• Barbares aux yeux des Grecs et des Romains, figures poétiques pour les Romantiques, héros nationalistes chez les historiens du XIXe siècle, les Gaulois gardent pour nous un certain mystère. Leur brillante civilisation, épanouie seulement en quelques siècles, a été submergée par celles de ses voisins, peut-être parce qu'elle en était trop proche. Grâce aux sources littéraires antiques et aux résultats les plus récents de l'archéologie, c'est à une redécouverte des Gaulois que ce guide convie.

  • « Toi aussi, mon fils... » C'est à ce cri de Jules César que Marcus Junius Brutus doit sa célébrité. Né vers 85 avant J.-C., Brutus n'est pas le fils de César, mais celui de sa maîtresse Servilia. Le grand général a pris ce jeune homme brillant sous son aile protectrice, le pensant promis à un grand avenir. Pourtant, le 15 mars de l'an 44, Brutus est l'un de ceux qui percent de vingt-trois coups de poignards le corps de César. Les conjurés reprochent à celui qui vient d'être proclamé dictateur à vie d'avoir piétiné une République déjà moribonde au profit de sa toute-puissance. Pire, on le soupçonne de vouloir être fait roi.
    S'il n'est pas l'instigateur du complot, Brutus en a pris la tête, poussé par les républicains en raison de sa réputation d'homme vertueux et d'une grande rigueur morale. Mais, faute d'un projet élaboré, l'attentat se solde par un fiasco politique. Poursuivi par la haine de Marc Antoine, qui se pose en vengeur de César, Brutus choisit l'exil.
    Féru de philosophie, ami de Cicéron, Brutus n'aime ni la violence, ni la guerre. S'il fait couler le sang de César, c'est au nom d'un idéal de liberté et de justice. S'il lève des légions avec son complice Cassius, c'est dans l'espoir de rétablir la République d'antan. Mais c'est encore un échec. Brutus meurt en octobre 42 à la bataille de Philippes, défait par Marc Antoine et Octave, le futur empereur Auguste.
    Une histoire aux multiples rebondissements entre amitié et trahison, idéalisme et duplicité, que nous racontent Plutarque, Appien, Suétone, Dion Cassius, Cicéron.

    Textes réunis et présentés par Alain Rodier.

  • Cicéron a dix sept ans quand débute la lutte armée entre Marius et Sylla. Pendant plus d'un demi- siècle, la guerre civile va ensanglanter Rome, jusqu'à ce qu'Auguste inaugure un nouveau régime. Dans cette terrible période de convulsions et de déchirures, un homme va désespérément tenter de sauver la République. Une république conservatrice, dominée par les classes privilégiées, mais préférable à ses yeux aux aventures de la dictature militaire ou aux illusions d'un despotisme aux accents populistes. Présent sur tous les fronts, foudroyant une conjuration aux effets mortels, mais acceptant de lourds compromis au nom du moindre mal, Cicéron oscilla entre les intransigeances et les louvoiements, entre les fidélités et les volte-face. Jusqu'à l'ultime combat qu'il affronta avec énergie et avec panache.
    Mais ce lutteur avait bien d'autres passions. Orateur d'exception, philosophe érudit, poète de talent d'après Plutarque, il laissa une oeuvre abondante, qui nous est, pour l'essentiel, parvenue, et qui nous permet de suivre le cours de ses pensées et de ses émotions. Avec son appétit de culture, son idéal de tolérance, son culte de l'amitié, son attention aux autres, Cicéron ne fut pas seulement le dernier Républicain de Rome. Il en fut aussi le premier humaniste.
    Plutarque, Tacite, Appien, Salluste, Dion Cassius et Cicéron nous racontent.

  • Avec Vercingétorix, Pompée (106-48) fut le second grand ennemi que César dut vaincre.
    Général à 23 ans, Pompée prend le parti de Sylla contre Marius, Victorieux en Afrique, en Sicile et en Espagne, il est acclamé imperator et reçoit de Sylla le surnom de Maximus, « Le Grand » en référence au conquérant macédonien Alexandre. Puis ce sont les succès contre le gladiateur Spartacus et contre les pirates qui sèment la terreur en Méditerranée. Il étend l'empire romain en Orient par ses victoires contre Mithridate et pacifie la Judée. En 60, il fait partie du premier triumvirat avec César et Crassus et épouse Julia, la fille de César. Après la mort de Crassus et alors que César est en Gaule pour vaincre Vercingétorix, Pompée est nommé consul unique pour réprimer les troubles qui sévissent à Rome. C'est en franchissant le Rubicon et en marchant en armes sur Rome que César se met hors la loi en 49. La guerre civile est déclarée. Pompée passe en Grèce avec ses partisans dont Brutus et Cicéron pour constituer une armée imposante. Le 9 août 48, il sera battu à la bataille de Pharsale et mourra décapité par les sbires du pharaon Ptolémée XIII sur les rives de l'Egypte.
    Il est écrit que César, en découvrant la tête de son ennemi, pleura.
    Appien, César, Cicéron, Dion Cassius, Flavius Josèphe, Lucain, Plutarque, Suétone et Velleius Paterculus nous racontent.

  • Auguste, fossoyeur de la République ?
    Auguste, père de la Rome moderne ?
    Auguste, fauteur de guerres ou architecte de la paix ?
    Sa destinée l'a placé sur la route de Jules César, et le glaive à la main, sur celles de Brutus, de Marc Antoine et de Cléopâtre.
    Avec son ami Mécène, il a fait venir à lui les beaux esprits du monde latin : Horace, Virgile, Ovide.
    Il a inspiré Sénèque, passionné les historiens : Suétone, Plutarque, Tite Live, Tacite, étonné Cicéron.
    Cruel ou magnanime, vertueux ou dépravé. Seul au sommet du pouvoir, déçu par les siens. 42 ans de règne, sans partage. Auguste n'a pas eu de fils, mais il a bâti une dynastie.
    Il est né en 63 avant Jésus-Christ. Il est mort 14 ans après le début de notre ère. Il y a 2000 ans de cela. L'histoire d'Auguste nous interroge toujours.
    Appien, Dion Cassius, Suétone et Plutarque nous racontent.
    Bruno Albin a été journaliste pour France Inter, Antenne 2, France 2 et France 3.

  • De 66 à 44 avant J.-C., les crises à Rome se succèdent et s'aggravent jusqu'à embraser le monde méditerranéen tout entier. L'historien grec Appien d'Alexandrie se montre fasciné par le spectacle de ces passions politiques déchaînées, par cette scène perpétuellement changeante sur laquelle défilent des acteurs illustres et consommés, dans toutes sortes de rôles : César l'audacieux, Pompée le rusé, puis le désemparé, Cicéron le vaniteux, Clodius l'impétueux, Caton le vertueux, Antoine le débrouillard, Lépide le maladroit... Le destin se joue de tous les héros et leur réserve une grande diversité de fins tragiques auxquelles se mêlent des épisodes grotesques.

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