• La littérature comparée est à entendre comme la science comparative de la littérature, une branche des sciences humaines et sociales qui se propose d'étudier les productions humaines signalées comme oeuvres littéraires, sans que soit définie au préalable quelque frontière, notamment linguistique, que ce soit.

  • L'écriture est avant tout un procédé dont on se sert pour fixer le langage articulé, fugitif par essence même. L'écriture invente un nouveau langage qui discipline la pensée et l'organise en la transcrivant. Des premières tablettes suméro-akkadiennes à la sténographie, cet ouvrage retrace l'histoire des formes d'écriture.

  • L'enseignement littéraire serait en crise. Cet ouvrage souhaite montrer la nécessité de cet enseignement, à la fois comme facteur d'épanouissement personnel et comme plaisir. Il en retrace l'histoire, en développe les enjeux pour notre temps présent. C'est un plaidoyer constructif et enthousiaste en faveur de l'enseignement littéraire.

  • L'autofiction serait l'horreur. Le narcissisme, le nombrilisme et la vacuité, son destin. Et si c'était faux ? Et si, loin de représenter le degré zéro de la littérature contemporaine, l'autofiction en incarnait l'excellence ? Depuis les origines de la littérature, c'est vers le Je et sa subversion que les écrivains ont dirigé toutes leurs expériences. De cette subversion, l'autofiction est désormais l'ultime laboratoire : le laboratoire de la déconstruction, de la dissémination, de la prolifération folle des Je. Mais ce laboratoire n'est pas celui d'un savant fou : les expériences qui y sont menées portent bien au-delà de la littérature. En elles s'imagine même une politique révolutionnaire. C'est de cette politique des révolutions du Je qu'il est désormais permis d'exposer les règles.

  • La didactique du français couvre le champ des pratiques scolaires ayant trait à l'enseignement de la langue et de ses enjeux culturels qu'elle analyse et qu'elle veut modifier ou orienter. Ce travail inclut une réflexion sur les savoirs, leur transformation en matière scolaire et leur appropriation par les apprenants. La didactique du français mène des recherches et des interventions qui devraient influencer la formation des enseignants et permettre de mieux comprendre les problèmes des apoprenants.

  • Le dernier quart de siècle a vu la critique psychanalytique s´enrichir à la fois de nouveaux auteurs et de nouveaux champs de recherches. Pour l´essentiel, il a fallu tenir compte de l´extension des recherches en génétique textuelle (les avant-textes), du renouveau des études concernant l´autobiographie (autofiction, écriture de soi), de l´essor de la « littérature appliquée à la psychanalyse » et de la reconnaissance de fait dont a bénéficié la textanalyse. Cela exigeait une remise en chantier. Le texte a été développé de façon considérable, les références ont été actualisées, l´ensemble reflète désormais la réalité des choses.
    On peut espérer que les travaux de ce genre continueront à être de mieux en mieux reçus par le public et qu´il y aura de plus en plus de critiques, universitaires ou non, pour oser s´y lancer et pour y briller.

  • A travers cette large vision historique du théâtre en Occident, l'auteur s'attache également à des questions aussi essentielles que le rire, l'humour, le tragique, la perte du sacré, questions qui animent la quête théâtrale.
    "Il n'écrit pas seulement une histoire du théâtre mais une histoire de notre civilisation. Si la scène est bien ce lieu où une société s'observe et se réfléchit, il y a des époques sans la moindre remise en question, donc des époques sans théâtre, et des époques d'intense questionnement, donc des époques de grand théâtre. Le théâtre serait le fruit des temps qui voient l'Histoire s'accélérer et les repères s'effacer. On n'en finira pas de rapporter les trésors d'intelligence que contient ce livre..." (Eric-Emmanuel Schmitt)
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  • Crise de l´intermittence, épuisement d´un « théâtre d´art de service public », lassitude face à la posture souvent ressentie comme hégémonique du « maître en scène » : vivons-nous dans une époque hostile au drame ?
    Oui, si l´on en croit la tendance théorique dominante du « postdramatique », et si l´on considère le « drame » dans son acception étymologique, comme représentation d´une « action », et par conséquent comme possibilité même d´une action du théâtre sur la société. Allant dans le même sens, l´opinion commune, y compris chez les spécialistes, tend à embaumer les arts de la scène en les opposant aux industries culturelle et au divertissement de masse - discours louable qui se présente comme une défense, mais dont on voit bien de quelle manière il risque d´enterrer vivant le théâtre en le mettant « hors-jeu ».
    Le constat de crise ne suffit pas, non plus que l´appel au renouveau d´un ludisme et des traditions du tréteau. Encore faut-il observer les propositions scéniques contemporaines afin de discerner d´où vient la déstabilisation de normes en grande partie figées par les routines du service public culturel, et quelles sont les nouvelles formes de confrontation scénique de l´oeuvre et de la vie à même de réactiver la fonction sociale du théâtre.

  • Comment les auteurs pour la jeunesse vivent-ils l'ascension "des filles" ? Le statut des filles est-il vraiment en train de changer ? Qui sont ces héroïnes, ...

  • En réaction au naturalisme de Zola comme à la poésie du Parnasse, à l'encontre aussi d´une certaine rectitude bourgeoise, certains écrivains ont, à partir de la fin du XIXe siècle, recherché un « possible » littéraire neuf, loin de tout mercantilisme. Cette aspiration au rêve, à un idéal esthétique, qui a d'abord concerné des poètes, s´est rapidement répandue dans les autres arts. Le symbolisme, qu´il soit pictural, plastique, littéraire, musical, déploie ainsi un art de la suggestion, une quête de l´essence, une exploration des états d'âme, du mystère aussi.
    À travers 100 notions clés, l´ouvrage explicite ce qui, de Mallarmé à Claudel, de Verlaine à Maeterlinck, de Wagner aux Préraphaélites, distingue le mouvement symboliste dans ses choix esthétiques, ses techniques, ses obsessions, ses territoires, ses thématiques.

  • L'époque est pétrie de lieux communs. Leur force est telle que même leur critique est devenue un cliché. Comment en sortir ? Comment vaincre la suprématie du stéréotype ? L'oeuvre d'Édouard Levé offre peut-être une réponse à ces questions. Une réponse ambiguë et vague, à la recherche d'une juste distance par rapport aux choses. Mais une telle distance est-elle seulement possible ? N'est-ce pas son impossibilité qui, en fin de compte, a poussé Édouard Levé à quitter ce monde, plutôt que de l'inciter à toujours, vis-à-vis de lui, faire figure de contradiction ?

  • La poétique définit les lois de fonctionnement de la littérature, analyse et fixe également les règles auxquelles les écrivains doivent se tenir. C'est une histoire de la poétique, des origines à l'époque romantique qui marque sa disparition, que retrace cet ouvrage en privilégiant quatre questions : les relations de la poétique avec la rhétorique -- la théorie des genres -- l'imitation des modèles -- l'imitation de la nature qu'Aristote appelle "mimèsis".

  • On a longtemps cru que l´histoire des discours sur le français se résumait à une longue suite d`éloges. Or, vers le milieu du XVIIIe siècle, alors que l´Europe semble adhérer à l´idée que les qualités propres de la langue française lui valent toute suprématie sur ses voisines, on commence à s´interroger sur d´éventuelles faiblesses de notre idiome : Voltaire regrette la pauvreté de son vocabulaire, Rousseau le peu de musicalité de sa mélodie, La Harpe la rigidité de sa grammaire... D´autres voix tout aussi importantes, d´abord venues de France ou d´Italie, plus tard d´Allemagne ou de Suisse, ajouteront à ces regrets d´autres regrets en une déploration qui atténue l´enthousiasme général pour les vertus du français. Ce livre reconstitue, sur trois siècles, l´histoire de ces discours oubliés, en suivant plusieurs trames : chronologiques, géographiques, linguistiques et surtout littéraires.

  • Dans l'analyse littéraire, la notion de personnage est complexe. Les différentes approches n'ont pu, malgré des tentatives remarquables, expliquer l'essentiel : la relation originale, complexe et plurielle qui lie le personnage au lecteur du roman. Les théories de la lecture permettent d'éclairer, quant à elles, un point fondamental. Élucider l'énigme du personnage, c'est en effet savoir ce qu'en fait le lecteur, comment il l'imagine, sous quel angle il l'aborde et pour quels résultats.C'est à partir de lui, de son imagination, de sa vision, que le personnage est en partie élucidé. Les prolongements de cette étude touchent non seulement à l'esthétique mais aussi à la psychanalyse et à l'anthropologie.

  • "Ainsi lecteur je suis moi-même la matière de mon livre." Il n'est guère de façon plus intime de tisser un texte écrit avec la trame du visible de la peinture et la chaîne de l'écriture, du livre auour d'un même sujet, du sujet écrivant et peignant, écrivant avec des images et peignant avec des mots, un sujet s'exposant dans la topique de ses lieux et dont le nom vient occuper un lieu central. Moi dans toute sa transparence et toute son opacité de forme et de matière, pluriel et singulier, écrit pour être donné à voir, peint pour être donné à lire. Un autoportrait de signes, de lettres, de phrases, de lignes, de dessin et de forme. Qu'est-ce que peindre ? Qu'est-ce que s'écrire ? Il s'agit de jouer l'une contre, avec, sur l'autre, ces deux questions.

  • "Cet ouvrage s'intéresse aux modalités selon lesquelles les auteurs se réclamant d'une manière ou d'une autre de l'identité juive, choisissent d'écrire cette identité. Dans la France de l'après guerre, de l'après Shoah, la question identitaire se pose pour les Juifs avec une acuité particulière. La citation de Derrida placée en exergue, indique combien il serait périlleux d'aborder les ouvrages de cet auteur et de bien d'autres, en éludant la dimension juive de sa trajectoire biographique et de sa production intellectuelle. .. L'ambition de ce travail consiste à s'interroger sur la nature et la consistance de cette correspondance entre prise de position identitaire et modes d'expression littéraire, en étudiant les textes littéraires publiés entre 1945 et 1980 par des écrivains juifs contemporains de langue française.La prise en compte par l'analyse sociologique d'autres critères pour fonder une appréhension différente des textes littéraires pourrait peut-être permettre de dépasser la dichotomie entre analyse sociologique externe et analyse esthétique interne d'un texte. ... Il s'agit de reconnaître la pertinence d'autres critères complémentaires."Avant-propos

  • Ce travail est l'aboutissement collectif de quatre universitaires comparatistes qui, par ce manuel, répondent aux besoins créés par le développement des études théâtrales à l'université, en s'appuyant sur leur expérience d'enseignants et leur connaissance de la littérature dramatique et des arts du spectacle. Il s'agit à la fois de faire partager le goût du théâtre et de répondre aux exigences académiques pour des étudiants confrontés à l'étude des textes :
    Comment situer un auteur dans l'histoire du théâtre -- Comment lire le texte en l'intégrant dans une réflexion esthétique -- Disposer d'indications méthodologiques -- Rappeler le sens exact de quelques termes fondamentaux

  • Il est d'usage que la biographie escorte la littérature, ne serait-ce que par le récit des vies d'écrivains. Mais l'idée qu'elle pourrait agir sur la conception même du littéraire a sans doute de quoi surprendre. Et pourtant, depuis qu'au XVIIIe siècle sont apparues et la notion moderne de « littérature » et le mot même de « biographie », leur relation a été on ne peut plus étroite : la pratique biographique a sans cesse remis en question, infléchi et transformé les façons d'envisager la littérature. Sous ses formes multiples, des « vitae » aux dictionnaires biographiques, de l'histoire littéraire à la presse, de la critique aux vies romancées, de l'autobiographie aux innovations d'aujourd'hui, la biographie est intervenue au coeur de tous les débats littéraires. Héritière de la tradition antique et médiévale de l'exemplarité, elle a redoublé l'incessant « qu'est-ce que la littérature ? », en lançant à celle-ci le défi permanent pour contester et réinventer ce qui la fonde et la justifie. Ce livre propose l'histoire de cette relation complexe par l'analyse des textes où la conjonction de ces usages d'écriture est particulièrement intense, de l'autobiographie de Rousseau aux « vies » de Pierre Michon, de la biographie inscrite en poésie chez Hugo et Baudelaire à l'écriture de soi chez Roubaud.

  • Le roman est devenu le genre central de la création littéraire, mais aussi ce que le public lit le plus aujourd'hui. De profonds changements ont affecté le roman, particulièrement depuis une trentaine d'années. Analyser le roman contemporain, c'est se plonger au coeur des traditions romanesques occidentales et des traditions extérieures à l'Occident, là où se croisent le paradigmatique et le singulier. Cela suscite des thèmes nouveaux qu'on se doit de faire dialoguer : modification de la représentation du sujet humain, dessin d'une anthropologie qui dépasse l'individu. Ces traits originaux opposent le roman contemporain à ce que l'on appelle la tradition du roman, qui fait lire, de manière continue, le grand roman réaliste, le roman moderniste, le nouveau roman et le roman postmoderne. Une évolution et même une révolution du roman sont en cours, lisibles en Europe, en Amérique du Nord, et surtout en Amérique latine, en Asie, en Afrique, en Nouvelle-Zélande. Cet ouvrage majeur dresse un panorama raisonné du roman contemporain, dans ses réalisations et dans ses contextes, devenus internationaux.

  • Première industrie culturelle en France, l´édition reste un secteur largement méconnu, discret, voire mystérieux pour beaucoup. Il est vrai que les éditeurs eux-mêmes préfèrent parler de leurs auteurs et de leurs livres que de leur métier.
    En rassemblant un large spectre de notions, concernant tant les métiers que les organismes qui participent à la vie de l´édition, Serge Eyrolles met au jour dans cet ouvrage les rouages de la chaîne du livre. D´« ADELC » à « Ventes couplées », depuis le « Manuscrit » jusqu´aux pratiques de « Lecture », il dresse un état des lieux de l´édition d´aujourd´hui et analyse ses principaux défis pour demain.  

  • L'inconscient, ça parle, ce qui le fait dépendre du langage disait Lacan. Le linguiste a pour tâche de décrire le langage, comment ne pourrait-il alors ne pas s'intéresser au langage de l'inconscient ? Ainsi l'auteur procède à une relecture de Freud et montre à quel point l'inconscient freudien est intimement lié, en tous ses aspects au langage et comment la grammaire est présente pour structurer ce langage de l'inconscient, pour fournir des modèles aux opérations de l'inconscient.

  • Y a-t-il une notion plus galvaudée que celle d'humour ? Tout le monde voudrait en avoir mais personne ne sait exactement en quoi il consiste. Le phénomène a suscité d'innombrables travaux en philosophie et dans la plupart des sciences humaines, sans que l'on s'accorde sur ses propriétés si déroutantes. Le domaine littéraire est en l'occurrence particulièrement intéressant, car il existe un ensemble d'oeuvres majeures assez unanimement reconnues comme représentatives de l'humour occidental. À partir de la relecture de ces oeuvres, cet ouvrage pose deux questions : qu'entendre exactement par humour en littérature et par quels moyens un texte réussit-il à nous faire sourire ? Caractérisé par une ambivalence foncière, l'humour littéraire manipule les discours, traverse les genres, recourt à la plupart des procédés rhétoriques et cultive n'importe quelle thématique, pour engendrer chez le lecteur un sourire qui se distingue clairement de l'ordre plus général du comique ou de la satire. Cet art de faire coexister les éléments textuels les plus contradictoires relève d'une poétique dont l'auteur met en évidence les grandes procédures. Au carrefour de l'histoire des idées et des études littéraires et culturelles, cet essai, qui s'appuie sur de nombreux travaux tant passés que récents (souvent non encore traduits en français), développe des analyses plongeant dans le meilleur des lettres occidentales et redécouvre ainsi le lien primaire unissant texte littéraire et sourire humoristique.

  • Lorsque Zola a choisi le mot naturalisme pour définir sa conception du roman, il n'a sans doute pas mesuré à quel point la réception de son oeuvre proprement romanesque allait en souffrir. Il s'assurait ainsi une célébrité durable dans les manuels d'histoire littéraire et dans la réserve de clichés de la critique au quotidien. Mais il dissimulait, et d'abord peut-être à ses propres yeux, la véritable nature de son génie. Sans sous-estimer l'originalité et la force doctrinales de son discours théorique et critique, ni l'éclat de ses enquêtes sociales, l'analyse moderne reverse du côté du désir de récit sa fascination pour la pensée de son temps, celle de Michelet, de Lucas, de Taine, elle-même marquée par l'attrait des grands récits de genèse. Qu'on ne soit pas dupe des raideurs du roman expérimental. Zola, tel qu'en lui-même, n'est pas un homme de systèmes et de modèles, mais avant tout un conteur, un peintre, un poète. Seul et monumental. Le public d'aujourd'hui reconnaît la démesure d'une oeuvre visionnaire aux multiples profondeurs, rythmée par ses prises de vues sur les décors de l'existence humaine, sa scénographie des fièvres et des violences du corps et de l'histoire, ses glissades dans l'étrangeté et le chaos de la vie, ses détraquements du réel sous le poids des mythes immémoriaux. « Le souffle de la passion », selon les propres mots de Zola, partout présent.

  • Anthony Glinoer explore dans ce livre l'histoire et les enjeux de la littérature frénétique (également appelée noire, d'horreur, gothique) en France. Après avoir situé ce genre dans le cadre des débats sur la littérature industrielle, la première partie du livre retrace l'histoire du genre dans la littérature française du XVIIe au XXe siècle (Rosset, l'abbé Prévost, Sade, Nodier, Hugo, Dumas, le théâtre du Grand-Guignol, l'avènement du cinéma fantastique, Jean Ray, la littérature gore). Revenant à l'époque romantique, le livre se penche dans sa seconde partie sur le développement d'un roman frénétique hérité du gothic novel anglais dans la littérature française. Histoire de l'édition, histoire de la critique, analyse des discours sont mobilisés pour étudier les conditions de production et de reconnaissance de la littérature à cette époque et pour répondre à cette question : pourquoi et comment le frénétique a-t-il subi un tel dénigrement en France ?

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