Seghers (réédition numérique FeniXX)

  • Histoire perdue, inventée, réalisée par sa perte même ; contrainte, par son inachèvement, à être présente, sans cesse à la recherche de ce qui la fit. Pourtant, une impossible rencontre avec aujourd'hui, sinon pour le mettre en doute et répéter qu'il ne s'agit que d'un vieux négatif usé, déjà connu. Le monde à travers un trou de cerveau, ou un trou de cerveau au monde. Et les mots qui ne laissent rien entrevoir vraiment, qu'une tentative de questionner la réalité, et n'oublient pas qu'il y eut « l'amas de sons, puis l'amère migration, avec de la terre en trop qui soulève et articule la piante alphabétique ».

  • Entre le temps et le simple dans ce livre, une énigme peut-être la plus pure, la plus dépouillée celle de l'impensable fragilité de penser, d'écrire. Celle où les chemins de la pensée et les chemins du deuil s'endurent car jamais portés par personne. « Libre lien de naissance infinie. » Le poème (paysage et pensée, hyperbole du reste) questionne au défaut du temps, au défaut des langues un tourment plus profond encore. L'inhumaine mesure, le fond mutique, les liens esclaves. Confus mortellement. Monde quasi fermé. Fond dès lors sur l'homme levé ce temps inhumain du flux, « esprit de la sans cesse vivante sauvageté non écrite ». Le rien, le temps, (songe intact de la durée) rythment alors la perte. Ce dur second savoir. « A l'orée, à la naissance faillible des paroles. » « O malheur. Comme en un lieu de pur hasard. » Livre déchiré d'humanité. Patience infinie en laquelle s'accordent le jour et la mesure de l'éveil. Délivre une force d'aimer. Appelle. « Viens plus près de moi, viens. » « Où es-tu, délaissé ? » Patrick Laupin

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Vous irez loin, Fournier. Vous vous rappellerez que c'est moi qui vous l'ai dit, lui écrivait Charles Péguy, le 16 septembre 1911. Ils devaient mourir tous deux, à quinze jours d'intervalle, trois ans plus tard, au Front. Sa brève existence n'empêcha pas Alain-Fournier d'être au centre d'une époque d'intense richesse littéraire et artistique, celle de la première décennie du XXe siècle. Pierre Suire en retrace toute la diversité. Alain-Fournier fut toujours, sous des angles croisés, à la recherche de l'être aimé. Dans une perpétuelle oscillation du rêve à la réalité, avec une expression réservée et une poésie discrète, toute son oeuvre se situe dans le jeu subtil des reflets du miroir en des temps privilégiés, l'automne et l'hiver, le soir et la nuit. De la vie ayant déjà tout saisi, Alain-Fournier prête à ses personnages des propos qui ne sont déjà plus de l'adolescence. C'est alors que chacun d'entre nous, en ce langage universel, face à ce miroir, se reconnaît aux côtés du Grand Meaulnes.

  • C'est en changeant de logement que le narrateur découvre sa nouvelle vocation. Jusque-là, il observait. Le voilà devenu voyeur. Mieux, il lui arrive de participer à la vie de ce monde absurde et insolite qu'il fait connaître au lecteur. Iconoclaste, loufoque, il invente des situations à la fois irréelles et complètement logiques. Disciple de Pierre Dac et des Marx Brothers, il use du jeu de mots et accentue le burlesque des comportements. Les personnages qu'il décrit, ahuris, faussement naïfs, interviennent dans ses récits comme dans une bande dessinée caricaturale. Cela, Claude Serre qui, en quelques dessins incisifs, donne aux situations les plus frappantes l'illustration appropriée, l'a senti mieux que personne. Michel Lagueyrie appartient à cette génération de comédiens de café-théâtre qui a complètement renouvelé le comique français. Volubile, délirant, cet homme de scène a bâti son livre comme un spectacle, passant d'un sketch à l'autre, mêlant les constructions savantes à la fantaisie la plus débridée avec une étonnante maestria. Sur un rythme rapide, il fait alterner avec une verve divertissante, l'ironie, le fantastique et, pourquoi pas, une sorte de poésie légère. Les trois coups sont frappés. Préparez-vous à rire.

  • Paris, en juillet, une chaleur suffocante. Dans cette fournaise, un homme est venu mener une enquête. Ni privé, ni policier, mais libraire marié établi à Nice, il s'acharne à élucider le mystère de la mort de son père, un acteur de renom. S'est-il vraiment suicidé, cette nuit de juillet 42, à la veille de la rafle du Vél' d'hiv', et pourquoi ? Ces questions, et d'autres, tout aussi lancinantes, ont trop souvent gâché la vie de Jean-François pour qu'à l'orée de l'âge mûr, et attiré par une lettre anonyme, il ne décide de traquer la vérité. Pour l'épauler, un ami retrouvé qu'il connut une nuit, elle aussi, de juillet, qui l'aime et le comprend...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un très grand nombre de rues, en France et dans le monde, portent le nom de l'abbé de L'Épée : né au tout début du XVIIIe siècle, dans les dernières années du règne de Louis XIV, ce prêtre janséniste est un personnage fondamental de l'histoire internationale des "Sourds et Muets". Lié au mouvement des Lumières par Condillac et par le projet d'une langue universelle, l'abbé de L'Épée fut également un polémiste et un pédagogue d'exception. L'intelligence qu'il déploya pour comprendre le problème de la surdi-mutité - grâce à la rencontre extraordinaire de deux jumelles "sourdes et muettes" qui communiquaient entre elles par signes -, la persévérance dont il fit montre pour délivrer les sourds-muets de leur enfermement psychologique et social restent remarquables. C'est aussi lui qui fonda la première école gratuite pour sourds, où il appliqua une conception nouvelle de la « langue des signes », tout en humanisant en profondeur le rapport de la société à ces personnes exclues, mises à l'écart ou internées. Au terme d'une longue existence rudement éprouvée sur le terrain, entièrement attachée à soulager l'infortune de ses contemporains, l'abbé de L'Épée meurt à la fin de 1789, dans les premiers mois de la Révolution.

  • Dans un monde incertain, qui se remet à peine d'une grave crise économique et demeure inquiet de son avenir, quelle est la place de la prospective ? Pour le savoir, Annie Batlle, familière des milieux où l'on pense à l'avenir, a entrepris une enquête mondiale qui l'a conduite auprès des principaux organismes et personnalités s'occupant de prévision et de prospective en Amérique, en Europe, au Japon, mais aussi en U.R.S.S. et en Chine. Elle a recensé les méthodes, les moyens, les orientations et les principaux résultats, dans un ouvrage sans équivalent. De ce périple intellectuel, elle revient avec une prospective nuancée de la prospective. Jamais on n'a conduit autant de recherches sur l'avenir, qu'au cours des dix dernières années. Mais la crise elle-même, et l'expérience, ont conduit commanditaires et spécialistes à modérer leurs ambitions. On ne croit plus au grandiose avenir des années 60. On s'interroge davantage sur le proche présent, d'où germera l'avenir incertain.

  • Le Breiz-Izel (Basse-Bretagne) est l'un des trésors de la culture bretonne. Ce livre est, en effet, un document extraordinaire sur la vie et les moeurs des Armoricains du XIXe siècle. Ses auteurs, Olivier Perrin pour les dessins, Alexandre Bouët pour le texte, ont réalisé une véritable enquête sur la civilisation de leurs compatriotes. Le style chatoyant de cette évocation hors du commun, fait revivre sous nos yeux l'univers de ces paysans du bout du monde, avec des titres de chapitre aussi colorés que la fontaine salutaire, la première leçon d'ivrognerie, autel druidique, la vente aux enchères après la messe, le mendiant en ambassade, le coucher de la mariée, jusqu'au naufrage qui est le pain de tout Breton : un univers sombre mais aussi empreint du fantastique et du merveilleux des légendes ancestrales.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On sait, depuis toujours, que l'amour aime les belles histoires. Pour séduire la charmante Didar, Rufus en invente cent et une. Histoires de rien, histoires de tout, histoires d'amour : une grand-mère qui remonte à la mémoire, un planeur qui s'égare, un violon qui se ride, la mer Rouge qui s'ouvre... Tout est prétexte à conter, tout est prétexte à capter l'attention de la belle. Mais, derrière l'amoureux, se cache le fabuliste à qui Didar envoie la balle. Séduite, elle reste sur le qui-vive. C'est sa manière à elle de gagner une autre nuit...

  • Un poète lyrique, baroque, très attentif à la forme poétique, qui s'oppose résolument à l'abstraction et nourrit son inspiration de toute une richesse culturelle où, notamment, l'Antiquité rejoint la Renaissance italienne.

  • Ce serait une histoire naturelle racontée à une petite fille. Une histoire d'amour contée par un vieil enfant dans une langue brute, une langue des commencements. C'est une histoire de guerre entre une mariée déguisée en costume, et une belle bande d'amoureux en uniforme, bêtes mais tendres comme du gigot de sirène. C'est donc un roman d'aventure, qui met à nu un facteur télépathe, bâtisseur de châteaux de cartes postales, un militaire en tenue pratiquant le vol de bébé, un agent de la paix dont la cervelle déborde le képi, un croquemort hanté qui broie du chocolat noir, un garçon de café docte parlant au travers des guéridons, un prêtre en soutane exorciseur en manches retroussées et poings tendus, un pompier pissomane grimpant l'échelle des bas d'une dame, un chevalier chevauchant une licorne lubrique... C'est une histoire qui finit bien et c'est aussi un clin d'oeil et un pied donné à Marcel Duchamp fuyant sur sa roue de bicyclette la Seine-Inférieure.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • ON A DIT : Autrefois... on disait d'un roman : « Quel film cela ferait ! » Depuis Chabrol et « Le beau Serge », on dit : « Ce film ferait un excellent roman ! » (Paris-Match). ON A DIT : Le drame de la jeunesse dans un village perdu. Un amour comme tant d'autres et ses villageois qui s'y enkystent... ON A DIT : L'alcool et « l'amour sans amour », est-ce là toute l'espérance offerte aux jeunes, à la campagne ? ON A DIT : Ces gens qui se réfugient dans l'alcool ou cèdent aux pièges les plus sordides de la sensualité... ON A DIT : Le drame poignant de la désintégration intérieure... Des hommes qui finissent par s'accorder au rythme des bêtes dont ils vivent... ON A DIT : Je sais peu d'accords aussi poignants que le cri du nouveau-né faisant éclore dans l'âme du beau Serge un espoir vainqueur de régénération. Entre le refus et l'alcool, entre l'amour et sa négation, ce qu'il y a de plus pur et de plus bestial dans l'homme.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • "Semences. Ce qui ne mourra pas, c'est ce que j'ai donné, ce que j'ai partagé quand mon coeur avait faim, quand j'étais seul, lorsque j'étais abandonné mais tout m'est revenu en richesses enfin..." La boucle du temps est un recueil en prose publié en 1956 par le poète belge.

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