• Lorsque Marzena Sowa raconte à Sylvain Savoia un de ses souvenirs d'enfance, elle est loin de se douter qu'elle vient de poser la première pierre d'une oeuvre autobiographique. Ensemble, ils vont créer une série où la petite histoire se mélange avec la grande. Une enfance dans le bloc de l'Est au moment de son effondrement. La Pologne, territoire exotique pour l'Europe de l'Ouest, devient un terrain de jeu. Mais c'est avant tout la construction du caractère d'une enfant qui se raconte et se dessine ici, "car quel que soit le contexte économique, politique et social, il y a une universalité de cette période de la vie qui nous fait cruellement défaut en grandissant...", comme le dit Sylvain Savoia dans l'introduction. Au travers des grands yeux de la petite Marzi, nous découvrirons la pénurie, la joie, les courses poursuites dans les barres d'immeubles, la survie au jour le jour, la centrale de Tchernobyl, les grandes grèves, la création de Solidarnosc...

  • Cet été est un temps de grands changements, tant pour Marzi que pour son pays, la Pologne. Alors que ce dernier s'adapte tant bien que mal à la fin du communisme et à sa récente ouverture sur l'Occident, la jeune fille est quant à elle confrontée aux affres de l'adolescence.

    Car cet été, pour Marzi, c'est le temps des premières fois : première colonie de vacances, premier voyage à la mer, premiers petits amis. Sur les bords de la Baltique, à Gdansk (célèbre foyer des premières révoltes ouvrières ayant contribué à la chute du régime en place), Marzi et ses amis vont passer leur séjour entre vestiges de traditions passées et attrait pour les cultures étrangères, dans un entre-deux qui témoigne d'une époque aujourd'hui révolue.

    Dernier tome de la série basée sur les souvenirs d'enfance de son auteure, Marzena Sowa, cet album marque à la fois la fin de l'enfance et celle de l'URSS. Un témoignage clé de la fin d'une ère, vu par les yeux d'une petite fille particulièrement attachante !

  • Chroniques polonaises"Avant, il y avait des arbres, des paysages sauvages. L'homme n'y intervenait pas. Staline a décidé de "rectifier" cet espace. Et maintenant, à la place des arbres, il y a des bâtiments en béton, partout. Staline a fait construire une usine, grâce à quoi beaucoup de gens ont trouvé du travail, mon père, entre autres."
    Née en 1979, Marzi est une petite Polonaise de 7 ans qui regarde le monde de ses grands yeux d'enfant : ses parents, sa famille, ses amis d'école et les dames si revêches du magasin d'alimentation, qui ne se dérident pas même lors d'une exceptionnelle livraison de fruits. Elle vit dans une HLM située dans une ville industrielle. Marzi est gaie, insouciante, espiègle et observatrice. Frêle comme une petite fille de cet âge, le regard perçant comme une enfant de cet âge, avec une immense soif de vivre comme tous les gamins de cet âge. Marzi, c'est sûr, va vivre plus d'une aventure!

  • Un regard pétillant et lucide sur notre Histoire"Le Petit Nicolas" et "Marzi" ont beaucoup de points communs, ils posent le même regard sur le monde, une vision pétillante et lucide, un étonnant mélange chez un enfant, qui leur assure la totale empathie des plus jeunes et la sympathie des adultes. Ils sont nés dans de fameux magazines qui ont fait l'histoire de la bande dessinée, PILOTE et SPIROU. Et la ressemblance est d'autant plus forte que la Pologne des années 1980, entre ville et campagne, n'est pas sans évoquer la France des années 1960. Seule différence notable, mais de taille, ils sont nés de chaque côté du Mur. Et derrière les scénettes d'enfance de la petite Marzi gronde toujours la rumeur de l'Histoire, celle qui voit changer le monde.Aujourd'hui, Marzena Sowa achève le récit de son enfance, parfaitement retranscrit par le graphisme élégant de Sylvain Savoia.
    La petite héroïne rousse aux grands yeux bleus suscite un incroyable engouement chez les enfants, garçons et filles. Et depuis six ans, elle sert aussi formidablement aux parents, enseignants, bibliothécaires pour parler de l'autre Europe, si proche et encore tellement exotique.

  • Au moment où commence cet album, la Pologne vit ses premières années sans le Mur. Si l'espoir est toujours là, les difficultés n'ont pas disparu pour autant, et de nouveaux problèmes surgissent avec l'arrivée de la drogue, l'essor du sida et les injustices sociales. Quant à Marzi, elle quitte progressivement l'enfance pour faire ses premiers pas dans l'âge incertain de l'adolescence. Entre autobiographie et chronique d'une époque, un nouvel épisode doux amer des aventures de Marzi.

  • Marzi et les traditions familialesPour qu'elle se sente moins seule, les parents de Marzi lui offrent un cochon d'Inde. Ravie, Marzi profite d'être seule dans l'appartement pour le laisser gambader à sa guise ; sa mère découvre le pot aux roses en raison des myriades de crottes minuscules qui jonchent le sol.
    Un jour qu'elle observe des fourmis, disposant arbitrairement des obstacles sur leur chemin, Marzi imagine qu'elle est à la place de Dieu. Toutefois, elle se sent terriblement gênée de savoir que lui peut tout voir, même dans l'intimité, jusqu'à ses moindres pensées...
    Et puis vient l'âge de la première communion. C'est une étape importante, et Marzi ne veut décevoir personne. On lui dit que pour rencontrer l'amour de Dieu, elle doit se confesser. Alors elle fait une liste. Elle en a trouvé vingt ! Mais est-ce qu'une petite bêtise est un péché ?Ce deuxième volume poursuit l'exploration de la vie de la fillette, en Pologne dans les années 80, à travers son regard. Un regard sans concession, sans faux-semblants, et sans manière. Qu'elle évoque le catholicisme omniprésent, la spiritualité convenue vers laquelle on la pousse, les rapports difficiles avec sa mère, ou bien encore l'état de guerre, déclaré officiellement par Jaruzelski mais pourtant invisible, Marzi témoigne de la même impatience à vivre que dans le premier tome. Cet esprit vif, presque opiniâtre, se heurte à un monde qui parfois lui échappe, qu'on veut lui épargner aussi (à tort ou à raison), mais qu'elle embrasse de toute la force de ses 7 ans. C'est tout simplement sa vie qu'elle revendique ! Une vision piquante et savoureuse de l'enfance, exprimée dans de courtes chroniques à la fraîcheur rarement rencontrée.

  • Des rationnements d'essence aux commérages du village de Skowierzyn, Marzi, la petite polonaise, continue à avoir les yeux grand ouverts sur le monde. Le général Jaruzelski a décrété l'état d'urgence. Tchernobyl a déjà explosé. Mais la situation politique n'est que l'arrière-plan de la vie d'une petite fille née de l'autre côté du Mur, qui s'enthousiasme de l'arrivée d'un petit chien, qui va aux matchs de foot arbitrés par son père, et qui voudrait tant que son papa passe plus de temps avec elle...
    "Marzi", c'est un mélange doux-amer entre l'insouciance de l'enfance et la menace diffuse du contexte social. Le titre de cet album est Rezystor, un mot polonais qui désigne une petite pièce électrique : une résistance. C'était le signe de reconnaissance des ouvriers qui militaient clandestinement contre le gouvernement, et qu'ils gardaient au fond de leur poche. Mais cette "résistance" définit bien Marzi, que ce soit chez elle, avec ses copines ou face au monde...Ce troisième tome de "Marzi", la dizaine d'histoires qui le compose, confirme ainsi la voie prise par ses deux auteurs. Marzena Sowa sait trouver le ton juste, comme peu l'avait fait (mis à part Goscinny et son "petit Nicolas" ?), ni bêtifiant, ni pontifiant. Sylvain Savoia démontre s'il était besoin, son talent de dessinateur, passant avec un égal bonheur du polar d'anticipation ("Al'Togo" chez Dargaud) aux chroniques intimistes et sociales de "Marzi".

  • Marzena Sowa poursuit le récit de son enfance en Pologne avant la chute du Mur de Berlin. Même pendant l'été, au creux des champs, le « bruit des villes » se fait entendre : rationnement, grève, inquiétude... Sylvain Savoia, entre enfance et distance, dessine avec tendresse cette époque. C'est à deux qu'ils ont trouvé leur style, « leur » bande dessinée, entre le Goscinny du « Petit Nicolas » et les films de Kieslowski.

empty