pleine lune

  • Oreille tendue, à l'écoute des femmes d'une Syrie toujours accablée par la guerre, le « je » de ce recueil imagine dans les poèmes leurs récits en miettes. L'évocation des voix oubliées de ces femmes syriennes, nos soeurs, victimes de cette guerre atroce et fratricide, est très émouvante, empreinte d'une grande humanité et d'une telle force qu'il nous semble côtoyer ces femmes dans leur quotidien sous les bombes meurtrières, marchant à leurs côtés avec leurs enfants sur les chemins incertains d'un exil forcé.

  • Un homme se réveille dans une grande maison vide, au bout d'un rang. Il ne sait plus qui il est ni où il est. Un couple s'installe dans la maison voisine où les Lachance ont tout abandonné avant de disparaître. Mais sont-ils vraiment partis ? Une sculpteure trouble la paix avec un vieil autobus et vient s'installer sur la plus haute colline. Dans un champ tout près, un marginal cultive des fraises et rénove une demeure ancestrale qu'il étudie comme un manuscrit ancien. De retour au pays, après une longue absence, tous ces revenants connaissent l'homme amnésique. Ensemble, ils entreprennent de lui redonner sa mémoire et cherchent une façon de rester vivants, d'apprivoiser le territoire, les forêts et les lacs, s'enivrent des effets magiques des champignons, s'inventent des fêtes avec les marmottes, les hirondelles, nourrissent des crécerelles et rêvent de suivre les ouananiches vers le lieu des origines.
    Ce roman surréaliste et jubilatoire nous plonge dans une quête identitaire où le réel et l'imaginaire se bousculent depuis la défaite du référendum de mai 1980.

  • « Ni pape, ni juge, ni médecin, ni conjoint, c'est aux femmes de décider ! »

    La pièce Nous aurons les enfants que nous voulons, inédite jusqu'à ce jour, est une création collective du Théâtre des Cuisines, présentée la première fois le 8 mars 1974.

    Véronique O'Leary, toujours à la barre du Théâtre des Cuisines, présente en ouverture du livre le contexte historique de la création de ce premier théâtre féministe au Québec et l'impact sur la société qu'a eu la pièce Nous aurons les enfants que nous voulons. La militante féministe Louise Desmarais, qui signe la préface, dresse un tableau de l'histoire du mouvement de lutte pour le droit à l'avortement et la contraception libres et gratuits, montrant combien, entre 1970 et 2000, chaque victoire obtenue l'a été à l'arraché.

    Le Manifeste du Théâtre des Cuisines et le Manifeste du Comité de lutte pour l'avortement et la contraception libres et gratuits, tous deux rédigés en 1975 et reproduits ici, constituent des documents essentiels à la compréhension des luttes menées par les Québécoises en matière d'avortement depuis près de cinquante ans.

  • Tragédie est un livre-document essentiel
    sur le théâtre québécois et l'Histoire.

    Pol Pelletier y refait l'histoire du monde à partir de notre ancêtre homo erectus en posant la question : où est femina?? Elle aboutit des millénaires plus tard dans Mexico qui explose, se décompose. De retour au Québec, elle constate que tout le monde rit pour mieux étouffer le sentiment collectif de mort imminente en fin de siècle. Elle appelle ses aînées, ses ancêtres, et ressuscite celles qui ont marqué l'histoire. Elle prend dans ses bras les 14 victimes de Polytechnique, assassinées il y a 31 ans cette année, une tragédie qu'on a très vite enfouie au fin fond de notre inconscient collectif, de peur de découvrir ce qu'elle signifiait. Elle termine en rendant hommage à toutes les femmes assassinées depuis Polytechnique. La théorie du sacrifice de René Girard, exposée dans Tragédie, nous offre un outil pour comprendre notre époque covidienne.

  • Dans les salles du Musée des beaux-arts de Montréal, Antoine et Cassandra se croisent souvent. Antoine se décide un jour à adresser la parole à Cassandra. Elle l'écoute, intriguée par cet homme fantasque, mais ne lui répond pas.

    Pour meubler le silence, Antoine raconte chaque samedi l'histoire de personnages féminins qui figurent sur certaines toiles exposées au musée.

    Mais pourquoi Cassandra est-elle incapable de sortir de son mutisme ? Et pourquoi Antoine s'entête-t-il tant à lui parler ?

    Ce roman évoque l'exil, la perte de repères et la reconstruction identitaire sur un nouveau territoire. Il évoque aussi la force de la bienveillance et de l'amitié.

  • Ce récit autofictif aborde le deuil d'un bébé d'à peine un mois et la nécessaire reconstruction de l'identité que provoque un tel drame. Construit par fragments, il nous livre la gamme et l'évolution des émotions que l'autrice a vécues au cours des six années qui ont suivi le décès du petit Paul.

    Typhaine Leclerc retrace, avec une écriture courageuse et franche, la traversée héroïque de cette épreuve. Sa capacité à renouer avec la vie nous émeut et nous éblouit. La qualité de son écriture et de ses réflexions à la fois sociologiques et personnelles donne à son récit une dimension universelle et nous fait réfléchir aux deux événements majeurs qui balisent l'existence humaine : la naissance et la mort.
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    C'est aussi la parole d'une jeune mère qui mérite d'être écoutée en ce qu'elle expose une expérience de vie spécifique au fait d'être une femme, peu importe les époques.

  • Dans une société de l'image comme la nôtre, qui valorise la beauté, la jeunesse, la vitesse et la jouissance immédiate, comment et où trouver du sens quand on vit dans un corps différent, comme cet homme, confiné à son fauteuil roulant, qui a besoin de l'aide de préposés, de son frère et de la voisine d'en haut ?

    Cette question de sens, l'homme en fauteuil roulant en discute avec un ami, chercheur en génétique, qui a son idée toute faite sur la question, avec une ex-amoureuse, qui voit dans la vulnérabilité une source d'empathie, même avec Dieu, s'il existe bien sûr, qui tend à s'en laver les mains.

  • Avec une précision d'horloger, Jérôme Élie construit des situations qui révèlent le peu de stabilité du monde dit réel. Tout nous semble familier ou normal, puis soudain, comme si les personnages avaient une défaillance, le décor se fissure, l'histoire prend une allure déroutante...

  • Ce roman raconte avec style et perspicacité l'histoire ignorée des femmes indiennes d'ascendance africaine qui ont participé à la grande rébellion de 1857 contre les forces britanniques à Lucknow, cité royale cosmopolite et prospère du Nord-Est indien. Cette révolte est aujourd'hui considérée comme étant la première guerre d'indépendance de l'Inde.

  • Dans une suite de scènes et d'épisodes éblouissants, les histoires de ce recueil naviguent entre l'humour et l'émotion, entre l'étonnement et l'absurde, et nous transportent d'une plage mexicaine à un village perdu de l'Amérique profonde, d'un party de bureau à la cérémonie d'une secte religieuse, d'une ferme d'élevage du saumon de la Côte-Ouest à une boîte de jazz en Australie, d'un restaurant chic à un port de mer où un vieil homme veut percer un trou dans son bateau.

  • Couvrant les années 1950 à 1980, les récits nous transportent, entre prose et poésie, entre réel et imaginaire, du Québec à Haïti, et de la France au Vietnam. De la cime d'un grand pin au trou d'un cimetière; d'un camping en bord de mer au béton d'un HLM, ou encore d'un balcon-prison jusqu'à la scène, côté jardin, de l'Académie Saint-Paul, ce sont autant d'images fortes, choc, qui se révèlent ici et trouvent leur juste place dans ce recueil d'histoires d'enfances plurielles, chacune étant unique, comme toute enfance.

  • Au volant d'une vieille Acclaim, dans une enfilade d'autoroutes qui relient Montréal à San Francisco, Patrick Lafontaine, personnage principal de Roman, va retrouver Diane qui enseigne dans une université américaine. Elle voulait un enfant, il n'en voulait pas, elle est donc partie sans lui. Depuis, les choses ont changé.

    S'engageant ainsi dans un road trip à travers les États-Unis, avec pour seule compagnie son chien PaulMa et un trailer rempli de livres, Patrick laisse aujourd'hui derrière lui un homme traqué par les souvenirs. Au fil des kilomètres et des motels, il se remémore ce qui l'a dévoré : sa propre mère à qui il était soumis; une autre mère, Ivanna, qui lui confie la charge de son fils Roman alors qu'elle repart en Russie ; et Diane, mère en devenir, majestueuse, cassante, héroïque.

    Dans un mélange singulier de prose et de poésie, à la fois réaliste et métaphorique, voici un roman sur ce qui ne peut, ne doit se taire, et, surtout, sur ce que l'on doit s'inventer à soi-même pour renaître.

  • Les textes de ce recueil retracent les étapes d'une adaptation à une nouvelle vie ailleurs. Ces fragments évoquent la perte brusque de repères, l'égarement, la solitude, puis l'envie de se laisser emporter finalement dans l'aventure de la découverte de soi, cet inconnu devenu autre dans un monde différent.

  • Un livre majeur sur l'époque effervescente du théâtre des femmes des années 1974 à 1988.

    Olivier Dumas a réalisé des entrevues avec 21 femmes de théâtre qui retracent et racontent l'histoire des 12 coups d'éclat que furent : Un Prince, mon jour viendra, Môman travaille pas, a trop d'ouvrage!, La Nef des sorcières, Les Fées ont soif, La Peur surtout, La Saga des poules mouillées, La Terre est trop courte, Violette Leduc, Enfin Duchesses, Trois et 7 le numéro magique, Un reel ben beau ben triste, Camille C. et Noir de monde.

    « J'ai voulu réunir des voix différentes, mais qui me semblaient complémentaires », écrit Olivier Dumas dans son introduction. Les voix de ces femmes de théâtre résonnent comme des éclairs d'audace contre l'inertie, contre la tiédeur.

    Les voici nommées : Paule Baillargeon, Nicole Brossard, Marie-Claire Blais, Pol Pelletier, France Théoret, Lise Roy, Denise Boucher, Anne-Marie Provencher, Markita Boies, Michelle Rossignol, Carole Fréchette, Suzanne Garceau, Véronique O'Leary, Jeanne-Mance Delisle, Louise Lemieux, Lucie Godbout, Julie Vincent, Patricia Nolin, Marie Ouellet, Lori Saint-Martin et Celita Lamar. Loin d'une nostalgie d'un temps révolu, ces artistes mettent au jour l'intemporalité de ces 12 coups de théâtre dans notre histoire collective et éclairent le contexte sociopolitique dans lequel leurs prises de parole se sont inscrites.

    Ce livre est une mine d'informations de première main sur cette riche période de la scène québécoise au féminin. Un document d'archives vivantes.

  • Il y a le Paris des romantiques et celui des amoureux. Le Paris des Années folles. Le Paris des poètes et le Paris de Dany Laferrière. Il y a aussi le Paris des grandes gares, le Paris des attentats, le Paris de toutes les cultures et celui des migrants. Et il y a ce Paris de tous les jours, dans ses bruits quotidiens et dans l'inattendu des rencontres, ce Paris où Marie Ouellet a vécu 10 ans, ce Paris qui l'habite toujours.

    Accompagnées de 44 dessins de Lisa Burg, ces 44 « courtes scènes », instants fugitifs dérobés au temps qui court, proposent une galerie de portraits captés sur le vif par une promeneuse à l'écoute de la rumeur de la ville. Au fil de ses promenades, elle jette un regard attendri sur les passants qu'elle croise, les vendeurs de journaux au coin des rues, les saltimbanques dans le métro et les Parisiens qui discutent inlassablement dans les cafés.

  • Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste.

    Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre.

    Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.

  • Yvon Paré nous entraîne dans l'univers de la grande romancière Nicole Houde. Il imagine des rencontres entre les personnages de ses propres romans et ceux de Nicole Houde, provoque des confidences improbables. Sa plume alerte et sensible invente ainsi un dialogue passionnant entre deux univers romanesques si différents et si proches. Dans des conversations puisées à même leurs oeuvres, Yvon Paré explore les origines de l'écriture chez Nicole Houde comme chez lui.

    L'Orpheline de visage : une rencontre entre deux écrivains, une reconnaissance, une amitié littéraire au-delà des mots et de la vie, une parenté d'âme et d'esprit.

  • Ce recueil propose des témoignages et des récits qui tentent de s'approcher le plus possible de la vie quotidienne en Cisjordanie. En quelque sorte, ce sont des carnets de voyage perdus et retrouvés qui décrivent la vie des Palestiniens et des Palestiniennes. À ces récits, s'ajoutent quelques repères historiques et des données factuelles qui viennent éclairer et compléter les textes. Des photos aussi.

  • Ce livre invite à une réflexion sur des sujets tels que les signes religieux dans l'espace public, la neutralité de l'État, les accommodements raisonnables et un vivre-ensemble harmonieux qui serait fondé sur des principes universels.

  • Ce recueil de six nouvelles se penche sur des destins tragiques. On y croise un médecin respecté qui s'avère être tout sauf respectable; un homme en apparence inoffensif qui fut autrefois un bourreau sans pitié; une enseignante qui voit sa vie bouleversée par la guerre; une mère qui attend désespérément le retour de son fils. Tous ces personnages ont une histoire à raconter, une histoire qui peut cacher de bien sombres vérités. Les fins heureuses se font rares, mais n'en est-il pas ainsi de la vie?

    Une des nouvelles se déroule ici, à l'aéroport de Vancouver. Une autre se passe ailleurs, à New York, dans la rue près d'une boîte de jazz. Une autre encore, dans le métro. Et plusieurs, là-bas, loin de nous, en Syrie et en Thaïlande.


    Exclusion, misère, désarroi, trahison, guerre. Marie-Célie Agnant pose un regard plein de compassion sur la condition humaine où bourreaux et victimes se côtoient. Un livre poignant qui ébranle bien des préjugés.

  • Donald Alarie a publié son premier livre il y a quarante ans. Il nous offre, cette fois, 28 histoires racontées par un homme d'un âge avancé qui se souvient de différents événements vécus depuis son enfance. Il fait souvent preuve d'une grande tendresse envers les êtres qu'il a croisés au fil des ans et qu'il a, dans la plupart des cas, perdus de vue. Que ce soit à Montréal ou dans une ville de province, le hasard lui a fait vivre des situations surprenantes.

    À travers diverses anecdotes se déploie le portrait d'une société québécoise en évolution depuis le milieu du siècle dernier, marquée notamment par l'immigration, les nombreux déménagements, la désaffection envers la pratique religieuse et le vieillissement de la population.

  • Palawan est l'histoire d'une bouleversante quête d'identité. Dès la première page, l'authenticité des lieux et des personnages captive l'attention.
    Lang Co, Vietnam, 1979. Par une nuit sombre, seule au milieu d'inconnus, la jeune Kim embarque à contrecoeur dans un bateau. Le rafiot, à la dérive pendant des jours, atteint finalement Palawan, un camp de réfugiés des Philippines où s'entassent des Vietnamiens venus de la mer, les Boat People. Le long jeu de l'attente commence alors. Kim n'hésitera pas à mentir sur son identité pour quitter cet enfer.
    Des années plus tard, au Connecticut, transformée en Américaine dans sa famille adoptive, elle demeure hantée par son désir de retrouver ses soeurs et sa mère. Elle raconte aux uns et aux autres toutes les tristes histoires qu'ils veulent entendre et s'invente un passé. Mais sa véritable histoire lui échappe. Ses recherches la conduiront de Montréal à Los Angeles puis, à nouveau à Palawan, où vivent encore, dans les années 90, des réfugiés indésirables qui n'ont pu quitter le camp. Leurs récits bouleversants l'obligeront à se rappeler ce qu'elle avait choisi d'oublier et l'aideront à faire la paix avec elle-même.

  • Avec délicatesse et humour, Julie Bouchard intègre le lecteur dans son roman et en fait un véritable personnage aux côtés des inconnus qui déambulent dans les rues de la ville.

    Chaque matin, des passagers à peine sortis du lit montent dans l'autobus 102 pour aller vaquer à leur labeur quotidien. Ils ne se parlent pas. Ce sont de parfaits étrangers les uns pour les autres, mais leurs destins vont bientôt se croiser tragiquement.

    Que sait-on de la vie et des secrets de tous ceux et celles qu'on côtoie tous les jours dans la rue, à l'épicerie ou dans un bus ?

  • Un roman à cinq voix. Une conteuse dotée d'un sens aigu de l'observation qui manie l'émotion avec retenue et pudeur.

    Élisabeth et Saul attendent leur premier enfant, mais cet enfant tant désiré meurt à la naissance. Élisabeth est inconsolable. Au fil des mois, elle croise sur sa route des êtres qui ont connu eux aussi leur lot de peines.

    Chacun retrace le chemin qu'il a emprunté pour se réconcilier avec la vie, malgré la perte d'un être cher.

    L'amitié et la tendresse qu'ils partagent les réconfortent. Peu à peu leurs chagrins s'effilochent comme les nuages après l'orage. Car la vie reprend toujours ses droits.

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