• En trente ans d'existence, le Cemagref a connu de nombreuses évolutions. C'est aujourd'hui un institut qui fait référence dans le domaine de la recherche agro-environnementale. Cette réussite s'enracine pourtant bien au-delà de ces trois décennies.
    Des Capétiens à la Troisième République, une administration dédiée aux eaux, aux forêts et à l'agriculture se met en place. Au coeur des enjeux politiques, sociaux et économiques de la ruralité, elle construit savoirs et expertise, forme ses cadres et établit sa légitimité. Il est alors reconnu au sein du système français de recherche tout en conservant ses spécificités. En 2011, en devenant Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture), l'institut réaffirme sa double mission de recherche et d'appui, toujours en phase avec les enjeux de son temps.

  • Cet ouvrage fait le lien entre l'analyse des politiques publiques et les questionnements sur les problématiques de santé publique, intégrant notamment les enjeux de santé publique vétérinaire et agronomique. Les cas présentés concernent des problématiques historiques (crises sanitaires, maillage territorial de la gestion du sanitaire, profession vétérinaire, protection animale) et des questions auxquelles sont confrontées les services (la nouvelle gestion publique, les relations hommes-animaux, les défis environnementaux).

  • L'auteur de Michel Ouellebeurre - La tarte et le suppositoire (de Fallois) nous revient avec la parodie hilarante d'un autre monument de l'édition française contemporaine. L'un des romans phares de la rentrée littéraire 2015 se mue en une irrésistible "autofriction du nombril".
    "J'ai un nombril magnifique, scintillant, très profond, plein de creux et de bosses, fait de liés et de déliés comme l'écriture des enfants de jadis. Mon nombril c'est une sorte de labyrinthe, un jardin à la française, un kiosque à journaux, un abîme de beauté, un volcan éteint, un siphon d'évier, une fierté ancestrale, une bergerie à moutons, un clapier à lapin, un étable de cuisine, une astragale du pied, une allégorie de la taverne, mon père adorait mon nombril, depuis je fais rien qu'à me le regarder, je m'en lasse pas."

  • Le cordon dunaire forme, avec l'estran et l'avant-plage, un système sédimentaire complexe en perpétuelle évolution. La préservation et l'entretien de ces milieux naturels présentent une grande importance, notamment pour protéger les territoires littoraux vis-à-vis de l'érosion côtière et de la submersion marine.
    Dans le cadre des missions d'intérêt général « Biodiversité » et « Prévention des risques naturels », le ministère en charge de l'Écologie a confié à l'Office national des forêts la rédaction d'un guide technique sur la gestion des dunes littorales atlantiques destiné à tous les gestionnaires des milieux dunaires.
    Fruit de l'expérience de l'ONF dans la gestion des milieux dunaires littoraux, du Cerema et du BRGM dans la prévention des risques naturels, ainsi que de nombreux organismes gestionnaires et experts, il présente des outils utiles pour résoudre les problèmes liés à la gestion quotidienne des dunes et des préconisations concernant les plages associées aux cordons dunaires. Ni traité de géomorphologie, ni étude botanique, cet ouvrage doit permettre au praticien d'appréhender très concrètement la problématique de la gestion d'un milieu complexe et en évolution permanente, tout en fournissant les clés de compréhension nécessaires et en précisant le vocabulaire lié au domaine.
    Véritable boîte à outils d'actions qui utilisent les processus naturels pour gérer et restaurer les dunes, ce guide a pour vocation de faire un panorama des techniques et de leur évolution afin de prendre en compte les attentes de la société face à la gestion des risques naturels et à la préservation de la biodiversité en milieu dunaire.

  • Histoire d'un baiser

    Albert Cim

    Albert-Antoine Cimochowski, dit Albert Cim, né à Bar-le-Duc le 22 octobre 1845 et mort le 8 mai 1924, est un romancier, critique littéraire et bibliographe français. Né d'une mère française et d'un père officier polonais réfugié en France après l'insurrection de 1830, Albert Cimochowski entame à Paris en 1861 une carrière de fonctionnaire aux Postes et télégraphes et, sous le nom d'Albert Cim, débute dans le journalisme par des articles de philologie, de critique et de bibliographie qui sont vite remarqués. Parallèlement, il publie en librairie des ouvrages pour la jeunesse et des romans, qui lui valent d'être cinq fois lauréat de l'Académie française, ainsi que des études documentaires, littéraires et bibliographiques. En 1896, il devient bibliothécaire au sous-secrétariat d'État des Postes et des télégraphes. Il est également membre de la Société des gens de lettres, dont il est deux fois vice-président. Extrait : « Bien que n'ayant pas l'honneur d'être connu de vous, j'ose prendre la liberté de vous adresser ces lignes : je ne puis résister au besoin de vous exprimer la profonde émotion qui m'a saisi au seul aspect de votre image, et par quelle toute-puissante, quelle providentielle sympathie, je me sens attiré vers vous. Oui, il me semble que j'obéis à une voix du ciel, qu'une inspiration surnaturelle me guide et me pousse... Il est impossible qu'avec un regard si pur, si ouvert, si franc, des yeux à la fois si pétillants d'esprit et si remplis de mansuétude et de bonté, vous n'ayez pas un coeur généreux, compatissant et aimant.

  • André Cornélis

    Paul Bourget

    Paul Bourget, né à Amiens le 2 septembre 1852 et mort à Paris le 25 décembre 1935, est un écrivain et essayiste catholique français. Extrait : Et depuis lors, aucune nouvelle. Le soir de ce jour, quand le dîner, reculé de quart d'heure en quart d'heure, eut eu lieu sans que mon père rentrât, lui, si méticuleux, si ponctuel, ma mère commença de montrer une inquiétude qui ne fit que grandir, et qu'elle put d'autant moins me cacher que les dernières phrases de l'absent vibraient encore dans mes oreilles. C'était chose si rare qu'il parlât ainsi de ses occupations ! La nuit passa, puis une matinée, puis une après-midi. La soirée revint. Ma mère et moi, nous nous retrouvâmes en tête-à-tête, assis à la table carrée où le couvert, tout dressé devant la chaise vide, donnait comme un corps à notre épouvante. M. Jacques Termonde, qu'elle avait prévenu par une lettre, était arrivé après le repas. On m'avait renvoyé tout de suite, mais non sans que j'eusse eu le temps de remarquer l'extraordinaire éclat des yeux de cet homme, -- des yeux bleus qui d'habitude luisaient froidement dans ce visage fin, encadré de cheveux blonds et d'une barbe presque pâle. Les enfants ramassent ainsi de menus détails, aussitôt effacés, mais qui réapparaissent plus tard, au contact de la vie, comme certaines encres invisibles se montrent sur le papier à l'approche du feu. Tandis que j'insistais pour rester, machinalement j'observai avec quelle agitation ses belles mains, qu'il tenait derrière son dos, tournaient et retournaient une canne de jonc, objet de mes plus secrètes envies. Si je n'avais pas tant admiré cette canne, et le combat de centaures, travail de la Renaissance, qui se tordait sur le pommeau d'argent, ce signe d'extrême trouble m'eût échappé. Mais comment M. Termonde n'eût-il pas été saisi de la disparition de son meilleur ami ? Sa voix cependant était calme...

  • L'âme de Pierre

    Georges Ohnet

    Georges Ohnet (1848-1918) étudia le droit mais il se tourna rapidement vers le journalisme et la littérature. Son premier roman, Serge Panine (1881), obtint un succès immédiat. Il publia par la suite plus d'une centaine d'ouvrages, dont des drames et de nombreux romans. Son roman le plus populaire encore aujourd'hui est certainement Le Maître des Forges (1882). Extrait : L'ensorceleuse, évoquée par son imagination enfiévrée, lui fit de son bras blanc, un geste de promesse. Il l'aperçut distinctement, dans la clarté de sa chambre. Une palpitation l'étouffa, et, poussant un soupir, il se leva pour aller la rejoindre. Une bouffée de vent frais, en caressant son front, le tira de son rêve. Il se vit au pied de la falaise, devant la mer, loin de la ville, et l'image de la femme qui le possédait si bien s'évanouit dans la transparence du ciel. Il frémit en se sentant encore si complètement dominé par elle. S'il avait été auprès de la villa, au lieu d'être dans la campagne, en un instant, sans avoir le temps de réfléchir et de se reprendre, il eût été à ses pieds. Une rage le saisit. Elle disait donc vrai

  • Pas de bile !

    Alphonse Allais

    Extrait : Mais le monsieur riche leur indique le travail : une porte à murer. Un louis tout de suite, l'autre, la besogne terminée. Au moment précis où ils posaient le dernier moellon, la nuit commençait à tomber. De la manche, les maçons essuient la sueur de leur front, avec la satisfaction de la bonne ouvrage faite. Mais une lividité soudaine envahit leur face. La porte... cette porte qu'ils ont mis tant de conscience (et d'inconscience) à murer, cette porte est la seule issue de la chambre !

  • Domnine

    Paul Arene

    Extrait : Voyons ! ne pleure pas, et laisse les méchants être méchants ; ils s'en trouveront les premiers punis. Si je t'appelle soeur Mouche, c'est en souvenir de notre saint patron qui, traitant son propre corps de Frère Âne, par humilité, surnommait Frères Mouches ceux de ses compagnons dont le paresseux bavardage et les bourdonnements offensaient le ciel. Et maintenant, soeur Mouche, continue, en attendant que j'aie fini le surplis de l'abbé Siffroy ; continue par le chapitre de la mort du saint quand, bien que ce fût le soir, les alouettes chantèrent autour de sa cellule, et qu'une dame romaine, Jacqueline des Sept Soleils, apporta par ordre d'un ange, un habit neuf pour le couvrir...

  • Le Midi bouge

    Paul Arene

    Le recueil contient trente-deux contes, précédés d'une introduction. Extrait : « Chut ! dit-il à Tréfume en excellent français, pas de bruit, de scandale inutile ; asseyons-nous là dans ce coin. -- Voilà qui va bien ! pense Tréfume. » Mais l'Américain continue : -- « Je sais pourquoi vous venez à New-York ; êtes-vous homme à nous entendre ? -- Pourquoi pas ? répond Tréfume qui croit qu'il s'agit de l'héritage ; on peut toujours s'entendre entre braves gens. -- Braves gens ou non, voici dans ce portefeuille cinquante mille francs en bank-notes. Si vous voulez, ils sont à vous, avec une somme égale qu'un inconnu vous remettra au moment du départ, quand la Bretagne lèvera l'ancre. Car la Bretagne part ce soir, et vous partirez avec elle. Est-ce dit ? -- C'est dit ! -- Maintenant, topez là, nous ne nous sommes jamais vus. »

  • Claude La Ramée est le fils d'un cultivateur, il rêve d'aventures et un jour il part avec son cousin Labiche et cent sous en poche, des rêves plein la tête. Autant Claude est plein de fougue, autant Labiche pense surtout à manger, entièrement dominé par sa gourmandise. Cetet faiblesse ruine bientôt nos deux amis. Privé d'argent, ils décident de vendre quelques effets de leur grand-père. En fouillant ceux-ci, ils trouvent deux louis d'or qui ne feront pas long feu devant la boulimie de Labiche. Leurs aventures ne font que débuter...

  • Une belle description de l'Angleterre du XIXe (ville et campagne), du milieu de la boxe aux débuts de ce sport, dans le cadre d'une intrigue policière.

  • Trois contes

    Gustave Flaubert

    Extrait : Un soir du mois d'août (elle avait alors dix-huit ans), ils l'entraînèrent à l'assemblée de Colleville. Tout de suite elle fut étourdie, stupéfaite par le tapage des ménétriers, les lumières dans les arbres, la bigarrure des costumes, les dentelles, les croix d'or, cette masse de monde sautant à la fois. Elle se tenait à l'écart modestement, quand un jeune homme d'apparence cossue, et qui fumait sa pipe les deux coudes sur le timon d'un banneau, vint l'inviter à la danse. Il lui paya du cidre, du café, de la galette, un foulard, et, s'imaginant qu'elle le devinait, offrit de la reconduire. Au bord d'un champ d'avoine, il la renversa brutalement. Elle eut peur et se mit à crier. Il s'éloigna.

  • Le grand Meaulnes

    Alain Fournier

    À la fin du XIXe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge - l'école du village -, attend la venue d'Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu'il suive le cours supérieur : l'arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l'enfance finissante de François... Extrait : Découragé, presque à bout de forces, il résolut, dans son désespoir, de suivre ce sentier jusqu'au bout. À cent pas de là, il débouchait dans une grande prairie grise, où l'on distinguait de loin en loin des ombres qui devaient être des genévriers, et une bâtisse obscure dans un repli de terrain. Meaulnes s'en approcha. Ce n'était là qu'une sorte de grand parc à bétail ou de bergerie abandonnée. La porte céda avec un gémissement.

  • La mare au diable

    George Sand

    George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, romancière, auteur dramatique, critique littéraire française, journaliste, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. Elle compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d'oeuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. À l'image de son arrière grand-mère par alliance qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice. George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 18294, et dont elle lance aussi la mode. Le père Maurice conseille à son beau-fils, Germain, veuf de 28 ans, de se remarier avec une veuve d'un village voisin. Lors du trajet pour aller la rencontrer, Germain se perd dans une forêt et trouve un endroit où se poser pour la nuit, la « Mare au diable », avec son fils, le petit Pierre, et Marie, une jeune fille de 16 ans douce et belle qui part travailler comme bergère. Il tombe amoureux de la jeune bergère, qui le repousse à cause de son âge. Extrait : -- Eh bien, mon père, répondit le gendre, si vous le voulez absolument, il faudra donc vous contenter. Mais je ne veux pas vous cacher que cela me fera beaucoup de peine, et que je n'en ai guère plus d'envie que de me noyer. On sait qui on perd et on ne sait pas qui l'on trouve. J'avais une brave femme, une belle femme, douce, courageuse, bonne à ses père et mère, bonne à son mari, bonne à ses enfants, bonne au travail, aux champs comme à la maison, adroite à l'ouvrage, bonne à tout enfin ; et quand vous me l'avez donnée, quand je l'ai prise, nous n'avions pas mis dans nos conditions que je viendrais à l'oublier si j'avais le malheur de la perdre.

  • Bel-Ami

    Guy de Maupassant

    Bel-Ami est un roman réaliste de Guy de Maupassant publié en 1885 sous forme de feuilleton dans Gil Blas et dont l'action se déroule à Paris au xixe siècle, en pleine Révolution industrielle. Ce roman, retrace l'ascension sociale de Georges Duroy, homme ambitieux et séducteur (arriviste - opportuniste), employé au bureau des chemins de fer du Nord, parvenu au sommet de la pyramide sociale parisienne grâce à ses maîtresses et au journalisme. Sur fond de politique coloniale, Maupassant décrit les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse mais aussi l'influence des femmes, privées de vie politique depuis le code Napoléon et qui oeuvrent dans l'ombre pour éduquer et conseiller. Les thèmes sont éternels : le sexe, l'argent et le pouvoir. L'oeuvre se présente comme une petite monographie de la presse parisienne dans la mesure où Maupassant fait implicitement part de son expérience de reporter. Ainsi l'ascension de Georges Duroy peut être une allégorie de la propre ascension de Maupassant. Extrait : Quand ils pénétrèrent dans la salle de bal, elle se serra contre lui, effrayée et contente, regardant d'un oeil ravi les filles et les souteneurs et, de temps en temps, comme pour se rassurer contre un danger possible, elle disait, en apercevant un municipal grave et immobile : « Voilà un agent qui a l'air solide. » Au bout d'un quart d'heure, elle en eut assez, et il la reconduisit chez elle. Alors commença une série d'excursions dans tous les endroits louches où s'amuse le peuple ; et Duroy découvrit dans sa maîtresse un goût passionné pour ce vagabondage d'étudiants en goguette.

  • Loué sois-tu

    Pape François

    Une vibrante exhortation à la préservation de notre environnement.
    Ce texte dépasse le cercle des fidèles ; sa portée universelle et le charisme de son auteur en font une contribution majeure aux débats sur l'écologie, souvent marqués par les intérêts économiques et politiques des débateurs.
    La lutte pour « la sauvegarde de la maison commune » mérite plus d'objectivité et la capacité à fédérer le plus grand nombre de personnes. C'est pourquoi UPblisher souhaite diffuser et faire connaître Laudato Si', sous forme de livre numérique gratuit, comme la Librairie Vaticane l'y autorise.
    Laudato Si' reprend l'invocation qui rythme le « Cantique des Créatures » de Saint-François d'Assise (1181-1226). Ode à la nature, ce chant célèbre le Feu, l'Eau, l'Air et la Terre comme frères et soeurs des êtres humains et nous enjoint à respecter et protéger la Terre qui nous nourrit et régit nos vies.
    Si la préoccupation de notre environnement en est le fil rouge, l'encyclique n'est pas pour autant une élégie célébrant les beautés de la Nature. François pose le débat en ces termes : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent ? » (160) ; ainsi il s'interroge sur le sens de l'existence et les valeurs qui fondent notre vie en société.
    En six chapitres, Laudato Si' dresse un état des lieux, remonte aux origines des sujets identifiés, propose un projet, « une écologie intégrale, qui a clairement des dimensions humaines et sociales. » (137), suggère des moyens de mise en oeuvre, met l'accent sur l'éducation et conclut sur l'ardente nécessité d'unir les meilleures volontés.
    Laudato Si' est un texte sobre, documenté et optimiste quant à notre capacité à réagir : « les êtres humains, capables de se dégrader à l'extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer » (205).
    La lecture de ce texte, religieuse ou morale, convient à tous les publics et porte un espoir auquel il nous convient de donner corps.
    EXTRAIT
    1. « Laudato si', mi' Signore », - « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d'Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une soeur, avec laquelle nous partageons l'existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l'herbe ».
    2. Cette soeur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l'utilisation irresponsable et par l'abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l'exploiter. La violence qu'il y a dans le coeur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l'eau, dans l'air et dans les êtres vivants. C'est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui « gémit en travail d'enfantement » (Bm 8, 22). Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d'éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure.

  • Contes de la bécasse est un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant, publié en 1883. Extrait : Morin se demandait : « Qui est-ce ? ». Et mille suppositions, mille projets lui traversaient l'esprit. Il se disait : « On raconte tant d'aventures de chemin de fer. C'en est une peut-être qui se présente pour moi. Qui sait ? une bonne fortune est si vite arrivée. Il me suffirait peut-être d'être audacieux. N'est-ce pas Danton qui disait : "De l'audace, de l'audace, et toujours de l'audace". Si ce n'est pas Danton, c'est Mirabeau. Enfin, qu'importe. Oui, mais je manque d'audace, voilà le hic. Oh ! Si on savait, si on pouvait lire dans les âmes ! Je parie qu'on passe tous les jours, sans s'en douter, à côté d'occasions magnifiques. Il lui suffirait d'un geste pourtant pour m'indiquer qu'elle ne demande pas mieux... ».


  • Dans un monde à la dérive, une femme en fuite, une fillette murée dans le silence, et une ancienne demeure habitée d'un secret.

    Bruxelles, dans un avenir proche. Ebola III a plongé l'Europe dans le chaos : hôpitaux débordés, électricité rationnée, fanatismes exacerbés. Roxanne survit grâce au trafic de médicaments et pense à suivre le mouvement général : s'ôter joyeusement la vie. Mais son ex-mari succombe au virus, lui laissant Stella, une fillette étrange dont elle ne s'est jamais occupée. Quand une bande de pillards assassine sa voisine, Roxanne part pour un hameau oublié, où l'attend une ancienne maison de famille. La mère et la fille pourront-elles s'adapter à ce mode de vie ancestral et à cette existence de recluses ?
    Entre dystopie et conte fantastique, De profundis est un roman hors normes. Une plongée en enfer, doublée d'une fabuleuse histoire d'amour.
    Lauréate du prix Edmée de La Rochefoucauld 2016.

  • Germinal

    Emile Zola

    treizième roman de la série des Rougon-Macquart. Fils de Gervaise Macquart et de son amant Lantier, le jeune Étienne Lantier s'est fait renvoyer de son travail pour avoir donné une gifle à son employeur. Chômeur, il part, en pleine crise industrielle, dans le Nord de la France, à la recherche d'un nouvel emploi. Il se fait embaucher aux mines de Montsou et connaît des conditions de travail effroyables. Extrait : Sa gaieté redoubla, un grincement de poulie mal graissée, qui finit par dégénérer en un accès terrible de toux. La corbeille de feu, maintenant, éclairait en plein sa grosse tête, aux cheveux blancs et rares, à la face plate, d'une pâleur livide, maculée de taches bleuâtres. Il était petit, le cou énorme, les mollets et les talons en dehors, avec de longs bras dont les mains carrées tombaient à ses genoux. Du reste, comme son cheval qui demeurait immobile sur les pieds, sans paraître souffrir du vent, il semblait en pierre, il n'avait l'air de se douter ni du froid ni des bourrasques sifflant à ses oreilles. Quand il eut toussé, la gorge arrachée par un raclement profond, il cracha au pied de la corbeille, et la terre noircit.

  • Madame Bovary

    Gustave Flaubert

    Fille d'un riche fermier, Emma Rouault épouse Charles Bovary, officier de santé et veuf récent d'une femme tyrannique. Elevée dans un couvent, Emma aspire à vivre dans le monde de rêve dont parlent les romans à l'eau de rose qu'elle y a lu. Un bal au château de Vaubyessard la persuade qu'un tel monde existe, mais le décalage qu'elle découvre avec sa propre vie déclenche chez elle une maladie nerveuse. Extrait : Et, tout en se moquant des comices, Rodolphe, pour circuler plus à l'aise, montrait au gendarme sa pancarte bleue, et même il s'arrêtait parfois devant quelque beau sujet, que madame Bovary n'admirait guère. Il s'en aperçut, et alors se mit à faire des plaisanteries sur les dames d'Yonville, à propos de leur toilette ; puis il s'excusa lui-même du négligé de la sienne. Elle avait cette incohérence de choses communes et recherchées, où le vulgaire, d'habitude, croit entrevoir la révélation d'une existence excentrique, les désordres du sentiment, les tyrannies de l'art, et toujours un certain mépris des conventions sociales, ce qui le séduit ou l'exaspère. Ainsi sa chemise de batiste à manchettes plissées bouffait au hasard du vent, dans l'ouverture de son gilet, qui était de coutil gris, et son pantalon à larges raies découvrait aux chevilles ses bottines de nankin, claquées de cuir verni. Elles étaient si vernies, que l'herbe s'y reflétait. Il foulait avec elles les crottins de cheval, une main dans la poche de sa veste et son chapeau de paille mis de côté.

  • Fils d'émigré

    Ernest Daudet

    Frère aîné d'Alphonse Daudet, il se consacre tout d'abord au commerce selon le souhait de sa famille. Voulant devenir écrivain, il finit par aller à Paris et commence à contribuer à divers journaux parisiens et de province. Parallèlement, il entre comme secrétaire-rédacteur au Sénat. Il publie une trentaine de romans et collabore à de nombreux journaux, souvent sous pseudonyme. EURxtrait : En écoutant ce discours, Bernard sentait son coeur se serrer. Quoi ! cette petite Nina, qui venait de le captiver, réduite à ce triste métier ! Et tante Isabelle, si douce, si fière, si digne d'être heureuse, obligée d'implorer la charité publique ! Cramponné au bras de Valleroy, il les suivait des yeux, secoué par l'émotion, ayant peine à refouler ses larmes, ne sachant s'il devait admirer les infortunées ou les plaindre. Pendant ce temps, tante Isabelle, figurant Athalie, commençait...

  • Jacquou le Croquant

    Eugène Leroy

    L'histoire commence en 1815 (Napoléon 1er est alors exilé à Sainte-Hélène) à Combenègre, pauvre métairie dépendant du château de l'Herm où les Ferral sont métayers du comte de Nansac. Suite au meurtre de Laborie, régisseur du château, Martissou, le père de Jacquou, est condamné aux galères où il meurt peu après. Extrait : Cette canaillerie ne porta pas bonheur à Jansou. Une fois qu'il eut ses deux louis, lui qui n'en avait jamais vu, il se crut riche. Mais ils ne durèrent pas longtemps, car le nouveau régisseur du château mit des métayers dans les domaines tenus en réserve, de manière qu'il n'y eut plus d'ouvrage pour lui. Dans le pays, personne ne se souciait de le faire travailler, à cause de sa méchante action, et ainsi, bientôt ayant mangé les deux louis, lui et les siens prirent le bissac et disparurent. Encore aujourd'hui de ces côtés, lorsqu'on veut parler d'un homme à qui il ne faut pas se fier, on dit : « traître comme Jansou. »

  • La côte de l'île consiste en un cercle, grossièrement dessiné, de grands remparts de basalte, noirs et stratifiés, s'inclinant vers la mer et que les flots ont transformés en falaises souvent presque perpendiculaires, dont la hauteur varie de quelques centaines de pieds à 2.000 pieds. Ce cercle, ou plutôt cette enceinte en forme de fer à cheval est ouverte du côté du sud et entamée par plusieurs autres grandes brèches. Son rebord supérieur ou sommet ne s'élève ordinairement qu'à une faible altitude au-dessus du niveau de la contrée intérieure voisine, et les laves feldspathiques plus récentes, descendant des hauteurs centrales, viennent généralement buter contre son plan interne qu'elles recouvrent ; mais, dans la partie nord-ouest de l'île (pour autant qu'on en puisse juger de loin) les laves semblent avoir débordé cette barrière et l'avoir masquée en partie. En certains endroits où l'anneau basaltique est rompu et où cette enceinte noire est divisée en tronçons, les laves feldspathiques ont coulé entre ces derniers et surplombent aujourd'hui la côte sous forme de falaises élevées. Ces roches basaltiques ont une couleur noire et sont stratifiées en couches minces ; elles sont habituellement très celluleuses, mais parfois compactes ; quelques-unes d'entre elles renferment de nombreux cristaux de feldspath vitreux et des octaèdres de fer titanifère ; d'autres abondent en cristaux d'augite et en grains d'olivine. Les vacuoles sont fréquemment tapissées de petits cristaux (de chabasie ?), ce qui donne même parfois à la roche une structure amygdaloïdale.

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