• Jenny Marx Nouv.

    Et si, pour découvrir le véritable Karl Marx, il suffisait d'interroger Jenny, sa femme et première confidente?? Des rives de la Moselle à celles du Mississippi, du cabinet de Frédéric-Guillaume IV de Prusse aux bas-fonds de Londres, Jérôme Fehrenbach restitue la vie de celle qui fut l'amante, l'alliée et le grand amour de l'auteur du Capital. Loin des stéréotypes, il montre que Jenny von Westphalen, de son nom de jeune fille, était une bourgeoise typique du XIXe siècle, attachée aux apparences et aux convenances, et qu'elle n'hésitait pas, comme son mari d'ailleurs, à lorgner sur les héritages. Elle eut néanmoins un courage et une dignité qui forcèrent l'admiration de tous, y compris de ses ennemis. C'est aussi l'occasion de découvrir un nouveau Karl Marx, dans toute son intimité, où des failles et des aspérités méconnues de sa personnalité sont dévoilées pour la première fois.  Fondée sur des archives de famille inédites et des archives secrètes jamais consultées, cette biographie, la toute première du genre, est un événement éditorial. Elle révèle l'envers du décor à la fois conjugal et politique d'un couple mythique.   

  • Voici la première biographie en français de Léo Frankel (1844-1896), seul élu étranger de la Commune de Paris (1871). Militant de la Première Internationale, dont il intègre la direction lors de son exil à Londres, il est un proche de Karl Marx. Il est emprisonné sous le Second Empire. Pendant la Commune, il est élu à 27 ans responsable de la commission du Travail, puis condamné à mort par contumace par les Versaillais.Ouvrier d'orfèvrerie, puis correcteur, enfin journaliste, il travaille et milite dans de nombreux pays d'Europe (Hongrie, Autriche, Allemagne, France, Grande-Bretagne). Véritable internationaliste, son parcours militant et ses articles montrent l'aspiration à un socialisme révolutionnaire qui réaliserait l'autoémancipation ouvrière.

    Julien Chuzeville est historien. Il est l'auteur d'Un court moment révolutionnaire (Libertalia, 2017).

  • L'Europe ne sait plus où elle va. Les Européens ne se reconnaissent plus dans l'Union, au point que la plupart d'entre eux se replient sur leurs nations respectives. S'ils veulent un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une République européenne. Qu'ils fassent comme les Français en 1789 : une révolution, non au sens d'un renversement du pouvoir établi au profit d'un autre, ni de la victoire d'une classe sociale sur une autre, mais un acte "politique", né de la décision des uns et des autres d'exercer leur liberté en commun, ce dont le capitalisme les prive.Avec la primauté du politique sur l'économique, sera aboli "l'assujettissement de la vie sociale à l'accroissement sans fin du capital", tandis que la République pourra satisfaire les besoins et désirs essentiels de chacun.

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • Les réflexions politiques d'Antonio Gramsci, qui sont contenues dans une trentaine de cahiers rédigés dans les geôles de Mussolini de 1929 à 1935, révèlent une pensée complexe, originale et profonde. En centrant son analyse sur la notion d'intellectuel, Jean-Marc Piotte donne une interprétation cohérente de l'ensemble de cette oeuvre et explique l'apport important de ce penseur, qui renouvelle la théorie marxiste en soulignant le rôle crucial des luttes culturelles dans les luttes politiques.

    Ce livre, paru pour la première fois en 1970, est précurseur de l'intérêt croissant pour un penseur politique du début du xxe siècle dont la pensée est d'une actualité flagrante, notamment pour ce qu'il dit du rôle politique de l'intellectuel en temps de crise.

  • "Aujourd'hui, chacun est contraint, sous peine d'être condamné par contumace pour lèse-respectabilité, d'exercer une profession lucrative, et d'y faire preuve d'un zèle proche de l'enthousiasme. La partie adverse se contente de vivre modestement, et préfère profiter du temps ainsi gagné pour observer les autres et prendre du bon temps, mais leurs protestations ont des accents de bravade et de gasconnade. Il ne devrait pourtant pas en être ainsi. Cette prétendue oisiveté, qui ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses qui échappent aux dogmes de la classe dominante, a tout autant voix au chapitre que le travail." On se persuadera à la lecture de ces textes jubilatoires, où défile une galerie d'excentriques anglais de la plus belle eau, que la paresse et la conversation - au même titre que l'assassinat - méritent de figurer parmi les beaux-arts.

  • A la manière de Marx dans Le 18 Brumaire, l'un de nos plus grands analystes politiques, spécialiste des mouvements d'opinion, décrypte les impasses des enjeux et des perspectives de la France d'aujourd'hui. Superbement lumineux.
    Quel " Nouveau Monde " a véritablement instauré l'élection d'Emmanuel Macron ? Pourquoi, en emportant le traditionnel clivage gauche-droite, a-t-elle ravivé des oppositions disparues ? Comment la rupture des équilibres politiques anciens a-t-elle entraîné de nouvelles fractures sociales ? En quoi le triomphe du bloc élitaire, étendant son pouvoir sur l'entière société, a-t-il rouvert une grave période de tension et de violence ? Et le rejet de ce libéralisme autoritaire désormais dominant peut-il provoquer, en 2022, la victoire d'un bloc populiste unifié ?
    C'est à toutes ces questions cruciales que répond ici, Jérôme Sainte-Marie. En expert reconnu des études d'opinion et du conseil politique, convoquant l'histoire et l'actualité, le décodage des idéologies et le décryptage des sondages, l'examen critique des appareils administratifs, financiers, médiatiques et des mouvements militants ou contestataires, il montre, recourant à Marx comme à Tocqueville, que loin de s'atomiser, la société française se polarise.
    Jamais la montée aux extrêmes entre les élites et le peuple n'avait été explorée comme ici, dans toute sa profondeur.
    Un exercice pénétrant de lucidité sur aujourd'hui. Une indispensable leçon d'anticipation sur demain. Un essai sur la France contemporaine sans précédent, pour tous ceux qui veulent comprendre et prévoir.

  • La pensée économique enfin à la portée de tous !Que vous soyez étudiant en économie, passionné d'Histoire, ou simplement soucieux de mieux comprendre l'actualité, ce livre saura vous apporter tous les éclairages nécessaires pour mieux appréhender le monde d'hier et d'aujourd'hui. Dans cet ouvrage, l'auteur a choisi de remonter aux origines de l'humanité pour dresser le tableau des principales théories économiques : vous découvrirez les prémices de la pensée économique dans l'Antiquité, vous saurez comment le socialisme a vu le jour au XIXe siècle, et vous comprendrez enfin le rôle de l'État dans la sphère économique moderne.
    Découvrez :
    o La pensée économique antique
    et médiévale
    o Les mercantilistes et les
    physiocrates
    o La métaphore de la " main
    invisible "
    o Le marxisme et le libéralisme
    o La révolution keynésienne

  • Dans un contexte où s'enchaînent toujours plus brutalement les crises économiques majeures, provoquées par les formes financiarisées de la valeur-capital, François Morin livre un plaidoyer pour un remaniement du système économique mondial. Il s'agit, pour passer de la valeur-capital à une valeur-travail affranchie, d'entamer une réelle démarche d'économie politique, d'adapter aux réalités du XXIe siècle une théorie économique critique qui a fait la grandeur des penseurs du capitalisme moderne, de Marx à Keynes en passant par les institutionnalistes contemporains. Les défis intellectuels, politiques et moraux d'aujourd'hui sont immenses. Pour y faire face, ce livre propose d'explorer les gestes de refondation économique et politique que citoyens et responsables politiques devraient être appelés à poser : transformer le travail, repenser la monnaie, la notion de patrimoine, la grande entreprise et la démocratie.

  • En 1957, lors de la parution de Karl Marx, essai de biographie intellectuelle, Maximilien Rubel a présenté un Marx « tel qu'en luimême », à l'opposé du Marx tel qu'il avait été composé par les différents marxismes d'État ou de parti. Ce Marx inédit, singulier, qui, selon Karl Korsch, apparaît comme un penseur de l'émancipation parmi d'autres, et non plus comme le père fondateur d'une doctrine à vocation mondiale. Un Marx auteur d'une oeuvre de pensée avec ses difficultés, ses éventuelles contradictions, mais aussi l'exigence d'une émancipation radicale, de sorte qu'il pouvait devenir, comme M. Rubel l'a montré, le critique le plus virulent de ce qui portait le nom de marxisme. Le lecteur d'aujourd'hui peut être d'autant mieux aux écoutes de l'oeuvre de M. Rubel que l'effondrement de l'URSS et des régimes satellites prétendument socialistes a eu pour effet paradoxal de nous rendre un Marx débarrassé des concrétions idéologiques qui avaient dressé un véritable écran entre lui et nous. Cette réédition inaugure le temps d'une explication avec Marx. À la lecture de M. Rubel naissent des questions ouvertes : peut-on voir dans Marx l'auteur d'une sociologie ? N'est-il pas plutôt l'initiateur d'une critique sociale qui va jusqu'aux racines, ou bien d'une théorie critique de la société ? Comment convient-il de penser ici et maintenant l'articulation entre sociologie et éthique ? Comme le montre dans sa préface Louis Janover, le collaborateur de M. Rubel, cette biographie intellectuelle est la source étonnamment féconde de toute une oeuvre qui s'est déployée dans des directions multiples, pour laisser apparaître les différentes facettes de Marx : les Pages choisies pour une éthique socialiste qui datent de 1948 avec l'introduction de M. Rubel à « une éthique marxienne », Marx critique du marxisme, les Études de marxologie et les quatre tomes de l'édition incomparable de Marx dans la Pléiade, travail où se mêlent érudition et désir d'émancipation, adressé au seul public qui importe : « L'humanité pensante qui est opprimée et l'humanité souffrante qui pense. »

  • Alors que la «gauche» semble avoir officiellement rompu avec le socialisme pour redevenir un avatar du libéralisme et qu'elle s'est, une bonne fois pour toutes, entièrement dissociée des classes populaires, l'hégémonie du bloc populiste-néolibéral semble inexpugnable. Seule la relance d'un programme socialiste à gauche de cette «gauche» libérale permettrait de la défaire, nous dit Franck Fischbach. Mais au préalable, il faut revenir aux hypothèses fondatrices du socialisme. 

    Par un retour aux propositions philosophiques à la base de la pensée socialiste, notamment celles formulées par Hegel, Marx, Durkheim et Dewey, Franck Fischbach esquisse dans cet ouvrage un socialisme conscient de la rationalité du social, un socialisme de coopération entre égaux dont la tradition n'a été épuisée ni par l'État social ni par le socialisme «réel», loin de là.  Les partis socialistes sont morts, vive le socialisme!

  • La littérature n'a peut-être jamais été plus mal considérée qu'aujourd'hui. Tous les signes montrent cette fragilisation. Mais plutôt que de s'arrêter à la description d'un mal contemporain dont nul ne doute, ce livre propose de retrouver les causes profondes de cette baisse d'influence, qui résulte d'une évolution de longue durée. La thèse est simple : entre le XVIIIe et le XXe siècle eut lieu en Europe une transformation radicale de la littérature ; sa forme, son idée, sa fonction, sa mission, tout fut bouleversé. Du magnétisme animal aux cultural studies, du sublime selon Boileau au plaisir selon Barthes, du tremblement de terre de Lisbonne au camp d'Auschwitz, de l'apothéose de Voltaire au départ de Rimbaud et aux silences de Beckett, le récit des métamorphoses de la littérature est présenté en une vaste fresque européenne, qui met en évidence un mouvement de bascule conduisant inévitablement du sommet à l'abîme.
    Comprendre ce mécanisme de dévalorisation, ce traumatisme de l'adieu, c'est pénétrer au coeur de la crise existentielle permanente où se débat maintenant la littérature. Mais c'est aussi se donner les moyens d'en sortir.

  • Le jeune Marx appelait à une « réalisation de la philosophie » par la révolution. Celle-ci est ipso facto devenue un concept central du marxisme, ce que Lukács et l'École de Francfort ont approfondi chacun dans sa perspective. Ces penseurs ont fait valoir que les problèmes philosophiques fondamentaux sont, en réalité, des problèmes sociaux, mais conçus de manière abstraite.

    «Philosophie de la praxis» retrace l'évolution de cette proposition importante dans les écrits de Marx, Lukács, Adorno et Marcuse. Il en ressort que ce thème non seulement doit rester central dans les débats entourant la théorie marxiste, la philosophie continentale et la technique, mais offre un angle fécond pour aborder la crise de la rationalité actuelle, que l'on a par trop négligée.

  • À l'heure où le PS est en crise, ce livre exhume les sources contradictoires et embarrassantes de la pensée socialiste. Et si l'impasse était originelle ?
    Qui se souvient que les premiers socialistes furent des défenseurs ardents de la propriété et de la famille, des opposants farouches à l'intervention de l'État, de véritables ennemis de la grève ?
    Tout le monde croit savoir ce qu'est le socialisme ; mais en faisant l'archéologie de ses structures, en relisant ses textes fondateurs, on reste stupéfait de ce que l'on découvre, à rebours de la version officielle, qui livre une représentation très commode et arrangeante du passé.
    Jean-Pierre Deschodt dévoile la vérité dans cette enquête minutieuse. Il montre notamment qu'avant le triomphe majeur du collectivisme, les premiers socialistes exprimaient leur admiration pour Comte et Proudhon - mais qu'ils ignoraient complètement Marx.
    Voici enfin publiée, implacable et documentée, la première contre-histoire du socialisme français.

  • Nous vivons depuis quelques décennies une privatisation et une atomisation de la société, qui instituent les individus en concurrents et leur font perdre le véritable sens du social: la coopération. En philosophie aussi, le concept de « social », auquel on préfère souvent les idées de « commun » ou de « communauté », peine aujourd'hui encore à être reconnu. Cet essai propose donc, à la suite de Dewey, de défendre « la valeur du social en tant que catégorie » de la pensée.

    Il s'agit d'analyser les raisons qui ont conduit à ce discrédit, puis de reconstruire un concept qui possède à la fois une fonction descriptive et une portée morale et politique. Le livre avance la thèse que le travail, en tant qu'association et coopération, est porteur d'une exigence proprement démocratique, et que cette exigence n'est autre que l'expression politique de la structure sociale. Sur cette base, devient possible une critique des dispositifs qui privent concrètement le travail de sa dimension démocratique et répriment sa logique coopérative.

  • Depuis 1967, la seconde est l'unité de base du temps social. Dissocié de toute réalité tangible, le temps atomique mondialisé sur lequel reposent les infrastructures militaires, la finance, les structures politiques et les réseaux de communication correspond à un nombre précis de périodes de radiations de l'atome de césium 133. Pourtant, malgré cette course à la précision et au contrôle, l'être humain n'a jamais été aussi aliéné par le régime temporel dans lequel il vit. L'ère du temps étudie l'histoire de notre rapport au temps - temps des relations sociales et des rapports de pouvoir, temps de la valeur, temps producteur et produit des institutions. De l'invention des premières horloges à nos jours, en passant par l'établissement du temps universel standard, Jonathan Martineau retrace l'ascension hégémonique du temps abstrait, qui enchaîne les multiples temporalités sociales aux fins du développement capitaliste.

  • Au-delà de l'analyse du récit appelée naguère narratologie, cet essai vise à mettre en lumière l'historicité des pratiques narratives en regard des modes de transmission de la mémoire culturelle. Pour cela, il propose d'interroger la résurgence des représentations cycliques du devenir depuis le XIXe siècle, dont on trouve des occurrences chez Hugo et Michelet, Baudelaire et Blanqui, Marx et Nietzsche, ou encore, au siècle dernier, chez Pierre Klossowski et Claude Simon. Pourquoi la modernité, qu'une vulgate historienne dit structurée par le temps cumulatif et linéaire du progrès, redécouvre-t-elle l'éternel retour des êtres et des événements ?
    Cet art du récit fondé sur la répétition est une réplique à la mutation des formes de l'expérience du temps amorcée au déclin des Lumières. En réponse au régime moderne d'historicité que Walter Benjamin et Hannah Arendt évoquaient dans les termes d'une crise de l'expérience et d'une rupture de la tradition, les poétiques de la répétition élaborent une singulière politique du deuil selon laquelle le passé qui revient ne réconcilie pas le présent avec l'autrefois, mais fait différer le présent d'avec lui-même. Or cette résistance mélancolique, qui multiplie fantômes, spectres et revenants, témoigne exemplairement de l'impact du régime moderne d'historicité sur les arts du récit depuis deux siècles.

    Revenances de l'histoire est paru en 2006.

  • Résumée par la formule d'Yves Guyot « le capital, c'est l'homme », l'anthropologie du capital n'a pas été élaborée par Marx mais par l'école française. La sociologie travailliste ne parvient pas à faire l'économie de l'anthropogenèse par le capital et Marx lui-même confessera que « des historiens bourgeois avaient exposé » bien avant lui « l'évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l'anatomie économique ». Leter identifie les auteurs évoqués par Marx et brosse un panorama de leur approche du capital : Quesnay, concepteur de la notion de classe ; Condorcet, pionnier capitalien de la république ; Destutt de Tracy, père de l'idéologie ; Charles Dunoyer, auteur du texte fondateur de la lutte des classes ; Adolphe Blanqui, premier historien de la pensée économique ; Augustin Thierry, Ambroise Clément et Bastiat, historiens de la spoliation légale ; autant d'esprits qui observent que le capital est universel et que, tandis que les excès de l'individualisme sont limités par la loi et que rien ne régule les abus du collectivisme, le véritable antagonisme de classe n'oppose pas ceux qui accapareraient le capital à ceux qui en seraient dépourvus mais ceux qui le créent à ceux qui vivent de sa destruction.
    Après avoir réhabilité l'idéologie telle qu'elle fut conçue par Destutt de Tracy avant d'être détournée par Marx, Michel Leter actualise les analyses de Jean-Baptiste Say, Charles Coquelin et Yves Guyot, en proposant la définition suivante : « Le capital est dans l'ordre de la création ce qui ne vient pas du Créateur mais de la créature. Propriété d'un individu ou d'une communauté de savoir, il est constitué par l'ensemble des valeurs antérieurement soustraites tant à la consommation improductive qu'à la production stérile et que le passé a léguées au présent. » Cependant le grand paradoxe du capitalisme est qu'il n'a pas été forgé par ceux qui plaident la cause du capital mais par ses ennemis. Michel Leter entreprend alors de traquer le capitalisme au coeur de la poétique collectiviste dont l'étude permet de comprendre que le capitalisme n'est pas un système économique mais un mythe qui a pour fonction d'imputer au libéralisme les maux causés par le socialisme.

  • Faut-il se raser le matin ?
    Excédé des railleries sur sa barbe, l'empereur Julien répond à cette question épineuse par une satire, le Misopogon, autrement dit « l'ennemi de la barbe ».
    Au IVe siècle, la barbe d'un empereur est polémique. Au XIXe, en France, il faut « porter l'impériale » pour être à la semblance du premier président de la République. Au XXIe un candidat confie qu'il pense à la magistrature suprême tout en se barbifiant. La barbe est une arme politique à double tranchant : bien taillée et à la mode, elle est redoutable, anachronique, elle est un fardeau.
    De la Rome des Césars au palais de l'Élysée, ce petit précis de poilitique, riche d'anecdotes piquantes et de jeux de mots finement aiguisés, fait débattre des intervenants de tout poil - Montaigne, Ibsen, Yourcenar, mais aussi Mahomet, Gillette et Pierre Dac -, et entraîne son lecteur dans les recoins les plus désopilants de l'histoire.

  • Chaque jour à 14 h 30 pétantes, David Lynch s'installe au comptoir du Bob's Big Boy à Los Angeles pour avaler 7 cafés très sucrés et une énorme glace au chocolat. Un shoot de sucre qui provoque une avalanche d'idées, griffonnées à la hâte sur des serviettes en papier.À chaque panne d'inspiration, Woody Allen se rue dans la première salle de bain venue, pour une bonne douche bouillante de quarante-cinq minutes.Deux heures avant chaque concert, Louis Armstrong s'administre la même potion magique. Dans l'ordre : miel et glycérine, Maalox et baume pour les lèvres. Un cocktail imparable.L'antichambre de la création est un lieu magique, où chaque objet, chaque geste comptent. De Francis Bacon à René Descartes, de Sigmund Freud à Pablo Picasso, de Karl Marx Agatha Christie, 100 créateurs nous racontent leurs secrets.

  • La crise économique de 2008 a suscité un «renouveau» du discours critique sur le capitalisme. Mais pour les auteur-e-s de «La tyrannie de la valeur», cela n'a pas pour autant donné lieu à un approfondissement de la théorie critique, si bien que la crise actuelle du capitalisme s'accompagne d'une «crise de l'anticapitalisme», prenant la forme d'une carence théorique.

    L'essentiel de ce discours critique, comme celui des mouvements de type «Occupy», demeure superficiel en se limitant à une approche subjectiviste dénonçant l'élite du «1%» et des «vilains» banquiers. Le grand mérite du courant dit de la «critique de la valeur» («Wertkritik») est d'effectuer un retour au texte de Marx afin d'en dégager une critique substantielle et de retrouver, par-delà le Marx économiciste et subjectiviste, le Marx philosophe et sociologue. Le capitalisme est ainsi abordé comme un «fait social total», et de sa critique ressort la nécessité d'instituer d'autres formes de médiations sociales et d'autres institutions que celles qui consolident la domination fétichiste du travail, de la marchandise, de la valeur sur la vie, la société, la nature. Le sujet du capital n'est dès lors plus identifié à la bourgeoisie ou au prolétariat eux-mêmes, mais plutôt au processus de valorisation capitaliste que bourgeois et prolétaires entretiennent mutuellement, sans toutefois en tirer les mêmes avantages.

    La tâche prioritaire de la théorie critique est donc double: d'abord comprendre de manière critique les médiations fétichisées du capitalisme, puis penser ce que pourraient être des médiations non aliénés. C'est à ce projet que «La tyrannie de la valeur» entend contribuer afin d'approfondir et de renouveler le discours de la théorie critique.

    Avec des textes d'Yves-Marie Abraham, Marie-Pierre Boucher, Pierre Dardot, Jean-François Filion, Franck Fischbach, Anselm Jappe, Gilles Labelle, Eric Martin, Louis Marion, Jacques Mascotto et Maxime Ouellet.

  • Après avoir été au coeur du débat politique pendant la première moitié du XIXe siècle, le suffrage universel a longtemps donné l'impression d'être une évidence qui ne se discute pas. « L'idée du suffrage universel, écrit Paul Bastid, n'est plus de celles qui se discutent, sauf dans quelques cercles archaïsants dépourvus d'influence réelle. »
    Pourtant ce suffrage universel qui paraissait un horizon indépassable est aujourd'hui attaqué théoriquement à la fois par ceux qui voudraient le rendre plus démocratique et par ceux qui, y voyant une menace pour la propriété, voudraient sinon le supprimer, du moins le cantonner. De plus, le suffrage est en outre discrédité dans les faits par ceux qui, par paresse, par manque de temps ou d'intérêt, s'abstiennent de voter. Cette montée de l'abstention se traduit par des propositions récurrentes de pénaliser les abstentionnistes sans que les raisons d'une telle pénalisation apparaissent clairement. En quelques articles, je commente les raisons pour lesquelles punir les abstentionnistes ne règlerait pas une crise profonde de l'élection comme fondement du droit de commander.

  • Il y a cent cinquante ans, Marx affirmait la nécessaire sortie du capitalisme par le moyen de la lutte de classes. Cent vingt ans plus tard, l'Internationale situationniste élargit la définition du prolétariat et met en cause la société capitaliste en tan

  • L'importante mobilisation intellectuelle des penseurs radicaux alentour du projet de Marx a produit une floraison d'«interprétations» et de «contributions» dans tous les domaines de la connaissance des faits sociétaux. Sans dénier l'importance historique de ces apports à la connaissance, la question reste encore ouverte : l'oeuvre de Marx et de ses continuateurs constitue-t-elle une rupture épistémologique radicale avec la pensée «dominante» ?

empty