• Quel positionnement stratégique choisir à l'égard de l'État : avec, sans ou contre ? Manifester pour l'extension des droits du mariage pour toustes, s'organiser pour se défendre contre les violences sexuelles sans la police et la prison ou fonder une communauté autarcique sur une île déserte très loin d'ici ? Comment faire ?



    L'État, après avoir pourtant pris soin de bien séparer espace privé et espace public, s'immisce dans nos intimités avec la plus parfaite indiscrétion.

    De quoi l'État se mêle-t-il ? Comment et pourquoi va-t-il fourrer tantôt la main droite de la répression, tantôt la main gauche de l'action sociale dans nos identités de genre et nos sexualités ? Existe-t-il seulement un grand corps qui relie ces deux mains ? Il pourrait s'agir d'une fiction montée de toutes pièces, d'un discours de pouvoir ou encore d'une relation sociale et politique matérialisée. Car cette figure change dans le temps et dans l'espace, et, selon les circonstances, elle s'avère soit utile pour la critique, soit au contraire elle devient intimidante et bloquante pour l'action collective.

    Ce recueil invite à la discussion sur les compréhensions queers/féministes de l'État et les stratégies à en déduire pour s'émanciper.



    Avec des contributions de Cornelia Mser, Davina Cooper, Rada Ivekovi, Perinne Lachenal, Birgit Sauer, Marion Tillous, Jana Tschurenev.

  • Lire l'entretien avec Maïté Juan et Jean-Louis Laville, paru dans la Lettre érès 44

    L'innovation sociale est partout considérée comme vertueuse mais cet éloge unanime ne saurait faire illusion. Elle regroupe en fait un ensemble de pratiques très diversifiées, voire divergentes. Deux approches contrastées sont ici dégagées : la première qualifiée de social business se contente d'une amélioration du modèle économique dominant, l'innovation s'inscrivant dans une perspective réparatrice et fonctionnelle ; la seconde, du côté de l'économie solidaire, a pour horizon une démocratisation de la société.

    Cet ouvrage propose un bilan inédit du social business (Amérique, Asie, Europe) qui a pris l'ascendant dans différents continents alors que les effets de réalisations restent difficiles à cerner.

    S'éloignant du discours dominant, il met aussi en lumière les multiples innovations citoyennes qui s'attaquent à des problèmes structurels affectant le quotidien des populations. Dans ces dynamiques de politisation ordinaire, les habitants retrouvent un pouvoir d'agir. Certaines collectivités locales commencent à les soutenir, à l'instar de la mairie de Barcelone dont l'expérience primaire de municipalisme valorise les communs autant que les alliances entre acteurs, chercheurs et responsables politiques.

    Ces formes alternatives d'innovation sociale s'opposent ainsi à l'uniformisation managériale et viennent alimenter de manière originale le débat sur la transition écologique et solidaire qui agite les acteurs engagés, les travailleurs sociaux autant que les scientifiques et les élus.

  • À la fois pourvoyeur de fonds, emprunteur, investisseur, employeur et commerçant, lÉtat est un acteur économique omniprésent. Comment décide-t-on des finances publiques? Lauteur de ce livre explique les éléments les plus déterminants des politiques de financement de lÉtat.

  • Aux côtés de Friedrich Hayek, et avant que Milton Friedman n'imprime son empreinte à partir des années I960, l'économiste allemand Wilhelm Rpke (1899-1966), installé à Genève après avoir fui le nazisme, a été l'autre grand fondateur du néolibéralisme. Exploitant de nombreuses archives, cet ouvrage recourt aux outils de l'histoire intellectuelle et transnationale pour proposer une autre lecture d'un phénomène trop souvent encore réduit à ses manifestations les plus contemporaines et les plus anglo-saxonnes, alors qu'il plonge ses racines dans la crise des années 1930 et prend forme en Suisse au lendemain immédiat de la Seconde Guerre mondiale. Loin de l'érudition et de l'anecdote, par-delà le souci de redonner son importance à une figure étonnamment délaissée par les chercheurs, la biographie est ici une démarche de contextualisation visant à expliquer le succès d'un intellectuel autant sociologue qu'économiste. Incontournable en Suisse et en Allemagne, très lié aux nouveaux conservateurs américains, pourfendeur du « collectivisme » sous toutes ses formes, préoccupé du sort de l'Amérique latine et de l'Afrique, publiant dans toutes les langues, Wilhelm Rpke a incarné la variante néolibérale de l'intellectuel engagé. Au-delà de la dénonciation du keynésianisme, de l'interventionnisme et de l'Etat providence, ses écrits et ses réseaux permettent de cerner le néolibéralisme comme un regard global sur le monde, comme une philosophie politique et sociale ambivalente dans son rapporté la modernité, comme une mobilisation de combat et d'influence à l'échelle occidentale. L'écho rencontré par Wilhelm Rpke illustre la renaissance des idées libérales et conservatrices dans la seconde moitié du XXe siècle et le rôle majeur joué dans leur fermentation et leur diffusion par les intellectuels émigrés d'origine germanique.

  • Fondé sur des études et documents inédits en France, cet ouvrage pose les enjeux, voire les dilemmes, de la transformation de la citoyenneté dans un pays qui, d'une part, donne de nombreux droits aux résidents indépendamment de leur nationalité et qui est, d'autre part, l'un des plus généreux en matière d'accueil des populations étrangères. En débat dans la plupart des pays européens, la citoyenneté au niveau local a acquis en Suède une forte légitimité. Déclinée par des collectivités territoriales qui mettent en application l'État-providence grâce à des institutions efficaces, elle se caractérise par des services qui restent de qualité en dépit des restrictions budgétaires et de la privatisation de services publics. Sa recomposition actuelle ébranle cependant le mythe égalitaire qui a été la base de la vie politique et sociale suédoise et la citoyenneté locale actuelle doit répondre aux défis des nouvelles conditions économiques et environnementales, de l'apparition de l'extrême-droite, de la montée des inégalités, notamment socio-ethniques et des nouvelles formes du vivre-ensemble créées par l'immigration et le multiculturalisme.

  • L'État moderne est un acteur économique omniprésent. Tantôt pourvoyeur de fonds, tantôt emprunteur ou investisseur et, de plus en plus fréquemment, commerçant, il est aussi l'employeur majeur. Bien peu de secteurs de la vie économique d'une société échappent ainsi à cet État-providence dont l'envergure couvre tous les aspects d'une société ainsi que tous les moments de la vie d'une personne. Le paradoxe des finances publiques, c'est la contradiction naturelle entre l'intérêt individuel et l'intérêt collectif, que l'État a pour fonction de réconcilier. De là proviennent la demande sans cesse plus grande de services (jamais assez) et la réticence à contribuer davantage (toujours trop). Cela mène à pratiquer l'art du compromis et à prendre des décisions comme celles de l'équilibriste sur son fil de fer : chacune d'elles peut être fatale à la survie politique d'un gouvernement ou d'une administration. Comment décide-t-on des finances publiques ? Après avoir traité du revenu dans un premier tome, l'auteur s'attaque maintenant, dans ce deuxième tome, aux dépenses publiques et à leurs conséquences. Il trace les grandes lignes du processus budgétaire en établissant une distinction claire entre les cheminements politique et administratif. Il dépeint le portrait de l'ensemble des dépenses des gouvernements et des administrations ainsi que leurs retombées budgétaires, financières et économiques. Il expose enfin le principe de reddition de compte et esquisse ce que devrait être l'éthique sous-jacente à la gestion des finances publiques. Conscient de la problématique des finances publi-ques actuelles, il cherche à mettre l'accent sur les décisions qu'il est possible de prendre.

empty