MOURIR D'ECRIRE ? SHOAH, TRAUMAS EXTREMES ET PSYCHANALYSE DES SURVIVANTS

  • Des parents compréhensifs et aimants, un cadre de vie privilégié, tout aurait dû sourire à la petite Sonia dans cette ville de Wuppertal où sa famille, d'origine polonaise, avait choisi de s'installer. Mais la montée inexorable de la peste brune stoppe net les attentes de ce destin à peine ébauché, pour faire de Sonia et de tous ses coreligionnaires des Ennemis de l'Etat allemand. Sauvés de la folie meurtrière nazie par Madame J. et promptement convertie au catholicisme, Sonia découvre qu'elle a une voix, qui retentit lors des offices religieux. Un Chant d'espoir, c'est la résonance de cette voix qui sait dire le malheur, mais plus encore la confiance et l'espoir.

  • Il faut se poser la question si l'abîme constitué par Auschwitz entre la génération des fondateurs de la doctrine et les analystes actuels n'impose pas à ces derniers la tâche de repenser la conceptualité psychanalytique à partir de la même position que les fondateurs et non simplement comme disciples ou héritiers ; Nicolas Abraham et Maria Torok l'ont fait, en fonction d'événements que ni les fondateurs ni personne n'auraient osé imaginer.

  • Peut-on mourir de dire ? Cet ouvrage décrit l'agonie qui peut s'emparer des survivants de traumatismes extrêmes et les conduire à la folie ou à la mort, au moment où une horreur à laquelle ils ont pourtant survécu, se trouve mise en mots. Confrontant les survivants à la prise de conscience d'une réalité qu'ils avaient réussi à nier, à éloigner, à déréaliser, à vider de sa dimension affective, cette mise en mots serait intolérable sans accompagnement. Elle peut avoir lieu dans le contexte du témoignage mais aussi dans celui de la cure et peut alors se résumer par un bref apologue : « Un chevalier traverse au galop le lac de Constance couvert d'une glace légère. Parvenu sur l'autre rive il fait le récit de sa traversée à un paysan sceptique. En achevant son récit le chevalier tombe foudroyé. Sa parole l'avise après-coup qu'il était déjà mort. » Ce livre fait appel à des études de cas rapportés par des analystes mais aussi à des témoignages d'écrivains survivants. Tous explorent la diversité des parades et des réponses à la rencontre explosive d'une souffrance et d'un récit.

  • Entre 1939 et 1945, le meurtre systématique de près de 90 % de plus de trois millions de Juifs polonais laisse exsangue l'une des communautés juives les plus florissantes du monde d'avant-guerre.  Les dizaines de milliers de survivants font alors face à l'incompréhensible : la persistance d'un antisémitisme après Auschwitz. Craignant leurs voisins polonais mais fuyant aussi le nouveau régime socialiste, plus de la moitié des juifs rescapés choisirent les chemins de l'exil. Que devinrent ceux qui restèrent dans une Pologne devenue communiste ? Ce livre retrace l'histoire oubliée de ces survivants et de leur descendance, à travers la manière dont ils ont été perçus par la société et les autorités polonaises. Entre assimilation systématique, efforts pour préserver la mémoire juive et rejet récurrent lors de soubresauts à caractère antisémite, les débats demeurent toujours vifs sur les relations polono-juives. 

  • Ce livre théorise vingt années d'expérience clinique auprès des survivants et de leurs familles. Il questionne, dans ce cadre, les limites de psychanalyse à l'écoute des récits de la Shoah, et de ses outils traditionnels, comme l'interprétation et le refoulement. Il traverse la notion de traumatisme pour en dégager la spécificité et décrire les conséquences de ces expériences extrêmes sur la psyché du patient. L'auteur confronte, au travers de cas cliniques et d'entretiens avec des analystes, la psychanalyse face à l'effacement des noms.

  • Quelle psychanalyse depuis la Shoah, après la brisure de l'Histoire et de la Civilisation ? Qu'est-il arrivé à la vie, à l'amour, aux désirs, à la mort, à la jouissance, à la filiation, au lien entre les hommes, quels que soient nos liens à l'originaire, à l'identitaire ? Une réflexion s'appuyant sur l'ouvrage de Freud L'Homme Moïse et la religion monothéiste, le film Shoah de Claude Lanzmann et l'enseignement de Lacan.

  • Les archives sont du domaine de l'historien, mais aussi du psychanalyste qui entend les traces demeurées incandescentes dans l'Inconscient. L'auteure dégage les stratégies conscientes et inconscientes de ceux qui, soumis à la tourmente de l'Histoire, tentent de survivre psychiquement à l'effroyable. Qu'en est-il donc de l'Histoire lorsqu'elle est appréhendée non par l'historien mais par le psychanalyste ?

  • La pensée va de soi.
    Les philosophes d'autrefois en ont fait un trait distinctif de notre espèce. Les savants d'aujourd'hui en ont dévoilé les mécanismes. Sur un point au moins l'imagination populaire rejoint les théories les plus sophistiquées : le fascinant modèle de l'intelligence artificielle. Comme tout serait simple si nous étions des machines, si le désir et la déception nous étaient inconnus ! Semblables à ces anthropoïdes qui peuplent les bandes dessinées, nous promènerions notre intelligence surhumaine et notre mémoire illimitée dans le monde des vivants, sans craindre autre chose que la corrosion de nos circuits.
    Comment en sommes-nous arrivés à penser ? Quelle urgence, quelle nécessité, nous a-t-elle, un jour immémorial, arrachés à notre bienheureux sommeil, à la paisible réplétion de nos nuits ? Et si la pensée n'allait pas de soi ? Si elle était née, si l'intellect s'était développé, comme une parade aux chocs innombrables, aux douloureuses ruptures, où se creuse le sillon de notre existence ? Peut-être notre pensée est-elle le fruit de ces rencontres par lesquelles, selon Spinoza, un individu se construit peu à peu, et qui seront jugées " bonnes " ou " mauvaises " selon qu'elles viennent renforcer ou diminuer la puissance à persévérer dans l'être ? Tel est le propos de l'ouvrage : montrer le rôle du trauma dans le travail de l'intellect.
    Trois volets dans cette recherche : la construction philosophique (l'urgence de penser) ; les systèmes sociaux de référence : morale, idéologie, religion (le besoin de croire) ; enfin l'activité de pensée dans la cure psychanalytique (symboliser).

  • L'extrême droite connaît aujourd'hui un nouvel essor dans toute l'Europe et nul ne peut ignorer l'impact de sa propagande. Mais qu'est-ce qu'un homme d'extrême droite ? Et comment, par son tempérament et son parcours, se trouve-t-on prédisposé à partager et à répandre les thèses du nationalisme xénophobe ? En psychanalyste, Jean-Louis Maisonneuve dévoile derrière écrits et discours des constantes psychiques : de Maurras au Front national, qui sont vraiment les intellectuels et les hommes poitiques d'extrême droite ? Par leur intolérance, quels désirs refoulent-ils ? Et pourquoi eux-mêmes suscitent-ils tant de répulsion ? Réflexion sur les enjeux inconscients d'un mouvement politique, cet ouvrage permet de mieux comprendre notre relation trouble au collectif, le destin des pulsions, et leur débouché trop souvent brutal dans une idéologie raciste et antisémite.

  • Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, chez les juifs survivants qui ont rejoint la terre d'Israël, l'affirmation de l'identité juive s'est produite parallèlement à l'émergence de l'Etat hébreu. Ce recueil présente des témoignages de survivants venus de France. Ils ont en commun une interrogation sous-jacente : quelles sont les modalités de l'existence juive après la Shoah ? L'identité juive est-elle radicalement différente dans l'Etat hébreu de celle des Juifs établis en diaspora ?

  • " Où que ce soit, quand que ce soit, je serai là avec toi, le dernier survivant... Je te promets d´être la mémoire de ta mémoire. Je te promets que ce que tu as enduré ne sera pas effacé de la conscience humaine. Je te promets cette ultime justice de ne pas laisser ton nom ni ta souffrance disparaître de l´histoire universelle... " Depuis 1974, le rabbin Daniel Farhi a identifié son nom à la mémoire des victimes de la Shoah. Il a notamment, depuis 1990, instauré la célébration en France du Yom Hashoah, la journée commémorative inaugurée en Israël en 1951. Il a surtout organisé à Paris la lecture publique, ce jour-là, des noms des déportés juifs de France. Ce recueil contient les " sermons " et allocutions qu´il a prononcés lors de ces commémorations. Émouvantes, pleines d´indignation et d´espérance, imprégnées aussi de philosophie juive et d´esprit universel, ces paroles demeurent des modèles d´humanisme pour notre temps.

  • Célèbre pour l'échec tragique de ses fiançailles avec Régine Olsen (certains parlent même d'une histoire d'amour à l'égal de Dante et Béatrice, de Roméo et Juliette ou d'Abélard et Héloïse) la vie de Kierkegaard a peu suscité de commentaires quant à son rapport exceptionnel à l'écriture : "pas un jour sans une ligne" disait-il. On recense 34 ouvrages et une masse considérable de notes constituant 13 volumes de Papiers dont on a tiré un Journal.... Pourquoi l'écriture occupe-t-elle tant de place dans sa vie ? Pourquoi a-t-il écrit autant ? Quel est le sens de cette "hypergraphie" ? Telles sont les questions qui jalonnent cette biographie, méditation philosophique et interrogation psychanalytique sur le drame personnel du célèbre "solitaire de Copenhague".
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  • Michel de M'Uzan - J.-B. Pontalis, Écrire, Psychanalyser, Écrire (Échange de vues)André Green, Transcription d'origine inconnueFrançois Roustang, Du chapitre VIIPierre Fédida, La table d'écritureDidier Anzieu, L'image, le texte et la penséeRobert Pujol, La mère au fémininAnnie Anzieu, Des mots et des femmesChristian David, Écriture, sexe, bisexualitéMasud Khan, Entre les mots et la mortNicole Berry, L'expérience d'écrireVictor Smirnoff, ÉpreuvesCatherine Clément, Les nouvelles illusions perduesMichel Deguy, Un lecteur vous écritMarie-Claude Fusco, Faire part de son analyseGeorges Perec, Vues d'ItalieOctave Mannoni, Faux en écriture

  • Des psychanalystes français et étrangers proposent dans ce livre une approche psychanalytique des drames de notre société contemporaine. Leur réflexion porte sur certaines situations extrêmes qui ont marqué et bouleversé notre époque : guerres mondiales, totalitarismes et génocides répétés qui ont causé des millions de morts, mais aussi des séquelles psychiques durables auxquelles sont confrontés les psychanalystes dans leurs pratiques. Ainsi les échos des traumatismes de la Shoah ou du génocide arménien parviennent-ils jusqu'à nos divans actuels après plusieurs générations, tout comme ceux des patients ayant subi des tortures, notamment en Amérique latine. Les analystes ont dû parfois travailler sous les bombes comme dans la guerre du Liban, ou participer à un travail de groupe auprès de personnes déplacées pour raisons de guerre. Dans les sociétés totalitaires comme les ex-pays communistes, la pratique de la psychanalyse a été contrainte à la clandestinité, un espace analytique devant être reconstruit après la chute de ces régimes.
    Si à l'origine la psychanalyse s'est appuyée sur la sexualité infantile et la cure analytique sur l'élaboration des traumas infantiles, à partir du début des années 1920 leur champ s'est élargi. En effet avec « Au-delà du principe de plaisir » Freud a enrichi sa théorie avec la pathologie des traumatismes de guerre. La psychanalyse moderne s'intéresse à la réalité de ces traumatismes psychiques, leur nature extrême, leur violence, ainsi que leur caractère collectif, d'où l'attention portée dans les travaux rassemblés dans cet ouvrage aux développements théoriques concernant les relations que le sujet entretient avec le groupe.

  • L´écriture m´avait prise, n´a reçu de ma part aucune objection, alors que j´étais consciente de me constituer pour amante constante, je ne me baignais que dans la corruption.
    Elle ajouta que je ne pourrai lui tenir tête ; je n´étais pas de taille et je manquais d´armes, de toutes sortes. Je lui « signalais » que, pacifiste, je ne voulais que son accord pour m´accroupir sur son divan, non l´effrayer ni figurer parmi ses conquérants.
    J´étais au courant de ce qu´elle me chantait, je ne l´ai saisi qu´une fois dans ses labyrinthes abandonnée !
    Écouter parler ou lire, n´équivaut l´expérience « vivre » : Écrire ou se laisser mourir.

  • A travers des récits de vies intenses, cet ouvrage étudie le regard que des petits-enfants de juifs venus de Pologne en France pendant la Shoah portent sur leurs grands-parents et sur eux-mêmes. Quel est le destin des individus qui traversent des épreuves majeures ? Qu'en subissent leurs descendants ? Quelle place occupent ces petits-enfants dans l'histoire familiale qui a été prise dans l'Histoire du siècle ? Quels en sont les effets sur leur identité et leurs choix de vie ? A une époque où les migrations tendent à devenir un phénomène généralisé dans le monde, où les guerres et les génocides se multiplient, les auteurs souhaitent contribuer à la réflexion sur le devenir des émigrés et de ceux qui ont été confrontés à un traumatisme historique majeur. Hélène Oppenheim-Gluckman et Daniel Oppenheim sont psychiatres et psychanalystes.

  • Quel est le statut de l'écriture chez les psychotiques ? Quel lien entre inspiration poétique et sentiment morbide du monde ? Entre corps et écriture ? Entre vie et mort, nous crie Antonin Artaud, le mort-vivant... De la sémiologie à la sémantique, du symbole au signifiant, l'auteur évoque dans cet essai, en historien amateur et en psychiatre dit "classique", les rapports entre folies et écritures.

  • Leonhard Bundheim est né en 1923 dans une famille juive de Hambourg. La « Nuit de cristal » marque pour lui la fin de l'innocence : son père est arrêté et le reste de la famille opte pour l'exil en Belgique. Leonhard est emprisonné seul à Bruxelles au premier jour de l'invasion allemande. En France, où il est envoyé, il va connaître trois camps différents avant celui de Drancy, avec une parenthèse de près de dix-sept mois à Limoges grâce à l'OSE.

    Cette organisation sauvera sa mère et ses quatre frères et soeurs mais pas son père, assassiné à Majdanek en mars 1943. Leonhard, déporté depuis déjà six mois, a été extrait de son convoi à destination d'Auschwitz, à Cosel, pour servir l'industrie du Reich. La solidarité de certains codétenus lui permet de survivre aux différents camps de travail forcé puis de concentration, sans oublier l'épouvantable « marche de la mort ». Laissé pour mort dans un convoi abandonné par des SS en fuite, il est libéré après près de trois ans sous le joug nazi.

    Après la guerre, en chemin vers la Palestine, Leonhard est interné avec son épouse dans un camp britannique à Chypre. Parvenu en Terre promise, il s'engage rapidement dans l'armée de défense juive. De nos jours, le lieutenant-colonel en retraite de Tsahal et guide touristique en six langues Nathan Ben-Brith, de son nom hébraïque, voit dans sa descendance sa victoire contre le nazisme qui l'a privé de son père, de son adolescence et de plus de la moitié de son peuple vivant en Europe.

  • L'apprentissage par les enfants de la lecture, de l'écriture et des savoirs constitués rencontre des freins qui témoignent actuellement de la variété des situations singulières. Les adultes concernés par les difficultés scolaires dans leur pratique quotidienne sont éprouvés dans leur formation et dans leur identité même. Cet ouvrage présente des initiatives dynamiques de différents acteurs de la vie sociale, de disciplines distinctes, qui ne se satisfont pas de réponses standardisées normatives ou pseudo scientifiques. Mobilisés par les apprentissages, ils rendent compte dans leur expérience de terrain, de leur rigueur théorique et de leur engagement subjectif. Marika Bergès-Bounes et Jean-Marie Forget sont psychanalystes à Paris, membres de l'Association lacanienne internationale.  

  • Les mythes, mensonges peut-être, mais mensonges indispensables ! Cette étude est destinée à montrer que si le mythe comporte un contenu qui peut faire l'objet d'interprétations, d'une part ce contenu n'est pas toujours sexuel, d'autre part le mythe est avant tout porteur d'une fonction pour une communauté humaine : une fonction de symbolisation. Avec des succès divers, le mythe aide les individus à assimiler les expériences difficiles et participe à la genèse et à l'équilibre des liens sociaux.

  • Des héros et des princesses, il y en a plein les pages de ces petits textes. Mais ils s'écrivent en SMS, ou se chamaillent sur internet. Quant aux histoires de fesses, il y en aura bien un petit peu, c'est inévitable, mais seulement quand les enfants seront sortis de table ! L'humour est la politesse du désespoir, paraît-il. Mais ici, il distille également, sans avoir l'air d'y toucher, la tendresse indispensable pour affronter aujourd'hui et demain.S

  • À quels moments la perversion « normale » originelle de la pulsion peut-elle dévier et s'orienter vers une pathologie ? Quelles sont alors les nouvelles formes de pathologie ? Comment reconnaître les pervers qui gravitent autour de nous, tentent de nous tromper ou de nous manipuler ? Qu'est-ce qui les pousse à subvertir ainsi les relations humaines et à pirater les règles sociales ? Comment déjouer les pièges et les intrigues des différents types de déviance morale ou sexuelle ? Tenter de comprendre les multiples perversions de notre société... Tel est l'objectif de ce livre. Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours et médiations.

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