Libertalia

  • La Ferme des Animaux [Animal Farm], publiée en langue anglaise en 1945, est l'un des livres les plus célèbres de George Orwell. Dans cette fable, Orwell décrit une révolte qui aboutit au renversement du fermier et à la prise du pouvoir par les animaux. Rapidement, le rêve égalitaire d'harmonie et de justice cède la place au doute puis au désarroi à mesure que se recrée une autocratie dirigée par les cochons, lesquels vont rapidement s'entretuer pour la place de chef et tyran.

    George Orwell (1903-1950) est l'un des plus grands auteurs d'expression anglaise. Il a notamment écrit 1984et Hommage à la Catalogne. Toute son oeuvre traduit son aspiration au socialisme libertaire.

  • Bartleby le scribe (Bartleby the Scrivener : a story of Wall Street) est une nouvelle célébrissime rédigée par Herman Melville en 1853. Le narrateur, un notaire new-yorkais, embauche un clerc singulier afin de faire de la copie d'actes. Au fil du temps, cet être consciencieux se révèle étrange, en refusant d'abord de faire certains travaux demandés par son patron. Puis il cesse de travailler, et refuse enfin de quitter l'étude, fût-ce la nuit. Il répète à l'envi : « J'aimerais autant pas. » (I would prefer not to).

    Préfiguration des thèses des écrivains de l'absurde, symbole de la résistance passive à l'époque de la bureaucratie naissante et des balbutiements du capitalisme d'affaires, cette nouvelle inclassable est un bijou.

    Herman Melville (1819-1891), romancier états-unien, auteur de Moby Dick et Billy Budd.

  • Dans The Dream of Debs (1909), une nouvelle d'anticipation, Jack London ranime le spectre de la grève générale. Un matin, les notables de San Francisco s'éveillent et le personnel manque à l'appel. Les ouvriers ont déclenché une grève interprofessionnelle illimitée. La pénurie s'organise et la détresse des possédants progresse. Mais l'armée veille au grain...

    South of the Slot (1909) relate la vie de Freddie Drummond, un sociologue conformiste dont l'objet d'étude porte sur le monde ouvrier. Régulièrement, l'habitant des quartiers riches troque son costume pour le bleu de travail et devient « Big Bill », le camionneur syndicaliste. Progressivement, Freddie se sent mieux dans cette société ouvrière où les rapports sont plus francs, où la solidarité n'est pas un vain mot...

    Jack London (1876-1916), pirate, révolutionnaire, boxeur et romancier. Héros du rock'n'roll (live fast, die young).

  • En 1857, dans une Angleterre victorienne patriarcale, William Morris, poète de 23 ans proche du mouvement préraphaélite, s'empare de la légende arthurienne qui connaît alors une popularité croissante. Mais, au lieu de célébrer les exploits des chevaliers, l'auteur décide de donner pour la première fois la parole à la reine Guenièvre. Reprenant l'un des épisodes les plus célèbres du mythe du Camelot durant lequel la souveraine est accusée d'adultère avec Lancelot, William Morris place Guenièvre au centre de son récit et lui laisse le champ libre pour qu'elle présente seule sa défense devant un parterre de juges : tous des chevaliers, tous des hommes. La reine développe alors ses arguments, défend son amour et montre qu'elle a aussi été contrainte dans une condition qu'elle n'a pas voulue.

    William Morris (1834-1896), poète, romancier, imprimeur, penseur libertaire, est l'auteur des Nouvelles de nulle part (nouvelle édition à paraître chez Libertalia en 2022). Il est considéré comme l'un des précurseurs de la pensée écologique radicale.

  • Le Talon de fer (The Iron Heel, 1908) appartient au patrimoine littéraire mondial. Francis Lacassin le désignait comme un « classique de la révolte ». Dans ce récit d'anticipation publié durant la période la plus créative de sa vie (soit juste avant Martin Eden), Jack London imagine la société future : révolte ouvrière, grève générale et... impitoyable répression.

    Roman socialiste à thèse, récit d'amour (la narratrice Avis Everhard relate la geste de son compagnon Ernest Everhard, un double de Jack London), ce texte a été lu comme une préfiguration de la société capitaliste poussée à sa forme extrême : le fascisme.

    Jack London (1876-1916), est l'auteur d'une oeuvre immense dont Libertalia retraduit tout le volet social.

  • À mes frères,

    Nous reviendrons, foule sans nombre ;
    Nous reviendrons par tous les chemins,
    Spectres vengeurs sortant de l'ombre.
    Nous viendrons, nous serrant les mains,
    Les uns dans les pâles suaires,
    Les autres encore sanglants,
    Pâles, sous les rouges bannières,
    Les trous des balles dans leur flanc.

    Tout est fini ! Les forts, les braves,
    Tous sont tombés, ô mes amis,
    Et déjà rampent les esclaves,
    Les traîtres et les avilis.
    Hier, je vous voyais, mes frères,
    Fils du peuple victorieux,
    Fiers et vaillants comme nos pères,
    Aller, La Marseillaiseaux yeux.

    Louise Michel, prison de Versailles, 1871.

    Louise Michel (1830-1905) est une figure iconique du mouvement ouvrier français.

  • Avec la publication de L'Apostat [The Apostate, 1906], Libertalia poursuit son travail de retraduction de l'oeuvre de Jack London.

    Dans cette nouvelle initialement publiée sous le titre Le Renégat, London dénonce le travail des enfants. Il y conte l'histoire de Johnny, 12 ans, qui s'échine à l'usine depuis son plus jeune âge pour faire vivre sa famille. Mais un matin, son corps ne répond plus. Si jeune et déjà prématurément usé, il décide de déserter l'armée du travail et de partir à la découverte du monde. Une révolte rimbaldienne teintée de naturalisme ; une nouvelle saisissante et insuffisamment connue.

    Jack London (1876-1916), écrivain américain, chantre des grands espaces et de la révolte.

  • Codine fait partie d'un cycle de quatre récits qui composent la jeunesse d'Adrien Zograffi, personnage récurrent de l'oeuvre de Panaït Istrati et à portée autobiographique.

    Adrien Zograffi et sa mère, blanchisseuse, viennent d'emménager dans la Comorofca, un quartier pauvre de Braïla, à l'est de la Roumanie. Adrien est un garçon pauvre, bien élevé, propre sur lui, poli, qui ne s'intègre pas aux bandes qui jouent au foot dans la rue, tous dépenaillés et grossiers. Un jour, il fait la connaissance du « géant du port », le forçat au grand coeur, le fameux Codine, voyou redouté de tous tant pour sa force que sa violence. Tous deux se lient d'une amitié forte et exclusive, ils deviennent « frère de croix ». Mais la fatalité rattrapera bien vite le grand Codine...

    Panaït Istrati est né à Braïla en 1884 et mort à Bucarest en 1935. On le surnommait le « Gorki des Balkans ». C'est un écrivain autodidacte, de langue française, ami de Boris Souvarine et de Victor Serge. Longtemps oubliée, son oeuvre retrouve aujourd'hui sa place de prédilection.

  • On trouvera dans ce petit livre deux textes de B. Traven (1882-1969) traduits de l'allemand par Adèle Zwicker.

    Le premier Le Gros Capitaliste est la version française de Der Groindustrielle, nouvelle extraite du recueil Der Banditendoktor ; on en connaissait une version publiée sous le titre Chaîne de montage, mais traduite de l'américain. Le second Administration indienne et démocratie directe est tiré de Regierung, publié en France sous le titre incongru de Indios, également dans une traduction de l'anglais.

    Paraboles littéraires et politiques, ces nouvelles permettent une première entrée dans l'oeuvre de l'auteur du Trésor de la Sierra Madre et complètent la biographie de Rolf Recknagel, B. Traven, romancier et révolutionnaire reprise en poche par Libertalia en novembre 2017.

    Traven est l'auteur de La Révolte des pendus, Le Trésor de la Sierra Madre, Le Vaisseau des morts et L'Armée des pauvres.Pour suivre la trace du célèbre anonyme, se reporter à la biographie de Rolf Recknagel, B. Traven, romancier et révolutionnaire (B. Traven, Beiträge zur Biografie), traduite par Adèle Zwicker, éditée par L'Insomniaque en 2009, reprise en poche par Libertalia en 2017.

  • « Puis, il vit la révolution dans toute sa gloire - rouge et resplendissante -, la révolution qui allait se propager dans son pays martyr et briser le joug du tyran. Les fusils étaient là, à portée de main. Chacun de ces visages honnis était un fusil. C'était pour ces fusils qu'il combattait. Il était ces fusils. Il était la révolution. Il boxait pour le Mexique tout entier. »


    1910, les paysans crèvent de faim, le Mexique est en ébullition. La dictature de Porfirio Díaz, s'appuyant sur les grands propriétaires et les militaires, étouffe toute contestation par le fer et par le feu. Mais le règne de plus de trente ans touche à sa fin. Depuis la Californie, les révolutionnaires en exil préparent la conquête du pouvoir. Un matin, Felipe Rivera, jeune Mexicain chétif, surgit dans les locaux de l'organisation. Nul ne sait d'où il vient. On ne lui connaît aucune activité, pourtant il remplit les caisses. Il fascine, il fait peur. Cet être est un mystère...



    Écrivain voyageur, chantre des grands espaces, militant socialiste révolutionnaire, Jack London (1876-1916) est à la source de la modernité littéraire nord-américaine. Dans cette nouvelle empreinte d'optimisme (1911), on retrouve les thèmes qui ont fait son succès : passion de la liberté et de l'égalité, volonté de dépassement, foi en l'homme.

    Écrivain voyageur, chantre des grands espaces, militant socialiste révolutionnaire, Jack London (1876-1916) est à la source de la modernité littéraire nord-américaine. Dans cette nouvelle empreinte d'optimisme (1911), on retrouve les thèmes qui ont fait son succès : passion de la liberté et de l'égalité, volonté de dépassement, foi en l'homme.

  • Extrait.

    "Il avait fait transformiste chez Michou jusqu'à 65 ans et nous montrait fièrement des photos où on avait bien du mal à reconnaître le vieux monsieur sous son truc en plumes et tout son tralala, ses falbalas. Je lui avais roulé une pelle le soir de son 83e anniversaire, le dentier avait tenu le coup et puis ça lui avait bien fait plaisir. Tata Jacques venait d'une famille tout ce qu'il y a de comme il faut. Camelot du roi, puis officier dans un régiment de hussards, il avait traversé la « drôle de guerre » d'une manière tout à fait honorable. C'est au Stalag qu'il a découvert son homosexualité. Sa famille et ses relations lui ont immédiatement tourné le cul. Son incarcération pour détournement de mineurs, après la Libération, n'a rien arrangé. Son chéri avait 19 ans, la majorité était à 21, la famille du mignon n'avait pas apprécié. À sa sortie de calèche, il avait donc entrepris sa reconversion dans le music-hall, bas résille, perlouses et perruque. Bénéficiant d'une retraite des plus riquiqui, Tata Jacques créchait dans les petits hôtels miteux du quartier qui lui bouffaient la Cazis de son minable pécule. Il s'accrochait aux Batignolles, refusant farouchement la maison de retraite des vieux artistes ; il voulait voir de la jeunesse, les vieux c'est chiant qu'il disait."

    Thierry Pelletier est né en 1965. Éducateur, il travaille avec des toxicomanes et des jeunes en rupture. Il a participé à l'aventure de Siné-Hebdo, a animé un blog (« La France de tout en bas ») sur Libération.fr. En 2007, il a publié son premier recueil La Petite Maison dans la zermi (suivi de Tox Academy) aux éditions Libertalia. Un ouvrage favorablement accueilli par les lecteurs comme par les critiques. Chanteur et musicien, écorché vif érudit et juste, son écriture est très imagée.

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