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    Kim Thúy

    La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l'espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l'indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée «du Vietnam» par les uns et «américaine» par les autres. Par les enfants métis arrachés a? Saigon par un aigle volant avant d'être adoptés sur un autre continent. C'est une histoire d'amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit; une histoire de solidarité? aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d'anciens boat people.
    Avec ce livre, Kim Thu?y nous découvre, au-delà des déchirements, l'inoubliable pays en forme de S qu'elle a quitté en 1975 sur un bateau.

  • "J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie.
    J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de l'enfant : elle n'était pas encore là dans L'Amant, le temps manquait autour d'eux. J'ai écrit ce livre dans le bonheur fou de l'écrire. Je suis restée un an dans ce roman, enfermée dans cette année-là de l'amour entre le Chinois et l'enfant.
    Je ne suis pas allée au-delà du départ du paquebot de ligne, c'est-à-dire le départ de l'enfant."
    Marguerite Duras.

  • "J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails.
    Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue."
    Alexis Jenni.

    Prix Goncourt 2011

  • Une incroyable traversée du XX e siècle : l'histoire romancée d'Evelyne Pisier et de sa mère, deux femmes puissantes en quête de liberté.
    Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
    À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit
    Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
    De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...
    Et soudain, la liberté, c'est aussi l'histoire d'un roman qui s'écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d'une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent - un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s'arrêter en février 2017, au décès d'Evelyne. Rien ne s'arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.
    Découvrez le nouveau roman de Caroline Laurent,
    Rivage de la colère, finaliste de plusieurs prix :

    Prix des Maisons de le Presse 2020
    Prix France Bleue / Page des Libraires
    Prix des libraires
    Prix Françoise Sagan- Prix Marguerite Duras 2017 - Prix Première Plume 2017 (Furet du Nord) - Talent à découvrir Cultura 2017 - Sélection Prix du Style 2017 - Sélection Page des Libraires 2017 - Grand prix des lycéennes ELLE

  • " Un hymne à la grandeur des sentiments et aux beautés de la nature. " L'Express
    1954, la guerre d'Indochine touche à sa fin. Dans un hôpital militaire français de Hanoï, Mai, une jeune Annamite qui aide les équipes médicales, croise le regard de Yann, un soldat breton blessé à la poitrine. C'est le coup de foudre. La fougue, la candeur, la jeunesse leur font croire qu'ils pourront vivre librement leur passion. Mais le père de Mai, juge influent, l'a promise à un autre. Elle s'insurge, elle est bannie de la famille...

    À peine marié, Yann doit rejoindre les bataillons de la cuvette de Diên Biên Phu. Pluie, bombardements, boue, corps-à-corps : c'est l'apocalypse. Après la défaite, Yann n'est que l'un des milliers de prisonniers condamnés aux marches infernales vers les camps d'internement. Mai est prête à tout pour le tirer de l'abîme.

    Dans une langue précise, poétique, avec grâce et pudeur, Hoai Huong Nguyen peint le Vietnam d'hier et un amour, frêle esquif, qui affronte la violence d'une guerre. L'histoire de Mai et de Yann laisse percer la lumière des humbles héros qui croient à la liberté et à l'absolu malgré les vicissitudes de l'Histoire.

    L'Ombre douce a été salué par :

    - Le Prix Marguerite Audoux 2013

    - Le Prix Première-RTBF 2013

    - Le Prix du Salon du Livre de Genève 2013

    - Le Prix Lire Élire - Bibliothèques pour tous Nord Flandre 2013

    - Le Prix littéraire Asie de l'Adelf

    - Le Prix du premier roman de Sablet 2013

  • Occultée par le désastre de Diên Biên Phú, la guerre d'Indochine est une guerre oubliée. Par la force de son récit, Dominique de La Motte nous la renvoie au visage.
    De février 1951 à juin 1952, le lieutenant Dominique de La Motte prend la direction du commando 12, une unité de supplétifs hébergée dans une plantation d'hévéas en Cochinchine, non loin de la frontière cambodgienne. Sa mission : créer une zone interdite au Viêt-minh. Son quotidien : la guerre des postes, faite de patrouilles incessantes, d'embuscades, de contrôle des populations, de chasse aux renseignements, de prises de butin... Portant un regard singulier et intime sur les événements auxquels il a participé, Dominique de La Motte nous livre un témoignage intemporel sur la liberté et la guerre.

  • Trouville, Les Roches Noires et les pétroliers d'Antifer. Théodora Kats, la monitrice et l'enfant aux yeux gris de l'été 80. Yann Andréa. L'Indochine, l'alcool, l'amour. Le martyre juif. L'enfance. C'est par le fil rouge de toute l'oeuvre de Marguerite Duras qu'est traversé Yann Andréa Steiner.

  • Cette « Rue sans joie », étroite bande de terre entre mer et montagnes de l'Annam, théâtre de combats meurtriers, fut l'un des hauts lieux de cette guerre d'Indochine qui a dominé la politique française de 1946 à 1954 et dont le souvenir a pesé lourdement sur le drame algérien. Renaissant de ses cendres en 1957, elle n'a cessé ensuite de poser un problème insoluble aux États-Unis. Incapables de résoudre leurs propres contradictions, le Laos et les deux Viêt-Nam n'en sont pas moins venus à bout des meilleures armées du monde. Pourquoi et comment ? Bernard Fall qui a fait de ce lieu un symbole du désastre indochinois répond à ces deux questions avec l'autorité d'un spécialiste du Sud-Est asiatique et de la guerre subversive. Il est le seul écrivain à avoir eu accès aux archives officielles du Corps Expéditionnaire d'Indochine. Mais sa réponse est également celle du témoin direct. Ni militaire, ni journaliste, il a participé sur le terrain aux opérations, parfois sur les arrières ennemis, et recueilli de la bouche même des rescapés le récit des atroces embuscades qui marquèrent cette guerre. Témoin capital de l'agonie française en Indochine, il en a écrit le maître-livre.

  • Février 1933. La fête du Têt bat son plein à Saigon.
    Anne, la fille de l'amiral Bartelot en poste en Indochine, s'apprête à prendre part aux festivités de la nouvelle année. Mais sur le perron de la maison familiale une surprise l'attend... Un étrange paquet a été abandonné : c'est un nouveau-né !
    Passée l'urgence de nourrir l'enfant, les parents d'Anne décident de le confier à l'orphelinat de la ville. Pour la jeune fille, c'est un déchirement. Elle est révoltée par ce qu'elle considère comme un deuxième abandon. Contre l'avis de tous, la jeune fille se lance à la recherche de la mère de l'enfant...
    Dans les faubourgs les plus pauvres et les plus dangereux de Saigon, Anne découvre le choix du coeur et la puissance de l'amour.

  • L'Indochine est encore française lorsque la petite Marianne débarque avec toute sa famille sur les quais de Saïgon. Venus tenter leur chance dans la colonie française, les Frémont vont à la découverte d'un pays à la fois hostile et attirant. En grandissant, Marianne s'éprend de ce nouveau monde et de sa culture tout autant que du jeune Anh Dung à la beauté énigmatique. Amoureux fous, ils se marient contre l'avis de tous. Au-delà des conventions, leur passion vécue au grand jour sera rattrapée par l'Histoire.

  • Printemps 1933. Sur la route qui la mène aux fameux temples d'Angkor, Anne est partagée entre l'inquiétude et l'excitation : on dit les lieux aussi maudits que majestueux. Entourée de ses parents et de son chaperon, Mademoiselle de Kermanec, la jeune fille découvre ces vestiges anciens cachés dans la jungle et attend avec impatience l'arrivée de Philippe Couturier, le jeune journaliste qui a conquis son coeur. Mais derrière l'atmosphère de légende et de mystère, la réalité est beaucoup moins poétique. Angkor recèle bien des trésors et ses pilleurs ne comptent pas se laisser déranger... Face au danger, Anne et Philippe réussiront-ils à sauver leur amour ?

  • Les Cahiers de la guerre constituent la part la plus exceptionnelle des archives déposées par Marguerite Duras à l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (Imec) en 1995. Écrits entre 1943 et 1949, ils ont longtemps été conservés dans les mythiques 'armoires bleues' de sa maison de Neauphle-le-Château ; leur publication donne aujourd'hui accès à un document autobiographique unique, en même temps qu'à un témoignage précieux sur le travail littéraire de l'écrivain à ses débuts. Le contenu de ces quatre cahiers excède amplement le cadre de la guerre, malgré l'appellation inscrite par Marguerite Duras sur l'enveloppe qui les contenait. On y trouve en effet des récits autobiographiques où elle évoque les périodes les plus cruciales de sa vie, particulièrement sa jeunesse en Indochine ; des ébauches de romans en cours, comme Un barrage contre le Pacifique ou Le Marin de Gibraltar ; ou le récit à l'origine de La Douleur, publiée en 1985. Dix 'autres textes' inédits, contemporains de la rédaction de ces cahiers, complètent cette image d'une oeuvre naissante où se dessine l'architecture primitive de l'imaginaire durassien. À mi-chemin de l'oeuvre assumée et du document d'archive, ces Cahiers de la guerre donnent à voir tout à la fois l'enfance d'une oeuvre et l'affirmation d'un écrivain.

  • « Elle veut un nom, une photo, une tombe peut-être. »
    La guerre d'Indochine approche de son terme scellé par la bataille de Diên Biên Phu. Dans le port de Saigon des enfants embarquent sur un paquebot, laissant derrière eux une mère au-delà des larmes, une terre à feu et à sang, une civilisation bafouée, un passé bercé par l'amour maternel et obscurci de secrets. L'un d'eux est une fillette ayant pour prénom Camille.
    De père légalement inconnu est l'histoire d'une quête, c'est aussi celle d'une étrange histoire d'amour et d'abandon. Presque une vie durant Camille voudra que l'officier, amant de sa mère, Thi Vien, ait un visage, un coeur et un destin. D'espoirs en déceptions, et jusqu'à la révélation finale, la mémoire de Camille ressuscite des mondes disparus, flamboyants ou ternes, et des odeurs, des parfums, des ombres et des voix.
    Françoise Cloarec est psychanalyste et peintre, diplômée des Beaux-Arts de Paris. En 2008 elle publie chez Phébus Séraphine, ouvrage consacré à Séraphine de Senlis, peintre inclassable, et qui eut un grand succès de même que le film de Martin Provost qui l'a consultée pour le scénario. Paraît en 2010, toujours chez Phébus, Storr, architecte de l'ailleurs, artiste tout aussi inclassable que Séraphine. Et pour montrer l'étendue de sa curiosité sort aux éditions Noir sur Blanc en 2013 L'Âme du savon d'Alep.

  • De 1946 à 1954, la France traverse la guerre d'Indochine. Faut pas rire avec les barbares est, sous une forme romancée, l'un des rares témoignages hérités de ce conflit. Albert Spaggiari, engagé volontaire à dix-sept ans et  plus tard célèbre cambrioleur, écrira ce livre pendant ses années en prison. Autobiographe infidèle, narrateur empruntant tour à tour la voix de ses différents compagnons d'armes, il nous fait découvrir le quotidien de quelques soldats, jeunes Français apprenant à être des hommes à l'autre bout du monde, au milieu de la chaleur et de la barbarie de la guerre.

  • Enfant du premier vingtième siècle, leader politique du second, François Mitterrand (1916-1996) fut un homme de culture. La littérature fut pour lui une passion, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d'une époque. Il fallait les contextualiser pour offrir au lecteur d'aujourd'hui une analyse historique, ce à quoi cette édition des oeuvres, fruit d'un travail de plusieurs années mené par une large équipe de spécialistes, s'attache.

    Dans ce premier volume, se trouvent réunis :

    Les Prisonniers de guerre devant la politique (1945)

    François Mitterrand, 29 ans à peine, retrace, au sortir de la guerre, l'histoire des prisonniers dans la captivité puis dans la Résistance. Dans cette histoire, il raconte la sienne, son expérience de la captivité, son rôle dans la genèse et le développement de la résistance « P.G. » jusqu'à la Libération. C'est aussi un livre programmatique. La guerre terminée, se pose le problème du retour et de la réinsertion professionnelle et sociale des prisonniers rapatriés. L'enjeu est grand, cette force de près de deux millions d'hommes est en passe de devenir l'une des plus importantes du pays. Mitterrand veut avec ses amis en rester à la tête. Il doit alors séduire et convaincre pour rassembler. C'est, entre les lignes, l'ambition de son livre. Un livre politique donc. Le premier.

    Aux frontières de l'Union française (1953)

    La guerre d'Indochine dure depuis sept ans, le différend tunisien depuis deux ans, le Maroc réclame une réforme du statut de Protectorat. La France se doit de concilier la reconnaissance d'une évolution inévitable et le maintien de sa présence. Partout où s'élabore un monde nouveau, notre pays doit agir en sorte de garder sa place. À ces vastes problèmes, Mitterrand apporte des solutions. Celles qu'il préconise pour la Tunisie et l'Indochine ne manqueront pas de provoquer des réactions, bien que l'auteur se soit gardé de toute polémique. Comme Clemenceau, qu'il cite en épigraphe, il s'est proposé de servir à la fois son pays et la vérité.

    Présence française et abandon (1957)

    Hanoï, Saigon, Rabat, Tunis, capitales d'États indépendants, symbolisent le terme de la tragique aventure vécue par la France en ces années cinquante. Les gouvernements successifs, pour avoir voulu tout ignorer afin de tout maintenir, ont d'abord tout compromis pour tout perdre enfin. Mitterrand fut intimement lié au déroulement des événements dont il fait l'analyse.

    La Chine au défi (1961)

    Reprise de cinq articles publiés dans L'Express entre février et avril 1961, La Chine au défi est l'unique récit de voyage du corpus mitterrandien et l'une des pièces les plus méconnues : un tableau de la Chine Populaire en pleine mutation révolutionnaire.

  • À partir du début du XIXe siècle, la France s'engage dans la construction du deuxième empire colonial du monde, après celui de la Grande-Bretagne : un empire possédant des caractéristiques spécifiques tant du fait de sa longévité, puisque celui-ci perdure encore aujourd'hui dans les DOM-TOM, que de la diversité des régimes politiques qui lui ont permis de se perpétuer.
    Élément central de l'histoire contemporaine, la colonisation a, en effet, très lourdement impactée la France d'hier tout en continuant de jouer un rôle essentiel dans celle d'aujourd'hui. Ainsi, comprendre l'héritage colonial, c'est bien tenter de saisir en quoi ce dernier continue de travailler, en profondeur, la société française mais aussi celles des anciens pays colonisés.
    Longtemps parent pauvre de l'histoire, la colonisation a donné lieu, depuis trois décennies, à de nombreux écrits, provoquant très souvent la polémique. Mais comment pourrait-il en être autrement alors que cette période est encore si proche et qu'elle a marqué et influencé tant d'États, de sociétés, de groupes et d'individus ?

  • Le tour du monde d'un épicier Nouv.

    Épicier parisien, Albert Seigneurie décide sur un coup de tête de partir pour l'Indochine, s'ensuit alors un grand tour du monde.

    L'auteur ne nous cache rien de ses déboires, désappointements et galères de voyageur, mais il raconte aussi ses moments d'émerveillement, ses rencontres, sa découverte des cultures et des hommes.
    Son récit parlera à tous ceux qui ont parcouru ou qui parcourent encore le globe !

  • "Visions orientales" est la compilation de trois textes d'Albert Londres qui complètent avec "La Chine en folie" son voyage initiatique en Asie de 1922. Son texte sur le Japon, écrit quelques mois avant le grand tremblement de terre de Tokyo, nous impressionne toujours par sa clairvoyance, son pouvoir d'observation et sa verve intelligente. Oserons-nous le dire ? Il devine presque le futur conflit du Pacifique...Au Vietnam, il se repose, résiste à la chaleur, découvre le port d'Haiphong, chasse le tigre vers Dalat, et surtout s'éprend de Saigon, « la colonie de la colonie », où l'on rencontre « le dernier argonaute ». Puis il s'aventure dans l'Inde de Gandhi, décrypte le mouvement indépendantiste, et après la Cochinchine, dresse un tableau des comptoirs français en Inde, de Pondichéry, où l'on en veut encore à Louis XV d'avoir laissé tomber Dupleix.

  • « J'ai découvert l'inconnu d'un monde, étrange dépaysement, à mon arrivée sur la rivière de Saigon après cinquante-cinq jours de traversée ; je n'avais d'yeux que pour les centaines de paillottes sur pilotis, tout au long des berges, l'avancée lente, cérémonieuse, des buffles de la rizière, retenus à la corde par des paysans à chapeaux coniques, pantalons retroussés. J'ai entendu les premières rafales de la guerre à la Pointe des Flâneurs. Des miliciens viets isolés, cachés dans les hautes herbes, tiraient sur le bateau et nous étions sur le pont, comme au spectacle, déjà perdus par cette inconscience qui allait être ma sauvegarde. »
    Pour la première fois, Jacques Chancel revient sur son itinéraire dans les désordres de l'Indochine.

  • La barque annamite

    Emile Nolly

    • Eforge
    • 1 January 2016

    Dans le Vietnam du début du 20e siècle, trois générations cohabitent sur la jonque familiale. Leurs relations parfois difficiles avec le pouvoir colonial, la place des traditions dans une société en butte à la modernité accompagnent ces portraits et tranches de vie croqués dans un monde en mutation.

  • En 1948, Jules tourne la page de la Résistance et s'embarque pour l'Indochine. Il part seul, laissant femme et enfants en Normandie.
    Loin des débats qui agitent la France, celui qui s'apprête à devenir le capitaine Typhon s'enflamme pour l'idéal colonial. Le Tonkin l'exalte jusque dans les combats contre le Viet-Minh. Sa rencontre avec Jeanne, l'Indochinoise, le maintient encore du côté des vivants, mais pour combien de temps ? Pour vivre ce nouvel amour, il faudrait cesser de se battre et s'il ne se bat plus, il n'a plus de raison de rester. Jules se raconte aussi par la distance qu'il met entre lui et ceux qui l'aiment.
    Soixante ans plus tard, son petit-fils Fabien doit répondre des absences de ce mystérieux héros de guerre. Les délaissés ont besoin de lui et peut-être des comptes à faire valoir.
    L'Indochinoise et le silence est le second et dernier tome de l'épopée de Guillaume Mazeline intitulée Le goût de la tempête.

  • La biographie complète en 136 pages et 300 illustrations de Leclerc, héros libérateur de la Seconde Guerre mondiale qui fut nommé maréchal de France à titre posthume. Toute son histoire est retracée dans cet ouvrage unique, de son enfance à sa mort en 1952, jalonnée de grands événements historiques et de succès personnels. La collection "Histoire" des Éditions Chronique regroupe toute une série d'ouvrages relatant le parcours des principales personnalités qui ont marqué leur époque à travers les siècles. Pour découvrir tous les autres ouvrages de notre collection et l'ensemble de notre catalogue, venez consulter le site des Éditions Chronique.

  • "L'affaire de l'opium, le trafic des piastres, les drames de Diên Biên Phu ou de la RC4, le « Roi Jean » : dans tous ces épisodes, les services de renseignement français ont joué un rôle majeur. Lorsque le corps expéditionnaire français débarque sur les quais de Saïgon, le commandant ignore qu'il s'engage dans un conflit de huit années. La guerre que les Français vont mener dans les villes, les rizières ou les montagnes calcaires de la Haute-Région n'a rien à voir avec les guerres européennes qu'ils connaissent.
    Ainsi le 2e bureau, le SDECE, la Sûreté doivent faire preuve d'une grande ingéniosité : ils écoutent et décryptent les communications, intoxiquent les services ennemis, épient les mouvements de l'opposant. Ils dirigent des centaines d'agents et d'informateurs qui doivent s'infiltrer en territoire contrôlé par le Viêt-Minh. Parfois, ils se compromettent gravement pour pallier leur manque de ressources ou pour trouver des informations auprès de « rebelles » qui ne souhaitent pas les leur livrer : guerre de l'opium, emploi de la torture, etc.
    Les officiers de renseignement croisent sur leur route les « alliés » des autres services occidentaux et en premier lieu les « Américains pas toujours tranquilles » de la jeune CIA, qui font leur apprentissage de la guerre au Viêt-Nam. Entre les services, la coopération s'accompagne de suspicion.
    Les services en Indochine constituent un vaste archipel du renseignement décrit pour la première fois avec précision par un historien ayant eu accès à de nombreuses archives inédites.

  • Il y a près de soixante ans maintenant, l'armée française livrait, à Diên Biên Phu, la dernière bataille rangée de son histoire. Cinquante-six jours durant, des combats acharnés opposent les troupes de l'Union française aux soldats de l'armée populaire vietnamienne. Depuis lors, ces trois syllabes sont synonymes de courage et de sacrifice.
    Côté français, cette bataille perdue, qui se solde par la chute du camp retranché de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, précipite la fin de la guerre d'Indochine. Elle provoque aussi un réel traumatisme en même temps qu'une prise de conscience de l'opinion publique française, qui s'interroge sur les raisons qui ont conduit à l'anéantissement de 17 bataillons, parmi les meilleurs, et à la perte de 15 000 hommes - morts, blessés, prisonniers - commandés par le général de Castries.
    À l'appui d'archives et de témoignages inédits, Ivan Cadeau donne à voir une autre réalité de cet événement capital, notamment à travers la chasse aux responsables qui s'est ouverte dès 1955 et qui fait encore débat aujourd'hui. Il montre encore que, comme l'écrira le général Ely, « si par une chance inespérée, Diên Biên Phu n'était pas tombé, si seulement la place avait été dégagée par une intervention aérienne américaine, le choix fait par le général Navarre ne serait-il pas considéré encore aujourd'hui comme un trait de génie ? »

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