• Comment la croyance peut-elle aller à l´encontre de ce que l´on sait ? Derrière cette question, volontairement provocante, Pascal Picq interroge les origines de l´Univers (le Big Bang), de la Vie, et de l´Homme sur la Terre. S´appuyant sur la longue histoire des sciences - une découverteen entraînant une autre -, il montre en creux la résistance de nos esprits modernes à comprendre le monde hors des sentiers sacrés. Les questions sur les commencements, nous dit-il, importent autant que leurs réponses, variées et riches, à l´instar de ces cosmogonies imaginées depuis des centaines de milliers d´années...

    La Bible en donnant une place particulière à l´Homme dans l´ordre de la Création - le sixième jour - a imposé durablement sa vision du monde. Longtemps, les scientifiques éviteront la délicate question des origines : pour un Galilée qui s´en sort, combien connaîtront le bûcher, l´excommunication, plus tard même l´autocensure ?

    Il n´empêche, l´insatiable curiosité humaine ne se tarit jamais. Charles Darwin puis Albert Einstein ont repoussé les limites du monde. Ces deux visionnaires conscients - et inquiets aussi - de briser des tabous ont ouvert des voies essentielles à la recherche moderne : on sait depuis que rien n´est éternel, que tout évolue : l´Univers, la Vie et l´Homme...

  • C'est entendu : il existe une horreur économique encore plus cruelle au Sud qu'au Nord. Mais la dénoncer ne suffit pas : si la dénonciation était efficace, il y a longtemps que le capitalisme aurait disparu... Les auteurs appellent " capitalisme " ce système qui s'invente en permanence et nous saisit à travers des alternatives infernales, du type : " Si vous demandez des droits supplémentaires, une augmentation de salaire, vous favorisez les délocalisations et le chômage. " Comment ne pas être paralysé ? D'autres peuples ont appelé cela un système sorcier. Et si ce n'était pas une métaphore ? Et si c'était même le meilleur nom que l'on pouvait donner à la prise que le capitalisme exerce sur nous, nous aidant, du coup, à réfléchir aux manières dont nous pouvons avoir prise sur lui ? Pourquoi avons-nous été si vulnérables à un tel système ? Comment se protéger ? Certaines idées partagées par toute la gauche, et d'abord la croyance dans le " progrès ", n'auraient-elles pas donné au capitalisme le moyen de nous rendre impuissants ? En tentant de répondre à ces questions, ce livre ne propose ni un programme, ni une nouvelle théorie. Il vise plutôt à encourager tous ceux et celles qui résistent à la résignation, et dont les réussites toujours partielles doivent être racontées, célébrées, relayées. Car l'émergence d'une alternative, loin de se réduire à l'accumulation de luttes défensives et de postures " révolutionnaires ", passe plutôt par la construction patiente et joyeuse d'un autre rapport aux autres et au monde, sans que rien de ce que chaque collectivité expérimente soit passé sous silence. C'est un anticapitalisme pragmatique que les auteurs souhaitent ici mettre en discussion, dans la suite du cri lancé à Seattle : " Un autre monde est possible ! "

  • Depuis la parution du Président des riches en septembre 2010, les relations incestueuses entre le pouvoir politique et le monde de l'argent ont engendré de nouveaux rebondissements dans l'affaire Woerth-Bettencourt et dans l'incroyable feuilleton Lagarde-Tapie. Par ses amitiés et ses réseaux, Nicolas Sarkozy est toujours concerné. Ce qui est encore le cas dans la tourmente qui affecte les tableaux de la famille Wildenstein, ou le Mediator des laboratoires Servier.
    La violence des rapports sociaux atteint des sommets. La réforme rétrograde des retraites, le mépris affiché envers les enseignants et les magistrats, l'appel à la xénophobie en sont des expressions. L'allègement de l'impôt de solidarité sur la fortune est emblématique de cette guerre des classes menée par les plus riches alors que les déficits et les dettes leur servent d'armes et de moyens de chantage pour que le peuple accepte la baisse du pouvoir d'achat et la destruction des services publics. Décidément, Nicolas Sarkozy est bien toujours le président des riches.
    Ce nouveau livre continue à apporter des faits, des analyses et des arguments qui justifient de mettre à bas la puissance de la finance et des spéculateurs sans foi ni loi qui règnent sans partage.

  • Il y a plus de vingt ans, en pleine offensive néolibérale, le magazine Newsweek pouvait titrer, triomphalement : " Marx est mort ".
    Mais les spectres ont la peau dure. Aujourd'hui, Marx est de retour. En ces temps de crise fracassante du capitalisme et de grande débandade idéologique, on le redécouvre.
    Mais qui fut Marx ? Qu'a-t-il vraiment dit ? Ce petit ouvrage offre une introduction ludique à sa pensée, sa vie, son oeuvre. Un panorama clair et souvent drôle qui associe bande dessinée et philosophie, humour et esprit de synthèse pour présenter dans toute son actualité la pensée du principal théoricien de l'anticapitalisme.
    Marx est resté célèbre pour son explication des contradictions et des crises du capitalisme. Pour la connaître, on suivra le roman policier du Capital : à la recherche de la valeur perdue, on retracera les mécanismes de l'accumulation du capital jusqu'à percer le secret du fétichisme de la marchandise.
    À la fois aide-mémoire, cours d'introduction et lecture récréative, Marx, mode d'emploi offre une petite trousse à outils pour la pensée et pour l'action.

  • « Face à un Eichmann réel, il fallait lutter par la force des armes et, au besoin, par les armes de la ruse. Face à un Eichmann de papier, il faut répondre par du papier. Nous sommes quelques-uns à l'avoir fait et nous le ferons encore. Ce faisant, nous ne nous plaçons pas sur le terrain où se situe notre ennemi. Nous ne le "discutons pas", nous démontons les mécanismes de ses mensonges et de ses faux, ce qui peut être méthodologiquement utile aux jeunes générations. » Ces lignes, qu'écrivait en 1981 l'historien Pierre Vidal-Naquet, gardent toute leur actualité. Robert Faurisson et ceux qui nient avec lui la réalité du génocide hitlérien n'ont pas désarmé, et certains médias continuent à réserver un accueil surprenant à leurs thèses délirantes. Comprendre comment une telle aberration a pu voir le jour est donc plus que jamais nécessaire. Tel est le but des essais réunis dans ce petit livre.


    « Face au "révisionnisme", plus efficace qu'une législation d'exception, qui a alimenté en bois le bûcher, Pierre Vidal-Naquet a ciselé une arme parfaite : Les Assassins de la mémoire. Faites-le lire autour de vous, apprenez-le par coeur, pour le contenu et la méthode. » LE FIGARO « Le combat que Pierre Vidal-Naquet livre contre les "assassins de la mémoire" est sans doute le plus difficile de ceux qu'il a eu à mener, parce que le plus douloureux. Car la mémoire qu'ils assassinent, c'est la mémoire commune de notre XXe siècle et la plus insoutenable. On appréciera d'autant plus la force d'un livre qui ne cède à aucun moment aux facilités de la confidence, de l'émotion ou de l'invective [...]. Par son acuité, sa transparence, cette leçon de méthode devrait rendre confiance à tous ceux qui en venaient à se demander si le métier d'historien a encore un sens. Si vous voulez savoir tout ce qui se cache derrière "le point de détail" de Jean-Marie Le Pen, lisez Pierre Vidal-Naquet. » LE NOUVEL OBSERVATEUR

  • Stat-activisme

    Emmanuel Didier

    Les statistiques nous gouvernent. Argument d'autorité au service des managers, elles mettent en nombres le réel et maquillent des choix qui sont, en fait, politiques. Le parti pris de ce livre, qui rassemble les contributions de sociologues, d'artistes et de militants, procède du judo : prolonger le mouvement de l'adversaire afin de détourner sa force et la lui renvoyer en pleine face, faire de la statistique une arme critique. L'histoire de cette forme de contestation dont Luc Boltanski indique qu'elle permet de formuler des " critiques réformistes " passe d'abord par un retour sur la longue controverse sur l'indice des prix en France, présentée par Alain Desrosières.
    La deuxième partie du livre s'intéresse à la façon dont on ruse, individuellement et souvent secrètement, avec les règles. L'association Pénombre, composée de statisticiens critiques, y présente une fausse interview du brigadier Yvon Dérouillé, qui explique, face caméra, comment tripatouiller les statistiques de la délinquance. Mais les statistiques peuvent aussi servir à faire exister politiquement, en les rendant visibles, des catégories sociales discriminées. Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires, montre comment Victor Schoelcher, au XIX e siècle, mobilisait déjà des arguments quantitatifs pour la défense des droits des Noirs.
    Une dernière stratégie statactiviste consiste à bâtir des indicateurs alternatifs, tels que le " BIP 40 ", qui met en rapport les bénéfices dégagés par l'envolée des cours boursiers et le creusement des inégalités sociales. Ces quatre démarches sont illustrées, avec humour ou sérieux, en texte ou en image, par les contributeurs de cet ouvrage, pour qui " un autre nombre est possible " : ce qu'une logique hégémonique de quantification a instauré, une pratique statactiviste avertie peut chercher à le défaire.

  • Partir du présent pour juger le passé au lieu de le comprendre, voilà ce qu'est l'historiquement correct. L'histoire devient un écran où se projettent nos passions contemporaines, où l'on multiplie anachronismes et jugements de valeur.
    Ce livre entend remettre les pendules à l'heure en rappelant des faits oubliés ou dissimulés : la violence et l'intolérance également partagées au temps des guerres de Religion, la haine anticléricale des années 1900, pendant de l'antisémitisme, ou encore l'extrême complexité de la France des années 1940 ou de la guerre d'Algérie. On verra ainsi que le mal n'est pas tou,jours où l'on dit, le bien pas toujours où l'on croit.

  • Cinquante ans après la défaite indochinoise de Diên Biên Phu et le début de la guerre d'Algérie, la France demeure hantée par son passé colonial, notamment par ce rapport complexe à l'" Autre ", hier indigène, aujourd'hui " sauvageon ". Pourquoi une telle situation, alors que les autres sociétés post-coloniales en Occident travaillent à assumer leur histoire outre-mer ? C'est à cette question que tente de répondre cet ouvrage, où Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, en partant d'une enquête conduite à Toulouse - et présentée ici -, ont décidé d'ausculter les prolongements contemporains de ce passé à travers les différentes expressions de la fracture coloniale qui traverse aujourd'hui la société française. Ils ont réuni, dans cette perspective, les contributions originales de spécialistes de diverses disciplines, qui interrogent les mille manières dont les héritages coloniaux font aujourd'hui sentir leurs effets : relations intercommunautaires, ghettoïsation des banlieues, difficultés et blocages de l'intégration, manipulation des mémoires, conception de l'histoire nationale, politique étrangère, action humanitaire, place des Dom-Tom dans l'imaginaire national ou débats sur la laïcité et l'islam de France... Les auteurs montrent aussi que la situation contemporaine n'est pas une reproduction à l'identique du " temps des colonies " : elle est faite de métissages et de croisements entre des pratiques issues de la colonisation et des enjeux contemporains. Pour la première fois, un ouvrage accessible traite de la société française comme société postcoloniale et ouvre des pistes de réflexion neuves.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2006)

  • D'un côté, 3 milliards de gens vivent dans des conditions indignes de l'humanité. Enseignement, santé, énergie, eau, alimentation, mobilité, logement : individuellement leurs besoins sont modestes mais, au total, ils sont énormes. Comment les satisfaire sans augmenter la production ? De l'autre, deux cents ans de productivisme ont mené le système climatique au bord de l'infarctus. La réalité nous impose de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre. Donc la production matérielle. Comment stabiliser le climat tout en satisfaisant le droit légitime au développement de celles et ceux qui n'ont rien, ou si peu... et qui sont en même temps les principales victimes du réchauffement ? C'est le casse-tête du siècle.
    Dans ce livre, Daniel Tanuro propose de réconcilier l'écologie et le projet socialiste, parce que le capitalisme ne saura rien résoudre. Si l'on n'est pas capable d'articuler lutte sociales et écologiques, le capitalisme causera des catastrophes humaines et environnementales de grande ampleur. Quelles erreurs ceux qui se réclament du socialisme ont-ils commises pour que cette articulation semble aujourd'hui si difficile ?

  • L'innovation destructrice

    Luc Ferry

    • Plon
    • 15 May 2014

    Selon Luc Ferry, ce qui va nous sauver, ce n'est pas la décroissance, mais l'innovation. Même si elle déstabilise le monde, même si elle peut être formidable et, en même temps, destructrice. L'innovation est vitale et angoissante à la fois : dans un siècle de déconstruction, la France doit résoudre ce dilemme.
    Une véritable philosophie se cache derrière le mot " innovation ". Une philosophie dont nos dirigeants politiques se sont emparés.
    " Ce qui va nous sauver, ce n'est pas la décroissance, c'est l'innovation. Même si elle déstabilise le monde, même si elle peut être formidable et, en même temps, destructrice. Gutenberg a détruit l'activité des copistes... avant de permettre la création de millions d'emplois dans les métiers liés à l'imprimerie. " Vitale, l'innovation, mais angoissante aussi : c'est le dilemme que n'a pas encore résolu la France, selon Ferry, dans un 20e siècle de déconstruction (artistique, sociale, économique) comme jamais l'Europe n'en a connue.
    Luc Ferry remet aussi l'économiste autrichien Schumpeter (1883-1950) au goût du jour. Ce prophète de l'innovation, penseur de la " destruction créatrice " (Ferry préfère, lui, parler " d'innovation destructrice ", plus optimiste) reste d'actualité. L'innovation comme moteur de la croissance, qui rend obsolète tout ce qui est ancien. Et qui, quand elle s'essouffle, aboutit à une crise... avant de reprendre le dessus et de relancer l'économie pour un nouveau cycle. L'informatique a ainsi permis l'expansion des années 1980 et 90. Aujourd'hui, les schumpétériens sont nombreux à penser que le numérique haut débit et ses avatars annoncent le prochain cycle capitaliste.

  • L'enquête lauréate du Prix Albert Londres 2014.

    La French Connection, dans les années 1970, c'était la drogue fabriquée à Marseille et revendue aux États-Unis.
    La French Deconnection, aujourd'hui, c'est la drogue fabriquée au Maroc et revendue à Marseille.
    Avec les mêmes symptômes ici qu'à l'époque aux États-Unis : misère et ghettos.
    Enquête dans les cités, au coeur des trafics, dans les caves, auprès des choufs et des nourrices, des politiques et des braqueurs, des habitants et des caïds.
    " On dit qu'on ne peut pas entrer dans nos quartiers, moi je dis qu'on ne peut pas en sortir. " Mourad, 25 ans " Un autre regard sur des quartiers rongés par l'économie du cannabis. "Le Monde " Un électrochoc dans la couverture de l'actualité marseillaise et de ses quartiers nord. "Jury Albert-Londres Une coédition Robert Laffont / Wildproject

  • C'est l'une des raisons qui explique le succès populaire de ses deux abécédaires où il analyse avec pertinence, humour et humeur la lente dérive de l'universalisme républicain issu de la Révolution de 1789, vers cet agglomérat de communautarismes revendicatifs et de narcissismes hostiles qui constituent aujourd'hui la société française. Avec Comprendre l'empire, Alain Soral continue à pourfendre les forces qui luttent pour le déclin des Nations et l'avènement de la gouvernance globale.


    Alain Soral est apprécié d'un public jeune, révolté et anticonformiste qui se retrouve dans sa critique sans concession de cette société qui se délite dans une pensée molle et abêtissante.


    Écrivains, intellectuels... dans cette France du déclin où tout semble à nouveau concourir au chaos, ils ne sont pas nombreux ceux dont on pourra dire, dans vingt ans, qu'ils ont tenté de résister, sauvé l'honneur de leur génération. Gageons qu'Alain Soral sera de ceux-là

  • La religion est l´opium du peuple : relisez Marx ! C´est en ces termes qu´au début de l´année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un choeur unanime composé, entre autres, d´Aurélie Filippetti, Nadine Morano, Laurent Fabius et Michel Onfray. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d´une jeune militante du Vaucluse qui avait le mauvais goût d´être musulmane et de porter un foulard. Ce sarcastique conseil de lecture est, depuis lors, repris quasi rituellement, dans l´ensemble de la gauche française, à chaque fois que des musulmans investissent le champ politique, tandis que se multiplient les professions de foi antireligieuses - dont la version la plus vendeuse a été, ces dernières années, le Traité d´Athéologie de Michel Onfray (Grasset, 2005).

    C´est ce sarcastique conseil de lecture qu´on a ici choisi de prendre au sérieux - et l´expérience se révèle passionnante. On découvre en chemin qu´il est fort difficile d´enrôler post-mortem l´auteur du Capital dans la cabale éradicatrice des chasseurs de voile, d´islam ou de religion - et pas davantage Engels, Lénine, Trotsky ou Rosa Luxemburg. On découvre même qu´un des grands apports théoriques et pratiques du mouvement socialiste d´inspiration marxiste au combat progressiste est d´avoir pointé les limites du combat antireligieux issu de la tradition des Lumières et de l´avoir relégué à l´arrière-plan, en le dénonçant comme un écueil, un idéalisme ou une ruse de la bourgeoisie. On découvre que Marx et les marxistes ont même théorisé et pratiqué l´alliance entre « celui qui croit au Ciel et celui qui n´y croit pas ». On réalise enfin la malicieuse actualité de leurs analyses : c´est aujourd´hui l´athéisme et le combat antireligieux, l´irréligion en somme, qui peuvent être considérée comme l´opium du peuple de gauche.

  • Une étrange épidémie d´« empoisonnements » s´est répandue dans les Antilles françaises aux XVIIIe et XIXe siècles. Or, ce terme est fréquemment synonyme de « maléfices » tandis que les « empoisonneurs » sont souvent dénoncés comme « sorciers ». Les imputations de crime d´empoisonnement participent d´un système de croyances magiques, qui amène les colons à prêter aux « nègres » (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte, associée à d´effrayants pouvoirs.

    L´effroi qui saisit les maîtres engendre la terreur contre les esclaves. Exacerbée par l´incapacité de la justice ordinaire à mettre fin au fléau, elle entraîne la création de juridictions spéciales et l´instauration d´un dispositif administratif de répression épouvantable.
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    Face à une mortalité animale ou humaine inhabituelle les colons s´attendent à une accusation d´empoisonnement, la suspicion face à un décès isolé - d´une bête de somme, d´un esclave ou d´un blanc - ne surprenant jamais personne. Celui qui ne se conforme pas à cette attente s´expose à l´exclusion sociale, voire à la violence coloniale. Lassalle, commandant du quartier de La Trinité à la Martinique, ne craint pas de proclamer, en 1824, qu´il frappera de sa cravache quiconque parlera d´épidémie.

    C´est en explorant les archives des procès tenus en Guadeloupe et à la Martinique que l´auteure a pu faire la généalogie de cette grande peur et en reconstituer la logique sociale. La violence que l´analyse du crime d´empoisonnement met en lumière est tout autant la violence subie au quotidien (constituée par les privations continuelles, le travail effectué sous le fouet du commandeur, les châtiments pratiqués de façon habituelle sur les habitations - quatre-piquets, mise aux fers, cachot) que la violence dans ses manifestations les plus cruelles, dont le but immédiat est de montrer aux esclaves que leur sort est entre les mains du maître, qu´aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

  • Le " poison allemand " est celui que la politique du gouvernement Merkel diffuse dans l'économie de ses voisins. Un poison asphyxiant qui condamne ceux-ci à la misère, au chaos social et politique. Dans ce pamphlet, Jean-Luc Mélenchon appelle à assumer une confrontation franche des points de vue avec l'Allemagne actuelle pour stopper la marche au chaos en cours.

    La politique du gouvernement allemand fait de ce pays le responsable de l'effondrement en cours de l'idée européenne. Cet ouvrage montre les racines de cette responsabilité dans le présent du gouvernement Merkel et le passé profond de son pays. Il souligne le contraste entre l'arrogance injurieuse des dirigeants allemands actuels et la peur panique des dirigeants et commentateurs français de dire quoi que ce soit qui les contrarie.
    Ce pamphlet dénonce l'imposture selon laquelle l'Allemagne serait un modèle et un exemple à suivre. Il montre que ce soi-disant modèle n'en est pas un, que les premières victimes en sont les 12 millions de pauvres que compte désormais ce pays. Il montre comment il fonctionne à partir de la surexploitation de la main d'oeuvre. Celle à bon marché des pays de l'Est qui ont été quasiment annexés sur le plan économique. Celle des femmes allemandes vouées à leur intérieur domestique ou aux emplois de service sous-payés.
    Il montre que loin d'être des partenaires sérieux et rigoureux, les gouvernements allemands ne payent pas souvent leurs dettes dans l'histoire, mais ils imposent au contraire souvent à leurs voisins le prix de leur acte comme ce fut le cas à l'occasion de l'unification des Allemagnes en 1990.
    Le poison allemand appelle à assumer une confrontation franche des points de vue avec l'Allemagne actuelle. Il appelle à assumer la divergence d'intérêts et de projets entre un peuple vieillissant comme l'Allemagne et un peuple en explosion démographique comme la France qui formera bientôt la première population du vieux continent. Le but doit être de stopper la marche au chaos en cours. Il invite à l'optimisme du fait du déclin prévisible du grand voisin. Il invite les Français à se méfier de la fascination morbide pour la prétendue efficience allemande qui a déjà provoqué le naufrage moral de la génération des élites française d'avant-guerre.

  • Depuis les années 1980, le mot " précaire " est teinté d'ambivalences. Il désigne en effet à la fois ceux qui subissent les nouveaux modes de fragmentation et de flexibilisation du travail et ceux qui développent des tactiques alternatives de vie et d'emploi. C'est cette double acception que ce livre tente d'analyser. Il faut en effet comprendre, d'une part, que l'expérience du travail non subordonné, notamment chez les travailleurs du savoir et de la culture, les plus touchés par ce phénomène, reconduit la dissymétrie et l'opacité d'un rapport social qui permet d'autant mieux de les exploiter... Et, d'autre part, reconnaître la part active, positive, de ces pratiques disruptives, dans une période où le processus de précarisation s'étend au-delà des classes populaires et touche les classes moyennes.
    Sans nostalgie à l'égard du salariat, qui a institutionnalisé la subordination du travail, ce livre montre le potentiel libérateur de ces " révolutions précaires ". Il propose de repenser les luttes et le droit du travail à partir de la contestation des nouvelles formes de domination économique et de leurs puissances démultipliées d'exploitation. Il cherche ainsi à penser l'avenir de l'émancipation, c'est-à-dire à comprendre comment les luttes de cette " nouvelle plèbe " peuvent s'articuler à un mouvement ouvrier replié sur les figures spécifiques du travailleur industriel et du salariat ; à montrer quelles sont les conditions d'émergence de mobilisations à distance des organisations bureaucratiques antérieures ; à mettre au jour les configurations militantes et syndicales qui peuvent agréger les sociabilités et les solidarités propres à la " vie précaire " ; et à déployer les valeurs politiques portées par ces formes de collectifs en gestation, à la rencontre du socialisme des origines et d'une écologie générale appliquée à la vie quotidienne.

  • Le grand tournant conservateur des années 1980 a fait émerger deux systèmes idéologiques qui ont prospéré sur l'épuisement de la modernité et qu'on peut qualifier de fondamentalismes. D'un côté, les apôtres du marché globalisé veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines. De l'autre, de nouvelles hégémonies religieuses et identitaires tentent de reconquérir des sociétés que les évolutions mondiales plongent dans l'anomie. Entre les deux versions, plus complémentaires que concurrentes, de la réaction postmoderne, y a-t-il place pour un nouvel universalisme capable de conjurer cette double impasse ?
    Sophie Bessis propose dans ce livre quelques réponses à cette question. Pour ce faire, elle explore l'histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe. Refusant de réduire celui-ci à sa spécificité supposée, elle s'interroge sur le sens qu'on peut donner à ses convulsions et sur la part d'universel que portent ses aspirations. Elle questionne, en regard, l'essor des pensées différentialistes en Occident, y voyant l'abandon par ce dernier d'universaux dont il a longtemps fait sa propriété. Sous quelles formes le Sud peut-il reprendre à son compte un projet de modernité, au-delà de ses contradictions et des régressions qu'il connaît ?

  • Depuis 50 ans, Alain Duhamel est le témoin privilégié de la vie politique française. Après le succès de ses Portraits-Souvenirs, il nous livre ici les scènes politiques les plus frappantes, les plus significatives, les plus pittoresques, parfois les plus

  • Alors que la crise de 2007-2009 a révélé à tous les méfaits de la mondialisation et de la spéculation financière, rien ne change, malgré les dénonciations qui se multiplient de tous bords. Pour comprendre les racines de cette inertie mortifère des décideurs économiques et politiques mondiaux, l'auteur explore dans ce livre les mécanismes permettant la reproduction de cette " civilisation des affaires en déclin " (Robert Heilbroner). Il analyse notamment les sources intellectuelles de ce pouvoir mondialisé : le néolibéralisme se nourrit d'un idéalisme simpliste qui rappelle l'esprit doctrinaire du socialisme " scientifique ". Cette économie-fiction néolibérale, décalque inversé de l'économie-fiction marxiste, a envahi les cours de millions d'étudiants, futurs cadres du pouvoir mondialisé. S'appuyant notamment sur son expérience de consultant international, Georges Corm propose une critique mordante de la structure et du fonctionnement de ce pouvoir et de ses horizons culturels.
    Il plaide ici pour une " démondialisation " raisonnée des esprits et des systèmes économiques dans un monde ouvert, pour une économie solidaire et humaine par le rétablissement des cohérences spatiales, la fin des dogmatismes et la réhabilitation des valeurs d'éthique et d'équité dans l'enseignement de l'économie.

  • " J'ai fait un rêve ", slogan repris à Martin Luther King, fut l'un des moteurs de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Tout a été dit sur cette victoire sauf peut-être l'essentiel : et si elle correspondait au triomphe d'une nouvelle forme d'imaginaire politique ?
    Mona Chollet décortique les principaux éléments de l'univers sarkozyste : la " machine de guerre fictionnelle " que représente la success story, le mythe du self-made man, l'identification illusoire aux riches et aux puissants, le mépris des " perdants ", l'individualisme borné, le triomphe de l'anecdote et du people...
    Aux antipodes de la fascination béate et complaisante d'une Yasmina Reza, elle critique les impostures idéologiques du nouveau pouvoir : un démontage sans concession des valeurs de la droite bling bling, dans un style incisif, souvent drôle, toujours fin, mêlant l'enquête journalistique, l'écriture littéraire et la critique sociale.
    Lucide, elle pointe également la faiblesse alarmante de l'imaginaire de gauche, radicalement incapable de relever le défi. Contre le cynisme et les renoncements, il est urgent de réinventer un nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l'aspiration légitime à l'épanouissement personnel, aujourd'hui fourvoyée dans les mirages de la " société-casino ".

  • Vous trouverez dans cet ouvrage neuf lettres de guerre, écrites par Rudyard Kipling à André Chevrillon, grand voyageur, agrégé d'anglais, essayiste et proche ami de l'écrivain. Kipling s'y interroge sur la psychologie nationale anglaise en analysant la foi de cette armée composée de volontaires. Cette correspondance nous permet de mieux connaître l'homme, dans une sorte d'autobiographie imprévue.
    Sont également réunies ici trois études intitulées La Poésie de Rudyard Kipling. Un conte qui tient aussi du reportage, " la guerre en montagne ", traite du conflit sur le front italo-autrichien et souligne le talent d'ethnographe de l'auteur. Enfin, un court essai de Thérèse Bentzon, " L'armée anglaise peinte par Kipling ", datant de 1900, offre une synthèse sur l'oeuvre et la personnalité de Kipling, ainsi que sur l'empire et l'armée britanniques.
    Par leur grande variété d'analyse, ces textes regroupés pour la première fois ici mettent en valeur les talents d'observateur du célèbre conteur.
    Édition présentée et annotée par Lucien d'Azay

  • La montée électorale, dès le début des années 1980, du Front national avait fait de la France une exception en Europe. Depuis, des États comme l'Autriche et la Belgique ont aussi connu la percée de partis politiques d'extrême droite, revendiquant la préférence nationale, dénonçant le cosmopolitisme, le multiculturalisme et, plus directement encore, la présence des étrangers. Les démocraties de l'Europe du Nord, en particulier scandinaves, qui semblaient échapper à cette poussée politique nationaliste, sont à leur tour touchées. Et si les scores de l'extrême droite sont encore faibles en Grande-Bretagne et en Espagne, les conditions de leur essor sont malheureusement bien présentes, surtout si la crise économique s'installe durablement.
    Les ressorts communs à la montée de l'extrême droite en Europe que sont l'immigration musulmane, la mondialisation (à laquelle la désindustrialisation et la montée du chômage sont associées) et l'Union européenne ne suffisent cependant pas à effacer les particularités des situations nationales de chaque État. Hérodote avait choisi, en 2012, de présenter diverses situations européennes pour mieux les comprendre.
    Devant l'actualité et les enjeux de cette question, cette édition de poche reprend de nombreux articles tirés du numéro 144 de la revue, actualisés, voire totalement refondus afin de tenir compte des évolutions de fond importantes, et comprend des articles inédits.
    Extrême droite en Europe : une analyse géopolitique, Béatrice Giblin.

    Les temps du vote Front national et de ses représentations, Bernard Alidières.

    L'extrême droite en Hongrie. Racines, culture, espace, Balázs Ablonczy et Bálint Ablonczy.

    Les droites extrêmes et populistes dans les pays nordiques, Cyril Coulet.

    La forte croissance de Plataforma per Catalunya : à l'aube d'un nouveau national-populisme en Espagne ?, Hassen Guedioura.

    L'extrême droite au Royaume-Uni : une réelle imprégnation, Kevin Braouezec L'extrême droite allemande : une stratégie de communication moderne, Delphine Iost

  • « Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d´ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l´Occident et rendu plus vaine sa puissance.Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d´opinion ont consciencieusement « fabriqué de l´ennemi » et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.L´ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique...Comment advient ce moment « anormal » où l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d'analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d´autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l´ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.

  • Les politiques nous mentent ? Apprenez à reconnaitre leurs techniques préférées !



    Oui, les hommes politiques mentent. Partant de ce constat, et plutôt que de participer au concert des récriminations ambiantes, Thomas Guénolé nous explique pourquoi et

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