• L'Europe ne sait plus où elle va. Les Européens ne se reconnaissent plus dans l'Union, au point que la plupart d'entre eux se replient sur leurs nations respectives. S'ils veulent un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une République européenne. Qu'ils fassent comme les Français en 1789 : une révolution, non au sens d'un renversement du pouvoir établi au profit d'un autre, ni de la victoire d'une classe sociale sur une autre, mais un acte "politique", né de la décision des uns et des autres d'exercer leur liberté en commun, ce dont le capitalisme les prive.Avec la primauté du politique sur l'économique, sera aboli "l'assujettissement de la vie sociale à l'accroissement sans fin du capital", tandis que la République pourra satisfaire les besoins et désirs essentiels de chacun.

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • Qu'est-ce que le capitalisme? Cette question, l'histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalantau grand jour ses absurdités. Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage initialement paru en 2009.

    Personne ne niera que le capitalisme a permis à l'humanité d'accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd'hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu'au prix d'une détérioration des conditions de vie d'une multitude d'individus et d'une dégradation de l'environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n'est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l'on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis: les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, l'auteure propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

  • Quel positionnement stratégique choisir à l'égard de l'État : avec, sans ou contre ? Manifester pour l'extension des droits du mariage pour toustes, s'organiser pour se défendre contre les violences sexuelles sans la police et la prison ou fonder une communauté autarcique sur une île déserte très loin d'ici ? Comment faire ?



    L'État, après avoir pourtant pris soin de bien séparer espace privé et espace public, s'immisce dans nos intimités avec la plus parfaite indiscrétion.

    De quoi l'État se mêle-t-il ? Comment et pourquoi va-t-il fourrer tantôt la main droite de la répression, tantôt la main gauche de l'action sociale dans nos identités de genre et nos sexualités ? Existe-t-il seulement un grand corps qui relie ces deux mains ? Il pourrait s'agir d'une fiction montée de toutes pièces, d'un discours de pouvoir ou encore d'une relation sociale et politique matérialisée. Car cette figure change dans le temps et dans l'espace, et, selon les circonstances, elle s'avère soit utile pour la critique, soit au contraire elle devient intimidante et bloquante pour l'action collective.

    Ce recueil invite à la discussion sur les compréhensions queers/féministes de l'État et les stratégies à en déduire pour s'émanciper.



    Avec des contributions de Cornelia Mser, Davina Cooper, Rada Ivekovi, Perinne Lachenal, Birgit Sauer, Marion Tillous, Jana Tschurenev.

  • À quoi doit servir l'armée dans les grands pays d'Asie du Sud-Est ? Pendant de longues années, la réponse donnée par l'Indonésie comme par la Thaïlande a été claire. Les militaires contrôlaient la vie politique, l'activité économique, et s'efforçaient d'assurer leur emprise à tous les niveaux de la société. Depuis 1992 à Bangkok et 1998 à Jakarta, les uniformes semblent de nouveau cantonnés à leur tâche traditionnelle de défense nationale. Mais ce mouvement est-il définitif et est-il même "naturel" dans des sociétés en pleine mutation ? Ce livre, qui ouvre la collection analyses en regard s'efforce d'apporter des réponses à ces questions, dessinant ainsi ce que pourrait être l'avenir des relations entre civils et militaires dans la région.

  • Comment peut-on être vietnamien sans être vit ; être cambodgien sans être khmer ? C'est la question qui se pose aux Jaraï, Brou, Mnong et autres Stieng, populations autochtones des hauts plateaux, à la frontière entre les deux pays. Ces peuples, longtemps indépendants sur les hautes terres de la chaîne Anamitique, doivent aujourd'hui faire face à des mouvements migratoires sans précédent. Les nouveaux venus, colons des plaines, fonctionnaires, forestiers, commerçants, planteurs de café, gagnent peu à peu sur leurs terres, bouleversant fondamentalement leur mode de vie. Contraints à l'intégration, les habitants des hauts plateaux se battent pour éviter une assimilation pure et simple ; pour que leurs cultures ne soient pas sacrifiées sur l'autel du développement national. Ce livre fait émerger les enjeux de leurs revendications et des réponses qui leur sont apportées par les gouvernements du Cambodge et du Viêt Nam.

  • À lire comme on lit un roman policier : comme une analyse complexe mais systématique qui vous entraîne là où vous ne voudriez pas aller. L'argumentaire met aux prises philosophes (Spinoza, Kant, Hegel, Althusser, Derrida, Habermas, Honneth), historiens du moderne (Brenner, Meiksins Wood) et du global (Wallerstein, Arrighi, Sassen), Schmitt, Bourdieu et Foucault. Il fait apparaître qu'émerge, derrière notre dos, un État-monde de classe articulé au Système-monde impérialiste. Une anti-utopie, donc. Une thèse réaliste, qui n'est pas celle d'un État mondial. Ou bien comme on lit un recueil de nouvelles liées les unes aux autres : comme autant de mises en perspective du même sujet. On peut ainsi scruter chaque chapitre pour lui-même. Les uns s'adressent aux économistes, d'autres aux sociologues et aux politologues, d'autres encore aux féministes, altermondialistes, théoriciens du discours ou chercheurs du postcolonial, d'autres enfin aux historiens, juristes ou géographes. Ils prennent chaque destinataire sur son terrain « scientifique » particulier. En y impliquant chaque fois le philosophe, c'est-à-dire aussi le citoyen. Il n'y a qu'une seule idée, un seul paradigme : une théorie. Il s'agit bien sûr de transformer le monde, mais en commençant par le comprendre, là où Marx a en partie échoué. C'est donc aussi une refondation du marxisme qui est proposée.

  • Dans ce numéro exceptionnel, la revue Politique étrangère projette l'héritage de la Grande Guerre sur notre avenir. États et nationalismes, coopérations ou déséquilibres régionaux, organisation du commerce international, stratégies et appareils militaires : des données largement héritées du premier conflit mondial, violemment interpellées par l'actualité.

  • Au cours des quatre derniers siècles, les projets de pacification permanente de l'Europe, ou du monde entier, ont constitué un véritable genre littéraire. À un premier niveau, le plus superficiel, le livre offre une vue panoramique de ces projets, depuis le « Grand Dessein » attribué (faussement) à Henri IV jusqu'à la Charte de l'ONU, en passant par les propositions de William Penn, de l'abbé de Saint-Pierre, d'Emmanuel Kant, du comte de Saint-Simon et de tant d'autres, célèbres, moins connus ou oubliés. De règle, ces auteurs sont qualifiés, non sans condescendance, d'utopistes : à un deuxième niveau, le livre est une critique de cet usage paresseux, et les traite comme membres de la famille des réformateurs radicaux. Ayant dressé, chacun à son époque, un réquisitoire sans indulgence contre l'état existant des rapports entre les nations, ils en proposent une réorganisation profonde. Ennemis de l'ordre international établi - un désordre intolérable à leurs yeux -, ils se font les architectes d'un monde nouveau, le meilleur des mondes possibles, dont ils précisent le mode de construction. Si différents soient-ils, leurs écrits se prêtent à être classifiés en un petit nombre de catégories : à un troisième niveau, le livre est un essai typologique. Il suggère une conceptualisation du « système international parfait » qui comporte cinq grands modèles et permet donc de répartir l'ensemble des auteurs passés en revue dans cinq traditions intellectuelles, dont la plus récente est longue de deux siècles et la plus ancienne de sept.

  • Esta obra busca comprender las construcciones de sentidos sociales del espacio denominado Araucanía-Norpatagonia. Y es importante destacar que los sentidos no son unívocos. En este caso, la pluralidad de lo territorial se intuye en las diferentes perspectivas de acercamiento, mostrando tanto la polisemia como las tensiones detrás de conceptos tales como espacio, frontera o representación.Para ello, los investigadores y cientistas sociales que escriben este volumen, asumen el debate centro-periferia entendiendo que la particular mirada desarrollada desde un territorio de integración tardía, como es la Patagonia tanto en Argentina como en Chile, construye una mirada epistemológica necesaria y singular.Así, la Patagonia adopta un carácter plural, las naciones se diversifican y los sentidos y prácticas de lo estatal se complejizan. Además, las territorialidades y las subjetividades forman parte de los desafíos que se abordan, reconociéndose como abiertos.

  • Esta publicación presenta siete investigaciones sobre los procesos de sometimiento e incorporación de los pueblos originarios de las regiones patagónica, pampeana y chaqueña por parte del Estado argentino. Los autores discuten sobre conceptos centrales como los de genocidio, terrorismo y violencia de Estado. No obstante, abordan al mismo tiempo la participación de la sociedad civil en la concentración, la deportación y la distribución de indígenas, así como la acción de los mismos pueblos originarios en dichos procesos. En este último sentido, el carácter etnográfico de las investigaciones posibilita la recuperación de la memoria social silenciada en las narrativas nacionalistas y da entidad individual al proceso histórico.

  • « L'Allemagne est notre patrie, l'Europe unie est notre avenir » : en cette nuit historique du 3 octobre 1990, qui scelle l'unification, le chancelier Kohl engage solennellement le pays en déclarant que le destin de l'Allemagne unifiée était l'Europe. Vingt ans ont passé et les doutes se font jour : l'Allemagne n'est-elle pas en train de recouvrer ses propres intérêts en les défendant de façon égoïste ? Bien ancrée dans l'aventure européenne, faut-il néanmoins craindre la (re)naissance d'un Sphinx ? Et quel futur pour l'Europe ? Si l'unification apparaît, aujourd'hui, comme un événement plus ou moins banal, ses effets le sont beaucoup moins. Avec le recul historique et l'ouverture progressive des archives diplomatiques, on s'aperçoit que pour les quatre (anciennes) puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale le processus d'unification n'a pas été un « long fleuve tranquille ». De plus, avec l'unification et la chute du Rideau de fer, l'Europe a connu un bouleversement géopolitique majeur, à travers, notamment, l'avènement de l'euro (sur le modèle du deutschemark) et celui de l'Union européenne et son élargissement (sous impulsion allemande). Les éminents spécialistes des questions allemande et européenne, qui ont participé à cet ouvrage, persistent et signent : l'Allemagne se situe toujours au centre de l'intérêt européen.

  • La vie des États n'est pas immuable, bien au contraire ! La décolonisation, les unifications et les dissolutions d'États, les annexions et les sécessions transforment périodiquement la carte politique du monde. Ces éléments dynamiques de la vie des États bousculent les relations internationales. Ce livre donne une analyse exceptionnelle de ces transformations et de leurs conséquences sur les relations interétatiques que l'on appelle communément « la succession d'États ». Les qualités incontestables de cet ouvrage résident dans le fait que pour la première fois une analyse systématique est menée sur la pratique des États anciens et nouveaux, sur les travaux de la Commission du Droit International, d'instances scientifiques internationales et ceux de la Conférence de Vienne de 1977-1978. Par une approche nouvelle, l'auteur a mis l'accent d'une manière approfondie sur le problème de la décolonisation, l'unification et la dissolution d'États et la sécession en couvrant un champ historique et géographique illimité. De plus, l'originalité de cet ouvrage est d'avoir mis en lumière tout particulièrement les conceptions des pays du Tiers Monde en la matière tout en les comparant à celles des États occidentaux et socialistes. Il est en effet important que l'ensemble de ces conceptions soient portées à la connaissance de ceux qui s'intéressent aux relations internationales.

  • Comment repenser le concept de société civile hors du prisme des valeurs libérales et séculières caractéristiques de l'Occident ? En conjuguant étroitement les savoirs et méthodes de l'anthropologie et de la science politique, le présent recueil traite de cette question centrale à l'étude de contextes nationaux sud-est asiatiques (Thaïlande, Birmanie, Cambodge, Malaisie, secondairement Singapour et Indonésie) dont les modes d'actions politiques restent profondément empreints de hiérarchie et d'idéologie religieuse. Les diverses formes de dirigisme étatique prenant appui sur ces cadres culturels hérités entrent aujourd'hui en confrontation directe avec des modèles d'action citoyenne importés d'Occident, dans le cadre de la mondialisation économique et informationnelle. En examinant, sur la base d'enquêtes de terrain et d'une abondante documentation, les modalités et les enjeux de cette confrontation suivant les pays et leur histoire, l'ouvrage offre une interprétation approfondie des événements qui font leur actualité tout en questionnant leur devenir. Il s'adresse tout autant aux chercheurs en sciences sociales qui s'intéressent à la nature des sociétés civiles non occidentales, qu'à un public plus large, soucieux de mieux comprendre l'Asie du Sud-Est, ses cultures et les défis sociopolitiques qu'elle doit relever.

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