Viviane Hamy

  • Abigaël

    Magda Szabó

    " L'auteur fait coexister la petite et la grande histoire dans ce magnifique roman d'initiation peuplé de personnages insolites et complexes [...] Une véritable pépite. "​ L'Obs
    Gina ira en pension. Son père adoré l'a décrété sans donner la moindre explication : " Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! " Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.

    Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l'évasion... qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l'adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l'antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l'ange gardien se manifeste ! Une série d'aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.

  • «À sept ans je n'étais sûre que d'une chose : que tout peut basculer d'un instant à l'autre, que rien ne dure. J'aurais donc eu tout lieu d'être terrorisée face à ce qui se passait autour de moi. C'est heureusement l'inverse qui se produisit. Je voyais la vie comme une aventure extraordinaire, dont il ne fallait pas perdre une miette.»


    Niki, qui vient de mourir, raconte l'histoire de sa famille, depuis l'Outre-Monde. D'une jeunesse privilégiée à la clandestinité, du Moyen-Orient aux villes grecques, de scènes de guérilla violentes à la résistance, Niki traverse le XXe siècle et nous en restitue toute l'intensité. Sa découverte de l'amour est à l'aune de son ascendance et des femmes qui l'ont précédée. Un héritage précieux qui n'appartient à aucune autre, et qui résonne en chacun de nous.

    Christos Chomenidis est né en 1966 à Athènes où il a étudié le droit. En 1993, il publie son premier roman Le Jeune Sage. Ses romans et ses nouvelles ont été traduits en plusieurs langues. En 2015, son roman Niki remporte le prix d'état de littérature grecque. Niki a été aussi porté à la scène en 2017. Christos Chomenidis est également auteur de scenarii pour la télévision et le cinéma.

  • " Ce que nous dit Magda Szabó, avec une grâce et une simplicité confondantes, c'est que, de tout ce qui constitue une vie, seuls quelques lieux et épisodes comptent vraiment. [...] Oui, c'est bien cela au fond qui est fascinant chez Magda Szabó, cette réflexion profonde sur ce qu'on garde, ce qu'on laisse. " Le Monde​
    " Nous restâmes assis en silence, comme de braves frère et sœur, et pour la première fois de ma vie, je pressentis que les morts ne mouraient pas, que ce qui avait un jour été vivant sur cette terre, sous quelque forme que ce soit, était indestructible. "

    Les morts demeurent :
    Rue Katalin en donne une magistrale illustration. À Budapest, des années après la disparition de la jeune Henriette, les membres de trois familles vivent sous l'emprise de sa présence. Et, d'outre-tombe, la jeune fille nous introduit dans la vie naufragée de ceux qui furent ses amis : Balint, Irén, Blanka, M. et Mme Elekes...

    Que s'est-il passé pendant la guerre, rue Katalin ? Quels événements ont acculé ses habitants à la détresse et au désespoir ?

    " Ce que nous dit Magda Szabó, avec une grâce et une simplicité confondantes, c'est que, de tout ce qui constitue une vie, seuls quelques lieux et épisodes comptent vraiment. [...] Oui, c'est bien cela au fond qui est fascinant chez Magda Szabó, cette réflexion profonde sur ce qu'on garde, ce qu'on laisse. "
    Le Monde

    Ce roman a reçu le Prix Cévennes 2007.

  • Le « Bairro », ce célèbre quartier inventé par Gonçalo M. Tavares qui rassemble des Messieurs célèbres, - écrivains, dramaturges, poètes ou scientifiques - accueille cette année de nouveaux voisins : Monsieur Henri, Monsieur Juarroz, Monsieur Breton et Monsieur Eliot.

    Réunis pour la première fois, chaque Monsieur apporte sa vision sur notre monde, à la fois philosophique, surréaliste, ironique, voire absurde jusqu'à l'extrême. Mais tous ont un objectif commun : comme le village d'Astérix, ce « bairro » entend bien résister, coûte que coûte, à l'avancée menaçante de la barbarie.

    Une nouvelle fois, Gonçalo M. Tavares nous interroge, avec le talent qu'on lui connaît, sur notre rapport au quotidien et sur notre capacité à nous adapter ou à nous heurter à la réalité.

    Auteur portugais, Gonçalo M. Tavares est né en 1970. Après avoir étudié la physique, le sport et l'art, il est devenu professeur d'épistémologie à Lisbonne.

    Depuis 2001, il ne cesse de publier (romans, poèmes, essais, pièces de théâtre, contes et autres ouvrages inclassables). Il a été récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal).

    Il est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine.

  • « Contrairement à ce qu'on croit, la politique n'est pas l'art du possible ; c'est l'art de l'impossible. »

    Dans la soirée du 8 novembre 1923, la tentative de putsch menée par Hitler échoue à la brasserie Bürgerbräukeller de Munich. Il est arrêté puis enfermé dans la prison de Landsberg de novembre 1923 à décembre 1924. Ce « document fictionnel » s'intéresse de près à ces quatorze mois décisifs qui expliquent, en partie, son accession au pouvoir moins de dix années plus tard, avec une facilité inimaginable.

    Commence alors une plongée en apnée dans le quotidien et la psyché du futur Führer qui s'est persuadé que son destin et celui de l'Allemagne ne font qu'un.

    /> Page après page, ce Journal fictif, criant de vraisemblance nous prouve d'une façon magistrale que la puissance des mots, si bénéfique ou maléfique soit-elle, peut encore avoir des répercutions à la fois personnelles et mondiales au sein de nos sociétés modernes.

    Aujourd'hui, alors que l'humanité entière est menacée par l'émergence d'une nouvelle forme de barbarie, que le nationalisme connaît un nouvel essor, que le racisme étend son emprise, que la manipulation des masses est recherchée à tout prix et que la construction européenne est menacée, je considère qu'une nouvelle approche d'Hitler est utile et même nécessaire. Haris Vlavianos

    Haris Vlavianos est né en 1957 à Rome, de parents grecs. Il a fait ses études à Bristol et à Oxford. Sa thèse s'intitule Greece 1941-1749 : from Resistance to Civil War. Il vit actuellement à Athènes où il enseigne à l'American College of Greece, ainsi qu'au Centre européen de traduction (EKEMEL). Très connu en Grèce, il a publié une dizaine de recueils de poésie et dirige la revue («Poésie»). Il a traduit des auteurs comme Whitman, Pound, Longley, Ashbery, Stevens, Goldoni, Blake, etc

  • " Tout l'art de l'auteur tient dans cette faculté à nous dévoiler, d'une main sûre, les méandres attachants ou dérangeants, mais toujours fascinants, de la psyché - sans jamais oublier un doigt d'ironie. " Le Monde des livres​
    " Ce qui le fascinait chez les gens étranges, c'était l'absolue liberté avec laquelle ils faisaient leurs choix individuels. Chez le fou ou le mendiant qui erraient dans les rues en demandant du pain, Buchmann voyait des hommes pouvant choisir, avec une liberté pure et sans conséquences, leur morale individuelle. Une morale à nulle autre pareille, sans équivalent aucun.

    Un fou n'était pas immoral, un mendiant non plus. C'étaient des individus sans égal, de même qu'un roi n'a pas de pair, n'a personne à ses côtés.

    Buchmann regardait avec admiration ces hommes qui avaient dans leur poche un système juridique unique, avec leur nom à la fin.

    D'une certaine manière, c'était cela que Buchmann désirait : être le héraut d'un système légal dont les lois ne s'appliqueraient qu'à lui, d'une morale qui ne serait ni celle du monde civilisé ni celle du monde primitif, qui ne serait pas la morale de la cité ni même celle de sa famille, mais une morale qui porterait son nom, rien que son nom, inscrit à son fronton. "

    Lenz Buchmann envoûte et révulse, obsédé qu'il est par la force et la puissance.
    Apprendre à prier à l'ère de la technique s'immisce dans ses fibres, ses terminaisons nerveuses, les cellules de son cerveau, celui d'un homme à l'intelligence terrifiante par son absence absolue d'affect.

    Tavares affronte le XXIe siècle, qui expérimente l'effondrement des utopies et des idéologies. Et l'on s'incline devant son talent, comme l'ont fait Antonio Lobo Antunes, Enrique Vila-Matas, Alberto Manguel, ou José Saramago.

    Ce livre a reçu le prix du Meilleur Livre Etranger - Hyatt Madeleine 2010, le Grand Prix Littéraire du Web - Cultura 2010.

  • " Gonçalo M. Tavares n'a pas le droit d'écrire aussi bien à son âge. Ça me donne envie de le frapper. " José Saramago
    " Hinnerk avait été entraîné à ne pas attendre, à agir, à faire siennes les choses. Il avait été le soldat qui avance dans le couloir ouvert par le danger. Et le danger était un endroit privilégié pour que des événements se produisent. Comme si le danger accélérait l'homme, le rendait superactif, un grand constructeur. Ce n'est que face au grand danger que l'on construit des édifices solides ; les édifices bâtis en toute sécurité lui paraissaient incarner la lenteur, le mensonge, exempts qu'ils étaient de la peur qui accélère l'irruption de la vérité de toute matière, qu'il s'agisse de matière humaine ou de simples briques.

    Et ce qui l'excitait tandis qu'il flairait la crosse de son arme, c'était l'odeur de ses mains. En regard des sensations qu'il parvenait à analyser depuis quelques années, l'une avait pris force en lui : Hinnerk serait capable de manger de la chair humaine.

    Ce qui l'excitait, une fois encore, courbé au-dessus de son arme, c'était cette dilatation du monde, cet enrichissement du désir. Il sentait cela comme une capacité en trop, une force en plus, au-delà de la normalité, la capacité de dépasser les limites.

    Mais cette capacité qu'il sentait en lui ne laissait pas de l'effrayer. "

    " Génie d'un immense avenir " Enrique Vila-Matas,
    Le Magazine littéraire

  • " Le lecteur n'a qu'une envie : replonger dans l'œuvre, tant l'écrivain sait rendre cette vision littéraire du Portugal moins une énigme qu'une allégorie inépuisable. " Le Monde des Livres​
    Tout commence au lever du soleil.

    Dans un village portugais au nom de mammifère, un homme armé disparaît. Au même moment, à Lisbonne, le vent tourne : la révolution des Œillets met fin à la dictature.

    Mais où a pu se rendre l'insaisissable Celestino ? Le docteur Augusto Mendes détient probablement la clé de l'énigme qui nous mènera jusqu'en Argentine en passant par Vienne et d'autres villes d'Europe. Les lecteurs suivront, fascinés, l'histoire de ce dernier et celle de sa famille, en commençant par Antonio, son fils, revenu traumatisé de ses deux missions en Angola ; puis Duarte, son petit-fils, pianiste surdoué, qui incarne tous les espoirs de ses proches et se livre aux facéties de la jeunesse...

    La Main de Joseph Castorp est le portrait d'une famille marquée par les années de tyrannie salazariste, la répression et la guerre coloniale. Ses secrets, ses mystères, ses joies se dessinent au rythme de l'Histoire, tragique parfois, somptueuse toujours, du Portugal, et composent une symphonie inoubliable.

    Ce roman a reçu le Prix LeYa 2011.

  • " Souvent, il faut choisir entre le bonheur de la lecture et les délices de l'interprétation. Le Portugais Gonçalo M. Tavares invite à mener les deux de front [...] Ajoutez à cela un suspense capable d'aller crescendo, en dépit de ce qui émerge ou surgit, et vous aurez idée du plaisir de lire à nul autre pareil que procure cette prose à la fois sincère et en tapinois. " La Croix

    – C'est votre fille ?
    – Non, répondis-je. Je l'ai trouvée dans la rue. J'ai déjà demandé dans des magasins : personne ne sait qui elle est. Personne ne l'a jamais vue dans le quartier. Elle est à la recherche de son père. Elle s'appelle Hanna. Il y a une institution qui accueille ce genre d'enfant, je vais l'y conduire.

    Cette rencontre déterminante dictée par le hasard va bouleverser la vie des deux protagonistes.

    Marius – qui jusque-là fuyait un danger inconnu – décide de prendre Hanna sous son aile et de l'aider à retrouver son père. Un détail retient son attention : la jeune fille tient entre ses mains une boîte contenant une série de fiches dactylographiées destinées à l'" apprentissage des personnes handicapées mentales. " Mais cette définition,
    handicapée mentale, s'applique-t-elle vraiment à la situation de la jeune fille ? Rien n'est moins sûr.

    Une odyssée moderne et initiatique commence alors, portée par l'écriture " quasi hallucinée " propre à Gonçalo M. Tavares.

  • " Si Proust avait été " taxi russe " dans le Paris des années 30... " L'Express

    Gazdanov, ainsi que des milliers de Russes en 1920, s'exile et devient l'observateur fasciné de ses compatriotes et des bas-fonds parisiens. Au volant de son taxi, toutes les nuits, il parcourt le labyrinthe des rues de la capitale et de sa banlieue, en même temps que celui de sa mémoire. Cette conduite nocturne accuse les ombres et les lumières des âmes. Le regard, qui se voudrait cynique, exprime une nostalgie et une espérance ample comme un printemps russe.

  • " On entre dans ce livre comme dans une vieille pièce meublée de toiles d'araignée, l'horizon est aussi bas que celui d'un terrier. On en sort par miracle les poumons oxygénés, ragaillardi par un doux zéphir. " Le Matricule des anges

    Quand sa mère meurt, Pierre Fauré quitte Paris pour passer quelque temps en Provence. La rencontre avec la forêt, son immuabilité et son silence vivants, lui fait pressentir un royaume insoupçonné où le temps, l'espace et les sensations sont souverains. Marie, surgie sur le pas de sa porte, achève de le convaincre que sa vie est ailleurs : depuis ce jour de l'été 1940 où on l'a ramassée inanimée sur le bord d'une route, la jeune femme a rompu avec l'humain et n'est plus qu'un " pauvre animal malade ". Des mois durant, Pierre s'acharne pour la sortir des limbes où elle a sombré. Une écriture ascétique rend au plus juste le lent éveil de deux êtres l'un par l'autre, fait irradier une histoire d'amour qui ne dit jamais son nom.

    Les Éditions Viviane Hamy poursuivent leur travail sur l'œuvre de Gaïto Gazdanov (1903-1970), un grand écrivain russe trop méconnu en France, où il a vécu.

  • " Dès son titre, le livre annonce les pertes de cette vie. Ce qu'elle n'a pas perdu en chemin, c'est la conviction que rien n'est plus évident que de défendre ses droits. C'est en cela que réside le triomphe de Ruth Klüger. " Frankfurter Allgemeine Zeitung

    "
    À mesure qu'on vieillit, les fantômes s'éloignent. Des années durant, ils nous suivent d'une démarche incertaine et nous ralentissent, car il est impossible de presser le pas pour fuir ou dépasser le grand frère assassiné à dix-sept ans, alors qu'on en avait tout juste onze. "

    Déportée et rescapée d'Auschwitz, Ruth Klüger nous racontait, avec
    Refus de témoigner (éditions Viviane Hamy, prix Mémoire de la Shoah 1998), sa jeunesse et son exil à seize ans aux États-Unis.

    Dans
    Perdu en chemin, nous la découvrons adulte, confrontée au quotidien des années cinquante, en pleine lutte pour obtenir dignité, respect et reconnaissance de soi. Devenue une germaniste réputée, nommée docteur
    honoris causa de l'université de Göttingen, elle poursuit le débat avec elle-même : quels sont les mécanismes de la mémoire individuelle et collective vis-à-vis des horreurs du passé, de leurs victimes, auteurs et témoins ? Le fil du récit est la discrimination intimement ressentie et constante, mais aussi celui d'une double émancipation : celle d'une Juive et celle d'une femme. Nous sommes submergés par sa sincérité, sa générosité et son intelligence souveraine.

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des " messieurs " portant les noms d'écrivains célèbres.
    " - Il y a probablement une fuite, dit l'homme.

    Walser se pencha au-dessus du lavabo. Il s'efforçait d'afficher pour la question l'intérêt le plus vif, mais en réalité il pensait à autre chose.

    À vrai dire, il attendait avec impatience le moment où il pourrait de nouveau s'asseoir dans son salon neuf, pour jouir de cette inoubliable odeur de peinture et de vernis qui semble avoir un sens bien précis, un sens non matériel mais historique, odeur qui d'une certaine manière semblait être le pendant, dans le monde physique, de l'expression par laquelle on débute classiquement un récit : l'infantile "il était une fois'. Il voulait commencer quelque chose mais c'était comme si cet homme s'interposait. Avec de bonnes intentions, sans aucun doute, il n'empêche qu'entre une nouvelle vie et Walser se trouvait désormais un obstacle concret : le plombier. "

    Monsieur Walser fait son entrée dans le fameux
    Bairro peuplé de personnages aux noms d'artistes célèbres, dont on visite le quotidien. Cette nouvelle figure, solitaire en apparence, a fait bâtir sa maison au milieu de la forêt. Fruit d'acharnement et d'exigence, elle est le symbole même de la victoire de la civilisation sur la nature. Seulement, le jour de l'inauguration la situation se complique à mesure que l'on sonne à la porte...

  • " Gazdanov, c'est Proust et Camus en cyrillique, Bounine et Boulgakov réunis, bref, exactement ce qu'il faut aux adeptes du bronzage intelligent qui ne détestent pas méditer sur l'âme russe. " Le Point

    Tout l'art de Gazdanov consiste à observer sans a priori ses frères humains, particulièrement les exilés, les déracinés en quête d'identité, pour les fixer d'un trait et en faire des personnages inoubliables... La révolution bolchevique gronde et des cohortes de Russes blancs ont rejoint la France, où leur sort a basculé. Les protagonistes des quatre nouvelles inédites rassemblées dans
    Cygnes noirs incarnent magnifiquement le tragique, l'absurde et le hasard des destinées. Les souvenirs, les portraits, les intrigues nous sont contés entre rêve et réalité mais dans un Paris minutieusement détaillé, un contraste qui marque au fer rouge. Subjugué, le lecteur découvrira les réflexions d'un homme sur sa propre fin, l'amitié fulgurante d'un jeune Russe pour le Tigre, le chant d'adieu de compagnons d'infortune à un ami, mais aussi les lettres d'Ivanov à d'étranges destinataires !

    Depuis 1990, les Éditions Viviane Hamy poursuivent la traduction de l'œuvre de ce grand écrivain russe, souvent comparée à celle de Proust ou de Camus ; s'en dévoile ici une facette inconnue.

  • " On a parlé de laconisme. Voilà peut-être le mot-clé d'Égarements, la raison du scandale qu'il inspira. Söderberg ne juge pas, ne commente pas, ne moralise pas. " Le Nouvel Observateur

    Printemps à Stockholm. La nature renaît, reprend peu à peu ses droits sur l'hiver et les rues grouillent de monde. Thomas Weber vient d'obtenir sa licence en médecine. N'exerçant encore aucune activité sérieuse, il flâne par les rues du centre-ville et non loin du port, prêt à se jeter dans l'aventure au grès des rencontres fortuites. Un seul but occupe son esprit : dépenser au plus vite l'argent que son père lui a offert en récompense de son succès universitaire. Son premier achat sera une élégante paire de gants rouges ; d'ailleurs la vendeuse, au cou gracile et à l'épaisse chevelure, va vite hanter sa rêverie.

    Égarements est un roman de la sensation, d'une belle mélancolie, sur les soubresauts de la jeunesse et l'entrée dans l'âge adulte. À sa parution, en 1895, il provoque un scandale, car jugé indécent et pornographique ; depuis, il est devenu un classique de la littérature scandinave.

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des " messieurs " portant les noms d'écrivains célèbres.
    " Monsieur Valéry tenait toujours sous le bras un livre entouré d'un élastique et d'une couverture en plastique.

    En plus de lire le livre, il l'utilisait comme portefeuille pour ranger ses billets.

    Monsieur Valéry expliquait :

    - Jamais je n'ai aimé séparer la littérature et l'argent. [...]

    Qui venait à rencontrer monsieur Valéry et le voyait, assis à la table d'un café, agripper fermement son livre des deux mains, n'arrivait jamais à décider si ses bras contractés démontraient une avarice mesquine ou un profond amour de la littérature. "

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des " messieurs " portant les noms d'écrivains célèbres.
    "
    Monsieur Swedenborg venait de quitter la salle où monsieur Brecht avait l'habitude de raconter ses histoires (séances que monsieur Swedenborg mettait à profit pour se consacrer à ses investigations sur l'astronomie) et il se hâtait à présent afin de ne pas arriver en retard à une nouvelle conférence de monsieur Eliot. Conférences que monsieur Swedenborg mettait à profit pour se concentrer mentalement sur ses investigations géométriques. "

    Pour monsieur Swedenborg, rien ne vaut quelques figures géométriques si l'on veut comprendre le monde. Par magie, les phrases deviennent des dessins qui nourrissent ses réflexions sur la mémoire, la séduction, la vie, la mort ou encore le désir.

    Le talent hors-norme de Gonçalo M. Tavares détone dans ce livre surprenant, original et drôle, truffé de formules exquises où s'enchevêtrent littérature, mathématiques et philosophie.
    O Bairro, le délicieux quartier, né de son imagination, accueille ainsi un nouvel habitant, du nom du scientifique et théologien suédois du XVIIIe siècle, précurseur du spiritisme.

  • " Gonçalo M. Tavares a un talent rare, celui de raconter des histoires invraisemblables avec une clarté, une simplicité, une justesse qui rendent ses textes immédiatement compréhensibles alors qu'ils pourraient désarçonner. "​ Libération​
    Aaronson n'a pas toujours été mort.
    Il fut un temps où Aaronson était même, sans exagérer, un être vivant.
    De vingt-sept à trente ans, Aaronson tournait – tel un insecte obsessionnel – autour d'un rond-point.
    Tous les matins, on pouvait voir un homme, entre sept heures et sept heures et demie, faire le tour du principal rond-point de la ville, vers lequel convergeait 60 % de la circulation.

    C'est ainsi que Gonçalo M. Tavares nous invite à suivre les aventures extravagantes de ses personnages : un joggeur, un enquêteur sondeur, un enseignant, un collectionneur de cafards... Jusqu'à l'apparition de son héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi. Vingt-six individus dont les destins sont liés comme dans un jeu de dominos, la chute d'une pièce entraînant celle de la suivante.

    Le lecteur avance de surprise en surprise, empruntant simultanément les chemins de l'absurde et de l'intelligence, il découvre au fil des pages une créativité fascinante qui rappelle celle de Kafka, Beckett ou Melville. Un univers où les ambiguïtés sont reines et offrent de passionnantes réflexions sur l'homme, la ville, la vie moderne et l'ironie de l'existence.

    " L'un des écrivains les plus ambitieux de ce siècle. " Alberto Manguel,
    El País

  • " On est ici, amusé par l'imagination et la subtilité d'un auteur qui construit une intrigue d'une rare étrangeté, en partant d'une tangible réalité. Raffiné, insolite, malicieux. Pour changer un peu. " Les Échos

    Pourquoi Napoléon a-t-il fait de l'abeille l'emblème de l'Empire ? La question obsède Pasolini, l'apiculteur elbois, convaincu que l'esprit de la ruche a inspiré au grand Corse ses plus belles batailles. Lorsqu'en mai 1814, le souverain déchu arrive sur l'île, l'émotion est à son comble. Alors que le rendez-vous est pris entre les deux hommes, on découvre qu'une Société Bonapartiste, déterminée à libérer l'Italie, voit en Napoléon son homme providentiel. Dans cette atmosphère étouffante, où Pasolini devient fou à force d'attendre la rencontre de sa vie, l'empereur d'Elbe ne rêve que d'un retour triomphal sur le devant de la scène européenne...

    On est le témoin à la fois des conflits intérieurs de Napoléon, des obsessions de Pasolini et du plaisir joyeux et pervers du narrateur.
    L'Apiculteur de Bonaparte est un récit à plusieurs voix qui s'inscrit dans les marges de l'Histoire, et qui émerveille par son intelligence et sa langue froide et sensuelle au pouvoir hypnotique.

    Ce roman a reçu le prestigieux Prix Juan March Cencillo.

  • " Une lecture choc et fascinante. " L'Humanité
    " Il y a des exercices pour s'entraîner à la vérité : par exemple, avoir peur. Ou avoir faim. Et puis il y a des exercices pour s'entraîner au mensonge : vivre en groupe, faire des affaires. [...] Klaus était pour la première fois à la tête des affaires familiales. Il n'avait pas peur, n'avait pas faim, n'était pas amoureux. Chaque jour offrait ainsi une nouvelle occasion de mentir. "

    " Il avait éliminé la grande faiblesse de l'existence, il avait fait disparaître la fragilité primaire de l'espèce : il n'avait pas la moindre inclination pour l'amour ni l'amitié ! Et, tandis qu'il marchait en pleine rue, désarmé, observant le dessus de ses vieux souliers marron, ces souliers que Klober qualifiait par moquerie d'irresponsables, à cet instant Walser se sentait autant en sécurité – et en même temps aussi menaçant – que s'il avait avancé dans la rue à bord d'un char. "

    Ils s'appellent Klaus Klump et Joseph Walser. L'un est éditeur, l'autre ouvrier. Leur pays est en guerre. Gonçalo M. Tavares les surveille, à l'affût des mécanismes de leurs âmes soumises aux vicissitudes de l'Histoire. Et, comme s'il se trouvait devant un tableau de George Grosz, le lecteur est saisi, hypnotisé par la virtuosité d'un très grand écrivain. Ceci n'est pas un roman, ceci est un coup de poing !

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des " Messieurs " portant les noms d'écrivains célèbres.
    "
    En raison d'un inexplicable court-circuit, c'est le fonctionnaire qui abaissa le levier qui fut électrocuté, et non le criminel qui se trouvait assis sur la chaise. Comme l'on n'était pas parvenu à réparer la panne, c'était désormais le fonctionnaire du gouvernement qui prenait place sur la chaise électrique, tandis que le criminel était chargé d'abaisser le levier mortel. "

    Gonçalo M. Tavares est l'un des écrivains les plus importants de la littérature portugaise contemporaine.
    Monsieur Brecht fait partie de l'ensemble
    O Bairro, quartier peuplé de personnages aux noms d'artistes célèbres, dont on visite le quotidien. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.

    Une déambulation nous mène chez
    Monsieur Valéry qui fait des bonds pour se grandir,
    Monsieur Calvino qui désigne le néant,
    Monsieur Kraus qui réinvente la satire... Il est probable que nous croiserons bientôt
    Madame Woolf,
    Monsieur Duchamp,
    Madame Pina Bausch,
    Monsieur Breton...

    " Comme le village d'Astérix : "O Bairro' est un lieu où l'on tente de résister à l'entrée de la barbarie. "

    Les Éditions Viviane Hamy publient, en même temps que " O Bairro ",
    Le Royaume, la tétralogie romanesque de l'auteur, dont
    Jérusalem et
    Apprendre à Prier à l'ère de la technique ont déjà paru.

  • " Ce très beau texte classique, publié en 1930, est le premier du grand Gaïto Gazdanov, qui s'exila en France en 1923 et figure parmi les plus beaux écrivains de l'immigration russe. " Télérama

    Nikolaï a seize ans lorsqu'il s'engage dans l'Armée blanche.

    En 1920, il quitte la Russie pour toujours. Des années plus tard, à Paris, les retrouvailles avec Claire, piquante et insaisissable, font resurgir les souvenirs les plus douloureux – la mort terrible du père tant aimé – comme les ravissements ténus de l'enfance ou les longues conversations avec l'oncle Vitali sur le sens de la vie.

    " ... j'étais censé avoir accompli plusieurs voyages autour du monde, découvert une île inconnue dont j'étais devenu le gouverneur, avoir construit une ligne de chemin de fer qui traversait la mer afin d'amener maman sur l'île, parce qu'elle avait très peur de l'eau et n'en avait même pas honte. Mes voyages imaginaires, j'avais l'habitude de les écouter chaque soir, et leur récit m'était tellement familier que, les rares fois où il s'interrompait – lorsque mon père était absent, par exemple –, le chagrin m'étreignait et j'en aurais pleuré. En revanche, quand il reprenait et que, assis sur les genoux paternels, je pouvais observer le visage de ma mère, j'éprouvais un réel bonheur, accessible uniquement à un enfant, ou à un adulte doué d'une extraordinaire force d'âme. "

    Traduit du russe par Françoise Godet-Konovalov et S.C.

  • " Le Vieux puits renseignera le lecteur sur le monde intérieur de l'écrivain [...] Magda Szabó est un écrivain concentré, incisif, insolent. "​ Le Monde des livres
    Le Vieux Puits est un livre fascinant. Par de brefs chapitres thématiques – Mes parents, La ville, Autoportrait, La religion, Le théâtre, Le temps, Éveil, etc. –, Magda raconte l'éducation originale, marginale, extraordinaire qu'elle a reçue, et reconstitue le monde tel que le voyaient ses yeux de petite fille.

    Le début de ce conte – car on peut parler de conte tant Magda nous fait toucher la puissance du Merveilleux dans lequel elle a baigné – nous propose une clé, celle du titre : le vieux puits abandonné se trouvait dans le jardin de l'enfant, et il est devenu le refuge de l'adulte, qui s'y laisse glisser, telle Alice, pour retrouver Debrecen, sa ville natale tant aimée, sa maison, ses amis, ses parents... Le temps n'a plus cours, les pierres ont conservé les rires, les voix, les silences...

    La publication d'un tel recueil de souvenirs, aujourd'hui, est fondamentale. Il magnifie le rôle des parents et l'esprit d'enfance qui devrait toujours les animer, le goût et le sens du merveilleux qui ouvre les portes de l'imagination. Plus que les jouets, les possessions, ce sont les mises en scène de l'univers de l'enfant qui les font heureux et leur forgent la personnalité qui leur permettra d'affronter le difficile futur...

  • " Le Spectre d'Alexandre Wolf est avant tout un roman diablement et doublement... romanesque ! [...] Quelque chose de très russe et pourtant universel. " Philosophie Magazine

    Le narrateur, Russe émigré à Paris, révèle le secret qui consume son existence. Son adolescence fut profondément marquée par la révolution de 1917. À seize ans, alors qu'il combattait les bolchéviques aux côtés des blancs, il a tué un homme. Le souvenir de cet acte, si anodin en temps de conflit, le hante.

    Un jour, dans un recueil de nouvelles anglaises, il lit cet épisode conté du point de vue de sa victime. Dès lors, son " spectre " ressurgit derrière toutes ses rencontres dans le Paris nocturne et interlope qu'il arpente. Celui qu'il a vu mourir serait-il vivant ? Par quel hasard improbable son meurtre peut-il ne pas avoir eu lieu ? Sa rencontre avec Elena, une mystérieuse compatriote, dont il tombe éperdument amoureux, lui fournira peut-être le fin mot de l'énigme...

    Le Spectre d'Alexandre Wolf entremêle miraculeusement fantastique, métaphysique et roman noir. On pense à Dostoïevski ou à Pouchkine, mais aussi à Camus. Publié à l'origine dans une revue new yorkaise, traduit en français au début des années 50, il tomba dans l'oubli... Avant d'être enfin redécouvert.

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