• 1945. Dans l'Allemagne occupée, un photographe de guerre ne parvient pas à s'en aller et à rentrer chez lui en Angleterre. Il est hanté par la libération d'un camp de concentration à laquelle il a assisté.
    Il décide de partir au hasard des routes. Il photographiera les gens de ce pays devant leur maison dans l'espoir de comprendre qui ils sont pour avoir pu laisser faire ce qu'il a vu.
    Un jeune soldat anglais, qui vient juste d'arriver et qui n'a rien vécu de la guerre, l'escortera et conduira la voiture réquisitionnée à travers l'Allemagne sans deviner les motivations qui poussent le photographe. Mais lui aussi porte un secret plus intime qui le hante et dont il ne parle pas.
    /> La Terre invisible raconte leur voyage.
    Hubert Mingarelli est l'auteur d'une oeuvre très remarquée et largement traduite. Il a publié une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, dont Quatre soldats (prix Médicis)

  • Le Magasin d'antiquités
    Charles Dickens
    Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
    Le Magasin d'antiquités raconte l'histoire de Nell Trent, belle et vertueuse jeune fille de « pas tout à fait quatorze ans ». Orpheline, elle vit avec son grand-père maternel, resté sans nom, au milieu du bric-à-brac de son magasin d'antiquités. Son existence est solitaire, presque uniquement consacrée à l'amour du vieillard et aux soins qu'elle lui prodigue ; sans véritable compagne ou compagnon de son âge, son seul ami est Kit, le jeune employé de la boutique à qui elle tente d'enseigner l'écriture.
    Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/


  • Quand survient le chaos, l'humanité peut-elle renaître ?

    Ils s'appellent Kiran, Matthew, Tobias et Charly.
    Ils ont quatorze, vingt, dix et seize ans.
    Ils vivent en Inde, en Australie et dans l'Utah.
    Ce sont des enfants du même monde, un monde où soudain tout va mal. Tornades, tsunamis, inondations - le dérèglement climatique brutal est à la hauteur de l'inconscience qui l'a précédé, et les conséquences sont cataclysmiques.
    Pris dans la tourmente et livrés à eux-mêmes, tous les quatre vont se lancer dans une longue errance, fuyant territoires hostiles et folie humaine, à la recherche de leur famille, de lieux plus sûrs et, par-dessus tout, de l'espoir qu'une vie heureuse est encore possible, quelque part.

    /> Un roman d'aventures et d'anticipation bouleversant de rudesse et d'humanité, qui a toute sa place aux côtés de Sirius de Stéphane Servant et des romans de Patrick Ness. Imaginés par une toute jeune auteure au talent remarquable, les héros d'Apocalypse Blues marqueront les esprits pour longtemps.

    Ce roman est une réédition retravaillée de Sous les cendres, le premier tome de la série Il nous reste le ciel paru en 2016.

  • Drizzt est un elfe noir né en Outreterre où le pouvoir s'obtient par la guerre ou le meurtre. L'honneur, l'amitié, l'amour n'y ont pas leur place et Drizzt y fait le rude apprentissage d'une vie de servitude.
    Bien qu'il ait été élevé dans un système de valeurs totalement perverti et qu'il soit rompu à l'art du combat, il sait qu'il n'est pas comme les autres. Il aspire à une vie différente et refuse de devenir un assassin au service des siens. Mais pour survivre, Drizzt est obligé de dissimuler et même nier sa véritable nature.
    Jusqu'au jour où il devra se battre seul contre tous !

  • Drizzt a quitté Menzoberranzan, sa ville natale, pour gagner les régions sauvages de l'Outre-terre. C'est le début pour lui d'une vie d'errance et de traque. Car Drizzt doit devenir un chasseur s'il veut prendre le dessus sur les créatures qui rôdent dans les profondeurs. Il peut heureusement compter sur l'aide de Guenhwyvar, sa fidèle panthère magique. Mais le jeune elfe noir n'est pas seulement confronté à la sauvagerie de contrées hostiles, il doit aussi faire face à une menace bien plus ancienne : sa famille ne l'a pas oublié et sa mère, la maléfique Matrone Malice, tient à resserrer les liens du sang... jusqu'à ce que mort s'ensuive.


  • Le voyage a-t-il encore un sens quand la route n'existe plus ?

    Matthew, Charly, Kiran, Tobias et sa meute de loups ont survécu à l'effondrement de la caldeira du Yellowstone. Leur voyage se prolonge, alors qu'ils décident de rallier New York à pied, dans l'espoir d'y retrouver les parents de Charly.
    Ensemble, ils devront affronter les dangers de la route, les rencontres inattendues, mais aussi leurs propres démons, qui se révèlent toujours un peu plus dans ce crépuscule du monde tel qu'ils le connaissaient.
    Ils ne pourront compter que sur eux-mêmes pour s'en sortir... et sur la chance qui leur a permis de rester en vie jusqu'ici. Mais les accompagnera-t-elle jusqu'au bout... ?

    Une trilogie d'aventures et d'anticipation bouleversante d'humanité, qui a toute sa place aux côtés de Sirius de Stéphane Servant et des romans de Patrick Ness.
    Imaginés par une toute jeune auteure au talent remarquable, les héros d'Apocalypse Blues marqueront les esprits pour longtemps.


  • La dernière fois que Joaquín était venu le voir, Chacaltana l'avait trouvé un peu pâle.
    "Prends soin de toi. Tout ira bien", lui avait-il dit. Apparemment il avait tort.

    Félix Chacaltana Saldívar est assistant-archiviste au Palais de Justice de Lima. Il vit avec sa mère, une veuve austère, bigote et mal embouchée. Il aime l'ordre, le code pénal, le bouillon de poulet et sa fiancée Cecilia, qu'il aimerait bien embrasser (mais comment ?).
    Jusqu'au jour où il tombe sur un bout de papier griffonné qu'il ne sait pas où classer. Dans la foulée, Joaquín disparaît.
    C'est la Coupe du monde 1978, les matchs paralysent la ville, et notre parfait Candide se lance sans s'en rendre compte dans une enquête sordide sur fond d'opération Condor.
    Jamais à court de naïveté, il promène sa bonne foi inébranlable parmi les espions, les activistes, une blonde mystérieuse et un vétéran de la guerre d'Espagne, tous plus rompus que lui aux secrets du monde.
    Roncagliolo raconte les années de formation de l'anti-héros d'Avril rouge avec un incroyable talent. On passe sans crier gare de la parodie au pur roman noir, sans jamais perdre l'humour ni le plaisir.

    Finalement, la naïveté est peut-être aussi une forme de courage...

  • Drizzt a définitivement quitté l'Outreterre pour gagner le monde de la surface. Il espère trouver le foyer qu'il a toujours cherché. Mais il ne s'agit nullement de la terre promise qu'il avait espérée, bien au contraire. À la surface, les drows sont considérés comme des ennemis, des meurtriers et personne n'imagine qu'il existe des elfes noirs différents, capables de compassion, et qui aspirent à une vie meilleure. Drizzt sera chassé, traqué et il devra apprendre de nouvelles règles, prouver à la face du monde qu'il peut s'adapter et qu'il n'est pas nuisible ou malfaisant. Heureusement, certaines rencontres peuvent tout changer...

  • Adrien Blouët nous embarque dans un récit où son héros, Hennes Van Veldes, est un jeune étudiant en cinéma à Berlin, vaguement artiste-vidéaste. Pour trouver de l'argent autant que pour donner un sens à une vie post-étudiante désoeuvrée, il se présente comme « documentariste free-lance ». C'est à ce titre qu'un vieil écrivain, Cornelius Düler, le contacte et lui demande de réaliser un film sur Wolfgang Laib, un artiste du sud de l'Allemagne.
    Cet étrange commanditaire veut ce film pour lui seul. Il finance le jeune Hennes, qui part en auberge de jeunesse avec sa caméra pour trouver des traces de Laib, lequel demeure invisible. Après des jours à errer, traîner et filmer autour de la maison désertée, à scruter les plus infimes inflexions de signe de vie, Hennes est moins troublé par le jeu des révélations que par l'isolement menaçant du lieu.
    « Difficile de dire si l'isolement et la solitude l'amenèrent à la folie ou, dans une moindre mesure, à l'égarement, ou si ces états se trouvaient déjà en lui, attendant un prétexte pour prendre le dessus sur tout autre sentiment raisonnable. »
    Adrien Blouët est né en 1992. Au cours de ses études aux Beaux-Arts de Paris, il découvre l'anthropologie, qui le conduit vers l'écriture. Il choisit ensuite de s'orienter vers la fiction. L'Absence de ciel est son premier roman.

  • À la suite d'une révolte ouvrière dans une maquiladora au Guatemala, Ismaël est gravement blessé, à moitié brûlé, et recherché par la mafia locale. Avec l'aide de Joaquim, un journaliste franco-guatémaltèque, il prend la fuite et se réfugie à Londres.
    Dans cette ville multiculturelle et stupéfiante, où il essaie de reconstruire sa vie, il rencontre Hanadi, une jeune pakistanaise confrontée aux intégristes. Lui mutilé, elle voilée, ils ne se reconnaissent plus dans l'image qu'ils renvoient.
    Une histoire de violence et d'injustice dont la seule issue est l'errance.

  • La première publication de Habel date de 1977. Mohammed Dib, un des plus grands écrivains algériens de langue française, entreprend, dans ce livre, de dresser le portrait intemporel de l'étranger. Le choix du prénom Habel n'est pas innocent. Caïn, aujourd'hui, ne tuerait pas son frère, il le pousserait sur les chemins de l'émigration. C'est par le regard que Habel appréhende le monde sans repères au sein duquel il est jeté - voitures, carrefour, silhouettes qui cheminent et se croisent telles des ombres. On y reconnaît Paris au fleuve, à la cathédrale, un Paris à peine nommé. Pour affronter la mort de son être que signifie l'exil, il doit devenir autre. Les passants qu'il rencontre, les femmes qui l'attirent, sont-ils des masques ou de vrais visages ? Pour le savoir, il doit se délivrer, renoncer à son ancienne peau, l'abandonner à son frère, redevenir vivant. Caïn avait-il prévu cela ?
    Merveilleux roman métaphorique et poétique qui prend appui sur l'histoire biblique et lui donne un sens actuel.

  • Marche-frontière

    Ahmed Slama

    On en était au basculement, à ce lieu - Avignon -, ce temps - avant la perte administrative des papiers - où l'on attend - quoi faire sinon ? - l'échéance. Le passage inexorable vers la clandestinité.

    Il marche, comme nombre d'hommes et de femmes migrant d'une frontière à l'autre, la perte de ses papiers d'identité le confine à l'errance. Qui est-il, où va-t-il, quel est son nom pour commencer ? Mystère. Voilà à quoi l'on est réduit aux yeux de l'administration : quelques dates, un coup de tampon, un nom. Une empreinte. Mais la vie, la singularité d'un être, sa sensibilité, ce n'est pas réductible à ces quelques données. Ça déborde.
    C'est le point de départ de cette enquête qui nous mènera hors des sentiers battus de notre époque, et de la parole : une crue intérieure qui pousse le corps à se mouvoir. De là à arpenter le monde par son envers, tâcher de retrouver un nom qu'on a perdu, vivre au niveau du sol avec comme seuls compagnons les ami·es de passage et les rats, il n'y a qu'un pas. Et tant d'autres.
    Dans ce roman résolument politique, poétique, qui sait placer lecteurs et lectrices à la place de l'autre, qui mesure l'écart entre les mondes autant qu'entre les langues, se dessine peu à peu la figure du fantôme nuisible en quoi notre glaciale époque peut potentiellement métamorphoser tout un chacun au premier soubresaut géopolitique venu : d'un côté pas vraiment immigré, de l'autre pas tout à fait émigré. Quelque chose entre les deux. Une sorte d'Ulysse cherchant non pas à retourner chez lui mais en. Un emmigré.


  • « Et je n'arrivais pas à m'habituer à vivre mort. »

    Brito a émigré clandestinement dans une ville qu'il ne connaît pas et dont il ignore la langue. Un dimanche après-midi, à la suite d'un incident dans le métro, après avoir fait du lèche-vitrine avec sa femme et son fils, il se perd et ne retrouve plus le chemin de sa maison. Le retour chez lui s'avère impossible.
    Après une nuit d'errance dans la ville, où il ne rencontre que des étrangers qui ne parlent pas sa langue, il se rend compte que s'il ne demande pas de l'aide il se perdra pour toujours, mais que s'il le fait il détruit tout son rêve d'une vie nouvelle. En moins de 24 heures l'auteur explore ce que signifie vivre en ayant l'impression d'être immigré à l'intérieur de soi-même, ce qui s'avère plus difficile que l'exil.
    « Une lecture sublime : un Portugais qui écrit des livres comme Almodóvar fait des films. » - Néon (Allemagne)

  • Poétique de l'exploration urbaine !
    Depuis le flâneur des villes jusqu'à l'explorateur de salon, de la dérive au détournement, la psychogéographie nous procure de nouvelles manières d'appréhender notre environnement, des méthodes pour transformer les rues familières de notre expérience quotidienne en quelque chose de nouveau et d'inattendu.

    Depuis Guy Debord et les situationnistes jusqu'à Jacques Réda, Iain Sinclair ou Will Self, en passant par Stevenson, Baudelaire, Léon-Paul Fargue ou Jacques Yonnet, nombreux sont les adeptes de la psychogéographie qui ont couché par écrit leurs errances et leurs explorations urbaines. Londres et Paris sont les territoires privilégiés de la psychogéographie, mais celle-ci peut se pratiquer tout aussi bien à New York ou à San Francisco, à Lisbonne ou à Bruxelles.

  • L'histoire de la traduction regorge de comparaisons éloquentes décrivant les mauvaises traductions. De l'envers d'une tapisserie à un portrait peu ressemblant, en passant par le teint livide d'une personne malade ou un navire qui fait naufrage, les traducteurs ne se privent pas de critiquer ainsi leurs prédécesseurs. Les critiques littéraires font de même, mais pourquoi un traducteur se trompe-t-il ? Les erreurs commises peuvent être de nature purement linguistique, causées par une maîtrise insuffisante des subtilités de la langue source. Mais elles peuvent aussi être générées par une connaissance peu profonde de la culture source. Nous étudions ce dernier type d'erreurs pour aboutir à une définition de l'« erreur culturelle » dans le domaine de la traduction littéraire. Plusieurs aires géographiques, linguistiques et culturelles sont ainsi explorées, au gré des points de vue d'une quinzaine de spécialistes, qui aboutissent à la conclusion que parfois l'erreur peut être féconde.

  • Ces textes courts, cette balade poétique et déjantée invitent à arpenter les rues de Paris en même temps que les méandres des émotions d'un homme accompagné de son chien, à la recherche de Lola qu'il finit par rencontrer. Aux croisements, des lieux et des impressions s'entrelacent dans ce récit unique.
     

  • En 1999, il ne s'est pas passé grand-chose. On attendait le bug de l'an deux mille sans l'attendre vraiment. Une année suspendue, entre la fin des années quatre-vingt et l'aube du troisième millénaire, entre la fin de la guerre froide et le début de la guerre contre le terrorisme. Entre la fin de l'enfance et le début de l'âge adulte.
    Pourtant tout était en gestation - Internet, les téléphones portables, la dématérialisation du vivant, Google... - sous les auspices d'un bug aux allures de tsunami, qui sonnait à la fois comme la menace d'un coup d'arrêt et la promesse d'une table rase.
    Si peu la fin du monde nous replonge dans cette étrange zone de transition pour évoquer le passage à l'âge adulte de trois personnages entre 19 et 22 ans pris dans le flot de l'Histoire - Olga, Jules et Alex. Des personnages errants, liés et solitaires, qui trompent leur angoisse de l'avenir grâce aux paradis artificiels, aux fêtes, à la recherche de sentiments authentiques dans un monde de plus en plus flou.
    Laure Pfeffer est née en 1980 à Strasbourg. Diplômée de l'École Nationale Supérieure de la Photographie, elle abandonne pourtant la photographie pour se consacrer à la vidéo et au cinéma, tout en conservant une pratique d'écriture régulière - elle a déjà écrit plusieurs courts-métrages et scénarii. Si peu la fin du monde est son premier roman.

  • Les désaccords philosophiques dont l'idée de liberté fait constamment l'objet ne font-ils pas signe, au-delà des querelles métaphysiques, vers la dynamique réelle de la liberté - et indissociablement de son idée - dans ses productions socio-historiques et, par conséquent, jusque dans ses négations ? Cet essai propose un travail généalogique autour du mot « liberté » : les significations successivement attribuées à ce concept sont essentiellement reliées à des expériences d'aliénation, dont elles constituent des projections en positif, idéalisées. Articulant histoire de la philosophie et philosophie sociale, Peggy Avez explore plusieurs configurations - la peur de l'exil dans l'Antiquité, la conception chrétienne de l'homme endetté, la crainte asservissante d'autrui pour les modernes et la peur contemporaine de l'objectivation unilatérale - chacune forgeant des significations de la liberté comme autochtonie, rédemption, sécurité et réinsertion du sens. De la « dialectique négative » de l'idée de liberté - ce dont les idéaux de liberté veulent émanciper l'homme constitue ce qui le conduit à s'aliéner - à la dialectique de la praxis - dans laquelle l'idée de liberté devient mythe et mobilise des mécanismes psychologiques à la faveur desquels l'aspiration à l'émancipation se mue en désir d'adaptation et d'obéissance -, l'auteure suit comme fil directeur l'histoire de la philosophie, qui fournit des éléments fondamentaux non seulement pour réveiller les sens du terme « liberté », confusément sédimentés dans notre usage discursif, mais aussi pour comprendre le rôle essentiel de l'idée de liberté dans l'imaginaire social.

  • D'abord ce texte pour la beauté de sa prose.
    Beauté violente. Et tout ce qu'on y reconnaît du monde, le nôtre : la nuit sauvage des villes, les gares quand on en a perdu le nom, les bords d'autoroute et ces discussions face à face quand le lendemain les yeux qu'on revoit n'ont plus de nom ni de visage.
    J'ai souvent pensé au début du Bruit et la fureur, de Faulkner : Benjy voit et pense dans un temps simultané, juxtaposé, où tout se chavauche. Et qui pour ne pas savoir, même s'il faut s'en défendre pour que tienne la vie au quotidien, qu'il n'y a pas de vraie séparation entre le rêve et le réel ?
    Et qu'en tout cas c'est ici qu'elle surgit, la littérature, quand elle se saisit à bras le corps des lois du rêve et les contraint à la discipline narrative - on est dans le réel, et pourtant pas. Tout est cohérent à échelle de la phrase qu'on lit, mais s'engouffre à nouveau dans le cauchemar dès qu'on tourne le virage paragraphe.
    La littérature est hantée de ses fous. On peut les prendre rois, comme Lear, ou leur donner la simplicité de Wladimir et Estragon, dans En attendant Godot - les retours récurrents des personnages ici est la même.
    Dans ce texte, les lois du rêve contraignent l'errance dans les villes, et le réel. On a échangé ses noms, on a enterré des souvenirs, on porte des amours impossibles, on croise des enterreurs de morts. C'est donc un fou qui voit, qui parle ? Ou bien, ces narrateurs, la prison et la violence, l'exil, les ont-ils condamnés à cette vision décalée, parce qu'eux voient juste, mais qu'ils ne comprennent pas ce qu'a fait d'eux le monde ?
    Alors qu'on le lise dans l'abandon, ce magnifique texte lyrique de Marie Cosnay. Qu'on le lise pour toutes ce shistoires qui s'enchevêtrent, où on reconnaîtra vite les pistes. Laissons venir à nous la puissance de ces paysages à peine brossés, sitôt remplacés, tout est mobile, comme dans le rêve.
    Mais penser aussi au titre d'un de ses précédents livres, Déplacements : On a repris les grandes figures, de l'errance, de la violence imposée et subie, du rêve et de la folie, ça c'est le point fixe de la littérature. Mais voyez ce qui se recompose du monde autour de ce point fixe : ces errants dans les trains, ou au fond des villes, ces brûlés dedans qui passent toutes les frontières parce qu'ils ne connaissent plus les leurs, on sait leur existence.
    Alors le monde qui nous entoure, celui de l'exclusion, celui des trafics, de l'argent et de la violence, se réorganise en lent décor derrière. Il y a les mules...

  • Voici le roman d'une solitude. Voici le roman d'un errance. Voici le roman d'un amour manqué. Voici le roman d'une folie, celui d'une non-rencontre. Voici le roman d'un raté. Vous avez dit désespéré ? Oui. Et désespérant.

  • La Lettre de Buenos Aires raconte des errances. Un monde menaçant où la nature contient encore la beauté des choses. Sur la route, des personnages vivent leur voyage. Les vies les plus humbles possèdent leur mystère et leur tragédie.
    Hubert Mingarelli sait les dévoiler avec pudeur et poésie.


  • Sur une route de campagne, le camion du déménageur tombe en panne. Emma, la vieille Juive, se fait installer quelques meubles sous les cerisiers en fleurs. Elle tient " salon imaginaire " quand un jeune Gitan la surprend. Ils se flairent, ils se maudissent. Ils n'ont décidément rien de commun. Pourtant quelque chose les rapproche. Est-ce le hurlement lugubre du Kapo, l'appétit de vivre de la jeune Emma, les plaintes de l'Ours ? Ou des yeux derrière des barbelés ?

    Les accents les plus insolents mais aussi les plus heureux de la comédie animent cette pièce incantatoire contre l'oubli.

  • L'espoir de la meute

    Philippe Devos

    La meute, c'est vous, c'est moi.
    D'autres peut-être, qui oseront cheminer à nos côtés à travers ces pages.
    Quelques textes pour faire naître en nos coeurs un ailleurs, sublimer l'habitude, s'enivrer d'amertume, apprivoiser ses chimères...
    Des landes de vers pour une échappée belle hors du temps et des cités stériles où l'homme moderne dérive parmi les ombres anonymes.
    Des poèmes comme autant d'occasions de se retrouver.

  • Sanguines

    Gabriel Franck

    Le portrait de deux hommes, Janvier et Joseph Sang, pas vraiment marginaux mais vivants à l'écart, « marqués bizarrement d'une certaine sérénité dans l'affliction », égarés dans leur propre vie, cherchant à se faire discret jusqu'à l'oubli. Leur rencontre inopinée avec une jeune femme, Helen Faraday, va les sortir brusquement de leur trajectoire en pointillé, de leurs rôles préétablis en toute indifférence.
    La déambulation nocturne de ces trois silhouettes dessinées à la hâte « longeant sans relâche les rebords d'une géographie morcelée et toujours sur le point de les précipiter dans le vide » nous laisse entrevoir les formes évasives et instables d'une ville nocturne, déserte et désolée.

    Sanguines décrit « ce jour qui d'une certaine manière ne devait jamais finir et restera à jamais comme inachevé, ininterrompu » et parvient à nous restituer avec élégance et justesse, le « bruit du visible » et « la fragilité d'un lien naissant noué à la faveur de la nuit et à l'abri des regards ».


    "Jamais cinq heures de l'après-midi pour moi ne résonnera pareilaprès ce jour, ce jour qui d'une certaine manière ne devait jamais finir et restera à jamais comme inachevé, ininterrompu."

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