• Qu'y-a-t-il de commun entre un masque du Bénin et un quatuor de Schubert ? Entre la Pietà d'Avignon et un ready made de Marcel Duchamp ? Qu'est-ce qui constitue la dignité esthétique d'un objet ? Si ce n'est une propriété intrinsèque de l'objet, par quelle visée originaire la conscience se dispose-t-elle à la constituer en objet d'art ?
    Analysant les doctrines et les oeuvres, c'est à ces questions que tente de répondre cet essai. Prenant appui sur les témoignages de romanciers, de philosophes et de peintres, Nicolas Grimaldi montre que l'art n'a jamais rien figuré de naturel, et qu'à l'inverse de la vie, le propre de l'art est de nous faire percevoir, en ses objets, de tout autres mondes. C'est justement parce que cette représentation est un jeu que l'expérience de l'art est celle d'une re-naissance.
    INÉDIT

  • Entre le 29 février et les premiers jours de mars, la presse a fait état de la mise en garde à vue d'un artiste et du directeur du musée d'art contemporain de Marseille (MAC). Ce qu'il en ressortait, malgré le motif jubilatoire, c'est une histoire d'agression contre une oeuvre subversive et contre l'audace d'une institution qui cherchait à susciter le débat, à mobiliser la pensée. Tout commence avec le titre de la pièce exposée : Tout ce que je vous ai volé, qui prend tout son sens quand on pense que les musées sont pleins de « tout ce qui nous a été volé » depuis que l'art existe, de toutes les oeuvres détournées de leur lieu, de leur origine, de leur réalité vivante pour être recelées et mises en détention provisoire. Le musée étant le lieu du recel de toute culture, il est logique qu'il en soit venu à receler le vol lui-même, à voler le vol à sa propre réalité et à en faire une oeuvre. Donc tout aussi logique (et ubuesque) qu'il soit mis en accusation pour recel et pour vol.

  • Entretien sur le projet réalisé en collaboration avec le plasticien C. Rutault et l'architecte D. Perrault.

  • Un placement ou un divertissement. Telles furent, en schématisant, les images de l'art qui ont dominé ces dernières années. Entre le fric et la récré, ce qu'on attendait des créateurs semblait passer à l'arrière-plan. Peut-être ces façons de voir - ou de s'aveugler - sont-elles déjà sur le déclin. En demandant « L'art est-il une connaissance ? », en posant donc une question délibérément à l'écart des notions de marché et de loisir, le quatrième Forum Le Monde Le Mans a réuni, à la fin du mois d'octobre 1992, plus de mille trois cents personnes, venues rencontrer philosophes, psychanalystes, historiens, critiques d'art et artistes. Organisé conjointement par Le Monde, la ville du Mans et l'université du Maine, ce rendez-vous annuel, conçu et présenté par Roger-Pol Droit, rassemble chaque année, sur un thème lié à l'actualité des savoirs et aux interrogations de notre époque, des chercheurs de plusieurs disciplines et un vaste public. Il est question dans ce livre, dans un langage accessible, des manières dont une pensée s'inscrit dans des lignes, des figures, des couleurs, des sons et des rythmes. Sont aussi abordées les relations de l'art avec l'inconscient, les connaissances scientifiques, les analyses philosophiques, les représentations collectives du pouvoir et les choix politiques.

  • Les années 90 ont vu une renaissance remarquable des réflexions philosophiques consacrées à l'esthétique. Et, d'autant plus étonnante, que ces débats ont trouvé, au moins momentanément, un écho public au-delà de la sphère de la philosophie professionnelle, notamment dans ce qu'il est convenu d'appeler le monde de l'art. De là à croire à une renaissance de la doctrine esthétique elle-même, conçue comme une discipline philosophique fondatrice, il n'y a qu'un pas, que certains philosophes se sont empressés de franchir. L'objet de cet essai est de montrer le caractère illusoire d'une telle croyance - ou même d'un tel espoir.

  • Afin de déterminer la spécificité de l'expérience esthétique, Jean-Marie Schaeffer étudie les conduites esthétiques, la réception des oeuvres d'art et le rapport entre la fonction esthétique et les fonction cognitives.

  • Rainer Rotchlitz, l'auteur de Subversion et subvention, mène une analyse philosophique des critères du jugement esthétique, distinguant notamment l'aspect symptomatique de l'aspect symbolique de l'oeuvre.

  • La fin de l'Histoire de l'art ne signifie nullement la mort de l'art. Au contraire Car en échappant à l'illusion historicienne et au mythe prométhéen du progrès en art, nous redécouvrons ses liens avec le mythe faustien : l'art est une expérience-limite de lucidité, pour éclairer l'image du monde. La fin des avant-gardes s'est accomplie à notre insu pendant les années soixante-dix. Le thème réel et commun à toutes les avant-gardes, après la découverte de l'idée d'Histoire au XIXe siècle, apparaît aujourd'hui par-delà toutes les images réalistes, abstraites, aléatoires, conceptuelles ou corporelles : c'est le désir pulsionnel d'être des créateurs d'Histoire de l'art, crispation sexuelle du mythe prométhéen, symbole activé de la « création » capitaliste ou révolutionnaire. Mais aussi : morbidité des avant-gardes fascinées par la logique inéluctable de leur fin, emprunts exotiques ou sursauts réactionnaires, tel le kitsch, promu style officiel de notre époque par André Malraux, néorétro, rien n'a manqué à l'épopée prométhéenne, pas même le bec rongeur de l'aigle/nouveauté, ni l'automutilation de l'artiste. Redécouvrir la fonction anthropologique de l'art - en s'aidant de la sociologie interrogative et de la mythanalyse -, c'est lier mythe, art et liberté, et renouer avec l'origine de l'art : un art post-historique.

  • En choisissant de présenter 9 artistes de 25 à 35 ans explorant un ou plusieurs domaines des sciences humaines parfois imbriqués jusqu'à l'osmose, « Vertige de la connaissance » ne tente pas de constituer arbitrairement un mouvement ou une école, mais propose de voir la création contemporaine comme un lieu encyclopédique où les objets remplaceraient les énoncés. La théorisation n'est pas là pour élaguer le sens mais pour lui rendre sa luxuriance, les neuf entretiens présentés ici en sont la preuve. Le discours reconstitue ce que l'apparence déconstruit, la référence n'est plus dans l'image issue de l'histoire de l'art mais dans l'histoire de l'art elle-même. Une telle attitude afin de donner à voir une image au tournant de deux siècles...

  • Il y a aujourd'hui un ministre de la Culture, il n'y a plus de ministre des Cultes. Ce transfert d'une ferveur religieuse refoulée, dont témoignent festivals, musées - fussent-ils « imaginaires » -, marchés lucratifs de la peinture, de la chanson, ou de l'« audiovisuel », coïncide depuis un siècle avec l'émergence croissante d'une philosophie de l'Imaginaire, jusqu'ici « part maudite » de nos pédagogies, de nos politiques et de nos catéchèses. La notion d'archétype - avec toutes les allergies passionnelles qu'elle réveille encore - marque bien la frontière de cette impitoyable Guerre Sainte qui, à travers Freud, Nietzsche, Wagner, Cassirer, Jung, Baudouin, Bachelard, Eliade, Lévi-Strauss ou Corbin, consacre et légitime les nouvelles ferveurs. Ce livre montre, une fois de plus, l'efficacité de l'analyse archétypique éclairant les reflets de bien des styles de la peinture européenne. Puis il se penche sur ces deux moments - le XVIIe et le XVIIIe ainsi que la fin du XIXe siècle - qu'illustre la re-mythologisation opératique. Enfin, à l'aube du XXe siècle, à travers le « cas » Wagner, l'auteur se demande si État, École et Églises concordataires ne se sont pas déconsidérés pour s'être rangés dans la « postérité » progressiste, séculière et unidimensionnelle du mythe de Joachim de Flore.

  • « Se cultiver, nous dit l'auteur de Naître est une longue patience et d'Un même mystère, c'est liquider progressivement le maximum de préjugés que l'esprit a hérités sans les éprouver par soi-même. La culture c'est l'autonomie de l'esprit. » « En présence de l'oeuvre, au contact direct de la Beauté, c'est dans un langage sans mots que l'amateur noue un dialogue secret, une communion. L'émotion artistique a des traits communs avec la prière. Elle court-circuite tout commentaire, comme une oraison sincère n'a que faire des théologiens les plus sagaces. »

  • Communications et entretiens autour de la philosophie de l'art, par des étudiants de terminales du lycée Le Brun de Coutances, par des philosophes et des universitaires, et par des artistes contemporains de toutes disciplines, réunis à l'occasion de rencontres organisées à Coutances de 1992 à 1994.

  • Le peintre est un regard, la peinture est son masque, et lui permet de scruter son univers intérieur aussi bien que l'espace visible. Le pouvoir créateur est la source de toute activité dirigée vers l'avenir. Dans un monde qui paraît plus que jamais changeant, l'artiste, qui n'a pas perdu le don d'enfance, s'avance dans l'inconnu. En utilisant des souvenirs de jeunesse, des rêves et des jeux, l'oeuvre d'autres artistes, aussi bien que son expérience personnelle, Françoise Gilot cherche à impliquer le lecteur dans la quête des motifs, conscients ou inconscients, qui conduisent à la production d'une oeuvre et la rendent signifiante, émouvante. Ainsi, le livre s'écrit et se construit en face du lecteur- la composition est une expérience, loin d'être un objet fini et prêt pour la consommation, c'est un projet qui demande, de la part du lecteur, une complicité et un certain degré de participation. Françoise Gilot croit profondément que l'art, bien loin d'être le plaisir raffiné d'une élite, est d'une importance essentielle dans chaque vie humaine, et permet l'épanouissement de toutes les facultés. Partant d'une expérience particulière de la création artistique, elle invite le lecteur à participer à une démarche enrichissante.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au sommaire : Du prestige de la variété au vertige de la variation (Christophe Carraud) ; L'homme, variation continuelle (Sébastien Mallet) ; Les carrés magiques (Gérard Baudoin) ; L'ornement : la différence dans la répétition (Jean-Claude Bonnet) ; Voir l'essence (Jean-François Lavigne) ; Un problème esthétique : séries ou variations ? (Michel Costantini).

  • Le Transréalisme réinvite aux réflexions fondamentales de la condition humaine et de son évolution. Il tient compte toutefois des considérables avancées contemporaines qui permettent et exigent que l'individu accède et participe à un dépassement susceptible de contribuer à l'élévation de l'ensemble. Cette invitation à un humanisme triomphant peut être largement reçue. En effet, elle émane d'un enseignant, devenu galeriste, qui n'a pas bénéficié de formation artistique particulière et qui a bâti progressivement sa réflexion à partir d'un regard porté essentiellement sur la peinture, en dehors des livres et des grands courants. « Les révélations d'Omar » est le récit de ses découvertes, de ses rencontres, de ses réflexions qui l'ont amené à considérer la pratique du langage artistique comme un moyen primordial d'ouverture sur le monde, sur les autres et sur soi. L'auteur pense que ce qui lui est révélé peut être découvert et partagé par le plus grand nombre.

  • La création, c'est bien elle le vrai moteur de la culture. Pourtant, mystérieuse et inquiétante, on ne lui attribue pas la place qu'elle mérite dans la politique culturelle que François Aubral propose de recentrer sur les nécessités de la création. Éducation (de l'école maternelle à la faculté), animation, politique et vie culturelle : tout doit être alors repensé en fonction des impératifs de cette création. Sur son chemin, l'auteur se confronte à la technocratie, et à l'urgente question sans cesse éludée de l'évaluation en matière d'art. Son livre trace les lignes générales d'une politique culturelle ancrée dans une réflexion sur l'expérience esthétique de l'oeuvre d'art, expérience qui met en mouvement la puissance créatrice de chacun. Mais l'espace de la création est vaste : il englobe les problèmes de la production des oeuvres, de leur diffusion (médias, télématique) et des institutions culturelles les plus variées. Intervention incitative, parfois programmatique... Invitation à la réflexion et à l'action pour qui pense venu le moment de reconnaître la puissance de la création et le rôle des créateurs dans les mutations de la société contemporaine.

  • La perturbation qu'évoque Claude Patriat, universitaire et responsable culturel, est celle dont ont positivement besoin les universités françaises. Bien que celles-ci soient définies comme des établissements publics à caractère scientifique et culturel, elles constituent des planètes froides qui rayonnent faiblement sur leur environnement social. Vivant une existence isolée qu'elles voudraient tranquille, les universités doivent aujourd'hui affronter une mutation exceptionnelle. La société exige plus d'elles, les étudiants attendent mieux. La formulation active de cette nouvelle identité passe par l'art et la culture. L'établissement d'un véritable projet culturel permettra cet engagement contemporain nécessaire à l'ouverture du milieu universitaire. Certes la présence de l'art et des artistes perturbera les habitudes ancestrales. Mais comme le montre l'expérience de l'Université de Bourgogne sur laquelle Claude Patriat accroche son propos, la création d'un espace ludique et critique autorisera une grande ambition renouvelée.

  • Des spécialistes français et étrangers (Espagne, Pays-Bas, Mexique, Argentine, Colombie...) étudient les relations qu'entretiennent l'image et la divinité. Ils s'appuient ainsi sur des figures de la culture hispanique : des peintres (Le Gréco, Vélasquez, Goya, Picasso, Antonio Saura), des figures du cinéma (Pedro Almodovar, Carlos Saura, Luis Bunuel) mais également de la mythologie et de la Bible.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'étude de la perspective a souffert d'un a priori dommageable : celui qui consiste à en faire un système culturel inventé à la Renaissance, coupé de ses sources médiévales. Cette étude défend la thèse d'un courant de diffusion qui va de l'optique élaboré

  • La coexistence de deux besoins inconciliables et néanmoins fondamentaux, les origines (le commencement) et la suite (l'histoire), le sacré et le profane, explique l'entreprise apparemment vouée à l'échec de faire deux choses à la fois : la lutte dialectique du haut et du bas ou le jeu de l'alternance et de l'altération.

  • Ce livre n'est pas un recueil d'études. Il rassemble quelques aspects d'une réflexion sur un sculpteur et des peintres à contre-courant des modes actuelles. Depuis longtemps, Yves Bonnefoy interroge leur oeuvre et s'interroge, plus généralement, sur le pouvoir de créer et le dessein profond de toute inscription humaine. Nous n'habitons plus comme il le faudrait, avec confiance, la terre - écrit-il - trop de clés simples se sont perdues, et il revient donc à chacun de réinventer, comme il le peut, le lieu et le sens de son existence. Telle est la préoccupation des articles réunis ici.

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