Seuil

  • Cette nouvelle traduction part du constat suivant : il y a des différences majeures entre la première édition de L'Origine des espèces, parue en 1859, et la 6e édition parue en 1872. Après avoir longtemps privilégié la dernière édition, le public anglophone lit désormais la première depuis maintenant plus d'un demi-siècle. Or, on ne dispose pas à ce jour d'une bonne traduction française de ce texte sur l'importance de laquelle les spécialistes s'accordent aujourd'hui : « la version qui a ébranlé les bases du monde », selon Ernest Mayr (1964).
    Il s'agit donc ici de la première traduction moderne de l'édition initiale de L'Origine, assortie de notes qui permettent de décoder les nombreuses références implicites de Darwin, en rendant accessible au public français une grande partie des nouvelles découvertes faites dans les manuscrits du naturaliste anglais.

  • Leon Battista Alberti (1404-1472) fut à la fois écrivain, théoricien des arts, architecte et... surprenant athlète. Son aisance en tout fut telle que J. Burckhardt vit surgir en lui le type d'« homme universel » qu'illustrera Léonard de Vinci. Mais cet homme dissimulait un être souffrant dont les écrits contiennent aussi des pages d'un profond pessimisme. Sa naissance illégitime dans une famille patricienne en exil explique son perpétuel désir d'excellence et de reconnaissance. Ses relations difficiles avec les humanistes et les artistes florentins furent à l'origine de ces Entretiens sur la tranquillité de l'âme, rédigés en langue toscane vers 1443 et dotés d'un titre latin : Profugiorum ab ærumna libri III. Alberti y rapporte des conversations tenues en sa présence, lors d'une promenade à Florence, par Agnolo Pandolfini et Nicolas de Médicis. Agnolo s'interroge sur les moyens d'éviter les tourments intérieurs ou de s'en libérer. Nourries de lectures classiques, ces réflexions se distinguent par des notes existentielles et une grande liberté de pensée. Pierre Jodogne, « dottore in lettere » de l'université de Bologne, est professeur honoraire de l'université de Liège. Ses principaux travaux philologiques ont porté, sur Alberti, sur Jean Lemaire de Belges, Antonio Alamanni et Francesco Guicciardini. Michel Paoli, normalien, agrégé et spécialiste de la Renaissance italienne, est professeur des universités et directeur du centre de recherches « TrAme » de l'université de Picardie.

  • « L'une des leçons de ce livre est que tout organisme maintient sa cohésion par la possession de moyens d'acquisition, d'usage, de rétention et de transmission de l'information. »Première traduction française de l'ouvrage classique de Norbert Wiener, Cybernetics, paru en 1948, ce livre présente les principaux concepts et méthodes scientifiques apparus pendant et après la Seconde Guerre mondiale, liant les domaines alors naissants de l'automatique, de l'électronique et de l'informatique à des problématiques propres au fonctionnement des êtres vivants. Wiener entrevoit une unité dans l'ensemble de ces recherches, qu'il propose de rassembler sous le nom de « cybernétique ».Ce mélange de discussions techniques et scientifiques, d'hypothèses émergeant d'analogies entre machines et organismes, et de mises en perspective historiques et philosophiques, confère à cet ouvrage un caractère original qui le fait figurer parmi les grandes contributions à la pensée contemporaine, d'autant que Wiener y esquisse également une mise en garde prémonitoire quant aux conséquences éthiques et sociales des nouvelles technologies de l'information.Norbert Wiener (1894-1964), mathématicien américain, est l'un des pères de la théorie de l'information, de l'informatique, et de la théorie mathématique de l'électronique, des communications et de l'automatique. Il a popularisé sa vision unifiée de ces domaines et de leur implication scientifique et philosophique sous le nom de cybernétique, auprès des spécialistes comme du grand public.

  • L'esprit et la matière Erwin Schrödinger est universellement connu comme l'un des fondateurs de la théorie quantique. Mais L'Esprit et la Matière, publié en 1958, témoigne en outre d'une pensée philosophique et d'options métaphysiques en avance sur son temps. Authentiquement philosophe, et scientifique brillant, Schrödinger était bien placé pour mesurer tout à la fois la nécessité et le coût exorbitant de l'acte fondateur des savoirs objectifs : le retrait ou, plus précisément, l'« élision » du sujet connaissant. Que cette tension nous paraisse, aujourd'hui, essentielle - comme en témoigne l'essai de Michel Bitbol - montre que la rencontre avec la conception du monde de Schrödinger est désormais possible. Erwin Schrödinger (1887-1961) Pionnier de la théorie quantique, il obtient le prix Nobel en 1933. Passionné par la philosophie depuis son adolescence, il s'y consacre presque exclusivement à plusieurs périodes sa vie. Michel Bitbol Directeur de recherche au CNRS (CREA/École Polytechnique), il est spécialiste d'épistémologie de la théorie quantique et de philosophie de l'esprit.

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