Institut de recherche sur le Maghreb contemporain

  • Les dernières décennies ont vu une banalisation de l' « archive » qui, mise au singulier, tend à désigner toute trace, le plus souvent fragile et périssable, d'un passé qui s'éloigne et trahit ainsi l'essor inquiet d'une patrimonialisation tous azimuts. Je voudrais ici, bien conventionnellement, me référer à l'archive au sens technique, celui de la tradition archivistique, que propose, par exemple, le chartiste Jean Favier aux toutes premières lignes de son petit mémento : « Les archives sont l'ensemble des documents reçus ou constitués par une personne physique ou morale, ou par un organisme public ou privé, résultant de leur activité, organisé en conséquence de celle-ci et conservé en vue d'une utilisation éventuelle ».Si nombre de corpus documentaires peuvent renvoyer aux formes diverses de collection, seul un petit nombre d'entre eux repose sur les logiques, institutionnelles au sens large, de production et de conservation de l'information.

  • Pourquoi avoir choisi de se pencher de manière spécifique sur la question de la formation des ingénieurs marocains, algériens et tunisiens ? Si la question de l'emploi des diplômés au Maghreb a été largement abordée, en revanche la communauté scientifique a négligé l'étude des formations d'ingénieurs. Or, ces dernières apparaissent stratégiques en terme de développement dans la mesure où elles sont censées fournir la main-d'oeuvre qualifiée, les cadres et les innovateurs du secteur productif. Au Maghreb, l'effort de formation a été d'autant plus massif que la présence de Maghrébins dans les corps techniques au moment de l'indépendance était insignifiante. Cependant, au-delà des discours sur la nécessité de former des ingénieurs et des techniciens, la question de la formation des compétences se pose moins aujourd'hui en termes de pénurie de cadres techniques, qu'en termes de massification de certaines formations d'ingénieurs. Il convient désormais de s'attarder sur les implications scolaires, professionnelles et sociales des arbitrages imposés par le nouveau contexte de la transition libérale ou d'austérité budgétaire qui touche les États maghrébins.

  • La question de savoir comment se construisent des ensembles globaux et de quelle manière et pour quelles raisons des hommes ou des groupements humains se lient entre eux et forment ensemble des groupes sociopolitiques spécifiques et dynamiques, demeure aujourd'hui au coeur du projet des sciences sociales et historiques. Projet qui peut pour le terrain maghrébin se formuler ainsi : comment produit-on et préserve-t-on la cohésion des configurations sociopolitiques au Maghreb en dépit des conflits et des violences qui peuvent s'y manifester ? Par quels mécanismes sociaux, culturels et politiques y entretient-on un consensus ? Comment le jeu social s'y fait et s'y poursuit ?On a cherché à rendre plus intelligible le fonctionnement des divers espaces sociétaux composant les ensembles maghrébins. Pour ce faire, on a prêté une attention particulière aux dynamiques ayant transformé les sous-systèmes locaux et aux modalités de leur mise en relation au sein de configurations globales. En effet, depuis les débuts des temps modernes, les systèmes sociopolitiques maghrébins sont en mouvement et, partant, engagés dans un vaste processus de recomposition. Il nous a semblé utile de comprendre et le sens et les mécanismes de cette dynamique.

  • Mettre en regard l'actualité sociale et politique du concept d'étranger, d'une part, et, d'autre part, la réactivation dont il fait l'objet dans les sciences sociales, tel est l'objectif proposé pour la deuxième séance du séminaire annuel de l'IRMC 2000-2001 Identités et territoires : les catégorisations du social. La notion d'étranger renvoie, ...

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