Collection XIX

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    Un des spectacles où se rencontre le plus d'épouvantement est certes l'aspect général de la population parisienne, peuple horrible à voir, hâve, jaune, tanné. Paris n'est-il pas un vaste champ incessamment remué par une tempête d'intérêts sous lesquels tourbillonnent une moisson d'hommes que la mort fauche plus souvent qu'ailleurs et qui renaissent toujours aussi serrés, dont les visages, contournés, tordus, rendent par tous les pores l'esprit, les désirs, les poisons dont sont engrossés leurs cerveaux ; non pas des visages, mais bien des masques : masques de faiblesse, masques de force, masques de misère, masques de joie, masques d'hypocrisie ; tous exténués, tous empreints des signes ineffaçables d'une haletante avidité ?
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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    Lady Roxana

    Daniel Defoe

    SOMMAIRE. - Je suis mariée à un riche brasseur. - Mort de mon père et du père de mon mari. - Mystérieuse disparition de mon mari. - Je vends mes effets pour vivre. - Attachement de ma servante, Amy. - Conseils de deux amies. - Mes enfants sont envoyés à leur tante. - Conduite haineuse de la tante. - Caractère aimable de l'oncle. - Générosité de mon propriétaire. - Mon propriétaire dîne avec moi. - Le mobilier de ma maison est restauré. - Déclaration d'amour.
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    Eh bien ! oui, pourquoi ne l'avouerions-nous pas ? Nous étions très jaloux.
    En somme, la jalousie et l'envie sont des sentiments assez laids, mais bien humains. Or, nous étions, cette année, à Aix, très énervés des succès remportés par La Belière. Et encore s'il eût été discret, s'il eût gardé secrètes ses bonnes fortunes... péché non avoué est à moitié pardonné.
    Mais le misérable, avec une fatuité insolente, avait pris la mauvaise habitude, au déjeuner du matin, à la villa des Fleurs, de nous narrer, par le menu, ses conquêtes de la veille.
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    Rose-d'Amour

    Alfred Assollant

    J'avais à peu près dix ans quand je fis connaissance avec Bernard...
    Mais avant tout, madame, il faut que je vous parle un peu de ma famille.
    Mon père était charpentier, et ma mère blanchisseuse. Ils n'avaient pour tout bien que cinq filles dont je suis la plus jeune, et une maison que mon père bâtit lui-môme, sans l'aide de personne, et sans qu'il lui en coûtât un centime. Elle était perchée sur la pointe d'un rocher qu'on s'attendait tous les jours à voir rouler au fond de la vallée, et qui, pour cette raison, n'avait pas trouvé de propriétaire.
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    Lendemains d'amour

    Paul Ginisty

    Le vieux petit cahier, à la reliure couverte d'une soie passée, si passée, avec de larges déchirures ! Sur la première des pages pleines d'un griffonnage dont l'encre a jauni, une date : 1782.
    Oh ! l'écriture laborieuse à déchiffrer, avec le beau dédain de l'orthographe qui caractérisait le temps, en une ronde grêle de plume d'oie ! Des mots échappent, par moment, et, durant ces périodes d'arrêt, des scrupules viennent de pénétrer dans ces très vieilles choses intimes.
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    ELLE suivait le quai d'Orsay, de son pas court, vif, décidé, son joli teint frais animé par l'air sec et piquant d'un après-midi de décembre, ses beaux yeux bleus curieusement et joyeusement ouverts, sa toque de loutre coquettement posée sur ses frisons d'un brun doré, lorsque tout à coup un grand tressaillement la secoua, ses genoux fléchirent, la force lui manqua pour avancer. Elle venait d'apercevoir Lionel.
    Ce n'était pas pour le rencontrer qu'elle avait fait ce grand détour, sortant du Louvre, où elle copiait un tableau de l'École italienne, et n'ayant qu'à prendre l'avenue de l'Opéra et la rue d'Amsterdam pour se retrouver chez ses parents, Batignolles.
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    Mire Lon La

    Rene Maizeroy

    .... Cette petite comtesse Micheline eût été la plus désirable maîtresse qui se pût rêver avec sa tête mignarde de soubrette blonde, ses yeux d'une douceur voilée, et dont la teinte étrange faisait songer aux gouttes tièdes de café qui se figent au fond d'une tasse, son corps délicat, sans lignes, toujours enveloppé de fantaisistes étoffes et son bagout de gamine parisienne transplantée à regret par le sacrement dans une bonne vieille ville de province.

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    A Madame.....


    Dans ce frais petit salon mauve, où il fait si bon, à deux, l'été, lorsque du jour tombent les derniers rayons tamisés en fine poussière d'or rose bluté, voici ce que me racontait ma cousine Berthe :
    - Vous connaissez Madame de Laurenzin, cette belle femme que vous contempliez tant au dernier bal de la comtesse de Beaudiment... Ne dites pas non ! Je n'ai pas oublié vos enthousiasmes, vos pompeux dithyrambes devant cette brune superbe, dont vous vous proclamiez l'admirateur chaleureux.
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    L'Aurore gantée de rose avait depuis longtemps ouvert les portes de l'Orient, - mais elle n'avait point réussi à percer le double rempart de rideaux qui ceignait l'alcôve de M. le chevalier de Pimprenelle. M. le chevalier avait passé la nuit au pharaon, et il avait perdu sur parole ; ce qui fait que, vers la pointe de midi, le dépit et la fatigue aidant, il ronflait encore de façon à faire rougir le vieux Tithon lui-même, - si le vieux Tithon et M.
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    Les voici.
    De toute la nuit je n'ai pu fermer l'oeil ; je les entendais venir. J'ignore quelle surexcitation avait décuplé mon ouïe. De mon lit, où j'attendais en vain le sommeil, je les entendais comme si j'avais passé ma nuit à errer dans la banlieue, bien plus loin que les remparts et les forts, gravissant les collines pour sonder l'horizon, puis collant mon oreille contre la poussière des routes pour saisir les lointains ébranlements du sol.
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    Je sais que votre désir secret, en ouvrant un livre, est de trouver un ami qui vous parle et qui vous donne l'illusion de ne parler qu'à vous. Et moi, quand j'écris, je voudrais composer mes récits comme une lettre, où l'on rapporte ce que l'on veut, au gré de son humeur, en ayant présente à l'esprit l'image de celui qui demain brisera l'enveloppe à son réveil. Aussi je vais m'offrir le plaisir, entre de graves romans qui sont difficiles, de raconter - une fois - ce qu'il me plaira, comme on improvise de jolis contes aux enfants.
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    Vers le milieu de l'automne, par un de ces temps pacifiques du mois de septembre où le ciel brille d'une sérénité particulière aux derniers beaux jours de l'année, un jeune homme qui paraissait avoir trente ans quittait, à la station de Sèvres, le convoi du chemin de fer se dirigeant sur Versailles, et prenait la route qui mène à Ville-d'Avray. Il était accompagné d'une femme dont la demi-toilette du matin indiquait une personne habituée aux élégances de la vie parisienne.
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    - Si mes amis de Tokio, me voyaient ainsi, le nez vers la terre, accroupi très humblement devant le daïmio et sa noble épouse, ils me trouveraient bien peu moderne, pas du tout « dans le train », comme l'on dit à Paris, à ce qu'il paraît, et ils se moqueraient de moi. J'ai tout à fait l'air d'un samouraï du temps féodal, prosterné devant son seigneur... Il est vrai que notre féodalité, à nous, régnait encore il y a vingt-cinq ans à peine et que, moralement, je suis toujours vassal de mon prince dans cette cour très arriérée.
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    Eh bien, non, jamais je n'écrirai : CONCUBINE !
    Concubine, concubinage, c'est atroce. Il écorche la bouche et offense les yeux. Jamais une femme ne se décidera à l'écrire, encore moins à le prononcer. Vous aurez beau dire qu'il est bien fait, qu'il a pour lui les parchemins d'une étymologie classique, que les juges et les avocats n'en emploient pas d'autre, la moins prude de toutes répondra par un grand « Fi donc ! » et ouvrira les ailes de son éventail.
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    Un mariage d'amour

    Ludovic Halevy

    Lui, sur un agenda, tous les matins et tous les soirs, sans phrases, en style télégraphique, écrivait un petit programme et un petit bulletin de sa journée. Il avait commencé à vingt ans, le 3 octobre 1869, et voici quelle était la petite note inscrite à cette date :
    Je nommé sous-lieutenant au 21e chasseurs.
    Le 31 décembre venu, il mettait dans un tiroir l'agenda de l'année expirante et passait à l'agenda de l'année suivante.
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    De l'Amour

    Charles Baudelaire


    ... Il s'imposait à nos admirations passionnées de remettre, autant que possible, toutes choses au point, et de concilier ces contradictions évidentes, pour fixer de façon précise la vie amoureuse de Baudelaire, et ensuite conclure cet Evangile d'Amour dont il avait projeté d'être l'Apôtre, aux débuts de sa carrière littéraire, vers 1846.

    Quelques correspondances amoureuses, publiées au hasard des trouvailles ; ses théories sur la Femme et sur l'Amour, éparpillées à toutes les pages de son oeuvre, reconstituées et groupées autour de cet essai primitif : Choix de maximes consolantes sur l'Amour, afin de préjuger ce livre qu'il comptait écrire : Le Catéchisme de la Femme mariée ; des souvenirs de ses contemporains, des échos glanés ça et là, et des anecdotes ; surtout de piquantes lettres inédites ; enfin, son Carnet Intime, ont permis d'esquisser un Baudelaire amoureux dans la seule intention - non de satisfaire de vaines curiosités, et ainsi de profaner une mémoire bien sympathique, - mais d'expliquer l'oeuvre par l'homme, et de donner ainsi plus d'éclat et plus de couleurs aux Fleurs qu'il cueillit en gerbes parfumées aux jardins de ses amours : la vie amoureuse de Baudelaire s'est reflétée toute dans son oeuvre.
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    L'Amour vaincu

    Oscar Metenier

    La désolation fut grande au Cosmopolitan-Club, lorsqu'au beau milieu de la répétition, on apporta un petit bleu, annonçant avec toutes sortes de ménagements l'accident dont venait d'être victime Pierre Dinars, un des membres les plus aimés du cercle.
    - Un accident ! s'écria Mina, en s'interrompant au milieu de sa grande scène. Mon chapeau ! mon manteau ! Vite, que j'accoure auprès de lui ! Le pauvre garçon !... Vous me cachez la vérité !
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    Dès l'époque la plus reculée, l'histoire sépare le monde en deux parties : En Orient, la femme est esclave, abrutie ; un simple instrument de sensualisme.
    En Occident, la femme est fière, indépendante ; elle tient haut et ferme le drapeau de sa puissance et de sa dignité.
    La Grèce appartenait à l'Orient par son origine ; mais comme elle était sur les limites de l'Occident, elle servait de transition aux deux hémisphères ; la femme commença d'y comprendre la liberté et d'en poser les principes.
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    Ils m'ont dit, ces mortels en qui toujours j'ai foi,
    Ceux qui savent le Ciel et l'homme mieux que moi ;
    Ces poètes divins que le génie inspire
    Et qu'au livre du coeur, dès l'enfance, il fait lire ;
    D'Ossian, de Milton, jeune postérité,
    Qui sans cheveux blanchis, sans longue cécité,
    Introduits de bonne heure au parvis des cantiques,
    Ont dans leur voix l'accent des vieillards prophétiques ;
    Ils m'ont dit, me voyant dans mon âme enfermé,
    Malade et dévoré de n'avoir point aimé,
    Morne, les yeux éteints, frappant cette poitrine
    D'où jamais n'a jailli la flamme qui la mine,
    Et me plaignant au Ciel du mal qui me tuera :
    « Enfant, relève-toi, ton heure sonnera !
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