• Pourquoi devons-nous travailler ?
    Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste ».
     
    Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.

  • Afin de justifier leur braquage sans précédent des comptes publics, les nouveaux philanthropes arguent qu'après avoir été les meilleurs pour faire fortune, ils seront les meilleurs pour faire le bien. La crise de la Covid est, de ce point de vue, paroxystique : les milliardaires s'enrichissent pendant que le reste de l'humanité sombre dans la grande pauvreté et certains cachent cette intolérable réalité chiffrée, en offrant aux hôpitaux quelques masques, bidons de gels, voire quelques piécettes...Démontrant comment la France copie le pire du système américain avec des donateurs et des entreprises supposément mécènes applaudis par des politiques complices, Vincent Edin tacle sévèrement celles et ceux qui prétendent exercer un rôle d'intérêt général tout en se soustrayant à l'impôt.

    Journaliste, collaborateur régulier du magazine Usbek & Rica, Vincent Edin enseigne la rhétorique politique. Il est également l'auteur de plusieurs essais et du manuel Se lancer dans la collecte de fonds (Juris Éditions, 2012). Car avant de critiquer la philanthropie, il l'a côtoyé de près, notamment en travaillant aux rencontres organisées par Admical, association rassemblant les entreprises mécènes. Il est le directeur de la collection « Les Incisives ».

  • Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement.
    Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects.
    L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux.

    Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.

  • Aden Arabie

    Paul Nizan

    Aden Arabie
    Paul Nizan
    L'incipit du roman est resté célèbre : « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. »
    Normalien et philosophe, Paul Nizan quitte l'École normale en 1926, et fuit l'ennui et les pesanteurs de la société française en partant loin...
    D'abord séduit par l'exotisme de l'Arabie, Nizan découvre à Aden le même ordre social implacable, et il est saisi par la question coloniale : « Aden est un comprimé d'Europe chauffé à blanc ».
    Quand il revient en Europe à l'été 1927, il a trouvé ses ennemis, les classes dominantes, l'ordre social et le règne de la loi du profit. Peu après, il adhère au parti communiste.
    /> Aden Arabie est à la fois un récit de voyage autobiographique, un essai et un pamphlet, constat de l'état du monde et dénonciation de la bourgeoisie, de sa philosophie et de sa culture. Désormais, « il ne faut plus craindre de haïr, il ne faut plus rougir d'être fanatique », car « il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien, celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée ».
    La conclusion de Nizan sur cet itinéraire critique est amère pour lui-même : « Avais-je besoin d'aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris. »
    Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/

  • Du delta du Nil aux cercles polaires, le constat est effrayant : la Terre se réchauffe dans des proportions qui nous mènent aujourd'hui au seuil de la catastrophe. Le concept d'Anthropocène, s'il a le mérite de nommer le problème, peine à identifier les coupables et s'empêtre dans le récit millénaire d'une humanité pyromane. Or si l'on veut comprendre le réchauffement climatique, ce ne sont pas les archives de « l'espèce humaine » qu'il faut sonder mais celles de l'Empire britannique, pour commencer. On y apprend par exemple que dans les années 1830 la vapeur était, aux mains des capitalistes anglais, un outil redoutable pour discipliner la force de travail et une arme de guerre impérialiste ; on y suit la progression fulgurante de la machine mise au point par James Watt qui supplante en quelques années la force hydraulique - pourtant abondante et moins chère - dans l'industrie textile anglaise. En puisant dans les sources de l'histoire sociale, ce livre raconte l'avènement du « capital fossile », ou comment la combustion ininterrompue de charbon a permis de repousser les limites de l'exploitation et du profit.
    Il faut couper la mèche qui brûle avant que l'étincelle n'atteigne la dynamite, écrivait Walter Benjamin dans un fragment célèbre, « Avertisseur d'incendie », où il insistait sur la nécessité d'en finir avec le capitalisme avant qu'il ne s'autodétruise et emporte tout avec lui. Pour Andreas Malm, on ne peut pas mieux dire l'urgence contemporaine de défaire l'économie fossile par des mesures révolutionnaires.

  • Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste.
    Il en traverse les différents cercles, en partant de son centre et en progressant vers ses marges.
    Ainsi sont examinées les différentes puissances d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer.
    Saisir les avantages respectifs dont ces puissances ont successivement tiré parti renvoie à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent.
    La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France.
    L'auteur revient régalement sur le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des États d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne qui, cause et effet à la fois, ne peuvent prendre part à l'expansion européenne.
    Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la «?cour des grands?».
    L'ouvrage examine enfin les principales forces sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et, dès lors, de se développer selon leur logique propre.
    Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit de ses atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.
    Alain Bihr renouvelle et enrichit, grâce aux acquis historiographiques les plus récents, les intuitions et les analyses qui ont jalonné l'histoire du développement capitaliste.
    La dimension narrative et descriptive n'est pas le moindre atout de ce travail.

  • Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être «sauvées» par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le «féminisme» blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut:
    «Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires; révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.»
    Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être «sauvées» par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le «féminisme» blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut:
    «Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires; révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.»

  • La montée en puissance des «pays émergents», au premier rang desquels la Chine, venant après celle du Japon et des «dragons» sud-est-asiatiques (Corée, Taïwan, Hong Kong, Singapour), a été l'occasion de réinterroger voire de réviser l'histoire du capitalisme. Et de se demander si le premier rôle, longtemps tenu par l'Europe occidentale, au sein de cette dernière n'avait été qu'un accident dont les conséquences seraient en train de s'épuiser et une parenthèse en train de se refermer.
    Cet ouvrage soutient que, si l'Europe occidentale a été le berceau du capitalisme et a pu, des siècles durant, en constituer l'élément moteur et dirigeant, c'est à son emprise sur le restant du monde qu'elle l'a d'abord dû. Ce premier tome revient sur l'acte inaugural de ce processus : l'expansion dans laquelle elle s'est lancée en direction des continents américain, africain et asiatique à partir du XVe siècle et qui se poursuivra au cours des trois siècles suivants.
    Cet ouvrage décrit et analyse les deux formes fondamentales de cette expansion : commerciale et coloniale. Il en précise les principaux acteurs : les États et leurs agents, les compagnies commerciales, les diasporas marchandes, la foule des migrants anonymes, etc. Il en donne le résultat global : la constitution d'un premier monde centré sur l'Europe occidentale dans l'exacte mesure où c'est par elle et pour elle que les autres continents vont se trouver interconnectés et progressivement extravertis.
    L'ouvrage s'attache à montrer qu'à travers les comptoirs commerciaux ouverts sur leurs côtes autant que par le biais des territoires occupés et colonisés dans leurs arrière-pays, des régions entières de ces continents ont commencé à être soumises à un processus d'exploitation et de domination. Ce processus opère par le biais du commerce forcé et déloyal, par l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations.
    Il explique ainsi comment les sociétés locales ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. De la sorte, elles furent subordonnées aux exigences de la dynamique de formation du capitalisme en Europe même.
    Mais, loin de verser dans une sorte de misérabilisme à l'égard des pays et populations en proie à l'expansion européenne, l'ouvrage insiste au contraire sur la résistance qu'ils ont su lui opposer, en la tenant souvent en échec. Résistance cependant inégale, fonction de leur développement historique antérieur et des structures sociales toujours singulière auxquelles il avait abouti.
    C'est pourquoi l'ouvrage consacre également une grande attention à l'état de chacune des sociétés que les Européens vont aborder au cours de leur expansion. Il fournit de la sorte un panorama du monde à l'aube de cette dernière.
    En dernier lieu, cette analyse de l'expansion européenne tente d'expliquer les divergences qui vont surgir entre les États européens quant au calendrier selon lequel ils vont se lancer dans cette aventure et les formes qu'ils vont y privilégier. Elle se penche également sur les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises. Enfin elle souligne les bénéfices fort inégaux que les divers États européens vont retirer de leur expansion outre-mer, dont la pleine explication est cependant renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.

  • « Exister dans le système, c'est souvent être assis derrière des vitres, face à un écran. » Des forces nouvelles, mixtes de technique, d'économique et de numérique, ont fait irruption au sein du technocapitalisme mondial. Nous assistons aux premiers effets de ce qu'il faut bien appeler des « ultraforces » qui, en créant un nouveau monde, déstabilisent les systèmes et fragilisent les existences.
    Dans ce contexte, nous devenons multiples, éclatés, parfois écartelés. En nous coexistent trois visages : un moi cherchant sa place dans un système constitué de vitres protectrices et d'écrans ; un sujet clivé par les ultraforces d'une mondialisation qui crée autant qu'elle détruit ; et enfin un soi précieux marqué par la saveur d'exister, la recherche d'équilibre et le goût des autres.
    Comment inventer une convergence entre ces trois facettes de nous-même ? Comment sortir du dualisme appauvrissant qui résulte de la surenchère entre systèmes fragilisés et ultraforces décomplexées ? Cela ressemble à la fin d'une ère. Peut-être le moment est-il venu de préparer la transition vers un monde où la culture de soi et le sens des autres deviendraient centraux.

  • Ce deuxième tome de «Le premier âge du capitalisme» est intitulé «La marche en avant de l'Europe occidentale vers le capitalisme». Il analyse méthodiquement les voies et les formes sous et lesquelles se poursuit, du 15e au 18e siècle, la transition de l'Europe occidentale du féodalisme au capitalisme, sous l'impulsion de l'expansion commerciale et coloniale outre-mer dont a traité premier tome, «L'expansion européenne».
    S'arrêtant notamment sur le déploiement multiforme de la manufacture, les prodromes de l'industrie mécanique, la formation des premiers marchés proprement capitalistes, la mise en oeuvre des politiques mercantilistes, mais loin de s'en tenir aux seuls aspects économiques de ce processus pluriséculaire, il en scrute tout aussi bien les facettes sociales, politiques et culturelles.
    Il comprend donc des développements consacrés: à la transition d'une société d'ordres à une société de classes; à la formation d'un nouveau type d'État, dont la monarchie absolue est le principal mais non pas le seul avatar; à ces révolutions culturelles majeures qu'ont été la Réforme, la Renaissance et les Lumières; enfin à l'émergence d'un nouveau type d'individualité cultivant son autonomie, appelé à un bel avenir dans les âges ultérieurs du capitalisme.

  • Nouveau Monde, disruption, destruction créatrice, Start-up Nation... Autant de mots et d'expressions qui sont censés définir et caractériser notre époque tout à la fois anxiogène, violente, révoltante parfois, mais aussi décapante et enthousiasmante.
    Destiné à tous ceux qui veulent comprendre, ce livre n'est ni un réquisitoire ni un plaidoyer pour ce monde mais une explication de texte. En vingt questions, sérieuses ou iconoclastes, l'auteur propose une lecture originale de notre économie et sa « vie des affaires » qui place l'innovation au coeur des dynamiques actuelles. Régulièrement perçue comme menaçante par les uns, solution pour les autres, cette dernière est sans doute la clé pour analyser notre époque.
    Analyser pour comprendre d'abord, analyser pour faire face ensuite, analyser pour construire enfin : telles sont les ambitions de cet essai à la fois simple d'accès, plein d'humour et d'optimisme dans une société qui pense souvent que le pire est à venir.

  • Le capital t.1

    Karl Marx

    • Nena
    • 5 July 1905

    OEuvre multidimentionnelle, Le Capital trouve des places diverses en librairie, suivant le penchant du libraire, l'air du temps ou les nécessités de la vente, entre les rayons économie, philosophie, histoire ou même sociologie.
    Son insertion dans le programme de l'agrégation de philosophie 2015 va régler la question chez les libraires universitaires.
    La plupart des éditions du livre 1 reprennent la traduction Joseph Roy, qui date de 1875 !
    Les éditeurs s'appuient sur une lettre où Marx fait l'éloge du traducteur, mais cette référence est unique. On trouve par contre plusieurs critiques acerbes où Marx se plaint que, même après sa révision, le résultat reste "saboté" (voir la préface de J.-P.
    Lefebvre et particulièrement, p. XL). L'édition de la Pleiade souffre des mêmes défauts que l'ensemble des volumes dirigés par Maximilien Rubel, des choix contestables de traduction, des coupes dans le texte...
    Notre édition est la seule (celle des PUF reproduit en semi poche le texte des ES) à présenter une édition moderne, scientifique de la quatrième édition allemande, qui bénéficie du travail de Marx juqu'à sa mort. Elle est reconnue comme la plus complète et la plus fidèle. On y trouve les préfaces et postfaces importantes de Marx et Engels, une introduction de J.-P. Lefebvre sur les conditions d'édition du Capital et sur les choix de traduction opérés, notamment la série des mots fondés sur le préfixe mehr, qui donne "survaleur" à la place de "plus-value", traduction aujourd'hui généralement acceptée.
    Nous publions une reproduction photonumérique de l'édition de 1982, corrigée de quelques coquilles, dans la collection Les essentielles, augmentant ainsi le corps des caractères et rendant plus lisible le texte, permettant aux étudiants de travailler dans de bonnes conditions sur un texte dont la réputation de difficulté n'est pas usurpée.

  • Le 14 mai 2013, deux jeunes doctorants de la London School of Economics, Nick Srnicek et Alex Williams, publiaient, sur le site Critical Legal Thinking, un texte intitulé : « #ACCELERATE. Manifesto for an Accelerationist Politics ». Ils y défendaient une thèse iconoclaste : la gauche, si elle veut sortir du marasme dans laquelle elle se complaît désormais, doit repenser sa relation au futur, à la technologie, au travail et à l'économie. Plutôt que continuer à résister aux innovations qui ne cessent d'être produites dans tous les domaines, il est grand temps qu'elle apprenne à les embrasser si elle veut parvenir à dépasser un jour le capitalisme. Il faut accélérer plutôt que tenter de décélérer - car seule une accélération politique, technologique, scientifique et économique assez puissante pourrait nous donner les chances de réaliser une révolution qui ne soit pas réactionnaire et vouée à l'échec. La parution de ce texte a suscité un débat mondial, et a aussitôt fait de Srnicek et Williams les chefs de file de ce qui a été appelé « accélérationnisme » - le mouvement défendant le dépassement du capitalisme par le haut, plutôt que par le bas. D'Antonio Negri aux xénoféministes de Laboria Cuboniks, des chefs de file du Réalisme Spéculatif au critique culturel Mark Fisher, les critiques féroces et les salutations enthousiastes n'ont pas cessé de fuser. Il fallait que les lecteurs francophones puissent avoir accès aux principales pièces du dossier : voilà qui est fait.

  • Le travail salarié ne connaît pas la démocratie. Une fois franchi le seuil de l'entreprise, le citoyen devient un « facteur travail » soumis aux décisions des seuls apporteurs en capital. Pourtant, l'histoire occidentale nous a appris les bases institutionnelles du processus de démocratisation : le système bicaméral. Innovation majeure, il a rendu le gouvernement légitime, raisonnable et intelligent sous la responsabilité conjointe des deux Chambres. Gouverner le capitalisme commencerait donc par mettre en place un « bicamérisme économique » : une Chambre des représentants des apporteurs en capital, une Chambre des représentants des investisseurs en travail, un gouvernement responsable devant les deux Chambres. À l'heure où le capitalisme mondialisé inflige de lourdes pertes de souveraineté aux États et où les salariés font la dure expérience de la contradiction capitalisme / démocratie, il est temps de penser les conditions d'une souveraineté légitime dans l'entreprise capitaliste.

  • En 1951, tournant le dos à son itinéraire l'ayant mené du socialisme national jusqu'à la collaboration idéologique avec Vichy, Bertrand de Jouvenel (1903-1987) publie au Royaume-Uni et en anglais The Ethics of Redistribution. Dans le prolongement de Du pouvoir (1945) qui lui avait valu une renommée internationale de penseur politique, cet opus, inédit en français, développe avec une sobre alacrité une critique de l'extension du « Minotaure » que représente l'institution naissante de l'État-providence par le biais de la redistribution massive des revenus. Sa thèse : un inquiétant transfert des pouvoirs de décision des individus s'accomplit ainsi au profit de l'État, toujours plus omnipotent. Jouvenel met à mal le mythe d'une redistribution ne sollicitant que les plus riches. La logique fiscale conduit nécessairement à ponctionner aussi les classes moyennes. Une analyse singulièrement iconoclaste et prémonitoire.

  • Fernando est un homme comblé: producteur de cinéma, marié à une femme de la haute, il s'apprête à réaliser son grand rêve, tourner le scénario qu'il a écrit il y a des années. C'est le moment que choisit le comptable de son entreprise, un petit homme falot, pour lui avouer brutalement qu'il l'escroque depuis des années.
    A deux doigts de la faillite totale, Fernando s'enfonce dans une spirale de sentiments contradictoires et souffre de brusques poussées d'infantilisme. Oscillant entre le délire christique du pardon et un désir de vengeance impitoyable, lâche au dernier degré, le fringant entrepreneur se voit contraint de quitter le monde idéal et feutré où il avait cru vivre jusqu'alors. Il découvre un sentiment nouveau: la culpabilité.
    Ce roman, inspiré d'un fait divers qui a fait la une des quotidiens chiliens, est une plongée dans la société des années 90, de la Concertation: argent facile et capitalisme sauvage, pots-de-vin en tous genres et subventions incontrôlées. L'auteur secoue sans pitié ses personnages comme autant de marionnettes ridicules : le drame tourne à la comédie et la faillite est une chance inespérée de devenir soi-même.

  • De toutes parts, on ne cesse de déplorer le manque de compétitivité et la paralysie d'un monde de l'emploi accablé par l'impôt : la France vivrait au-dessus de ses moyens, le travail coûterait trop cher. Contrairement aux idées reçues, le travail en France n'a jamais été aussi productif et rentable. En revanche, le capital, dans son aspect le plus parasitaire, triomphe au détriment des salaires, des droits sociaux et des investissements : la rémunération du travail est devenue une simple variable d'ajustement pour garantir des dividendes exponentiels aux marchés financiers. Une situation inédite dans l'histoire, dont s'alarment les économistes de tous bords. Comprendre les mécanismes à l'oeuvre permet de s'affranchir de cette société du renoncement et de la culpabilité collective, pour appeler à plus de justice sociale face au despotisme du capital.

  • "« Il faut absolument lire ce brillant essai sur les effets secondaires du gouvernement. Il divulgue le problème de l'interventionnisme naïf, les dommages collatéraux de l'excès de bureaucratie, l'impunité croissante des dirigeants politiques (le problème d'Hammurabi) et autres difformités de l'État moderne.
    Il montre comment un tel système est voué à imploser sous le poids de sa propre fragilité. C'est profond, bien illustré, plein d'esprit et très agréable à lire. Achetez-en deux exemplaires : un pour vous et un autre pour votre voisin politicien. » Nassim Nicholas Taleb, professeur d'épistémologie des probabilités et des sciences du risque à l'université de New York, auteur de Le Cygne Noir et de Antifragile.

    ""Hormegeddon"", tel est le terme inventé par William Bonner, entrepreneur et auteur de best-sellers du New York Times, pour décrire ce qu'il advient lorsque l'on abuse d'une bonne chose dans les sphères de la politique, de l'économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.
    S'appuyant sur des exemples tirés de notre histoire politique moderne, de la campagne napoléonienne en Russie à la débâcle du système de protection de la santé américain, du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale à la chute du Troisième Reich, de la Grande Dépression à la crise de la dette souveraine, William Bonner poursuit une ambition modeste : tenter de comprendre ce qui a mal tourné.
    L'Histoire n'est pas un joli conte déclamé par ses vainqueurs. C'est un long récit de tout ce qui a déraillé : débâcles, catastrophes et désastres. Le fait que chaque désastre porte en lui un avertissement est ce qui rend son étude si intéressante. Si le constructeur d'un grand paquebot vous affirme que « Dieu lui-même ne pourrait pas couler ce navire », prenez le bateau suivant. Si la bourse se vend à vingt fois au-dessus de sa valeur...et que tous les experts vous invitent à « y entrer » parce que vous « ne pouvez pas perdre », il est temps d'en sortir !
    De même, les désastres de la politique publique surviennent lorsque des gens bien intentionnés, armés d'un degré identique de confiance ""Titanique"", appliquent une logique de résolution de problèmes, certes rationnelle à petite échelle, mais totalement inappropriée à une planification à grande échelle.
    Premièrement, vous observez une chute du taux de retour sur investissement (de temps comme de ressources) jusqu'à atteindre le zéro. Si vous persistez à descendre en-dessous de ce niveau, et vous obstinez toujours, vous obtenez un désastre.
    Le problème est que vous ne pouvez pas compter sur les gens éclairés et bien intentionnés pour stopper la progression du désastre puisque ce sont précisément eux qui en sont la cause.
    William Bonner a tiré de ces réflexions le concept de l'Hormegeddon : un phénomène qui surgit lorsqu'un élément produisant un effet favorable à petites doses est utilisé de manière tellement abusive qu'il conduit tout droit à la catastrophe. Cela s'applique à tous les domaines, que ce soit celui de la politique, de l'économie ou des affaires. William Bonner apporte un éclairage et une compréhension inédite sur ce phénomène méconnu en le replaçant dans des contextes précis de l'histoire politique moderne."

  • En ces temps de crise, le capitalisme est remis en question par ses détracteurs ou défendu bec et ongles par ses partisans. Le concept proposé de Capitalisme Socialement Responsable est fondé sur l'esprit d'entreprise, favorise les comportements exemplaires, à la fois efficaces, efficients et éthiques, en encourageant la prise de responsabilité sociale des entreprises et des organisations, conjuguée au développement de la responsabilisation économique et des efforts légitimes de chaque citoyen-acteur.Le Capitalisme Socialement Responsable ne confond pas capitalisme financier et capitalisme entrepreneurial. Le premier cultive la création de valeur factice qui conduit à des bulles financières qui éclatent périodiquement et ruinent l'économie réelle. Au contraire, lecapitalisme d'entrepreneuriat est créateur de valeur économique robuste et d'emplois, justifiés par l'activité de production de biens et de services répondant à des besoins légitimes des citoyens-consommateurs.Le Capitalisme Socialement Responsable n'est pas une généreuse utopie, il s'est déjà inscrit dans l'histoire des faits économiques et sociaux et il est viable actuellement. Il recouvre un ensemble de bonnes pratiques qualifiées de management socio-économique, qui ont été mises en place dans 1 853 entreprises et organisations, privées, associatives et publiques, appartenant à 72 secteurs d'activité, dans l'industrie, les services lucratifs et les services publics, dans 40 pays. Tout le livre montre que le fait de replacer l'Homme au centre de l'action, permet de produire de la valeur économique durable et des valeurs anthropologiques qui lui sont indissociables. Le Capitalisme Socialement Responsable est, dans la sphère de l'activité économique, le pendant de la démocratie dans la sphère politique, sociale et anthropologique. Il fait confiance à l'entreprise, comme moteur de l'activité économique, sociale et culturelle, pour créer de la valeur, dans la proximité des relations humaines, en faveur des personnels, des clients et des usagers.

  • Au moment même où l'Union Soviétique s'écroulait, la Chine se jetait dans les bras du capitalisme. Le régime bureaucratique chinois ouvrait ses frontières aux investissements étrangers, privatisait des pans entiers de l'économie et maintenait son régime coercitif d'une main de fer. Licenciements et nouvelle pauvreté sont devenus le lot quotidien de centaines millions de Chinois qui ne sont pas restés pas sans résister.Entre stalinisme et business, quelle est la vraie nature de ce régime chinois ?Avant 2020, la Chine sera devenue la première économie mondiale. Ces trente dernières ont vu des bouleversements colossaux transformer ce pays essentiellement paysan. Désormais la majorité de la population chinoise vit dans les villes. Alors que la chute de l'URSS avait vu la disparition du Parti communiste et l'effondrement de sa mainmise sur la société, la classe bureaucratique chinoise au pouvoir a fait le choix risqué d'entamer un «grand bond en avant» vers le capitalisme tout en maintenant le régime d'État-parti unique.Ces évolutions ont profondément transformé la société. Au sommet, des fortunes colossales se sont accumulées et la corruption est devenue endémique, en bas l'exploitation que ce soit dans les entreprises privées ou d'État s'est intensifiée, les dégâts sociaux et écologiques sont innombrables. La couche dirigeante, âpre au gain, a organisé l'entrée de capitaux étrangers à son plus grand profit. Elle a méthodiquement pillé les biens de l'État et détourné des fonds publics pour accumuler des richesses.L'écrasement à Tiananmen en 1989 du mouvement démocratique initié par le mouvement étudiant, vite rejoint par des centaines de milliers de travailleurs dont certains fonderont un syndicat indépendant, a permis à la couche dirigeante bureaucratique chinoise, profitant de la démoralisation de la société civile née de l'écrasement du mouvement pour la démocratie, de procéder à des contre-réformes économiques et sociales qui ont changé les bases mêmes de la République populaire de Chine. Cette sombre période se clôt. Grèves et révoltes individuelles se multiplient. Un mouvement social se fait jour. La Chine est la veille de nouveaux bouleversements.L'ouvrage revient sur ces transformations et dresse un bilan détaillé de ces années. Après avoir étudié les réformes mises en oeuvre par Deng Xiaoping, il se penche sur les contradictions qui agitent la bureaucratie chinoise et le capitalisme bureaucratique auquel elle a donné naissance. Il analyse également, à partir de cas concrets, les différentes formes de résistance sociale qui secouent, parfois violemment, les entreprises chinoises d'État ou privées et la campagne face aux spoliations des terres.Enfin, il revient sur la politique du Parti communiste chinois à l'égard du Tibet et dénonce sa politique d'assimilation forcée du peuple tibétain.

  • Cet ouvrage considère les ressorts et les acteurs de la dynamique économique anglo-saxonne. Il montre comment les entrepreneurs et leurs réseaux contribuent à l'émergence d'une société entrepreneuriale qui met en contact les mondes anglophones et d'autres aires culturelles (l'Europe, l'Amérique, la Chine). La montée de l'entrepreneuriat en tant que phénomène socio-économique reflète de profonds changements d'attitudes qui donnent leur cohésion aux sociétés entrepreneuriales du libéralisme postmoderne ou du postcommunisme. Ce processus de transformation impulsé par les individus, les familles, les diasporas et les institutions, apparaît comme une émanation du capitalisme anglo-saxon et l'expression d'un projet politique paradoxal. Il ne se fonde pas exclusivement sur le principe économique de la « destruction créatrice » mais prend également appui sur des normes et des valeurs structurant la manière du « vivre ensemble » et des formes originales de lien social. Comme le montrent les études réunies dans ce volume, la dynamique de croissance de l'entrepreneuriat repose sur des stratégies internes aux cultures et aux sociétés, mais s'incarne également dans des expériences plus transnationales. En s'élargissant à toutes les sphères de la vie sociale pour accomplir sa visée, la pratique entrepreneuriale révèle sa fonction intrinsèque de moteur de changement social.

  • Que peut apporter la pensée sociale et politique à la compréhension du travail contemporain ? Quels en sont les enjeux fondamentaux?
    Pour comprendre ce qui se joue aujourd´hui, l´auteur entend faire une généalogie des rapports entre esclavages et modernité. Cette question centrale, trop souvent négligée dans les sciences humaines, s´est posée à chaque fois dans l´histoire à un moment de basculement de civilisation.
    Les nouvelles formes d´organisation du travail et leurs incidences sur la santé mentale et physique des travailleurs salariés suscitent de réelles inquiétudes. Quels sens donner à ces évolutions majeures du travail ? L´ouvrage entend montrer que la tendance tyrannique du nouveau capitalisme peut se donner à voir comme une exigence de « servitude volontaire » envers le salariat. Face à ces nouvelles formes de domination et son potentiel de destructivité pour la société toute entière, le droit apparaît comme le seul garde-fou capable d´enrayer cette tendance.

  • Au moment où jamais dans l´histoire avons-nous assisté à une aussi intense marchandisation de la sexualité et des corps, principalement féminins, mais aussi enfantins, il importe de réfléchir sur les mécanismes de soumission mis en oeuvre par le capitalisme dans le domaine de la sexualité. Cette marchandisation induit des transformations qui impliquent un changement profond du vécu personnel de l´individu. D´où l´intérêt de la publication de cet essai qui regroupe deux textes importants écrits par Wilhelm Reich (1897-1957) concernant les rapports entre le marxisme et la psychanalyse, ainsi que les liens entre la psychanalyse et la lutte des classes.
    Si le marxisme, en tant que méthode d´investigation, s´intéresse aux phénomènes sociaux, pour sa part, la psychanalyse explore les phéno-mènes psychiques qui se produisent dans une société donnée. Elle met à nu la contradiction sociale au sein même de l´individu, tandis que le marxisme dévoile les contradictions au sein des sociétés. En ce sens, malgré des niveaux d´analyses différents, ces deux méthodes d´approche du réel peuvent se féconder mutuellement. L´exploration de Reich est plus qu´utile pour nous aider à décrypter, tant au niveau social qu´individuel, les tendances sociales actuelles.

  • Montréal, milieu des années 1940. Le gouvernement de Maurice Duplessis mène le Québec de manière rigide et autoritaire. Appuyé par l'intelligentsia du clergé et par les grands de l'entreprise privée, Duplessis prône le conservatisme et l'attachement aux valeurs traditionnelles catholiques. Pourtant, malgré la «Grande Noirceur», «des consciences s'éclairent au contact vivifiant des poètes maudits» et les signataires de Refus global sont parmi les premiers à sonner l'heure du réveil.

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