• La publication de L'Origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de Copernic et Galilée. En proposant une théorie de la « descendance avec modification » et de la « sélection naturelle », Darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. Le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée polémiques et controverses. De là les ajouts et les digressions qui, au gré des six éditions successives de l'oeuvre, en vinrent à obscurcir le propos d'origine. En élaguant la traduction d'Edmond Barbier de ce qui ne figurait pas dans l'édition de 1859 et en y rétablissant ce qui en avait disparu, le présent volume permet au lecteur francophone de retrouver cette oeuvre dans sa fraîcheur initiale.
    © 1992, Flammarion, Paris.
    Édition corrigée et mise à jour en 2008 Titre VO : "On the origin of species by means of natural selection, or the Preservation of favoured races in the struggle for life" Couverture : Virginie Berthemet© Flammarion

    1 autre édition :

  • La foi aurait-elle persécuté la raison ? Dénonçant ce mythe facile, c'est en philosophe des sciences que Rémi Sentis réécrit l'histoire des relations en réalité passionnées entre l'Église et l'Académie. Un travail visionnaire qui éclaire le présent par le passé. À savourer.
    La foi contre l'intelligence, l'inquisition contre l'expérimentation, mais aussi Galilée ou Copernic contre Dieu : la légende noire d'une exclusion réciproque entre Révélation et Science tient-elle face à la description des avancées scientifiques durant les trois siècles précédant Newton ? Non, répond Rémi Sentis en se fondant sur l'histoire. Toutes les relations entre l'Église et la science montrent au contraire un rapport autrement complexe et, surtout, infiniment plus fécond, singulièrement au regard de l'anatomie, de l'astronomie, de la physique, de la chimie ou de l'alchimie. Alors que la science semble toujours en recherche de conscience, et que les scientifiques cherchent des modèles d'explication intégrant la dimension mystérique de la vie et de l'univers, il convient d'approfondir un dialogue en rappelant qu'en fait, celui-ci n'a jamais cessé.
    Les sciences modernes ne seraient-elles pas nées dans un creuset chrétien ? Un magnifique traité de l'anti-préjugé, un voyage extraordinaire dans les pas de nombreux historiens des sciences, un appel à voir plus loin.

  • « Descartes ne qualifie sa cosmologie que sous le modeste diminutif d'une "fable du monde". Ceci peut s'interpréter comme l'aveu d'une impuissance de la raison à atteindre l'authentique fabrique du monde. Mais avant d'être une fiction dénuée de toute vérité, une fable est d'abord un récit, comme celui que l'Écriture propose au premier livre de la Genèse. Nous enquêtons ici sur le commentaire cartésien de la Genèse, texte perdu, mais suffisamment avancé pour que Descartes envisageât, en 1640, de le soumettre à l'approbation de la Sorbonne. Qu'y aurait-il montré ? Qu'en concevant le mouvement comme une séparation réciproque des parties de l'étendue, il se conformait à la lettre au récit mosaïque de la création. Descartes s'appuie sur une lecture précise de la Genèse, mais une lecture si originale et si peu orthodoxe qu'il doit presque aussitôt renoncer à en faire une caution pour sa philosophie naturelle. Nous enquêtons donc moins sur cet In Genesim, que sur les raisons de sa disparition. »

  • Quelques années après avoir présenté, dans Du monde clos à l'univers infini, les thèmes cosmologiques liés à la révolution astronomique des XVIe et XVIIe siècles, Alexandre Koyré entreprend, dans le présent ouvrage, de dépeindre de façon précise et minutieuse cette révolution elle-même, « c'est-à-dire l'histoire de l'évolution et de la transformation des concepts clés à l'aide desquels l'astronomie essaie d'ordonner ou de "sauver" les phénomènes - salvare phenomena - en substituant au chaos des apparences sensibles une réalité intelligible qui la sous-tend et qui l'explique ». Selon les propres termes de l'auteur, « la révolution astronomique s'accomplit en trois étapes, liées, chacune, à l'oeuvre d'un homme. Avec Copernic, qui arrête le soleil et lance la terre dans les cieux, l'héliocentrisme se substitue au géocentrisme. Avec Kepler, la dynamique céleste - hélas, aristotélicienne - remplace la cinématique des cercles et des sphères de Copernic et des Anciens. De ce fait, même la hantise de la circularité se trouve partiellement - dans un monde clos elle ne peut l'être entièrement - surmontée et l'"astronomie elliptique" fait son entrée triomphale dans le monde. Enfin, avec Borelli, dans un monde désormais ouvert et régi par la dynamique, s'achève l'unification de la physique céleste et de la physique terrestre qui se traduit par la déroute du cercle au profit de la droite infinie. » Un ouvrage magistral sur une période clé de l'histoire des sciences. Alexandre Koyré (1892-1964) est un historien français d'origine russe. Il a été le fondateur, avec Hélène Metzger, Gaston Bachelard et Georges Canguilhem, de l'histoire philosophique des sciences.

  • 1543 : Copernic divulgue ses nouvelles théories astronomiques et affirme que, d'une part la Terre n'occupe pas, au centre de l'univers, une place unique et privilégiée et que, d'autre part, elle se déplace dans l'espace céleste. Thomas S. Kuhn raconte dans cet ouvrage, par le menu, l'extraordinaire bouleversement découlant d'une telle découverte. En effet, bien que le mot « révolution » soit au singulier, l'événement fut multiple. Son noyau était une transformation de l'astronomie mathématique, mais qui embrassait des changements d'ordre conceptuel en cosmologie, en physique, en philosophie aussi bien qu'en matière de religion. À cause de ce caractère, la révolution copernicienne offre une excellente occasion de découvrir comment, et avec quelles conséquences, les concepts de plusieurs champs différents de la connaissance se trouvent intimement mêlés dans un canevas. La plus grande originalité du présent ouvrage tient donc à sa volonté de découvrir la signification du caractère multiple de la révolution copernicienne, qui se traduit par une constante transgression des frontières établies entre la « science », l'« histoire » ou la « philosophie ». Thomas Samuel Kuhn (1922-1996), philosophe des sciences et historien des sciences américain, s'est principalement intéressé aux structures et à la dynamique des groupes scientifiques. Il a été le promoteur d'une interprétation de l'histoire des sciences selon laquelle le développement historique des théories est discontinu ; pour rendre compte de ce processus il a repris, à Alexandre Koyré notamment, le concept de « révolution scientifique » et a introduit celui, devenu classique, de « changement de paradigme ». En dehors de l'ouvrage ici réédité, on trouve, traduite en français, sa Structure des révolutions scientifiques (2008).

  • Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l'Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l'emblème d'une négation de l'autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd'hui, ...

  • Copernic? Personne ne s'intéressa de son vivant à ses travaux. Léonard de Vinci? Il a fallu attendre le XIX? siècle pour redécouvrir ses dessins anatomiques. Mendel? Il cultiva des pois d'où sortirent les premières lois de la génétique trente-cinq ans plus tard. Comme Alfred Wegener et sa dérive des continents, Svante Arrhenius et sa théorie de l'effet de serre, Georges Lemaître et son Big Bang ou Peter Higgs et son fameux boson envisagé en 1964 mais « vu » pour la pre¬mière fois en 2012, tous ces savants ont en com¬mun d'avoir eu raison trop tôt. Leurs travaux furent incompris ou écartés avant de changer notre vision du monde. Plutôt que de considérer qu'ils étaient en avance sur leur temps, on préféra décréter qu'ils avaient pris le mauvais chemin.

    Avec brio, et un brin d'humour, Laurent Lemire brosse le portrait d'une vingtaine de savants, y compris les plus célèbres d'entre eux pour leur re¬donner leur juste place. Car, sans eux, les choses ne se seraient peut-être pas déroulées de la même manière.

    Voici une autre histoire des sciences à la fois surprenante, émouvante et passionnante.

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