• Aujourd'hui, le terme « citoyen » et les concepts qui y sont liés sont utilisés à toutes les sauces. Il semble qu'à notre époque, la citoyenneté soit devenue le remède miracle aux maux de notre siècle. En mettant un peu partout de ce « mot valise » certains pensent pouvoir rendre la vie en société plus agréable, réglant d'un seul geste les différentes crises que traversent bon nombre de sociétés démocratiques. Et pourtant, comme souvent, cette notion est plus complexe et multiple que ce que la communication politique laisse à penser. Cet ouvrage propose de clarifier le terme et d'en présenter les enjeux afin d'éclairer les rapports que chaque individu entretient avec la société et les règles qui régissent cette dernière. Élément-clef de la démocratie, la citoyenneté permet de nous questionner sur la société dans laquelle nous vivons et celle dans laquelle nous voulons vivre mais également sur les conditions de l'action nécessaire pour y parvenir.

  • Célébrées pour leurs idéaux politiques égalitaires, les cités grecques sont, de fait, des sociétés très hié-rarchisées. Si les inégalités de genre et de fortune y sont anciennes, celle fondée sur le droit naît au VIe siècle avant J.-C., avec l'apparition de statuts personnels.

  • L'analyse des politiques publiques constitue, plus que jamais, un outil indispensable pour comprendre les enjeux auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines. Multiplication des interventions publiques dans tous les domaines de la vie quotidienne, tentatives de réponses aux grands problèmes économiques ou environnementaux, les gouvernements sont écartelés entre des contraintes toujours plus fortes liées à la mondialisation et des demandes citoyennes de participation politique renouvelée. Dans ce contexte, le modèle français d'action publique pourra-t-il répondre à ces défis ?
    Cet ouvrage propose, au carrefour des savoirs juridiques, économiques, sociologiques et de science politique, une introduction à la science de l'État en action.

  • Quelle est la place des personnes souffrant de troubles psychiques dans notre société ? De quels soins et de quelles aides peuvent-elles bénéficier ? La psychiatrie, chargée d'y répondre, est en crise, dit-on ; et depuis plusieurs années on s'efforce par des plans et des mesures successifs d'y remédier sans grand succès. Au point que l'on pourrait penser que la société « marche sur la tête » et refuse de voir et d'entendre.
    Il est urgent de changer radicalement de perspectives. Ce livre, écrit par deux praticiens ayant une longue expérience de la psychiatrie publique, privée et associative, remet en cause les systèmes anciens pour oser des constructions nouvelles. La reconnaissance de la pleine citoyenneté des personnes souffrant de troubles psychiques est à la base de leur démarche.
    Il s'agit en effet de penser une organisation qui allie soins et vie sociale au coeur même de la Cité. Inspiré par l'expérience pionnière de l'association Les Invités au Festin à Besançon, enrichi aussi par celles - multiples - en France et en Europe, ce livre formule des propositions afin qu'advienne une psychiatrie citoyenne. La seule qui puisse redonner du sens aux pratiques des soignants, à la vie des soignés et à celle de leurs familles.

  • La citoyenneté - le « droit d'avoir des droits », comme l'a définie Hannah Arendt - est aujourd'hui refusée à des centaines de millions de personnes - déracinés, réfugiés, apatrides et autres « illégaux ». Pour quelques happy fews, en revanche, les passeports sont des produits de luxe qu'ils collectionnent comme des toiles de maître, pour se simplifier la vie et payer moins d'impôts. Ce reportage montre ce qu'est devenue l'idée de citoyenneté à l'ère des gigantesques mouvements de population et de la privatisation des États. D'un côté, les ultra-riches ont accaparé le titre de « citoyens du monde » et sont les seuls à jouir, avec leurs capitaux, d'une planète sans frontières. De l'autre, des nationalités bradées, comme dans l'invraisemblable transaction conclue entre l'une des nations les plus pauvres du monde, les Comores, et les Émirats arabes unis qui, pour régulariser la situation des apatrides sur leur territoire, ont acheté au prix de gros des dizaines de milliers de passeports comoriens. Une captivante enquête sur les cosmopolites, volontaires ou malgré eux.

  • Alcibiade (451-404) est l'une des figures les plus controversées de l'antiquité grecque. Neveu de Périclès, descendant de la grande famille des Alcméonides, Alcibiade inquiète autant qu'il fascine. Fréquentant Socrate, il joue plus au dandy arrogant qu'au philosophe d'autant que sa beauté et son charme lui valent d'être poursuivi par une foule de femmes. Excellent orateur, doté d'une intelligence de premier ordre, il brûle d'une ambition effrénée. Déçu de n'avoir pas été associé aux négociations lors de la paix de Nicias (421), il intrigue pour obtenir la direction de l'expédition de Sicile contre Syracuse (415) qui se solde par un désastre. Compromis dans la parodie des Mystères d'Eleusis, il s'enfuit et se réfugie chez l'ennemi spartiate (412) dont il devient le conseiller. Puis, il revient triomphalement dans sa patrie en 407, fort de ses succès militaires, où la cité, sous la domination des oligarques depuis leur coup de force de 411, lui accorde les pleins pouvoirs. En fin de compte, ce sont les Trente tyrans qui vont convaincre les Spartiates de le faire assassiner. Par précaution.
    En 404 avant J.-C., Athènes est vaincue et soumise à la dure loi des Spartiates. C'est aussi cette année-là que meurt Alcibiade. De la démocratie, il n'aura peut-être pas partagé les convictions. Il en aura du moins suivi le destin, dans un de ses chapitres les plus difficiles, mais un des plus éclatants.
    Plutarque, Thucydide, Lysias, Andocide, Platon, Xénophon, Aristophane, Athénée, Isocrate, Diodore de Sicile et Cornélius Népos nous racontent.

  • Le temps de vie est la première richesse de chaque être humain. Or, en France, l'écart d'espérance de vie entre les plus démunis et les plus aisés atteint 13 ans... Cette inégalité de santé insupportable est la conséquence de toutes les autres inégalités : de pouvoir, d'éducation, d'habitat, de travail, de transport, de mode de vie.
    Après la question civique qui mobilisa les énergies de la Révolution française à la fin du XIXe siècle, après la question sociale posée à l'ère industrielle, c'est désormais la question humaine qui doit dominer les choix de société. Ce n'est plus seulement le citoyen et le travailleur qui sont menacés dans leurs droits et leur avenir, mais l'être humain lui-même et sa vie sur terre.
    C'est pourquoi il faut placer la santé, c'est-à-dire le bien-être physique, mental et social, au coeur du projet politique. En s'appuyant sur les trois fondements de la personne humaine, la biologie, l'écologie et la communication, cet essai formule des propositions précises pour un accès de chacun au bien-être dans trois domaines essentiels : l'habitat, le travail et la vie dans la cité.

  • Périclès (495-429), stratège et homme d'État athénien, est la figure emblématique de l'âge d'or de la Grèce antique. Son influence fut si importante que la période est souvent appelée « le siècle de Périclès ».
    Avec sa compagne Aspasie, femme de tête et d'esprit, ils forment un des grands couples mythiques de l'histoire. Autour d'eux, ils rassemblèrent les plus éminents penseurs et artistes, les philosophes Anaxagore et Socrate, et Phidias le sculpteur qui supervisa la construction du Parthénon.
    Toutefois, le grand homme eut aussi ses détracteurs, à commencer par les poètes comiques quile couvrirent des piressarcasmes pour en faire un pantin gouverné par sa maîtresse courtisane et le responsable d'une guerre de 27 ans entre Athènes et Sparte.
    Qui était-il?
    /> À vous d'en juger grâce aux témoignages de Plutarque, Platon, Thucydide, Diodore et des comiques grecs.

  • Le grand Scipion l'Africain, comme tous les Romains, porte la barbe. Un jour, en Sicile, au contact des moeurs grecques, il décide de se faire raser. Aussitôt, tout ce que Rome compte d'hommes jeunes et modernistes suit son exemple. La mode du visage glabre est lancée... Les tapis de Babylone font fureur au temps de Caton: ils s'arrachent 800 000 sesterces pièce quand un poulet, au marché, vaut 2 sesterces... L'esclave Roscius a du charme, et du talent. Son maître décide d'en faire une vedette de théâtre. En quelques années, il devient la coqueluche des Romains, et son nom reste comme celui d'un des plus grands du « star system »...
    À Rome, comme le montrent ces quelques exemples, la mode s'immisce autant dans les habitudes de vie - le vêtement, la nourriture, le cadre familier - que dans l'art ou la littérature où la notion d'imitation est centrale. Par la suite aussi, Rome demeure l'arbitre des élégances, en devenant un modèle de référence pour la culture et le goût européens.

  • La politique de la France et celle de la majeure partie des pays d'Europe visent de plus en plus à dissuader les exilés, réfugiés, demandeurs d'asile ou pas, de séjourner sur le Vieux Continent. Ce numéro analyse le sens des mesures prises récemment par le gouvernement français et le projet de loi qu'il annonce. En réponse à cette attitude de fermeture après les États généraux des migrations organisés en mai par 470 associations et collectifs citoyens, ce numéro des Cahiers de l'Atelier met également en lumière les pratiques d'accueil des étrangers qui, en France et ailleurs, bien loin de déchirer le tissu social, le renforce.
    En réponse aux demandes des associations et des citoyens devant le sort fait aux étrangers arrivant en France, les pouvoirs publics ont développé un discours alliant « humanité et fermeté ». Dans la pratique, les politiques menées ne répondent pas, voire aggravent, la situation des étrangers. La chasse aux migrants continue dans les Alpes, près de Calais et partout en France, tandis que les procès de citoyens solidaires se succèdent. Le tri entre « bons » et « mauvais migrants » semble devenir la ligne de conduite gouvernementale. Pendant que les reconduites à la frontière s'amplifient, le processus d'externalisation du contrôle migratoire en Lybie, au Tchad, au Niger se renforce. À quelle logique obéit cette politique de courte vue ? Quelle vision du monde, de ses atouts et de ses périls, révèle-t-elle ?
    Loin de se résigner à la critique de cette politique motivée par la peur, ce numéro montre que l'accueil des étrangers, pour peu qu'il soit organisé et fasse appel aux citoyens, peut devenir un révélateur et un moteur de solidarité pour toute la société. L'intelligence collective développée dans ces pratiques dessine les traits d'un monde où les ponts des dynamiques coopératives sont plus riches que les murs du repli sur soi.

  • Je t'aime, moi non plus... Beaucoup de Français ont envie d'Europe mais considèrent qu'elle est aujourd'hui imparfaite. Comment pourrait-on l'améliorer ? Lassés d'attendre que d'autres répondent à cette question, deux jeunes Lillois se sont lancés sur les routes pour recueillir les idées des gens qu'ils croisaient.
    Au programme de ce Tour de France citoyen :
    - 172 jours de voyage et 302 villes visitées ;
    - Des étapes dans chaque département ;
    - Plus de 5 000 personnes interrogées ;
    - Plusieurs centaines d'idées réparties en 12 thèmes.
    À mi-chemin entre récit de voyage rythmé par ses anecdotes et compilation des propositions recueillies, Ariane Forgues donne voix dans cet ouvrage aux citoyens des quatre coins du pays afin de raconter, d'une manière simple mais complète, la relation singulière des Français à une Europe trop souvent perçue comme abstraite.

  • Les républiques d'enfants ont existé dans des pays et des contextes politiques différents. Leurs fondateurs ont soutenu le projet de libération et d'émancipation de l'enfant dans un cadre démocratique. Aujourd'hui de telles expériences peuvent surprendre car l'enfant y est convoqué à une place de « citoyen » qui fait de lui un sujet que l'on ne se contente pas seulement d'instruire de ses droits et de ses devoirs envers lui-même et les autres mais qui prend une part active dans l'administration et le règlement de la communauté dans laquelle il vit. Le projet des républiques d'enfants anticipe d'ailleurs l'avènement après la deuxième guerre mondiale des droits de l'enfant et va beaucoup plus loin dans l'exercice actif de ces droits et de l'apprentissage de son autonomie. L' enfant en effet ne saurait être reconnu comme un citoyen, comme un sujet de droit, dans une société dont les fondements ne sont pas démocratiques mais inversement une société ne saurait se penser comme démocratique si elle n'accorde pas à l'enfant un vrai statut de citoyenneté.

  • Le concept de societe

    Lorenz Stein

    Figure de proue des échanges et transferts culturels entre la France et l'Allemagne, Lorenz Stein (1815-1890) mérite aujourd'hui toute notre attention : l'oeuvre de ce sociologue et philosophe du droit, qui fut l'un des pionniers de la « science de l'administration », servit en effet de source d'inspiration à bien des théoriciens de l'État social moderne. Marx la considérait comme l'une des meilleures sources de la pensée socialiste à ses débuts : un jugement qui fut repris dans la littérature marxiste ultérieure. Stein lui-même, qui avait pris appui, dans son traitement original de la « question sociale », tant sur la Philosophie du droit de Hegel que sur la nouvelle pensée sociale française (celle de Saint-Simon et de Fourier, en particulier), avait pourtant été très réservé sur les solutions proposées, dans les courants de pensée dits « marxistes », à cette question. Cherchant à éviter toute réponse révolutionnaire, il voulut plutôt faire progresser les réformes sociales, en mettant l'accent sur la nécessité de conduire les classes les plus défavorisées elles-mêmes à la propriété - et à la culture. Est présentée ici, cent cinquante ans après sa publication mais pour la première fois en traduction française, la première partie de l'Histoire du mouvement social en France, de 1789 à nos jours le texte même qui, selon Herbert Marcuse, constitue le « premier ouvrage sociologique allemand ».

  • La diversité de trajectoires de vie, d'appartenances et de ressources est une réalité peu prise en considération dans les fonctionnements institutionnels. En proposant cet ouvrage, alors que la littérature sur les concepts de diversité et de genre abonde, Monique Eckmann et Àgnes Fldhazi offrent des pistes de réflexion et des outils pratiques pour aborder les questions de diversité et de genre dans les établissements d'enseignement tertiaire, voire dans d'autres institutions ou organisations. Un examen du cadre légal à disposition en la matière et l'étude de dispositifs existant dans les institutions de divers pays procurent des exemples de mesures qui fonctionnent. A nous d'adapter celles-ci et d'en inventer d'autres pour garantir à toutes et à tous un accès égal aux droits et aux ressources dans une perspective de non-discrimination.

  • Pris entre transmission d'histoire et évocation commémorative, l'enseignement sur la destruction des Juifs d'Europe tient une place singulière dans les approches pédagogiques. En Suisse comme ailleurs, autorités politiques et scolaires ont eu à mettre en oeuvre les engagements pris sur le plan international quant à la transmission et à la place de cet événement historique majeur dans l'espace public. Mais que vivent les enseignants à qui incombe la charge principale de cette transmission lorsqu'ils l'abordent en classe ? À partir d'entretiens qualitatifs, Mémoire et pédagogie rend compte des représentations, des expériences, voire des appréhensions d'enseignants d'histoire, ainsi que de la façon dont leur histoire personnelle fait écho à leurs récits. Les postures qu'ils adoptent - centrées sur l'empathie envers les victimes, une entrée par les génocides comme thématique générale, ou encore axée sur des « leçons » à tirer du passé - mériteraient d'être abordées dans la formation des enseignants et autres « passeurs d'histoire » afin d'examiner leurs avantages et leurs écueils. Cet ouvrage, issu d'une des premières recherches sur ce sujet en Suisse, est une contribution à la réflexion collective sur la transmission actuelle et à venir de l'histoire et de la mémoire de la destruction des Juifs d'Europe.

  • Grandir dans la démocratique est un manuel destiné aux enseignants qui souhaitent intégrer l'éducation à la citoyenneté democratique (ECD) et l'éducation aux droits de l'homme (EDH) dans leur pratique quotidienne. Il comprend neuf modules d'enseignement de quatre leçons, qui donnent progressivement des instructions et incluent des documents à distribuer aux élèves ainsi que des informations de référence pour les enseignants. Le manuel fournit le programme d'une année scolaire pour les classes de fin de primaire (élèves entre 10 et 11 ans), mais sa structure (neuf modules distincts complets) permet une grande flexibilité. Il intéresse donc aussi les éditeurs de manuels scolaires, les concepteurs de programmes, les formateurs des enseignants, les enseignants en formation et leurs collègues débutants.L'ECD/EDH a pour objectif de faire de chaque enfant un citoyen actif, curieux et capable de prendre part à la vie démocratique. C'est pourquoi l'ECD/EDH souligne l'importance de l'apprentissage fondé sur l'action et les exercices. La collectivité scolaire est conçue comme une sphère d'expériences authentiques où les élèves peuvent apprendre à participer à la prise de décisions démocratiques et à assumer tôt des responsabilités. L'enseignement des concepts clés de l'ECD/EDH est également dispensé en tant qu'outil d'apprentissage tout au long de la vie.

  • Pour connaître et comprendre le fonctionnement des institutions de l'Antiquité, d'innombrables textes éparpillés dans les recueils d'inscriptions, les Codes de l'Empire chrétien ou les oeuvres littéraires livrent un témoignage direct sur les conduites publiques des Romains. À partir de ce témoignage vivant, un commentateur avisé peut reconstruire la vie politique quotidienne des cités de l'Empire, et au-delà ébaucher ce qu'on serait tenté d'appeler la « constitution » des Romains. Ces documents étaient jusqu'à présent dispersés dans des livres savants, accessibles aux seuls initiés. D'où la valeur unique du recueil de François Jacques qui réunit, traduit et commente un choix de tous les documents importants, ceux que l'on connaissait déjà, mais dont il convenait le plus souvent de faire la traduction, et des textes très originaux connus seulement d'une poignée de spécialistes. Ce recueil est un outil de travail indispensable pour les étudiants de lettres et d'histoire, et une source d'information précieuse pour tous ceux qui réfléchissent sur les principes de l'idée républicaine.

  • Cet ouvrage retrace le combat pour l'accès des femmes au droit de vote en Grande-Bretagne et aux États-Unis aux XIXe et XXe siècles. Il offre un panorama chrono-thématique de l'histoire d'un mouvement complexe où « la plume et la voix » furent des instruments privilégiés de la lutte. Les textes choisis exposent la pugnacité des suffragistes et suffragettes, la force de leurs convictions et leur créativité : discours, témoignages, articles, pétitions, pamphlets et chansons offrent une incursion dans la pensée suffragiste et en révèlent la diversité. Textes et illustrations mettent en perspective les stratégies rhétoriques et politiques des femmes. (Re)découvrir les écrits de ces activistes, comprendre le contexte dans lequel ils s'inscrivent et appréhender leurs enjeux idéologiques éclaire l'histoire politique, sociale et culturelle des femmes.

  • Quel est le potentiel de la gauche, malgré ses divisions ? À cette épineuse question, Raphaël Charlet répond avec optimisme en s'appuyant sur des éléments chiffrés. Très tôt engagé politiquement, et ancien militant de La France Insoumise, il pose un oeil critique sur l'évolution de la gauche politique française depuis les élections de 2017 et voit dans les défis à relever l'opportunité de refondre notre modèle social.
    À l'heure de la mobilisation pour le climat, l'auteur s'inscrit dans le mouvement plus général d'une jeunesse investie et citoyenne, qui entend aujourd'hui faire résonner sa voix. À quinze ans, il se jette dans l'arène pour faire bouger les lignes.

  • La Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées adoptée par l'ONU en 2006 énonce comme principe fondamental que ces personnes puissent prendre part aux décisions les concernant. Son art. 29 est consacré à leur participation à la vie politique et à la vie publique sur la base du principe de l'égalité de traitement. Les institutions socio-éducatives dans lesquelles vivent ou travaillent les adultes ayant une déficience intellectuelle sont sensibles à cette dimension et ont créé des dispositifs individuels et collectifs favorisant leur participation. Cet ouvrage rend compte d'une recherche qui vise à mieux comprendre ce qui se joue dans ces espaces collectifs d'expression. Cette démarche a permis d'analyser le fonctionnement de groupes d'expression existants et d'en dresser une typologie. Les auteurs mettent en lumière ce qui facilite ou fait obstacle à la participation collective au sein de ces groupes. Enfin, ils esquissent des repères pour le développement d'espaces d'expression encourageant une participation citoyenne tant dans les lieux de vie et de travail institutionnels que dans la communauté élargie.

  • À quoi sert la pensée critique ? On aime à croire qu'elle est le fondement de nos démocraties. Qu'elle pourrait nous aider à affronter la violence du monde, à rompre l'enfermement de l'activité humaine dans une rationalité purement gestionnaire, à dépasser un sentiment d'isolement. Ou encore, qu'elle nous permet de redécouvrir et d'éclairer les chemins d'une activité professionnelle ou d'une action plus globale qui revivifient le projet d'un monde plus humain. Mais comment une pensée critique se forge-t-elle ? Se transmet-elle ? S'enseigne-t-elle ? Peut-on s'y exercer ? À travers une multiplicité de thèmes, de points de vue et de formes d'expression, les contributeurs au présent ouvrage - enseignants, militants, chercheurs, étudiants en travail social - posent autant de regards critiques sur le monde et abordent ces questions selon une diversité de pensées que la coopération instaurée entre eux a voulu respecter. La pensée critique se nourrit et s'exprime ainsi à la fois sous forme de témoignages, de rêves, de projets politiques, de qualités humaines et intellectuelles. Ce florilège est encadré par deux textes plus théoriques&nsbp;: un premier qui offre un plaidoyer pour l'enseignement d'une pensée critique et un second qui questionne le thème au regard des notions de normes et d'éthique.

  • De la fondation de l'Empire à nos jours, la société allemande a traversé des phases de « militarisation » et de « Zivilisierung », posant la question des relations et interactions entre pouvoirs civil et militaire. Comment peuvent-elles se dérégler en période de crise ou se restructurer en période de paix ? Les différentes contributions considèrent les relations entre État, société et pouvoir militaire dans les perspectives indissociables de politique intérieure et extérieure. Elles mettent l'accent sur les facteurs idéologiques, sociaux et culturels ainsi que sur la représentation du fait militaire et les cultures mémorielles afférentes. Elles analysent les modalités selon lesquelles le pouvoir et le fait militaires ont pu s'immiscer dans la sphère politique et sociétale. Elles démontrent comment l'armée a pu devenir un facteur de changement de culture politique, tant en opposition qu'en soutien au pouvoir civil, s'ancrant ou non dans les mentalités et les représentations collectives. Ces articles traitent des reconfigurations des rapports entre pouvoirs civil et militaire pendant la période impériale, la République de Weimar et le « Troisième Reich », puis, pour l'après-guerre, des situations en RFA et en RDA du temps de la Guerre froide, et désormais dans l'Allemagne réunifiée.

  • Le domaine social se trouve de plus en plus contraint par la logique du New Public Management, ses normes et ses critères de bonnes pratiques. Résister à ces logiques constitue pour les praticiens du social un défi humain et professionnel incontestable. Mais quelles sont les formes que prend cette résistance ? Les positionnements professionnels révèlent que les options choisies impliquent nombre d'innovations dans les pratiques, regards renouvelés sur les situations et analyses évolutives des phénomènes sociaux. Par leurs expériences et réflexions au sein d'un secteur en tension, chercheurs et acteurs du terrain rendent compte d'un réel engagement professionnel et personnel. Le caractère bilingue - français/allemand - de ces écrits (chaque article étant résumé dans l'autre langue) permet de croiser des approches diversifiées et offre un large panorama, sorte d'état des lieux du travail social tel qu'il se déploie dans nos sociétés de type néo-libéral, et en Suisse en particulier.

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