• C'est une histoire étonnante, totalement inédite et très peu connue d'une étape de la décolonisation. Une poignée de soldats marocains de l'armée française envoyés combattre en Indochine, désertèrent le Corps expéditionnaire français et rejoignirent le camp du Viet-Minh. Par solidarité entre ressortissants de peuples opprimés ? Par sympathie idéologique ? Par refus de servir une cause qui nétait pas la leur ? Toujours est-il que, contre leur gré, ces hommes restèrent plus de vingt ans au Viêt-Nam, épousèrent des Vietnamiennes, eurent des enfants et leur retour au Maroc souleva mille difficultés.

  • Après « l'Exuvie » et « Les Figurants », Stéphane revient en force d'un voyage à travers le temps et les hommes. Sans cesse curieux, il veut tout apprendre alors il prend avidement et restitue avec reconnaissance. Le ton toujours particulièrement primesautier est le ton de celui qui est heureux de comprendre l'autre. « L'avion musique » se pose, Stéphane est à bord, chamboulé, bouleversé mais joyeux et comme fier de relater sa guerre d'Indochine avec ces autres qu'il aime tant.
    Un récit « boudyesque », synonymes : rieur mais grave, optimiste mais lucide, sentimental mais pas pleurnichard, fidèle à l'histoire mais pas ennuyeux. A dissocier absolument « Boudy » et « Rocambole ». A rapprocher plutôt « d'Ubu ».
    /> « ... Hô Chi Minh avait plus de trente ans de clandestinité derrière lui, avait endoctriné village après village, région par région, appris à lire et à écrire aux gens partout où il était passé. Et aujourd'hui, c'était le lieutenant Merlin et ses trois hommes qui allaient réduire à néant ces années d'efforts, cette attention minutieuse et lente à éduquer.
    Près de 70000 combattants et villageois ont gravi les montagnes autour de Diên Biên Phu, des canons de plusieurs centaines de kilos ont été montés dans la jungle à l'aide de vélos français de marque Peugeot, de même pour les armes, la nourriture ou les munitions. Pour tout effort du riz, du riz mangé à chaque repas, souvent seul et cuit sur place. Avec ce riz, la baguette, l'autorité des chefs, et sous cette baguette, un idéal. Voilà ce contre quoi Merlin et ses hommes vont lutter avec quelques bouts de papiers traduits en vietnamien.
    Heureusement, il y aura aussi de la musique. Ils prendront « l'avion musique » que les Américains leur ont cédé et qu'en bons Français ils ont nommé ainsi. Un avion avec des haut-parleurs sous le ventre afin de rallier les Viêts à la cause coloniale, des voix et de la musique en bande sonore. Voilà, harassé, sans sommeil ce que Merlin s'apprêtait à faire : la guerre psychologique. »

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  • Se bang hien

    Tran Chin Vu

    Pistes Ho Chi Minh. Hier lieu de mort et de souffrances. Aujourd'hui produit d'appel pour tour opérateur, soleil, interrogations sans réponse. Tran Chinh Vu, l'auteur, est revenu de l'enfer. C'était sur les berges d'une rivière du Laos au nom chantant de Se bang hien. Avec son roman La Rivière en feu il a voulu que l'épopée des hommes enfants, des jeunes filles, qui mirent en veilleuse leurs rêves, ne soit enfouie sous les poussières de l'oubli. Printemps 1972, sous la menace permanente de l'aéronavale U.S. et des B52 il faut ravitailler le Sud. Pas de bataille, pas d'envolées lyriques. Il n'y a que le peuple des « termites », celui qui ne peut s'activer que dans le noir. Seul un rescapé du drame pouvait aussi bien en parler. Se bang hien, c'est l'ode d'un survivant à ses frères et soeurs d'armes. À Ngan, la plus belle fille de la division, qui voudrait tant connaître Hanoi ; Minh, le héros, déjà veuf à qui une voyante avait prédit que son karma ne s'accomplirait qu'à la troisième épouse ; Mun, le trompe la mort, que seul la guerre à sauvé ; Tuy qui a toujours le moral et qui aurait voulu, pour se venger des privations, avoir dix enfants ; Vinh, la doctoresse, dont le mariage et le bonheur n'ont été que de quelques nuits. Chirurgien elle dirige un hôpital de campagne, tient les mains de « ses enfants » qui savent qu'ils ne reviendront jamais. Il y en a eu tant d'autres et même des lâches. La paix est revenue. Ils ne sont plus que trois à revenir sur les lieux de leurs souffrances. Au petit cimetière, la forêt a repris ses droits. Ils ont envie de pleurer mais, à trop pleurer dans la nuit, la source de leurs larmes s'était tarie. Larmes et douleurs resteront, à jamais, enfouies dans le coeur du soldat. André Coulier, né Do Van Dê

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