• « La vulnérabilité appelle la vulnérabilité. La mort est en embuscade. L'aide sociale inadéquate et l'apathie médiatique renforcent cette hyperfragilité. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans cette cohorte livide et silencieuse. Fétus de paille, brindilles, flocons de neige, éphémères, invisibles. »

    Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises.

    Dans ce récit bouleversant écrit au terme d'une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l'histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l'ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008. De témoignages en portraits, de coupures de presse en documents officiels, la journaliste découvre effarée ces vies fauchées. Soeurs volées apporte la preuve que le Canada est bel et bien le théâtre d'un féminicide.

    Avec des textes de Widia Larivière, Laurie Odjick, Connie Greyeyes et Helen Knott.

  • À Maniwaki, Maurice Bélair, alias Gourou, organise son déménagement alors qu'il lui reste un mois à vivre. Ses armoires contiennent encore quelques denrées; avec l'aide de ses trois soeurs, il en dresse l'inventaire et décide à qui reviendra quoi. On allume un feu de camp, on boit de la bière sans gluten. Gourou fête ses soixante-six ans. Sophie, sa nièce, est là. Elle active la fonction dictaphone de son cellulaire et enregistre les conversations des membres de sa famille. Leur langue brisée, tout en ellipses, en amalgames et en inventions, cette langue cryptique et implacablement logique, ce livre la retranscrit. Il montre la langue dont nous sommes faits, que nous partageons, et nos tentatives de nous en déprendre. À Montréal, dans un cabinet de psychanalyse, une femme parle. Elle est sur le qui-vive, à l'affût du moindre bruit. Quand l'analyste lui répond, d'étranges dialogues surviennent, sibyllins, châtiés, impudiques, qu'elle reconstitue de mémoire une fois rentrée. On est loin de la langue maternelle dont elle essaie de s'extraire. Mais l'est-on vraiment?

  • Washika

    Robert Poirier

    It's summer in the '60s. Twenty-one testosterone-drenched high school graduates are bussed to a summer job at the Company bush camp Washika. Idealistic, confident, sometimes troubled, they meet their match in tough older bush workers, a devastating forest fire, sand flies and leeches, and occasionally beautiful young women.

  • From love lost on a canoe trip, clashing values and naked conflict between natives and newcomers, to the barroom and prison enforcer straight out of a Johnny Cash song, Poirier writes vividly about the people and land he loves and inhabits. In five stories and one novella, readers escape the big city, live in the wilds or small tough towns, and experience the challenges of nature and human nature in all their complexities.

empty