• L'urgence, qui appelle l'impulsion, la fougue, la vitesse - et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l'effort. Mais elles sont pourtant indispensables l'une et l'autre l'criture d'un livre, dans des proportions variables, des dosages distincts, chaque crivain composant sa propre alchimie, un des deux caractres pouvant tre dominant et l'autre rcessif, comme les allles qui dterminent la couleur des yeux. Je conseille la lecture du recueil de textes de Toussaint L'Urgence et la Patience, en particulier tous ceux qui rvent d'crire. [...] Le romancier nous rvle ses manires de procder, ses rgles, ses trucs, ses manies, les contraintes qu'il s'impose, les joies qu'il connat, et, comme la lecture est insparable de l'criture, son exprience de lecteur de Proust, Kafka, Beckett, et, bien sr, de Dostoevski. (Bernard Pivot, Le Journal du dimanche) Ce recueil est initialement paru en 2012.

  • On affirme parfois que les crises génèrent des forces créatrices. Idée à méditer, au-delà des banales affirmations publicitaires ou entrepreneuriales sur le caractère fécond des crises (politiques, sociales, économiques ou personnelles). C'est le versant psychique, littéraire et philosophique de la notion de crise qui est ici exploré dans son rapport à la création. Crise de la créativité : silence, retirement, stérilité. Tout un chacun connaît ces périodes de vide, de blocage dépressif. La créativité de la crise en est-elle le simple renversement ?
    Comme le surent Deleuze ou Beckett, Nietzsche ou Foucault, mais aussi nombre d'artistes et créateurs modernes, il n'est pas facile d'endurer l'instabilité qu'exige toute création, les forces d'égarement qu'elle déchaîne, tout comme son indéniable jouissance. La création est sans doute un apprentissage de l'insécurité.

  • L'artiste est inventeur de temps. Il façonne, il donne chair à des durées jusqu'alors impossibles ou impensables : apories, fables chroniques.

    Essayer voir, ce n'est pas seulement essayer de voir. C'est accorder son regard à la durée d'un « essai », cette forme de pensée à la limite du théorique et du poétique. Forme que l'on retrouve dans Apple T., une oeuvre de Miroslaw Balka où se pose la question - déjà littérairement articulée par Aharon Appelfeld ou Imre Kertész - de savoir comment survivre à Treblinka. Forme que l'on retrouve aussi dans une oeuvre de James Coleman qui pose à son spectateur la question - déjà philosophiquement argumentée par Ludwig Wittgenstein et poétiquement phrasée par Samuel Beckett - de l'essayer dire, cette parole à trouver face à ce qui, sous nos yeux, se dérobe.

  • Arnold, archétype du héros bovien, vit dans une chambre obscure d'un petit hôtel de Montmartre. En pleine crise de désespoir, il est en proie à de vives angoisses... Il s'offre alors l'un des plus grands moments de bravoure de sa vie, et de l'oeuvre littéraire d'Emmanuel Bove : la saisissante description de son suicide, qu'Arnold pense pouvoir contrôler.
    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Né dans un milieu très modeste, le jeune homme décide très tôt de ne vivre que de sa plume. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde
    « C'est comme si, à cause de ou malgré son humour, l'oeuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste. » - Mathieu Lindon, Libération

  • Tout commence par un mariage raté d'avance, celui d'Annie et Jean-Melchior. Annie vient d'une famille bourgeoise. Jean-Melchior est pauvre, a déjà eu un fils, Jean-Noël, avec une mégère qu'il abandonne sans remords. Après la mort de Jean-Melchior, Annie et Jean-Noël retournent à Paris. Mais le jeune homme n'en finit pas de décevoir sa belle-mère. Il commet les mêmes erreurs que son père : épouser des femmes qu'il n'aime pas, ne jamais achever ses études... Pourtant, son seul désir semble de plaire à Annie...
    Emmanuel Bove commence très tôt à écrire. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. Ici, Bove transpose de façon saisissante les épisodes les plus ambigus de son histoire familiale.
    « Du grand art. » - L'Obs
    « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde
    « Le plus grand des auteurs français méconnus. » - Libération

  • Qui n'a, au moins une fois, rencontré l'angoisse ? Palpitations, boule au creux de l'estomac, souffle coupé, malaise qui enfle sourdement... L'angoisse est une « ventouse posée sur l'âme », disait Antonin Artaud. Est-elle la voie obligée d'entrée dans l'écriture : l'impouvoir qu'explorèrent Blanchot et Derrida, le vertige du « comment commencer » qu'évoquent Beckett ou Foucault, « l'expérience abjecte » de la psychanalyse selon Lacan, le grouillement informe de l'être pour Levinas ? La pensée est-elle une figure de l'angoisse ?
    L'angoisse dont il s'agit ici n'a pas la familiarité de nos peurs intimes, aussi violentes soient-elles. Ce sont pourtant ces mêmes territoires qu'explorèrent nombre d'écrivains et philosophes du XXe siècle. Tous disent la formidable puissance de création gisant au coeur de la négativité anxieuse : déconstruction (Derrida), désoeuvrement, désastre (Blanchot), dédit (Levinas), décréation (Beckett), litanie des « il n'y a pas de... » chez Lacan, fin de l'homme pour Foucault.
    L'angoisse de penser désignerait alors cette expérience d'écriture - tantôt jubilatoire, tantôt affolante -, dans laquelle Je pense hors de Moi.

    Ce livre est paru en 2008.

  • Certaines des oeuvres majeures du XXe siècle (celles d'Artaud, de Beckett, de Michaux, d'autres encore...) déforment les figures reçues de l'art, de l'écriture, du sens. Elles bouleversent nos systèmes de pensée et la tranquille stabilité des oppositions qui souvent les gouvernent. En ce sens, elles relèvent d'un nouvel iconoclasme. Elles nous invitent par exemple à nous poser quelques questions troublantes, dont celles-ci : face à la normopathie contemporaine, ce cache-misère d'une inavouable dépression, face à ce narcissisme grégaire socialement gratifié où chacun se reconnaît dans le regard admiratif qu'un autre semblable lui jette pour qu'il le lui renvoie, comment inventer les formes vivantes (plastiques, plurielles) d'une résistance à l'image ? Comment se déprendre des formes pétrifiées de l'identitaire ? Comment inventer à chaque instant les figures mouvantes de la représentation de soi et de l'autre sans y perdre toute identité ?
    Sous ce mot de défiguration, on tentera de suivre le mouvement de déstabilisation qui affecte, dans les textes modernes, la figure : mise en question inlassable des formes de la vérité et du sens, passion de l'interprétation.

    Ce livre est paru en 2004.

  • Nous ne pouvons connaître les autres hommes que par leurs gestes, leurs paroles et leurs actes. Depuis deux siècles, le roman ne s'en est plus satisfait, et s'est voué, avec une intensité toujours croissante, à nous montrer la conscience au grand jour. Ce qu´elle a de plus secret, et parfois pour elle-même, vient sous nos yeux dans le moindre récit. Et ce que la Bible réservait à Dieu, sonder les reins et les coeurs, est devenu l´attribut commun des romanciers.
    Quel est le sens de cette transformation radicale ? Comment a-t-elle eu lieu ? Quels chemins a-t-elle suivis, et quelles formes a-t-elle produites ? De quelle compréhension de la conscience est-elle lourde ?
    Ce volume se concentre sur le monologue intérieur, en se tenant au plus près de ses usages variés, conversations intimes des héros de Stendhal, fulgurations décisives de Balzac, « tempêtes sous un crâne » de Victor Hugo. L´exploration se poursuit avec Virginia Woolf (Les Vagues), William Faulkner (Lumière d´août), et Samuel Beckett (L´Innommable).

  • Dans son livre, Jean Narboni passe d'une scène (le rasage, le prologue pendant la Première Guerre mondiale...) à un point d'Histoire ou à un auteur (Bazin, Benjamin, Adorno, Genet...), il entre et sort du film, change sans cesse d'échelle et de point de vue. Ecrit dans un style où description, analyse et humour subtil se relancent en permanence, ... Pourquoi les coiffeurs ? apporte des éclairages nouveaux sur des éléments fréquemment discutés du Dictateur (réalisé en 1940) : la ressemblance entre la moustache de Chaplin et Hitler, le rôle et le sens du discours final... Il s'attarde aussi sur des aspects souvent négligés ; notamment la fonction de la musique, particulièrement celle de Brahms et de Wagner.
    En plus de la question de l'actualité du Dictateur, toujours débattue, ces notes sont aussi actuelles parce que le livre est écrit avec tout le savoir accumulé sur la Shoah et sur Chaplin depuis 1940, et à une époque où les controverses autour de la représentation du nazisme, du statut du rire restent particulièrement vives.

    "Encore un essai sur Le Dictateur ? Aujourd'hui ? Venant s'ajouter à tant d'autres ? Quelle urgence, quelle nécessité ? N'y a-t-il pas, après soixante-dix ans, anachronisme, lassitude, saturation, et pour le dire d'un terme pénal, prescription ? Je ne le pense pas, et moins pour ce film que pour aucun autre. Sa nouveauté, son audace, sa force et son actualité paraissent, au contraire de ce qui se dit généralement, plus éclatantes à mesure que les années passent." Jean Narboni

  • Tout comme nous aujourdhui, Marcel Proust a vécu une période de grande mutation technologique. La voiture automobile permet de parcourir le territoire à sa guise et transforme le rapport espace-temps ; lavion aussi ; la photographie inonde limaginaire ; le téléphone relie miraculeusement les êtres séparés. Lélectricité modifie les pratiques quotidiennes. La Recherche du temps perdu se fait écho de ces innovations, et Proust est un contemporain attentif.François Bon fait parler les témoins et la volumineuse correspondance, nous renseigne sur lépoque. Relisant ses gros volumes en papier, exploitant les possibilités de recherche, notamment lexicales, offertes par le numérique, il fait affleurer des thèmes, des obsessions, explore les techniques romanesques, prend la mesure de l'indémodable modernité de l'univers proustien. Mais il va aussi plus loin. En romancier, il se libère des réalités chronologiques pour faire dialoguer Proust et Baudelaire, dans une complicité stimulante et doublement révélatrice. Il nous rappelle aussi quelques grands lecteurs posthumes, notamment Beckett et Koltès.En fin de compte, et à chaque ligne de ce livre, François Bon nous dit en quoi la lecture de Proust a été déterminante pour lui, et combien cette uvre continue de retentir dans nos vies et de les éclairer.

  • L'énergumène a décidé de détruire le « Monde Ancien ». Son plan ? « Une conspiration fatale » où « tout le monde se soulève, les assujettissants autant que les assujettis », les Blancs comme les Noirs : il s'agit d'abolir le capitalisme, à commencer par les États-Unis. Son arme ? Le narrateur, dont il a lu le seul livre et qu'il vient dénicher dans l'improbable petite ville de la Chaux-de-Fonds pour le convaincre de coopérer. Mais le narrateur est un non-violent, qui met en place une palpitante stratégie pour faire avorter les desseins de l'énergumène.

    Dernier volet du cycle romanesque de Velan, ce huis-clos cousine avec Beckett comme Dostoïevski et atteste brillamment du rôle joué par la littérature aux yeux de l'auteur : une perpétuelle mise en question politique et esthétique.

    Yves Velan (1925-2017) a enseigné la littérature en Suisse et en Illinois. Il a reçu le grand prix CF Ramuz en 1990 pour l'ensemble de son oeuvre.

    Après Je (Seuil, 1959), salué par Roland Barthes, paraissent La statue de Condillac (Seuil, 1973) et Soft Goulag (Bertil Galland, 1977). Velan décide ensuite d'arrêter de publier mais pas d'écrire. Peu avant sa mort, il a décidé d'accepter la publication du Narrateur et son énergumène, un manuscrit devenu mythique à force d'être attendu.

  • Ce recueil réunit pour la première fois l'intégrale des nouvelles inédites ou disséminées de l'auteur. Voici enfin regroupés le mythique Monsieur Thorpe, Rencontre (l'ensemble de nouvelles ajoutées en 1939, par Gallimard, au roman La Dernière Nuit), les très curieux Petits Contes, des textes parus en revue, ainsi qu'un ensemble de nouvelles inédites.
    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Né dans un milieu très modeste, le jeune homme décide très tôt de ne vivre que de sa plume. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde
    « C'est comme si, à cause de ou malgré son humour, l'oeuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste. » - Mathieu Lindon, Libération

  • Pourquoi les styles de Deleuze ? Si le style comme problème de multiplicité ne saurait se plier chez Deleuze à de simples exercices rhétoriques, et s'il recoupe, à hauteur de dignité équivalente, les plans intensifs de la philosophie, de l'histoire de la philosophie et de l'art, cela suffirait-il à justifier que soit ouvert le chantier d'une stylistique deleuzienne ? Bien qu'elle soit complexe, la question mérite d'être engagée.
    Précédé de cinq lettres inédites de Gilles Deleuze.

  • Victor Bâton est un trentenaire têtu qui, malgré sa pauvreté, refuse de travailler et préfère arpenter Paris dans ses vêtements élimés. Ce que Victor voudrait, par dessus tout, c'est se faire des amis. Alors chaque rencontre devient l'espoir d'une amitié incroyable. Mais les désillusions s'accumulent bientôt... Publié en 1924, avec les recommandations de Colette, Mes amis est le premier roman d'Emmanuel Bove (1898-1945), le plus méconnu des grands auteurs français (vingt romans et recueils de nouvelles). De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture d'Emmanuel Bove. « Bove a comme personne le sens du détail touchant. »Samuel Beckett « Bove avait le génie de parler de soi sans parler de lui. »Pierre Assouline, Le Magazine littéraire« L'expérience de la lecture de Bove est unique. »Pierre Michon, Le Monde« Mes amis est non seulement considéré comme l'une des plus belles réussites littéraires du XXe siècle, mais il demeure toujours aussi actuel. »Hélène de Ligneris, France 3

  • Sur la relation critique, beaucoup a été dit et écrit. Disséminés ou perdus sur des blogs, sites ou pages noyées dans le web, ces échos, tantôt coups de coeur tantôt coups de doigt, toujours tapés directement sur un clavier, sont ici rassemblés pour la lecture numérique. Ces échos traitent aussi de textes peu ou pas encore assez connus. Quelques discrets au milieu du fracas des titans. C'est le lot de la littérature. Elle touche à tout, doit tout toucher. Hommage aux méconnus.Traiter des textes revient, au bout de tous les comptes, à honorer ce que l'on traite et à oublier ce que l'on trahit.

  • Armand habite avec Jeanne, mais il désire Marguerite, la jeune soeur de son ami Lucien. De là, Emmanuel Bove décrypte la décomposition d'un couple avec un sang-froid éblouissant. Le narrateur tient le journal de l'échec de son mariage. Jour après jour, il déchire son couple, et plutôt que d'éviter la débâcle, il s'y précipite. Un anti-héros de Bove par excellence.
    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « Bove, c'est l'art du subjectif, de la pensée souterraine, qui fait que toute relation est foncièrement caractérisée par le malentendu. » - France culture
    « Emmanuel Bove est l'un des grands écrivains du siècle. » - L'Express

  • Armand et Jeanne vivent ensemble. Armand qui ne travaille pas passe ses journées à se promener et à voir ses amis. Un jour il rencontre Lucien, un homme triste et malheureux témoin pour le narrateur "d'un passé douloureux". Armand va progressivement tomber amoureux de Margueritte, la petite soeur de ce dernier.

    Armand est le deuxième roman d'Emmanuel Bove et certainement l'un des plus étonnants. L'auteur décrit avec précision et minutie la psychologie des personnages.

    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « Bove, c'est l'art du subjectif, de la pensée souterraine, qui fait que toute relation est foncièrement caractérisée par le malentendu. » - France culture
    « Emmanuel Bove est l'un des grands écrivains du siècle. » - L'Express

  • Un banquet est organisé en l'honneur d'André Poitou. Ce grand industriel vient de recevoir la légion d'honneur. Les invités arrivent, les conversations s'animent, le dîner peut alors commencer !
    Ce roman est une plongée dans le monde de la bourgeoisie du début du XXe siècle.
    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Le style de Bove, d'une grande subtilité, agit ici à la perfection : des dialogues courts et ciselés, un sens étonnant du détail, un décor vide, anxiogène, une écriture "blanche" qui annonce Camus et Modiano, et nous voici pris au piège, inexorablement, de ce roman trouble et réaliste, l'un des rares écrit sur les premiers temps de Vichy et de l'Occupation. » - France culture
    « Emmanuel Bove est l'un des grands écrivains du siècle. » - L'Express
    « Le sublime, chez Bove, se fonde dans l'insupportable. » - Le Magazine littéraire

  •  Le "À qui ?" est important, il existe depuis longtemps, il m´accompagne continûment, c´est une vraie question : à qui dire les choses ?
    Très récemment, bien après avoir écrit ce texte, j´ai rencontré le "À qui ?" chez Virginia Woolf, que je n´avais jamais lue. J´avais des méfiances. "Mrs. Dalloway" en dissipe certaines.
      Pour le "À qui ?", bien sûr, il y aurait la mère, le psychanalyste, le fils, les amis, le père, les frères, et puis les murs, certains murs en briques et chaux avec coulures de peinture bordeaux, vivants tellement vivants, ceux-là, et d´autres, en béton brut, d´Auguste Perret, au Havre, dans la reconstruction des ruines de l´après-guerre, que l´écriture jouxterait comme son ombre le chat.
      Et puis l´économie, liée à la ménagerie, comme est liée la condition qui nous lie à nous-mêmes, la petite domesticité, la restriction, l´étiage. Et puis, lié aussi au sujet parlant rêvant, le statut du génitif en français, comme "Le désir du psychanalyste", chez Lacan.
    Ruines. Liaisons. Réversibilités.
    N´en rien conclure jamais - comme sur un mur Ne travailler jamais, revisité infinitif plus calme, moins dogmatique, plus flânant -.
      L´insistance du "À qui ?" s´adresse infiniment à l´Autre en qui le personnage put distinguer la haute silhouette de Beckett, pour autant que de sa distinction il déduise l´idéal du "À qui ?"... et s´imagine devoir lui parler, depuis son sommeil.
      Pour le reste, "Malone meurt", peut-être.
      Edith Msika Édith Msika

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