Editions Champ Vallon

  • Ce sont «les gouvernantes». Elles sont trois, dans une grande maison au fond d'un parc, comme des reines, protégées du monde extérieur par des grilles d'or. Tour à tour follement gaies, tendres ou cruelles, mais toujours ardentes et puissamment vivantes, elles s'allient, se séparent, se déchirent ou se poursuivent dans d'étranges jeux qui sont ceux de la vie.
    Observées par l'oeil implacable d'une lunette qui ne les perd pas de vue, «les gouvernantes» jouent pour nous le charme et la magie d'un songe de nuit d'été...

    Anne Serre est l'auteur d'une quinzaine de livres. Son premier roman ici réédité, Les gouvernantes, a paru en 1992. Il a été traduit aux Etats-Unis en 2018 et en Angleterre en 2019. Elle a obtenu en 2020 le Prix Goncourt de la Nouvelle pour Au coeur d'un été tout en or (Mercure de France). Champ Vallon a publié la même année Grande tiqueté, une étrange comptine écrite dans une langue inventée. Anne Serre vit et travaille à Paris.

  • Monsieur le prefet - incarner l'etat dans la france du xixe Nouv.

    L'image de l'autorité préfectorale au XIXe siècle est celle d'une autorité martiale exercée par un haut fonctionnaire aux immenses pouvoirs. En réalité, construire une autorité considérée comme légitime par la population a nécessité un travail institutionnel et individuel permanent. Dans ce siècle de révolutions, préfets et sous-préfets se sont situés aux avant-postes de la conquête morale du territoire afin d'enraciner le régime et faire accepter l'État. Ce livre entend analyser ce travail de représentation et de séduction négligé par l'historiographie. Il restitue la construction de ce charisme de fonction à partir de terrains originaux, notamment le corps physique du préfet, vecteur d'une incarnation de l'État, ou encore le bal de la préfecture, véritable outil de gouvernement.

    Ancien élève de l'ENS-Ulm et membre honoraire de l'IUF, Pierre Karila-Cohen est professeur d'histoire contemporaine à l'université Rennes 2 et membre de Tempora (EA 7468). Ses travaux concernent l'histoire de l'État, de la police, des enquêtes et de la relation d'autorité en France et en Europe au XIXe siècle. Il a publié en 2008 L'État des esprits. L'invention de l'enquête politique en France (1814-1848). Il collabore régulièrement au Monde des livres.

  • La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l'école fut proclamée par les colonisateurs français mais qu'en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l'école s'imposa : apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation. Très vite, les limites apparurent, il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoqua les déceptions et la colère des colonisés.

    Diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble, docteur de l'EHESS, titulaire d'une habilitation à diriger des recherches (Panthéon-Sorbonne, Paris 1), Carole Reynaud-Paligod enseigne l'histoire et la sociologie à l'Université de Bourgogne depuis 2018.

  • Cet ouvrage met en pleine lumière un moment décisif mais relativement méconnu de la naissance du mouvement humaniste dans l'Italie du début du Quattrocento : ce n'est pas à Florence, mais à la cour des papes revenue à Rome que s'épanouit et s'affirme une nouvelle génération d'intellectuels, au sein d'un milieu cosmopolite, travaillant dans l'administration pontificale et au service des élites ecclésiastiques. Et c'est dans un contexte de crise profonde, le Grand Schisme d'Occident, que la papauté s'ouvre à l'idéal d'une Renaissance. Au fil d'une enquête croisant sources d'archives et oeuvres littéraires, l'histoire de ce tournant est retracée, de l'afflux de jeunes lettrés en quête de fortune dans une institution divisée, aux débuts d'une révolution rhétorique et idéologique.

    Agrégée, docteure en histoire médiévale et ancienne membre de l'École française de Rome, Clémence Revest est aujourd'hui chargée de recherche au CNRS (Centre Roland Mousnier, Sorbonne Université).

  • Engagé dans la Résistance, aux côtés du général de Gaulle, dès l'été 1940, Gilbert Renault, dit "Rémy", demeurera dans l'Histoire comme l'un des plus célèbres agents secrets de la Seconde Guerre mondiale. Le conflit terminé, durant quarante ans, il édifiera sa propre légende, revivant inlassablement chacune des pages de cette grande épopée.
    Depuis, les acteurs et témoins de l'époque ont eux-mêmes livré leurs souvenirs. De nombreuses archives privées et publiques sont devenues accessibles. Ces sources diverses (dont la plupart sont inédites) ont contribué à éclairer d'un jour nouveau l'image du grand résistant.
    Sa biographie révèle des pans entiers d'une existence dont lui-même n'a jamais souhaité faire étalage (le différend qui l'opposa à Pierre Brossolette) ou qu'il aurait voulu faire oublier (sa haine de Pétain durant la guerre transformée après celle-ci en une dévotion quasi mystique, sa défense du milicien Touvier voire son admiration pour les Français de la Waffen SS). Il fut également un militant très actif du gaullisme politique au sein du Rassemblement du peuple français. (RPF).
    Portrait sans concession et sans parti pris d'un homme de son temps, tiraillé par d'imprévisibles contradictions.

    "Oui, consent-il... Rémy est un homme étrange, c'est un caractère étrange." Claude Guy, En écoutant de Gaulle, Bernard Grasset, 1996.

    Philippe Kerrand a publié une histoire du domaine Pontcallec et un ouvrage de référence sur les Bretons dans la guerre de 1870, Le camp de Conlie (Prix de l'Académie du Maine). Il vit en Bretagne.

  • Les sociétés contemporaines produisent une quantité extraordinaire de déchets, nécessitant une organisation spécifique pour les évacuer et les recycler. Comment procédait-on avant le triomphe de l'industrie, avec des volumes bien moindres mais des moyens techniques plus limités? Ce livre s'intéresse à la manière dont le Paris d'Ancien Régime, monstre démographique, les a relevés. L'investissement direct des Parisiens et de leurs édiles est fondamental : les citadins ont longtemps pris eux-mêmes en charge l'organisation et le paiement du nettoiement des rues réalisé par des paysans de banlieue et de multiples travailleurs. Confrontant ses rêves de grandeur à la matérialité des défis logistiques et financiers, la monarchie a cependant peu à peu accru son emprise sur cette activité.

    Nicolas Lyon-Caen est chercheur au CNRS. Il a notamment publié La Boîte à Perrette. Le jansénisme parisien au XVIIIe siècle aux éditions Albin Michel en 2010.

    Raphaël Morera est chercheur au CNRS. Spécialisé en histoire environnementale, il travaille sur la gestion de l'eau à l'époque moderne. Aux Presses universitaires de Rennes, il a notamment publié L'assèchement des marais en France au XVIIe siècle en 2011.

  • Le fait de vivre Nouv.

    Marie dit la vie la vie

    tu n'as que ce mot aux lèvres



    c'est vrai j'avoue la vie est le seul

    refuge, je ne sais plus trop à force



    si « j'écris sur vous au lieu de

    mourir » ou pour rejoindre un verbe au présent



    « et me sentir mille choses heureuses à la fois »

    ayant atteint « la bienveillance du réel »



    du genre ces bras entre nous respirés

    alors c'est gagné la vie la vie

    Stéphane Bouquet, scénariste, danseur, critique, traducteur, a publié plusieurs livres de poésie ou autour de la poésie (les derniers en date, Les Amours suivants et Vie commune, Champ Vallon, 2013 et 2016, et La Cité de Paroles, Corti, 2018). Les Amours suivants et Vie commune sont traduits aux Etats-Unis.

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle, les sociétés humaines ont vécu une double transition : vers un mode de vie et un environnement sans cesse plus urbanisés, et vers une prise en compte accrue de l'impact environnemental de leurs activités.

    A partir des années 1970, les deux phénomènes se sont nourris mutuellement, suscitant une multitude d'initiatives pour défendre des espaces « naturels », ou lutter contre la pollution industrielle ou automobile. Une enquête collective menée dans les agglomérations de Lyon et de Grenoble, mais aussi au niveau des politiques nationales, restitue la richesse d'innovation sociale de cette époque, les bouleversements subis par les territoires urbanisés, et apporte une profondeur historique indispensable à la réflexion sur la situation contemporaine.

    Stéphane Frioux est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR CNRS 5190 LARHRA). Il a coordonné le projet de recherche TRANSENVIR.

  • Féerie

    Sophie Loizeau

    Féerie est un livre protéiforme, érotic-fantastique, dédié aux hommes aimés - aux amants. Il y a de vraies histoires d'amour et puis d'autres qui partent dans des délires : des délires égyptiens (Thot le dieu savant magicien), sorciers (la mandragore), indiens (Navajos), ésotériques (les fantômes), féeriques (les fées, les anges). Il y a l'univers d'Odilon Redon, Les lais de Marie de France, et tout ça fait de Féerie une sorte de livre des Merveilles.

    Sophie Loizeau est poète. Son oeuvre, originale, puissante, féministe, engagée depuis le début pour la défense de la nature et des animaux, est marquée par le fantastique et le mythologique, par le désir et la sexualité.
    Parmi ses derniers livres : La Femme lit, Flammarion, 2009 ; Caudal, Flammarion 2013 (prix François Coppée de l'Académie française 2014) ; Lys, avec des dessins de Bernard Noël, Fissile 2014 ; Ma Maîtresse forme, Champ Vallon 2017 ; Les Loups, Corti 2019.

  • La fédération des «Six Corps des marchands de Paris», composée des drapiers, épiciers-apothicaires, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfèvres, constitue la première force économique du royaume durant l'Ancien Régime. Ce livre est centré sur le dialogue mais aussi sur le rapport de forces qui n'a cessé de s'instaurer entre ce corporatisme institutionnalisé et la construction de l'Etat absolu. Il s'attache à la période qui s'étend du règne de Henri IV jusqu'à la suppression des corporations par Turgot en 1776. Esssai totalement original, il repose sur l'étude des archives inédites, notamment celles du collège de phramacie et celles des orfèvres, mais aussi l'exploitation du fonds manuscrit des six corps ainsi que sur une foule de factums, suppliques, mémoires, remontrances et requêtes.

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    Mathieu Marraud, chargé de recherche CNRS, effectue des recherches sur les rapports entre structure sociale et structure politique dans la ville d'Ancien Régime. Il a notamment publié:
    - La noblesse de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Univers historique », 2000, 574 p.
    - De la Ville à l'État. La bourgeoisie parisienne XVIIe-XVIIIesiècle, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque histoire », 2009, 575 p.
    Il est membre du Comité de rédaction de la revue Histoire & Mesure.

  • Ce livre porte sur les nombreux rassemblements organisés de 1944 à 1967 par des groupements juifs parisiens pour commémorer la Shoah et la Seconde Guerre mondiale. Dans un monde juif pluriel, très politisé et fortement clivé, ces cérémonies constituaient un rituel sociopolitique, un vecteur de mémoire et une ressource identitaire. Au vu de cette dense activité commémorative et des fonctions qui lui étaient assignées, il apparaît que la Shoah ne fut en aucun cas passée sous le boisseau au sein de la vie publique juive dont il convient aussi de réévaluer la vitalité dans la France de l'après-guerre, car ces commémorations participèrent pleinement à la reconstruction de la collectivité juive. C'est autour de ses morts que celle-ci revint à la vie au lendemain de la guerre et du génocide.

    Simon Perego est agrégé et docteur en histoire. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2016 à Sciences Po Paris sous la direction de Claire Andrieu et dont est issu cet ouvrage, a été distinguée par le prix de thèse francophone en études juives 2017 et le Prix Henri Hertz 2018 de la Chancellerie des Universités de Paris. Ses travaux actuels portent sur les populations juives de langue yiddish après la Seconde Guerre mondiale et leurs pratiques testimoniales.

  • La caractéristique de ce conte de 50 pages au ton facétieux et guilleret, c'est d'être écrit dans une langue inventée par l'auteur qui s'en explique dans une préface et une postface. Mais si les mots sont déformés ou créés, la syntaxe, le rythme et le ton du conte subsistent. Le lecteur peut ainsi suivre et comprendre l'histoire : trois vagabonds (« Tom, Elem et moi ») se promènent sur la lande, où ils rencontrent divers personnages qui se joignent à eux et avec qui ils nouent d'intenses relations amoureuses, érotiques, filiales, ou fraternelles : la Vierge, le marin de Poinsec, la mère de Tom, Alistair le pendu. Cette création d'une langue peut évoquer celle d'aînés fameux. Grande Tiqueté sera dit sur scène par l'auteur. Le texte est actuellement en cours de traduction anglaise.

    Auteur d'une quinzaine de romans dont le très remarqué Petite table, sois mise ! (Verdier, 2012). Traduite aux Etats-Unis, en Angleterre, en Espagne. Son premier roman, Les Gouvernantes (Champ Vallon, 1992) paru aux USA en 2018, salué par le New York Times (2/12/18), a figuré dans la dernière sélection du Best Translated Books Awards 2019. Trois autres de ses romans paraîtront chez son éditeur américain en septembre 2019.Vit à Paris où elle donne des ateliers d'écriture aux éditions Gallimard.

  • Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci.

    Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai.

    Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.

    Christian Godin a publié une cinquantaine d'ouvrages, parmi lesquels on compte des travaux académiques (La Totalité, en sept volumes), des ouvrages scolaires et universitaires (Dictionnaire de philosophie), des ouvrages destinés au grand public (La Philosophie pour les Nuls) et des essais portant sur le monde et la société d'aujourd'hui (La Haine de la nature, La Démoralisation, Ce que sont devenus les péchés capitaux, Les lieux communs d'aujourd'hui, Qu'est-il arrivé à la beauté ?).

  • Ce livre traite de l'histoire des « communs » en France et dans l'Empire colonial français du XVIIe au XXIe siècle. Les « communs » sont la forme que prend, historiquement, la gestion collective des ressources et des environnements par les communautés locales : pâturages et forêts, zones humides, cours d'eau, zones de pêche... Ils ont représenté, sur le long terme, un pan essentiel de la vie des sociétés et des écosystèmes, ne relevant ni de la propriété privée, ni d'une gestion par l'État. Ce modèle des « communs » est aujourd'hui promu partout pour faire face aux défis de la crise environnementale. Ce livre en propose la première analyse historique d'ampleur pour la France et ses colonies, afin éclairer d'un nouveau regard, et l'histoire de nos sociétés et leurs futurs possibles.

    Fabien Locher est historien au CNRS. Il travaille sur l'histoire environnementale des mondes contemporains, et notamment sur l'histoire longue du changement climatique, sur les liens entre écologie et propriété et sur l'exploitation des océans. Il a récemment publié Posséder la nature. Environnement et propriété dans l'histoire (2018) (avec F. Graber) et il prépare un livre à paraître au Seuil sous le titre Les révoltes du ciel. Une autre histoire du changement climatique (avec J.B. Fressoz).

  • En 1965, Randall Webb annonçait à ses phrères que l'Amérique se dotait enfin de son corps électrique, il aurait pour nom le Psycho-Batave. Trois ans après le Psycho-Batave entrait déjà dans son crépuscule, ni moins beau ni poignant que les neuf années de ténèbres qui succéderaient, avec l'exil en Europe du Conducteur Randall Webb.Lorsque Don Creux, « la clef de voûte » du Psycho-Batave, décède dans sa Floride natale, la dissolution s'achève. Escorté de Sred Sweign et de sa pupille, l'adolescent Jeremiah, Randall Webb accomplit un périple jusqu'au Désert des Mojaves, où seront dispersées les cendres de Don Creux. Il a toujours su qu'on ne meurt que pour mieux ressusciter. Jeremiah sera initié aux arcanes du Psycho-Batave, afin qu'une deuxième fois la bonne nouvelle soit répandue.

    Jonathan Baranger est né à Orléans le 3 avril 1980.Il enseigne le français en collège dans la campagne du Loiret.Il a publié un premier roman, Chokolov City, en 2018, chez Champ Vallon.

  • La littérature assure un rôle essentiel dans la constitution d'une pensée critique de la culture matérielle de l'âge industriel. Avant les sciences sociales et la philosophie, les textes littéraires, à partir des années 1830, problématisent les mutations d'une culture matérielle en expansion et l'ébranlement que celle-ci provoque dans l'ordre des catégories existentielles et esthétiques.
    Comment la littérature pense les objets présente l'avènement au XIXe siècle d'une véritable culture des objets et la redéfinition majeure des fonctions et des champs d'action de la littérature et des arts qui en découle. En observant les objets sous toutes leurs coutures (sociologique, esthétique, ontologique) le livre pose les bases d'une théorie générale et actuelle des objets, instituée par la fiction.

    Marta Caraion est professeure de littérature française à l'Université de Lausanne où elle dirige un projet de recherche sur les rapports entre littérature et culture matérielle du XIXe au XXIe siècle. Elle a dirigé le volume collectif Usages de l'objet. Littérature, histoire, arts et techniques, XIXe-XXe siècles (Champ Vallon, 2014) et publié Pour fixer la trace. Photographie, littérature et voyage au milieu du XIXe siècle (Droz, 2003).

  • «Il arrive qu'un instant sans durée concentre en lui-même la valeur d'un long intervalle et fasse tenir le maximum de ferveur dans le minimum de temps. Il arrive qu'une jouissance continuée et plus ou moins diluée se ramasse au foyer d'une joie-éclair. [...] Or qu'est-ce que la vie entière perdue dans l'océan de l'éternité, sinon « un grand instant » ? . Cet extrait de La Mort de Jankelevitch, dans un chapitre intitulé «La vie brève», circonscrit le point d'attention réunissant des poèmes remontant à des époques diverses (enfance et jeunesse, temps présent) mais pour tenter d'en restituer et déplier l'intensité particulière, seul trait qui les rassemble, et pourrait faire de la vie reparcourue par coups de sondes un grand instant.

    Olivier Barbarant, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de Lettres Modernes et docteur ès lettres à l'Université Paris-VII. Il vit à Saint-Quentin, dans l'Aisne. Il est nommé en 2012 inspecteur général de l'Éducation nationale dans le groupe Lettres2. Tous ses recueils (le dernier Elégies étranglées, 2013) sont publiés chez Champ Vallon. Il a dirigé le volume de la Pléiade consacré à l'oeuvre poétique de Louis Aragon.

  • La Révolution française a refondé le système de propriété existant jusqu'en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. En abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l'office public vénal et en démantelant le domaine de la Couronne, les révolutionnaires ont fait de l'Etat une pure souveraineté. Cette grande démarcation opéra une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d'où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l'Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Cette transformation révolutionnaire de la propriété d'Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.
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    Rafe Blaufarb, né en 1967, est professeur d'histoire de la France à la Florida State UNivesity, où il dirige l'Institut sur Napoléon et la Révolution française. Il est l'auteur d'ouvrages dont les thèmes vont de l'idée méritocratique dans l'armée de la Révolution française à l'histoire de l'exemption nobiliaire de l'impôt dans la France d'Ancien Régime.

  • Les années de la fin du règne de Henri II jusqu'à la fin de la première guerre de religion en mars 1563 voient s'accélérer la rupture religieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. L'activité criminelle d'une haute cour de justice montre qu'en matière de religion, la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé le royaume de France ainsi que la monarchie.

    Archiviste paléographe, Sylvie Daubresse est ingénieur de recherche CNRS au Centre Roland Mousnier, Sorbonne Université. Ses travaux portent sur l'histoire politique et judiciaire du XVIe siècle. Elle a publié Le parlement de Paris ou la voix de la Raison (Droz, 2005), collaboré à un ouvrage collectif sur Le Parlement en exil (H. Champion, 2007). Le présent ouvrage est le mémoire inédit de son habilitation à diriger les recherches.

  • Inlassablement, à rebours de toutes les déconstructions modernes de sa longue tradition bucolique, la poésie continue d'évoquer la nature. Elle nous rappelle ainsi que nous en sommes partie intégrante.Au plus intime de la parole du poème, une note pastorale souvent continue son murmure. En son ostinato, elle témoigne du pacte pastoral immémorial qui lie poésie et nature et fait de la première une « éco-logie » au sens fort.Hantée toujours par le vieux rêve d'un Âge d'or, la poésie demeure porteuse d'une indéconstructible promesse d'habitation poétique de la Terre. S'inquiétant de l'apocalypse qui menace, elle invite à imaginer des formes de vie alternatives en même temps qu'elle cherche à inventer ces chants pastoraux nouveaux dont nous avons aujourd'hui grand besoin.
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    Jean-Claude Pinson est né en 1947. Après, en 1995, un premier essai sur la poésie contemporaine, Habiter en poète, suivront plusieurs livres de poésie (Fado [avec flocons et fantômes]) (Champ Vallon, 2001), Alphabet cyrillique (Champ Vallon, 2016), et, en 2018, aux éditions Joca seria, un récit en prose à caractère autobiographique intitulé Là (L.-A., Loire-Atlantique), variations autobiographiques et départementales.

  • En se plaçant au-dessus des partis, le président Macron abuse d'une recette éprouvée depuis 1793. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, supplante le pouvoir législatif au risque de fragiliser la démocratie représentative. La modération du centre est censée constituer une réponse aux postures de droite et de gauche, repoussées aux extrêmes. La saison des tourne-veste prétendant inventer une nouvelle morale politique pour légitimer leur renoncement répète les crises françaises de la politique depuis 200 ans. La vie politique n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche mais par un poison sournois ; celui d'un extrême centre qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer dans l'autoritarisme.

    Pierre Serna est professeur d'histoire de la Révolution française à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Diagnostiquer, décrypter et domestiquer les passions de l'âme, telle fut l'obsession des médecins, des lettrés, des théologiens, des hommes d'Eglise et d'Etat en ce premier XVIIe siècle. La hantise d'une reprise des guerres civiles, après un demi-siècle de déchirements, explique la naissance d'une science et d'une anthropologie nouvelles des passions. La haine est identifiée comme l'origine de la violence fratricide dans la cité. Capables de générer une émotion voire une haine publique, telle la xénophobie, les médias constituent un nouvel outil politique redoutable et redouté. Les raisons de la haine examinent à la fois les sciences mécaniques et politiques des passions, leur usage, leur instrumentalisation et leur domestication. Une invitation à comprendre les rouages de cette fabrique publique de la haine, d'une étonnante modernité !

    Agrégé et docteur en histoire, Yann Rodier est Assistant Professor et directeur du département d'histoire à l'Université Sorbonne Abu Dhabi. Ses recherches portent sur l'histoire des sciences des passions, l'histoire des émotions et l'histoire des stéréotypes et des préjugés contre les étrangers. Ses recherches postdoctorales se sont intéressées à l'étude des minorités tsiganes en Europe. Une autre recherche en cours aux Émirats est orientée sur la diplomatie française dans le Golfe, le sultanat d'Oman et le Yémen aux xvii et xviii siècles.

  • Ce livre est une histoire du jardin zoologique à travers celle de la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, des zoos de Londres et d'Anvers, depuis leur fondation. Ecrite du côté des animaux, sans perdre des yeux les humains qui font et défont l'institution, il dit le poids de l'emprise dans les cages et au-delà, puisque le zoo dessine des réseaux tentaculaires de capture, puis, à partir du XXe siècle, une mainmise conservationniste, enfermant les animaux au nom de leur protection. Depuis le zoo-microcosme, l'ouvrage dessine l'histoire d'institutions puissantes - zoos, organisations élitaires de protection animale et de conservation de la faune - qui contraignent ceux qu'elles disent protéger, et celle d'animaux et d'humains qui résistent et luttent pour ouvrir d'autres possibles.

    Violette Pouillard, docteure en histoire (Université libre de Bruxelles-Université Jean Moulin-Lyon 3) puis postdoctorante à l'Université d'Oxford (Wiener-Anspach postdoctoral fellowship), est actuellement assistante à l'Université de Gand, où elle poursuit ses recherches sur les dynamiques de pouvoir associant humains et non humains, tout en donnant cours d'histoire de l'environnement.

  • Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.

    Séverin Duc, agrégé et docteur en Histoire, est membre de l'École française de Rome et chercheur associé au Centre Roland Mousnier. Il obtenu, pour la thèse dont ce livre est issu, le prix Aguirre-Basualdo de la Chancellerie des Universités de Paris. Actuellement, il s'intéresse à l'histoire sociale et familiale des pouvoirs en France et en Italie.

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