Viviane Hamy

  • La narratrice retrace sa relation avec Emerence qui fut sa femme de ménage pendant une vingtaine d'années. L'une est vieille, l'autre jeune, l'une sait à peine lire, l'autre ne « respire » que par les mots, l'une arbore l'humilité comme un blason, l'autre l'orgueil de l'intellectuelle sur-cultivée. Et pourtant la vieille servante va tout apprendre à l'écrivain adulée...
    Ce roman, bouleversant, a obtenu le Prix Femina Étranger en 2003.

  • Eszter est une actrice au sommet de son art, indépendante, mais très seule. Ses fantômes la tourmentent, l'empêchent de vivre. Elle rencontre pourtant l'amour. Jusqu'au jour où elle découvre que l'homme qu'elle aime est marié à Angela, celle qu'elle a tant haïe dans son enfance, la petite fille parfaite de son village natal ! Sa rancoeur, son amertume, la jalousie qui l'ont modelée et « pétrifiée », la conduisent à tout détruire.
    Ce portrait de femme contradictoire, mais lucide, qui ne maîtrise ni ses sentiments ni ses pulsions se dessine comme une tragédie grecque.

  • Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Grand Reich envahit une multitude de pays, grands et petits ; le tour vient du royaume ancestral, minuscule et glacé de Cédric X. Longtemps, le vieux roi et ses sujets vont accepter l'humiliation, courber l'échine, jusqu'au jour où dans la petite nation, également, les juifs sont tenus de porter l'étoile jaune...

    « Parvenir, par le truchement de la littérature, à dire des choses aussi fortes sur l'honneur, la vieillesse, la monarchie, Hitler, le totalitarisme, l'histoire, le progrès, la lâcheté, la honte, l'antisémitisme et la guerre : c'est tout simplement inédit. Ce petit livre est un grand livre. » - Le Figaro Magazine

  • Une fois son père enterré, une jeune femme emmène sa mère, veuve, vivre avec elle dans son appartement de Budapest. Elle a tout décidé, fait le tri entre meubles et objets à garder et à abandonner, arrangé la chambre, sans rien demander à sa mère, ni son avis ni ses envies.
    Peu à peu, la fragile petite vieille se pétrifie dans la non-existence qui lui est ainsi offerte, jusqu'au jour où elle décide de retourner dans son village...

  • Budapest. Juillet 1919. Les « Rouges » de Béla Kun ont perdu. Une ère nouvelle débute pour la bourgeoisie. Seule Mme Vizy est obsédée par tout autre chose : Anna, la bonne promise par le concierge...
    Pourtant, la bonne idéale assassinera ses maîtres, transperçant leurs corps de neuf coups de couteau. Pourquoi ? Kosztolányi nous laisse seuls juges de l'acte d'Anna, Anna la bonne, Anna la douce.

  • Un traducteur volant une cuillère parce que le texte original en contient une douzaine, un voyageur traversant la Bulgarie en longue conversation avec le contrôleur alors qu'il ignore tout de cette langue, un milliardaire d'occasion contant à son meilleur ami ses chagrins intimes : voici les personnages extravagants de ces nouvelles traduites du hongrois.
    L'humour est maître et un personnage récurrent, tour à tour héros ou témoin des multiples péripéties, est en le chef d'orchestre.

    « Un recueil de nouvelles où le goulasch du quotidien est pimenté d'un humour prince-sans-rire et d'un goût du fantastique. » -L'Express

  • Les "Mémoires d'Alonso de Contreras", découverts à la fin du XIXe, sont le plus beau récit d'aventures sur terre et sur mer vécues par un capitaine de l'ordre de Malte au début du XVIe siècle. Ils nous racontent la guerre de course de galères en Méditerranée, les abordages entre les galions espagnols et les corsaires anglais, les expéditions sous le soleil des côtes barbaresques.
    « Le plus beau roman picaresque connu, parce que vécu. » Fernand Braudel

  • « C'était la mort et non le sexe, le secret dont les grandes personnes parlaient en chuchotant, et sur lequel on aurait bien voulu en apprendre davantage. » Cet uppercut à la mâchoire, c'est la première phrase de « Refus de témoigner ». Ruth Klüger raconte son enfance viennoise ravagée, puis sa déportation à onze ans dans plusieurs camps de concentration. Refus de l'oubli, mais aussi refus de témoigner selon les codes de la sanctification des survivants.
    Il est difficile de dire l' « indocilité » du récit dont Ruth Klüger nous fait ici l'abrupt et magnifique présent.

  • « Karinthy se situe quelque part entre Prévert, Vian, Dac et Desproges. Ces très courtes histoires sont autant de bombes à fragmentation qui explosent sous notre nez, dispersant à tous vents des petits morceaux de nature humaine. » (Bernard Rapp, "L'Evénement" du jeudi)

  • Un jour de 1936, Frigyes Karinthy, assis au Café Central, entend démarrer un train. Il n'y a pas de gare aux environs. C'est le premier symptôme de sa maladie, une tumeur au cerveau, et la première scène de "Voyage autour de mon crâne" que Karinthy écrira après avoir subi l'ablation de cette tumeur dans une clinique de Stockholm.

  • Libotz, le bouc émissaire, ne parvient pas à sauver son ami Askanius du désastre déclenché par le procureur Tjärne, pas plus qu'il ne parvient à se faire accepter dans la petite ville de province. Il part, il « supporte les coups du destin, l'un après l'autre, sans laisser s'éteindre son espoir tout ensanglanté ».

    Sven Stolpe, le biographe de Strindberg, a écrit que Le Bouc émissaire était « l'un des plus grands récits jamais écrits en langue suédoise, qu'il n'avait pas été surpassé par la suite, ni même égalé ». Les lecteurs français ne pouvaient en juger. Cette première traduction française comble une incroyable lacune.

  • La rencontre du prince Hamid el-Ghâzi avec le jeune esclave révolté que le marchand Boutros s'apprête à châtrer ouvre ce roman d'aventures, ce conte qui nous convainc que l'amour absolu est possible... L'étrangeté de la relation qui unit el-Ghâzi ? le Guerrier ? à Shahin ? le Faucon ?, l'adolescent qui a perdu la mémoire, exacerbe les jalousies et les haines.

    « Ce qui triomphe, c'est la valeur de l'amour. Et les diverses péripéties du roman nous importent moins, dans leur enchaînement de cruautés et de renversements, que ces moments que le bonheur sauve. Peut-être parce que c'est ce que nous appelons l'éternité. » - Le Figaro littéraire

  • Veille du bac, début du XXe siècle. Vili Liszner excelle dans la course à pied mais guère en géométrie. Antal Novak enseigne les mathématiques avec foi et enthousiasme, et ne peut, en dépit de sa bonté et de sa compréhension, accorder l'examen à l'adolescent. Les cancres recalés sont dangereux la nuit, et complotent contre le professeur, déjà abattu par la fuite de sa fille avec son amant...

  • Alouette doit partir une semaine à la campagne. Ses vieux parents achèvent amoureusement la valise. Comment vont-ils survivre à une si longue absence ? Quand Alouette paraît, le sourire se fige. Elle a trente-cinq ans. Elle est laide. Très laide. Cette semaine sera la semaine de tous les possibles.
    Mais Alouette revient. Grossie, encore plus laide, encore plus grotesque. Tout rentre dans l'ordre. Et les parents, émus, soupireront : « À tire-d'aile notre petit oiseau nous est revenu. » « Alouette » est un des classiques incontestés de la littérature hongroise, et Kosztolányi le considérait comme son plus grand roman.

    « Le savoureux, délicat, pudique, émouvant Alouette de Dezsö Kosztolányi. Tout est juste, tout est déchirant dans ce livre : la valise qui résume les vains espoirs d'évasion, le papier à fleurs du salon, la cuiller qui tourne dans la tasse de thé. » - Le Nouvel Observateur

  • Maxim Livius hésite entre deux soeurs, Cecilia et Antonia. Pour échapper à ce dilemme il rejoint l'armée. Quinze jours avant d'être démobilisé, il est muté sans explication dans une forteresse, au coeur d'une montagne. Là, les hommes ignorent tout de leur situation, sinon qu'ils doivent obéir à un Ordre énigmatique. L'ennemi est invisible, la frontière, hypothétique, les soldats errent dans un univers paranoïde, s'accrochent à un passé et à des certitudes absurdes.
    « La Forteresse » concentre les événements de l'ex-Yougoslavie, la décomposition de l'État et la guerre civile, en un épisode unique. L'auteur oscille entre naturalisme et onirisme, l'entreprise est grandiose. Rôdent les ombres de Kafka, Borges, Buzzati, Gracq...

  • " Le portrait d'une femme admirable. " Mona Ozouf, Le Nouvel Observateur

    Édith Thomas, chartiste, historienne et romancière, fut un être entier, épris de vérité et d'une liberté abrupte et revendiquée. Est-ce pour cela que l'Histoire ne lui a pas rendu justice ?

    Résistante de la première heure, elle rejoint la rédaction des
    Lettres françaises et le CNE après la mort de Jacques Decour. Elle en est "
    la cheville ouvrière, celle qui assurait toutes les liaisons indispensables ", écrit Claude Morgan. Dans le même temps, elle s'inscrit au PCF clandestin. Six ans plus tard, en pleine affaire Tito, elle est l'une des premières à en claquer la porte.

    1952 : Paulhan publie sa
    /> Lettre aux directeurs de la Résistance. Édith Thomas, elle, rédige
    Le Témoin compromis. Elle y analyse au plus près son cheminement politique et existentiel au cours de la décennie écoulée. Qu'en était-il de la Résistance ? Qu'en est-il du communisme ? Qu'est-ce qui l'a menée à cette partition brutale avec ses " camarades ", alors que son adhésion au Parti avait tant signifié pour elle ?

    Les Éditions Viviane Hamy font reparaître son
    Jeu d'échecs, publié en 1970, quelques mois avant sa mort. La critique pointe alors la lucidité extrême de ce roman autobiographique qui "
    propose [...]
    des éléments nouveaux à l'examen du paradoxe de la femme d'aujourd'hui. Il faudra s'y référer à l'avenir ".

    Il était donc essentiel de rééditer ces Mémoires afin de mieux appréhender, soixante-dix ans après les faits, le rôle majeur que cette femme hors normes joua dans la Résistance intellectuelle et les années de l'immédiat après-guerre.

  • Le narrateur se lie d'amitié avec un vieux clochard qui, grâce à un héritage inattendu, devient très riche. Les deux hommes demeurent amis. Ils prennent l'habitude de se retrouver chaque semaine dans le luxueux appartement du vieil homme, jusqu'au jour où celui-ci y est retrouvé assassiné. Le narrateur est arrêté. Tout semble l'accuser.

  • Dans "Le Prince du feu", Filip David mêle en virtuose passé, présent et futur. Fantastique et mystère nous font perdre toute notion de temps. Primitif et sauvagerie subsistent dans nos métropoles modernes car l'univers reste gouverné par les lois ancestrales et inexorables. Dibbouks, fantômes et démons sont aussi réels que nos trains. La grâce de la poésie s'est pourtant posée sur ces récits, elle adoucit l'amertume d'un monde où la mort est partout présente.

  • Précoce, Benigna constate que les héros des livres se reposent sur la Providence plutôt que d'user de leur cervelle. Les méchants sont décidément bien plus passionnants... Aussi choisit-elle de devenir « un méchant gentil ». Elle confie à son journal ses plans pour briser la tyrannie de son père alcoolique et amener chaque membre de sa famille à acquérir son indépendance.
    De la famille des « impertinentes », elle possède la malice gourmande de Sophie, l'espièglerie de Zazie. Paru en 1914, « Benigna Machiavelli » est un roman détonnant.

  • L'été, les bords de la Tamise, Orvil Pym a quinze ans. C'est l'Aventure, la découverte des correspondances entre une croupe et une pêche Melba, la révélation de la beauté devant Aphra, qui « profitait de chaque seconde pour se métamorphoser »... Ce sont les derniers jeux de l'enfance, le trouble qui s'immisce, le plaisir, la peur délicieuse.

  • Aux environs de l'an 1000. L'Europe centrale est l'objet de toutes les convoitises. Le Pape décide alors de confier à un bénédictin retiré de l'abbaye de Saint-Gall, Stephanus de Pannonie, une mission capitale : convaincre les Magyars païens de s'allier avec le Saint-Siège contre l'empereur germanique Othon Ier. Voilà Stephanus sur les routes. À la frontière du monde chrétien, il est capturé par les « barbares » qui découvrent qu'il détient le médaillon représentant Togrul, insigne du Künde. Ses ravisseurs se persuadent qu'il est le chef spirituel qu'ils attendent depuis longtemps...
    « Le Prince et le moine », roman historique et d'aventures à la fois, plonge le lecteur dans le mythe fondateur de la Hongrie et dans les fracas du Xe siècle.

  • Au tréfonds de la Galice, le marquis d'Ulloa ripaille, boit, chasse avec le curé, vit en concubinage avec sa servante, tandis que Primitivo, l'intendant du château, joue de tous les vices et faiblesses de son maître pour le voler et s'approprier le domaine.

    Frais émoulu du séminaire, Julian, le chapelain, tente de sortir le marquis de cette féodalité archaïque, de le soustraire à l'influence maléfique des lieux et au machiavélisme de son régisseur : il en sera la première victime.

  • Roman espistolaire ou roman policier, Le Dernier Eté est celui que vit le gouverneur de Saint-Petersbourg menacé de mort... En cette année 1906, les pressentiments qui hantent Lusinja von Rasimkara, l'épouse du gouverneur, vont se révéler justifiés. Quand elle a engagé un secrétaire pour servir de garde du corps à son mari, elle a scellé le destin de sa famille. L'arrivée de ce jeune homme hors du commun bouleverse les esprits. Il se rend bientôt indispensable. Son emprise protectrice ne cesse de grandir, mystérieuse, presque menaçante...

  • Durant la guerre, on suit un enfant qui rejoint son grand-père résistant dans la crypte familiale où il se cache, afin d'effectuer avec lui une « reconnaissance ». Au fur et à mesure qu'il rassemble les ossements les plus antiques pour faire de la place aux plus récents, l'aïeul raconte à son petit-fils l'histoire haute en couleur de ses ancêtres. "La Ligue des Dames" est un mélange subtil de badinage, d'humour et de libertinage.

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