• Louis Janover recourt à la méthode généalogique pour enjamber l'espace clos des périodes de l'histoire littéraire et artistique et jeter un nouveau regard sur le destin du surréalisme dans sa double dimension de révolution politique (transformer le monde) et de création de formes sensibles (changer la vie). Cette reconquête de l'histoire politique et artistique du surréalisme renvoie à une démonstration de la puissance d'inactualité de ce dernier. L'admiration très singulière des surréalistes pour Lautréamont, la révolte irrécupérable animant leur refus de l'art pour l'art, l'errance de Nerval dans le rêve et la vie, dans la ville et le Valois de sa jeunesse, l'amitié qui le lie à Heine, la force transformatrice des fictions théoriques et des poèmes, tout se retrouve dans le rejet des normes conformistes et son prix de solitude. Cette généalogie s'achève par le retour vers Jacques Vaché, protagoniste désespéré de la résistance à toutes les réductions culturelles contre lesquelles s'élèvera le surréalisme. Manière, pour Louis Janover, de rendre lisible l'écart qui s'est creusé entre la révolution surréaliste et le surréalisme artistique, et de faire de cette lisibilité le motif politique ou éthique d'une vigilance, sinon d'un réveil des consciences. À la pointe extrême de cette généalogie, au-delà du temps perdu des avant-gardes, se retrouvent Fondane et Artaud, le groupe du Grand Jeu, Daumal et Gilbert-Lecomte.

  • Il est d'usage que la biographie escorte la littérature, ne serait-ce que par le récit des vies d'écrivains. Mais l'idée qu'elle pourrait agir sur la conception même du littéraire a sans doute de quoi surprendre. Et pourtant, depuis qu'au XVIIIe siècle sont apparues et la notion moderne de « littérature » et le mot même de « biographie », leur relation a été on ne peut plus étroite : la pratique biographique a sans cesse remis en question, infléchi et transformé les façons d'envisager la littérature. Sous ses formes multiples, des « vitae » aux dictionnaires biographiques, de l'histoire littéraire à la presse, de la critique aux vies romancées, de l'autobiographie aux innovations d'aujourd'hui, la biographie est intervenue au coeur de tous les débats littéraires. Héritière de la tradition antique et médiévale de l'exemplarité, elle a redoublé l'incessant « qu'est-ce que la littérature ? », en lançant à celle-ci le défi permanent pour contester et réinventer ce qui la fonde et la justifie. Ce livre propose l'histoire de cette relation complexe par l'analyse des textes où la conjonction de ces usages d'écriture est particulièrement intense, de l'autobiographie de Rousseau aux « vies » de Pierre Michon, de la biographie inscrite en poésie chez Hugo et Baudelaire à l'écriture de soi chez Roubaud.

  • Que cherche Rousseau dans la neige du Saint-Bernard ? Et Nerval à travers Angélique ? Que cherche l'auteur lui-même dans les rues d'Avignon ou lorsqu'il grimpe en haut du Ventoux ? Afin de vous reposer et de répondre à votre gourmandise, Pierre Lartigue vous convie à un grand souper. Puis il reprend sa quête. Il pénètre la nuit dans la maison de Hugo à Guernesey. Il attend Proust à la sortie du Ritz... Tout se passe au dehors. Au grand air. Dans une lumière où les choses vues se mêlent aux choses lues.

  • Le "Voyage en Orient" de Gérard de Nerval s´inscrit dans une tradition très romantique et 19ème siècle de voyages exotiques, vers l´Est de la Méditerranée. En partant pour un an vers la Grèce, Egypte, Liban, Turquie, il suit les traces de Lord Byron, Chateaubriand, et Lamartine. Mais ce qu´écrit Gérard de Nerval est évidemment unique ; ce n´est pas un récit de voyage, ce n´est pas de la poésie « exotisante », c´est un récit de voyage poétique.

  • Sa folie n'Žtait jusque-lˆ qu'une espce de logique ; il n'y avait eu d'aberration que dans ses imprudences. Mais s'il ne fut citŽ devant le tribunal qu'un visionnaire nommŽ Raoul Spifame, le Spifame qui sortit de l'audience Žtait un vŽritable fou, un des plus Žlastiques cerveaux que rŽclamassent les cabanons de l'h™pital...

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