´ambition même de ce premier roman impressionne : explorer les méandres d´une mémoire qui se défait, des prémisses de la maladie au grand final. Tout en accomplissant cette prouesse, Samantha Harvey plonge le lecteur au coeur de la vie même, de ses intrigues et explore la manière dont la nature fragmentaire du souvenir affecte nos existences.

  • Tino a onze ans. Il vit à Buenos Aires avec sa mère, son père, sa soeur, Bruno le garde du corps et Irma la bonne paraguayenne, dans une maison bourgeoise cossue, sous surveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Car sa famille n´est pas comme les autres : son père, Razzani - dont le plat préféré est la langouste au jerez -, est un des hommes les plus puissants du pays. Ce qui inquiète Maia, une amie d´école avec laquelle Tino entretient un jeu amoureux. Jusqu´au jour où Razzani fait les gros titres de la presse et que le père de celle-ci, présentateur de l´émission « Le chasseur », l´invite et tente de le démolir en direct. Tout s´effondre autour de Tino : et s´il ne connaissait pas son père ? Qui est cet inconnu qui l´a élevé ? Pourquoi tous ces mensonges ? Et quand l´homme le plus recherché du pays prend la fuite, c´est toute sa famille qui s´effrite : la soeur, anorexique et sous antidépresseurs, la mère, qui refuse de voir la réalité en face et Tino qui fait l´expérience de la disgrâce.Lucía Puenzo nous entraîne au coeur de la société argentine malade en chroniquant avec une grande subtilité la chute d´un homme puissant, à travers la voix d´un fils meurtri et innocent. De situations cocasses en instants tragiques, elle explore la perte des valeurs dans un monde où la seule réalité reste la possibilité de la violence.

  • Pepino - littéralement, concombre - est un jeune homme petit et désorienté. Il vit dans la Plata, à Buenos Aires, un quartier en marge. Tenant son surnom de la série Señora Maestra, qui mettait en scène une classe d´enfants dans laquelle il jouait un bègue, il est obsédé par son auteur : Santa Cruz.
    Un soir, alors qu´il a décidé de tuer Bochatón - un chanteur rock sur le retour - pour le faire accéder à la gloire, il rencontre une jeune femme grande et perdue : Twiggy. Schizophrène, droguée et loufoque, elle reconnaît sa solitude dans les yeux de ce garçon aux airs d´orphelin. Ils tombent amoureux. Devenus inséparables, après avoir cru croiser Santa Cruz dans la rue, ils apprennent la mort mystérieuse de Jacinta Pichimahuida, l´institutrice de la série. S´ensuivent des disparitions tragiques d´anciens acteurs, enfants stars, tombés depuis dans l´anonymat. Mais Santa Cruz est-il toujours vivant ? Qui se cache derrière Pepino, celui que personne ne reconnaît jamais ?  Lucía Puenzo nous offre avec La malédiction de Jacinta un portrait au vitriol d´une Argentine cernée par la violence et la drogue. Enfants déboussolés d´avoir connu le succès trop jeunes, mère ambitieuses qui confondent leur reflet avec celui de leur progéniture, auteurs de séries à succès vaniteux... Aucun des travers de notre société du spectacle éphémère n´est épargné. Avec un humour noir et décapant, Lucía Puenzo nous propose une vision décalée et extrême d´une civilisation en perte de repères.

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