• On affirme parfois que les crises génèrent des forces créatrices. Idée à méditer, au-delà des banales affirmations publicitaires ou entrepreneuriales sur le caractère fécond des crises (politiques, sociales, économiques ou personnelles). C'est le versant psychique, littéraire et philosophique de la notion de crise qui est ici exploré dans son rapport à la création. Crise de la créativité : silence, retirement, stérilité. Tout un chacun connaît ces périodes de vide, de blocage dépressif. La créativité de la crise en est-elle le simple renversement ?
    Comme le surent Deleuze ou Beckett, Nietzsche ou Foucault, mais aussi nombre d'artistes et créateurs modernes, il n'est pas facile d'endurer l'instabilité qu'exige toute création, les forces d'égarement qu'elle déchaîne, tout comme son indéniable jouissance. La création est sans doute un apprentissage de l'insécurité.

  • Constatant que l'anthropologie ne peut plus simplement prétendre reconstituer aussi « objectivement » que possible les cultures étrangères, puisqu'elle rencontre des cosmologies qui précisément excluent le partage entre nature et culture, Eduardo Viveiros de Castro propose d'y voir le lieu d'une expérimentation métaphysique où les « autres » sont non pas objets mais témoins de pensées et même d'images de la pensée alternatives. Montrant alors la complicité de cette anthropologie décolonisée avec la « métaphysique des devenirs » de Deleuze et Guattari, il en éclaire les enjeux dans le passage de l'Anti-OEdipe à Mille Plateaux, incompréhensible si on ne le replonge pas dans le savoir ethnologique qu'il charrie et à travers lui dans les ressources offertes par les pratiques conceptuelles de l'Afrique, puis de l'Amazonie. Il conclut par une relecture du structuralisme de Claude Lévi-Strauss qui dépasse l'opposition factice des pensées de la structure et de la différence, tout autant que de l'anthropologie et de la philosophie, du nous et des autres.

  • Qu'est-ce qui nous affecte ? Assistons-nous à un retour du sensible ? Ces questions, l'hypersensible contemporain les repose dans l'art, la pensée, l'écriture. Il invite à réhabiliter ce qui, en chacun de nous, apparaît trop souvent comme une faiblesse à surmonter : la fragilité, la vulnérabilité. Qualités dites « féminines » ? Ce dont les hommes en tout cas devaient autrefois se garder, préservant leur impénétrabilité - ce tabou fondateur de toute différenciation.
    L'hypersensibilité doit se concevoir comme un outil d'analyse, un instrument de connaissance fine au service d'un mode de pensée subtil, aussi fragile qu'endurant, permettant d'inventer d'autres modalités créatrices, étrangères à l'habituel partage sexué. Selon quelle autre logique que celle de l'éternelle division qui oppose la douceur réceptive des unes à la force de pénétration des autres ? Question que posèrent eux aussi Deleuze ou Barthes, mais également quelques femmes peu soucieuses d'incarner la force phallique du pouvoir intellectuel de l'époque, comme Marguerite Duras, laquelle joua crânement l'idiotie ou Louise Bourgeois, l'éternelle femme-enfant destructrice et moqueuse. Question laissée en suspens (c'est sa définition même que d'imaginer le suspens des oppositions) et qu'il faut donc inlassablement reprendre.

  • Lors de la réoccupation des villes de Palestine au printemps 2002, l'armée israélienne a utilisé une tactique inédite : au lieu de progresser dans les rues tortueuses des vieux quartiers ou des camps de réfugiés, les soldats passaient de maison en maison, à travers murs et planchers, évitant ainsi de servir de cibles aux résistants palestiniens. Cette méthode, "conceptualisée" sous le nom de "géométrie inversée" par des généraux qui aiment à citer Debord, Deleuze et Guattari ou Derrida, représente un tournant postmoderne dans la guerre des villes. Les territoires occupés sont ainsi devenus un laboratoire spatial pour de nouvelles techniques d'attaque, d'occupation et de contrôle de populations, qui sont ensuite exportées aux frontières où se livre la guerre globale. Et inversement, la réflexion sur l'urbanisme est largement passée dans des centres de recherche où des militaires travaillent sur l'art de construire/ détruire en s'appuyant sur de pseudo-concepts philosophiques. Mais Eyal Weizman montre que ces idées nouvelles - substrat d'une querelle des Anciens et des Modernes dans l'armée israélienne - n'ont pas été étrangères au fiasco libanais de l'été 2006.

    Eyal Weizman est architecte. Il dirige le Centre de recherches architecturales du Goldsmiths College (université de Londres).

  • La philosophie de Deleuze se présente comme une sorte d'encyclopédie des mouvements aberrants. Ce sont les figures déformées de Francis Bacon, les non-sens de Lewis Carroll, les processus schizophréniques de l'inconscient, la fêlure de la pensée, la ligne de fuite des nomades à travers l'Histoire, bref toutes les forces qui traversent la vie et la pensée. Mais le plus important, c'est de dégager les logiques irrationnelles de ces mouvements. C'est l'une des grandes nouveautés de son oeuvre commune avec Guattari : créer de nouvelles logiques, loin des modèles rationnels classiques, et des modèles du marxisme ou du structuralisme orthodoxes des années 1960-1980.
    Ces logiques n'ont rien d'abstrait, au contraire : ce sont des modes de peuplement de la terre. Par peuplement, il ne faut pas seulement entendre les populations humaines, mais les populations physiques, chimiques, animales, qui composent la Nature tout autant que les populations affectives, mentales, politiques qui peuplent la pensée des hommes. Quelle est la logique de tous ces peuplements ?
    Poser cette question est aussi une manière d'interroger leur légitimité. Ainsi le capitalisme : de quel droit se déploie-t-il sur la terre ? De quel droit s'approprie-t-il les cerveaux pour les peupler d'images et de sons ? De quel droit asservit-il les corps ? Aux logiques que le capitalisme met en oeuvre, ne faut-il pas opposer d'autres logiques ? Les mouvements aberrants ne deviennent-ils pas alors les figures d'un combat contre les formes d'organisation - politique, sociale, philosophique, esthétique, scientifique - qui tentent de nier, de conjurer ou d'écraser leur existence ?

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle en France, un moment philosophique s'est développé qui, par son ampleur et sa nouveauté, se laisse comparer tant au moment grec classique qu'à celui de l'idéalisme allemand. Entre L'Être et le néant de Sartre (1943) et le dernier livre de Deleuze, Qu'est-ce que la philosophie(1991), on voit se succéder existentialisme, structuralisme, déconstruction, postmodernisme, réalisme spéculatif...
    Alain Badiou montre qu'en dépit des apparences cette période possède une sorte d'unité : la bataille autour de la notion de sujet (malgré la diversité des positions), la discussion de l'héritage allemand de Hegel à Heidegger, l'engagement politique, l'intimité avec la littérature, autant de points de convergence pour des penseurs si divers et parfois opposés.
    Ce livre réunit des textes sur Jean-Paul Sartre, Gilles Deleuze, Georges Canguilhem, Paul Ricoeur, Louis Althusser, Jean-François Lyotard, Françoise Proust, Jean-Luc Nancy, Barbara Cassin, Christian Jambert et Guy Lardreau, Jacques Rancière - textes qui ont en commun la vivacité et la clarté propres à Alain Badiou.


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    Ceux qui, aux alentours de 1965, avaient entre vingt et trente ans, ont alors rencontré un nombre exceptionnel de maîtres dans le champ de la philosophie.

    Les anciens comme Sartre, Lacan ou Canguilhem, étaient encore en pleine activité ; d'un peu plus jeunes, comme Althusser, déployaient leur oeuvre, et toute une génération, les Deleuze, Foucault, Derrida, entrait dans l'arène. Tous ces maîtres, aujourd'hui, sont morts. La scène philosophique, largement peuplée d'imposteurs, est autrement composée, ne tirant sa consistance que de ceux, jeunes et moins jeunes, qui, les formulant à neuf dans leur propre langue, savent être fidèles aux questions qui nous animèrent il y a quarante ans.
    Je crois juste de rassembler les analyses et hommages qu'au long des années, quand ils disparaissaient, j'ai consacrés à ceux à qui je dois la signification, toujours inhumaine autant que noble et combattante, du mot "philosophie". Je n'ai pas toujours eu avec ces contemporains capitaux des rapports simples et sereins : la philosophie, comme le dit Kant, est un champ de bataille. Mais, considérant aujourd'hui les innombrables "philosophes" médiatiques, je puis dire que j'aime tous ceux dont je parle dans ce livre. Oui, je les aime tous ". (Alain Badiou).

  • L'orthodoxie économiste s'obstine à imposer le modèle d'un individu décideur rationnel, qui maximise ses revenus à force de calculs régis par le souci de son intérêt bien entendu. Opérant un changement d'échelle radical, L'économie contre elle-même soutient plutôt que le néolibéralisme se fonde aux niveaux infra- et trans-individuel, sur une interaction complexe entre rationnel et affectif. Brian Massumi insiste en effet sur la manière dont, en deçà du niveau individuel, les tendances et contre-tendances affectives d'un individu résonnent avec celles des autres pour amorcer et orienter l'action.

    Cette plongée vers l'infra-économie des affects entraîne une recomposition conceptuelle de toutes les dynamiques sociales : là se dessinent les mouvements des corps sensibles et se constitue la volonté, mais surtout, là se crée l'action de transformation sociale. Empruntant à Hume, Foucault, Deleuze, Spinoza et Luhmann, L'économie contre elle-même a l'ambition de déployer une nouvelle théorie de l'économie politique.

    Le public francophone n'a pas encore pris la mesure de la pensée de Brian Massumi, traducteur en anglais de Mille Plateaux, vulgarisateur aussi fidèle qu'inventif de la pensée deleuzo-guattarienne. De son travail de passeur, Brian Massumi a surtout tiré les ressources d'une réflexion originale, que L'économie contre elle-même nous permet enfin de découvrir aujourd'hui.

  • SOMMAIRE Introduction : Si loin, si proches, le retour de trois pensées critiques (C. Halpern) ; La French Theory, métisse transatlantique (F. Cusset) ; L'affaire Sokal : pourquoi la France ? (N. Journet) Michel Foucault (1926-1984) Michel Foucault, l'insoumis (C. Halpern) ; La quête inachevée de Michel Foucault (M. Lallement) ; À propos de Histoire de la folie à l'âge classique (C. Halpern) ; À propos de Surveiller et Punir. Naissance de la prison (M. Fournier) ; Microphysique du pouvoir (C. Lefranc) ; Le gouvernement de soi (Frédéric Gros) ; Sous le regard de la critique (Jean-François Dortier) ; Petit vocabulaire foucaldien (encadré) ; Foucault et l'anthropologie (entretien avec M. Abélès) ; Quel apport pour la sociologie ? (Bernard Lahire) ; Foucault et l'histoire (entretien avec A. Farge) Jacques Derrida (1930-2004) La passion de l'excès (S. Camus) ; Citoyen Jacques Derrida (M. Gaille) ; Une éthique impossible (E. Rimboux Le rire de l'écriture (M. Goldschmit) Gilles Deleuze (1925-1995) Le libertaire (C. Halpern) ; Le " ¿sale gosse¿ " de l'histoire de la philosophie (F. Streicher) ; À propos de Différence et Répétition (F. Streicher) ; Libérer les flux du désir (C. Halpern) ; L'anti-Œdipe vu par la psychanalyse (entretien avec É. Roudinesco) ; Deleuze à travers ses œuvres (encadré) ; À propos de Qu'est-ce que la philosophie ? (C. Maigné) ; Le devenir du rhizome (X. de la Vega) La pop'philosophie (entretien avec E. During)

  • Qu'est-ce que Derrida nomme « déconstruction » ? Que signifie « visage » pour Levinas, « mort de l'homme » pour Foucault ? De quoi parlent le « pragmatisme » de James, la « phénoménologie » de Husserl, « l'anthropologie structurale » de Lévi-Strauss ? Comment comprendre le « devenir animal » chez Deleuze, « l'agir communicationnel » chez Habermas ? Dans ce livre vous attendent des réponses vivantes, claires et directes.
    Maîtres à penser propose un voyage en vingt épisodes dans la philosophie contemporaine, du début du xxe siècle à nos jours. Courants, concepts, écoles de pensée y sont présentés avec l'immense talent de pédagogue de Roger-Pol Droit.
    Sous sa plume, les grands théoriciens s'incarnent, deviennent les personnages d'une époque tourmentée, qu'ils façonnent et transforment. En exposant leurs combats et leur influence, il vous ouvre les portes des grands débats actuels.

  • « Cette étude a l'ambition de décrypter la philosophie implicite de L'Image-mouvement et L'Image-temps de Gilles Deleuze. Elle apprivoise la fulgurance de sa pensée du cinéma en explicitant la genèse de sa construction et permet de mieux appréhender les enjeux de cette rencontre paradoxale entre la pensée singulière d'un philosophe et le cinéma, dans son infinie diversité. »
    Extrait de: Jean-Michel Pamart. « Deleuze et le cinéma. » iBooks.

  • Qu'est-ce qu'un point névralgique en philosophie ? C'est une question ou une position particulière, locale, mais autour de laquelle une pensée se joue dans sa totalité. Autrement dit, c'est un lieu de décision philosophique qui n'engage pas seulement sa cohérence, mais aussi et surtout sa spécificité et sa teneur. Un point névralgique est donc un lieu de décision philosophique dont aucune philosophie marquante ne fait l'économie. Dans cet ouvrage sont analysés les principaux points névralgiques de nombres des plus grands philosophes contemporains. Il en va ainsi, par exemple, de la question du sujet chez Foucault, ou de celle du pardon chez Derrida, ou encore de celle de la légitimation postmoderne chez Lyotard, etc. Ces points névralgiques ne sont pas les seuls chez ces penseurs, mais ils ont au moins une importance toute particulière et tous ont joué un rôle majeur dans la construction de la pensée occidentale.

  • Lecture introductive du premier livre écrit à quatre mains par Gilles Deleuze et Félix Guattari, L'Anti-OEdipe, cet ouvrage adopte pour fil conducteur la réinscription de l'analyse de l'inconscient dans une théorie générale de la production et de ses modes sociohistoriques. Il met au jour le nouveau rapport qui s'ensuit entre la clinique du désir et le matérialisme historique. C'est sous ce prisme qu'il explicite l'articulation de trois lignes de problématisation : une critique sociale d'un code familialiste d'enregistrement des individus et des conduites ; une critique à la fois externe et interne à la psychanalyse de l'oedipianisation de l'inconscient ; une critique politique des structures d'exploitation et de domination de la société capitaliste et des modes de subjectivation aménagés dans la reproduction de ces structures.

  • Pourquoi Sade qui fut, au dire même de ses hagiographes, coupable de séquestrations, de viols en réunion, de menaces de mort, de traitements inhumains et dégradants, de tortures, de tentatives d'empoisonnement, fut-il porté aux nues par l'intelligentsia française pendant tout le XXe siècle ? De Breton à Bataille, de Barthes à Lacan, de Deleuze à Sollers, tous ont vu en lui un philosophe visionnaire, défenseur des libertés, un féministe victime de tous les régimes? Fidèle à sa méthode, Michel Onfray croise la vie, Louvre et la correspondance de Sade. Romancier, il n'y aurait rien à redire à ses fictions ; mais Sade se réclame de la philosophie matérialiste, mais il laisse une place possible à la liberté, puis fait le choix du mal. Dès lors, cet homme triomphe moins en libérateur du genre humain qu'en dernier féodal royaliste, misogyne, phallocrate, violent.

  • Gilles Deleuze (1925-1995), est une des figures les plus controversées et les plus séduisantes de la philosophie contemporaine. Sa pensée, synonyme pour beaucoup de l'événement-Mai 68, semble avoir été oubliée par les milieux philosophiques institutionnels. Génie rusé ou innocent tricheur: à quoi tient la singularité de ce penseur excentrique?

    Ce livre essaye de répondre à cette question en soutenant que l'inactualité et le décalage de Deleuze sont une conséquence de sa conception de l'être immanent, de son désir de coupler de façon systématique une philosophie ""égalitaire"" de la Pensée-Culture à une philosophie ""univoque"" de l'être-Nature.

    Dans cette perspective, les concepts deleuziens (intensité, synthèses, séries, corps-sans-organe, pli, réseau, rhizome, éternel revenir de la différence, etc.) sont éclaircis et rattachés, dans leur nouveauté, à la grande tradition philosophique occidentale.

    Apparaît alors une image presque classique de l'auteur de Différence et répétition, L'anti-Oedipe, Nietzsche et la philosophie et Spinoza et le problème de l'expression.

  • Les années 1960 furent le théâtre de l'un des épisodes les plus brillants de l'histoire de la pensée philosophique en France. Elles s'ouvrirent sur le triomphe public du structuralisme, avec La Pensée sauvage de Lévi-Strauss, se continuèrent par le renouvellement du marxisme proposé par Althusser et de la psychanalyse par Lacan, et s'achevèrent avec une série d'oeuvres comme celles de Foucault, Deleuze, Derrida et Lyotard, qui ont décidé du visage de la philosophie contemporaine.
    L'héritage de cette période a néanmoins été difficile, suscitant tantôt une fascination mimétique, tantôt un rejet caricatural. Depuis quelques années, les auteurs qui l'ont marquée font individuellement l'objet d'une réception savante plus mesurée et plus profonde, au risque cependant de perdre la dimension collective et transversale qui la caractérisait. Le but de cet ouvrage est de réunir certains des meilleurs spécialistes pour prendre toute la mesure de ce qui a constitué, par son intensité et son ampleur, un « moment philosophique » exceptionnel.
    Il offre à la fois une traversée de quatre dimensions transversales (épistémologique, politique, esthétique et philosophique) et une relecture de quatre livres singuliers : La Pensée sauvage de Lévi-Strauss (1962), Lire Le Capital et Pour Marx d'Althusser (1965), les livres de Derrida autour de De la grammatologie (1967), et Discours, Figure de Lyotard (1971). Traversant aussi bien les mathématiques de Bourbaki que la linguistique structurale, l'anthropologie de Lévi-Strauss que la psychanalyse freudienne, le marxisme d'Althusser que celui d'Adorno, le théâtre de Brecht que le cinéma de Godard, ce livre invite à redécouvrir ce moment non pas comme un objet historique à circonscrire, mais comme un mouvement ouvert où se sont décidées certaines des tâches qui nous incombent encore, aujourd'hui.

  • « Il faut (...) défendre l'idée que toute grande pensée n'est pas réfutable parce qu'elle est un événement, une ligne créatrice qui a déjà déserté les lieux où l'on pourrait l'assigner pour lui faire rendre des comptes (...).S'il est vain, en l'occurrence, de vouloir objecter quoi que ce soit à ma pensée de Deleuze, ce n'est pas parce que celle-ci serait particulièrement solide, mais au contraire parce qu'il ne peut jamais y avoir de dernier mot. (...) L'essence du langage fait défaut, les grands concepts sont vides, nulle part on ne trouve de quoi enfermer la pensée une fois pour toutes. On est toujours avec la pensée dehors, dans les choses, dans leurs variations accidentelles et incessantes. »

    /> Extrait de: Philippe Mengue. « Gilles Deleuze ou le système du multiple. » iBooks.

  • Dans la continuité de ses deux premiers essais Le sens de l'histoire et Le sens de la vie, Christophe Agogué pousse son cheminement philosophique et politique vers une réflexion sur l'éducation. Féru de culture, sa plume témoigne non seulement d'une fine perspicacité, mais également de l'influence opportune de ses 4 maîtres à penser que sont Sartre, Foucault, Deleuze et Badiou.

  • Derrida, Deleuze et Lyotard sont indissociables dans le mouvement de pensée poststructuraliste qui à partir de la fin des années 60 a radicalement changé la façon de voir le monde et par là même de concevoir les sciences en général et les sciences sociales en particulier. L'impact de ces French Theorists comme on les catégorise a été si important qu'il structure encore la façon dont on pense et fait de la recherche en sciences sociales aujourd'hui. Le marketing et ses disciplines connexes comme le consumer research ont été touchées relativement tardivement par ce mouvement de pensée (début des années 90) mais de façon remarquable : la plupart des canons de la discipline ont été remis en question par les marketeurs dits « postmodernes ». Parmi l'ensemble des apports de ces auteurs, nous avons choisi de nous focaliser sur un concept pour chacun avec au premier chef, le postmodernisme pour Lyotard, puis ensuite la déconstruction pour Derrida et enfin le marketing comme outil de contrôle pour Deleuze. Nous en détaillons le contenu et les applications réalisés dans notre discipline par des auteurs relevant essentiellement des courants de la CCT et du Critical Marketing.

  • Sur la relation critique, beaucoup a été dit et écrit. Disséminés ou perdus sur des blogs, sites ou pages noyées dans le web, ces échos, tantôt coups de coeur tantôt coups de doigt, toujours tapés directement sur un clavier, sont ici rassemblés pour la lecture numérique. Ces échos traitent aussi de textes peu ou pas encore assez connus. Quelques discrets au milieu du fracas des titans. C'est le lot de la littérature. Elle touche à tout, doit tout toucher. Hommage aux méconnus.Traiter des textes revient, au bout de tous les comptes, à honorer ce que l'on traite et à oublier ce que l'on trahit.

  • DXM

    Gersztenhorn Laurent

    Voici l'odyssée poétique et sauvage de Jacky Éléphant, pris au tourbillon de son chemin initiatique vers la délivrance du corps et de l'esprit par l'expérience rituelle de drogues en tous genres. Laurent Gersztenkorn a voulu ici tracer le parcours d'un toxicomane épris de révolte et trouvant sa voie dans un concept de joie de vie et de « vivre-libre », surtout. Inspiré par des auteurs comme Nietzsche, Deleuze, Onfray, et par son propre parcours, l'auteur propose à travers ce roman un portrait de notre système édulcoré et asservissant, corrompu par les mass-médias, pour mieux dépeindre son idéal auquel il aspire depuis toujours : une société hédoniste telle que Nietzsche ou Onfray peuvent défendre.

  • Il est fini depuis longtemps déjà, le temps où l'on pouvait espérer faire toute sa carrière au sein d'une même entreprise. Certains dans leur for intérieur l'espèrent encore. Ils ont tort. Ils ne se sont certainement pas aperçus que le monde bouge à une vitesse grand V autour d'eux, ou au contraire, l'ont ressenti et se sont inconsciemment recroquevillés sur eux-mêmes comme pour se protéger. Dans les deux cas, c'est peine perdue, personne ou presque ne pourra plus effectuer sa carrière dans une seule entreprise, fût-elle internationale. Et ce n'est même plus recommandé, même si certaines entreprises parlent encore de plan de carrière, qu'elles ne pourront presque jamais tenir. L'auteur, doué d'une expérience de près de quarante années dans les ressources humaines, donne des conseils pour gérer une carrière, éviter les embuches, se trouver toujours le plus possible en situation favorable. Et cela commence dès la sortie de l'école, voire un peu avant. Penser à soi, à son avenir, ne pas se laisser « absorber » par une seule entreprise, même si l'on s'y sent bien ; au contraire, c'est souvent lorsque tout va au mieux professionnellement et familialement que l'on est le plus fort, le plus apte à trouver l'emploi que l'on aurait choisi sans contrainte. Daniel Moinier s'adresse ici également aux jeunes à la recherche de leur premier emploi. Une seule phrase en tête : « Gérer sa carrière et ne pas se laissez gérer par elle ».

  • Spinoza use du terme de constitution pour délimiter l'existence par soi antérieure à toute expression intelligible particulière, l'ordre de toutes les intelligibilités possibles. Il indique le sens de ce que l'oeuvre maîtresse de Spinoza ne cesse de déployer à la manière d'un programme : la substance est causa sui, cause de soi. Ce qui rend radicale la contribution spinoziste au concept de constitution, c'est que la question des rapports entre immanence et finitude, loin d'être une partie marginale de l'Éthique, en occupe systématiquement le centre. Cette implication mutuelle donne sens à sa position et contribue à la définir : elle thématise simultanément le plan de la constitution immanente qui désigne l'auto constitution de l'infini dans la théorie de la substance ; la dimension de la constitution affective ou l'étude des effets émergents produits par le fonctionnement de processus sans sujet que met en évidence la théorie du conatus ; le registre de la constitution de l'action éthique qui engage l'implication réciproque de l'immanence et de la libération dans la théorie de l'éternité. Ces modèles sont considérés en eux-mêmes, tels qu'ils peuvent alimenter une ontologie, une philosophie de l'esprit et une éthique, le ressort interne de chacun d'eux se présentant comme une variation à l'intérieur d'un seul et même domaine, celui de la constitution. Cette problématique permet d'esquisser comment le spinozisme envisage un concept renouvelé de la raison et des modes de subjectivation qu'implique une éthique de la joie.


  • Dans un environnement marqué par la prédation des comportements et la recherche stérile des récompenses, la place de l'homme est indéniablement questionnée. À l'heure où l'économie et le sens de la propriété prennent le pas sur la solidarité et l'engagement artistique, comment redonner sens à une vie trop émoussée par notre société de normalisation ?

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