• Wild

    Cheryl Strayed

    Best-seller du New York Times.
    Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, elle choisit de s'en remettre à la nature et de marcher. Elle part seule pour une randonnée de mille sept cents kilomètres sur le Chemin des crêtes du Pacifique, un parcours abrupt et sauvage de l'Ouest américain. Au fil de cette longue route, elle va surmonter douleurs et fatigue pour renouer avec elle-même et finalement trouver sa voie.
    Franche, dynamique et un brin déjantée, Cheryl Strayed nous entraîne grâce à ce récit humain et bouleversant sur les chemins d'une renaissance.

  • À la fin du XVIII e siècle, le Français Joseph Kabris a vécu sept ans sur une île du Pacifique. Il s'est intégré à la société locale. Arraché à son île, il est devenu russe, avant de regagner la France. Là, il a donné à sa vie les traits d'une épopée, devenant le monde en personne. Comprendre comment on devient Joseph Kabris : voici l'enjeu de ce texte foisonnant et ambitieux.
    Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'" étrange destinée " qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les " sauvages ", il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un " sauvage ", il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.
    Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une " carrière " dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.
    Lauréat du Prix Femina Essai 2020

  • Trois jeunes Français, prisonniers de l'échec, décident de s'enfuir en Australie, comme ces détenus anglais envoyés au bagne deux siècles plus tôt. Il y a Pierre, menuisier désoeuvré, Valentin, étudiant en droit déprimé, et Elsa, hédoniste angoissée, à la recherche d'expériences nouvelles et de liberté. Tous les trois se rencontrent à Sydney, se lient d'amitié et partent en van à la découverte des terres sauvages australiennes. Ensemble, ils croiseront la route de surfeurs nationalistes, d'aborigènes coincés entre les temps, et connaîtront l'exil au fin fond du bush. Fuyant les responsabilités, en quête de paradis artificiels, ils tenteront de se défaire des chaînes du passé et de surmonter les aléas de l'amour.
    Le Rêve australien est un premier roman générationnel, qui raconte cette jeunesse prête à tout quitter pour se découvrir dans le voyage. Pour trouver un sens à son existence.

  • Édition enrichie (Introduction, notes, appendice, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)« Les femmes les plus vertueuses ont en elles quelque chose qui n'est jamais chaste. » Cette remarque de Balzac peut s'appliquer à Mme de Mortsauf, lys blanc et pavot rouge. Félix de Vandenesse souffre de la réserve d'Henriette de Mortsauf à qui il voue depuis son adolescence un amour total ; il tue pourtant cette femme en l'idéalisant, en lui imposant une pureté contre laquelle elle se révolte au moment de son agonie. Le Lys dans la vallée est le roman des désirs qui se croisent et des lettres qui ne parviennent pas à créer un véritable échange.
    Dans une longue confession épistolaire - qui constitue la plus grande partie du roman - destinée à sa fiancée Natalie, Félix fait le récit de cet amour. L'ironique réponse de Natalie consacrera la rupture des fiançailles.
    Le Lys dans la vallée est le roman de toutes les ambiguïtés. La blanche Henriette est aussi un stratège politique machiavélique qui apprend à Félix l'art du pouvoir. Alors qu'elle est monarchiste et légitimiste, elle ne peut s'empêcher d'admirer Napoléon. Roman écrit sous la Monarchie de Juillet, par un auteur qui prône une réforme de l'aristocratie tout en la défendant, Le Lys dans la vallée laisse entrevoir la critique de la Restauration dans une scène de la vie privée.
    Edition de Gisèle Séginger. 

  • Tome 2 des aventures d'Al dorsey, détective à Tahiti.
    Daucuns pourraient penser que Tahiti est un pays de cocagne où lon sirote des cocktails face à locéan... Si vous demandez lavis dAl Dorsey, unique détective privé de lîle, il ne manquera pas de vous rire au nez ! Tout, sauf reposant, Tahiti ! Du moins pour lui... Dans ce tome, notre privé retrouve la momie de sa petite amie manchote, Lyao-ly... Il va devoir exercer tout son flair pour remonter la piste des croyances ancestrales flirtant parfois avec le surnaturel et ramener sa bien-aimée à un aspect plus acceptable...
    Patrice Guirao prolonge sa galerie de portraits aux confins dun Pacifique fort éloigné des cartes postales et des bons sentiments, en nous promenant aux quatre coins de la Polynésie en compagnie dun producteur de télévision et dun gourou reconverti dans le trafic dobjets sacrés. Nouvelle réussite pour celui quon peut désormais présenter comme linventeur du roman «noir azur»...

  • En décembre 1787, la Bounty quitte l'Angleterre sous le commandement du capitaine William Bligh, un homme cruel et colérique. Le navire fait voile vers Tahiti lorsque éclate une mutinerie menée par son second, Fletcher Christian...

    Respirez l'air du large et embarquez sous les ordres du capitaine Verne pour une aventure devenue légendaire !

  • En 1808, William Lockerby, jeune aventurier écossais venu dans les îles Fidji pour y collecter du bois de santal, se retrouva abandonné à terre par son navire. Demeuré auprès de Fidjiens engagés dans d'inexpiables guerres entre clans concurrents, il raconte dans ses mémoires comment il sut s'extirper de ces conflits - en les tournant à son propre avantage.

    Le récit haut en couleur de Lockerby témoigne du regard effaré que l'on portait alors sur les peuples aux confins des empires coloniaux, aussi bien que du souvenir ambivalent que l'Écossais garda de son expérience en ces terres alors inexplorées. Mais il offre également l'occasion d'une méditation sur les « premiers contacts » et les effets dévastateurs, sociaux comme environnementaux, de la quête effrénée du profit.

    William Lockerby (1782-1853) est écossais d'origine. Engagé de force dans la marine américaine, il est second sur un navire de commerce à Boston en 1807. En 1808-1809, il est aux Fidji, d'où il revient en Angleterre pour si'installer à Liverpool, où il devient finalement armateur dans le quartier de Fairfield. Une rue porte encore son nom (Lockerby road).
    Frantz Olivié est éditeur chez Anacharsis.

  • « Mutismes, pour tous ces silences qui ont miné l'âme polynésienne... »Tabous et non-dits, frustrations et conflits, zones d'ombre et de silences. Autant de maux qui gangrènent la société polynésienne des années 1980 à 2000.Face aux drames qui bouleversent sa vie, depuis son enfance exposée à la violence du père, jusqu'à l'adolescence marquée par les départs et les arrachements, tandis que des atolls se font souiller par les tirs nucléaires d'une mère patrie dont elle ignore tout, cette jeune fille doute de sa foi en l'humanité. Seule son admiration pour Rori, activiste politique indépendantiste au charisme incontestable, parvient à lui redonner le sourire et à insuffler un sens à sa vie. Mais l'amour ne peut aveugler éperdument : il lui faudra s'exiler à 22 000 kilomètres, sur cette terre française étrangère, pour trouver la force de mettre des mots sur l'indicible. Et tenter de (ré)écrire l'histoire de son pays.Avec ce roman social et initiatique, Titaua Peu s'attelle à poser des mots sur les silences, à créer de la parole là où elle a été confisquée, oubliée.L'auteure de Pina (Prix Eugène Dabit en 2017) n'a jamais eu des termes aussi justes que lorsqu'elle évoque les silences, soulignant les non-dits et les interdits d'une société en perdition.Mu, n.c. tahitien : silence de quelqu'un qui a quelque chose à dire mais qui se tait. (Dictionnaire de l'Académie tahitienne - Fare Vana'a)

    Auteure à l'engagement éminemment politique, Titaua Peu, auteure incontournable du paysage intellectuel et artistique polynésien, donne à voir une société bien éloignée des clichés illusoires.Mutismes, paru initialement en 2003, est un manifeste indépendantiste qui (re)donne voix aux oubliés des années fastes du CEP.Avec Pina, son second roman lauréat du Prix Eugène Dabit en 2017, elle réalise un tour de force salué par la critique qui scelle son combat littéraire tout autant que social.

  • 1889. Un cavalier solitaire s'arrête l'espace d'une saison dans une ferme du Wyoming dont il va bouleverser le quotidien. Refusant de porter une arme alors qu'il sait parfaitement s'en servir, peu bavard, évitant l'affrontement physique bien que personne ne l'effraie, cet homme semble tout à la fois une légende et un mystère. Il est l'homme des vallées perdues, celui auquel une seule balle suffira pour rétablir sa vérité avant de disparaître. L'une des plus belles figures inventée par la littérature de l'Ouest américain et racontée par les yeux d'un enfant bouleversé par cet homme.

  • Dans son ouvrage paru en France en 1931 et jamais réédité, Sternbeck fait revivre le temps des pirates et des flibustiers du XVIe siècle. Depuis la découverte de l'Eldorado des Amériques jusqu'à l'expédition des Indes orientales en passant par la chasse à l'or dans le Pacifique, il retrace les épopées des figures majeures de la piraterie. Ce sont les voix des capitaines Kidd, Hawkins ou Morgan (le "roi des boucaniers"), comme de l'impitoyable Blackbeard, que l'on entend ici. Sur l'île du Diable ou de la Tortue, à bord du Pelican ou du Golden Hind, les espoirs, les peurs et les combats ne sont pas sans liens avec les intérêts des couronnes européennes. Sous la plume alerte et amusée de Sternbeck, les récits de ces navigateurs extraordinaires forment une histoire de la flibusterie, devenue source d'inspiration pour de nombreux auteurs.
     
    Alfred Sternbeck (1879-1942) a publié plusieurs ouvrages d'histoire, dont Charles II d'Angleterre et La Guerre mondiale en France. Traduction du commandant P. Teillac, capitaine de frégate de réserve.

  • Tusitala, le Raconteur d'histoires, est le nom de guerre que l'on prêtait à Robert Louis Stevenson dans les îles Samoa, où il vécut aux derniers temps de sa vie. Engagé avec les Samoas contre les puissances coloniales, écrivant avec acharnement, défrichant ses champs, rêvant dans la lumière des tropiques, l'auteur de L'Île au Trésor s'était bâti là-bas une existence à sa mesure.
    Nakajima Atsushi, un écrivain jeune pour toujours lui aussi, orchestre autour des dernières années de Stevenson un roman subtil en forme d'hymne à la vie.
    Alternant la narration et les pages d'un journal fictif, il se démarque de l'exercice biographique pour composer une fiction pure où se déploient sans limite le pouvoir et la puissance de l'imagination.
    Le talent de Nakajima, l'élégance joyeuse de son écriture et la limpidité de son style se conjuguent ici jusqu'à nous convaincre que l'on aurait affaire, avec La Mort de Tusitala, à un autre Stevenson.

  • Le messager

    Markus Zusak

    • Kero
    • 6 March 2014

    Ed Kennedy, dix-neuf ans, chauffeur de taxi, a peu de raisons d'être fier de sa vie : son père est mort d'alcoolisme, il est désespérément amoureux de sa meilleure amie, Audrey, et il partage un appartement délabré avec son chien - fidèle mais odorant. Il n'a pas grand-chose d'autre à faire que conduire son taxi, jouer aux cartes et boire avec des amis aussi perdus que lui. Jusqu'au jour où, malgré lui, il permet d'arrêter un braquage de banque.
    C'est là que le premier message arrive : un as de carreau où sont inscrites trois adresses. Ed est désormais le Messager : choisi pour aider les autres, il commence une enquête qui va faire imploser sa vie routinière et, d'énigme en énigme, le forcera à se dépasser.
    Et si, nous aussi, nous vivions en dessous de nos capacités ?
     
    Après le succès international de La Voleuse de livres, Markus Zusak revient avec un roman captivant, plein d'humour et toujours aussi émouvant.
    À propos de La Voleuse de livres :
     
    « Un grand récit, habité par le talent narratif éblouissant de l'auteur. » France Info
    « Un livre irrigué d'humour noir et d'humanisme. (...) Au-delà de la peur et du mal, ce jeune auteur australien nous insuffle l'espoir. » Notre Temps
    « Ce roman a une portée universelle. (...) L'auteur a réussi un livre très touchant et très poétique. » Livres Hebdo
    « La Voleuse de livres célèbre l'amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même. » Le Monde des livres
     

  • "Le vent est bon, et le Snark se comporte à merveille. Il arrivera demain dans un nouveau port étrange. Ce vagabondage est déconcertant. Je confonds déjà les souvenirs entre Raiatea et Tahaa, entre Moorea, Bora Bora et Manua, et qu'est-ce que cela pourra bien être lorsque nous serons passés à Tutuila, Upolu, Savai'i, et aux Fidji ?"
    D'avril 1907 à novembre 1908, Jack London, en compagnie de sa femme Charmian, accomplit son rêve : vagabonder dans le Pacifique sur son propre voilier, visiter des îles dont certaines seraient encore peuplées de cannibales. Charmian London prend la plume pour rendre compte de ce périple aux tournures d'épopée exotique, dans ces archipels d'une beauté vierge et époustouflante, au milieu de populations qui subissent alors de plein fouet le choc avec la civilisation des hommes blancs. Charmian London porte sur ces contrées un regard vivant et spontané de femme occidentale libérée, parfois empreint des préjugés colonialistes de l'époque.
    Un document inédit indispensable pour tous les amateurs de l'oeuvre de Jack London.

  • « Mon île s'appelle TUVALU. Ici, c'est l'été toute l'année. Une vraie carte postale. Ce matin, sans prévenir, l'eau a envahi mon île... »
    Voici l'histoire de Tuvalu et de ses habitants qui luttent contre la montée des eaux. Comment faire pour s'adapter ? surélever l'île ? vivre sous l'eau ? ou trouver une nouvelle terre d'accueil... Un joli conte écologique qui nous emmène à l'autre bout du monde.

  • Extrait
    En 1959, j’avais alors dix-sept ans, le lac était l’endroit le plus sauvage de mon univers. Dès les premiers jours de l’été, mon ami Jeremy Hooker et moi y arrivions vers 4 heures du matin. Nous dissimulions nos vélos dans le fouillis de branches des rhododendrons et, emmitouflés dans des duffel-coats qui nous donnaient des allures d’existentialistes, nous empruntions l’étroit sentier à travers les taillis à la lueur de nos torches. Même à distance du lac nous marchions sur la pointe des pieds, comme des voleurs, car à nos yeux la carpe était particulièrement sagace et rusée. Nous imaginions le poisson animé d’une profonde aversion pour les humains, ces intrus qui violaient son habitat. Tassés sur nos genoux, nous montions nos cannes à pêche. Dans la nuit que ne troublait pas le moindre souffle de vent, les eaux noires comme l’ébène renfermaient autant de menaces que de promesses. Là, dans les profondeurs, veillait le Léviathan. Ou du moins son timide mais puissant cousin cyprinidé.
    Nous pratiquions un style de pêche minimaliste : pas de plomb, pas de flotteur, rien qu’un hameçon dissimulé dans une boulette de mie de pain pétrie, de la taille d’une demi-couronne, au bout de quelque 140 mètres de fil de nylon de pêche. Bien que les poissons du lac pussent atteindre 10 kg, voire davantage, nos lignes n’étaient pas conçues pour résister à une traction de plus de 6 kg, car nous étions convaincus qu’avec son regard affûté, la carpe ne tomberait dans aucun piège tendu au bout d’un trop gros fil ; et encore fallait-il le tremper préalablement dans du thé fortement infusé afin qu’il se confonde avec le fond vaseux.
    Avant les premières lueurs de l’aube et les premières roucoulades des ramiers dans les arbres (ils font rrroooo-rrroooo-rrroooo – ce son est comme celui qu’un enfant, le souffle court, tire d’une bouteille en propulsant de l’air dans le goulot), nous lancions au loin nos hameçons appâtés, posions nos cannes dans la fourche d’une branche et pressions une noisette de pâte de mie sur le fil, entre le moulinet en roue libre et le premier anneau de la canne. Si la noisette se mettait à vibrer, ce serait le signe qu’une carpe s’intéressait à l’appât. Le reste n’était qu’observation, attente, le plaisir d’une gorgée de café brûlant contenu dans notre thermos commun et les cigarettes Anchor. Avec des murmures de conspirés, nous causions de livres et de filles.
    Lentement, le lac pâlissait. Des filets de brume montaient en spirale de la surface de l’eau et le soleil apparaissait à travers la futaie. C’est le moment que choisissait une grosse carpe pour faire un saut et replonger, pareille à un pavé tombé du ciel. Subsistait d’elle la réminiscence nette de l’or et de l’olive. Nous guettions les signes trahissant les mouvements d’un poisson – feuille d’un nénuphar qui ondule, chapelet de petites bulles remontant à la surface – et, tendus par l’attente, scrutions le moindre tremblement de la noisette de pain.
    Le plus souvent, le lac était entièrement à nous. Il se trouvait sur le domaine d’un collège pour garçons – un manoir de style Queen Anne transformé – mais il leur était interdit. Nous considérions le lac, ainsi que la permission que le proviseur nous avait donné d’y pêcher, comme un privilège qui nous était exclusivement réservé. Il ne faisait pas plus d’un petit hectare tout au plus mais, peuplé de rats, de poules d’eau et de bergeronnettes, halte fréquente de hérons et de martins-pêcheurs, et surtout havre d’énormes et mystérieux poissons, il était pour nous un monde en soi, à heureuse distance – quelques kilomètres à l’ouest – de Lymington, dans le comté de Hants.

  • Ce recueil de 13 nouvelles révèle la diversité et la richesse du talent de Patricia Grace, qui réussit ici à mélanger une certaine oralité traditionnelle aux formes littéraires classiques, dans une prose narrative où jouent constamment et subtilement intonations et tournures maori. Si le premier récit de ce recueil met en scène une vieille femme apparemment impotente, préoccupée par les détails banals de la vie quotidienne, il se clôt sur la révélation du mana (statut, rang) de Waimarie, à la mâchoire forte rappelant celle de lancêtre puissante de Maui, demi-dieu qui, armé de cet os, blessa le soleil et lui fit ralentir sa course à travers le ciel, acte qui permit à toute la race humaine de sortir de lombre pour mieux vivre. Cest sur ce fond de mythologie et de métaphore quil convient de lire les nouvelles dÉlectrique cité. Les petits péchés de deux fillettes, la construction dun mur, un après-midi de jeux, larrestation dun jeune homme naïf, une journée de pêche, ou un séjour à lhôpital, ce sont des aperçus de vies menées parfois dans les ténèbres, mais où perce malgré tout une chaleur humaine.

  • La découverte de Tahiti (1767-69), les récits des voyageurs inventèrent une société où les jeunes femmes auraient eu pour règle de pratiquer lamour libre et même de le faire en public. Le discours fut un point de vue masculin centré sur lEurope, dissertant sur les variétés humaines et les couleurs de peau, mais aussi sur la supposée nature universelle des femmes. La vie publique, chez les aristocrates et chez les imprimeurs de Paris et de Londres, fut une course au sensationnel, à coup de rumeurs et de publications fantaisistes. Surtout la réécriture du journal de bord en un récit officiel offert au roi a tout brouillé. En retournant aux journaux de bord, on entrevoit la face demeurée cachée de ce que furent les premiers contacts entre les Tahitiens et les Européens. Les femmes qui vinrent au devant des visiteurs étaient de très jeunes filles; loin de sourire, elles tremblaient de peur, puis jouaient en pleurant un rôle imposé par les adultes. Lamour navait rien à faire dans ces scènes. Et les danses présentées navaient rien dérotique. Les récits européens nont pas seulement exagéré, ils ont tout déformé. Depuis deux siècles, la vision européenne de la Polynésie traditionnelle repose sur une immense méprise.
    Ce livre restitue ce qui sest réellement passé sur les rivages de Tahiti. Il reprend aussi tout le dossier des interprétations concernant les postures et la nudité dans la danse polynésienne, ainsi que le malentendu occidental sur la place de la sexualité dans la culture. Mais comment a-t-on pu se tromper à ce point ?

  • Avec son style assuré, profond et captivant, Au coeur dHiruharama nous entraîne dans un voyage où les limites entre le passé et le présent sont plus que floues... elles sont brisées. Les morts sont hantés par les vivants, les vaisseaux brûlés sont reconstruits et empruntés, et la dure réalité des séparations et des pertes est supplantée par la perspicacité des rêves. Ce voyage dans létrange et le merveilleux, entrepris par une fille et le père quelle na jamais connu, est éclairé parfois jusquà léblouissement par leur sens de lhumour commun et par la volonté de la fille de pousser sa vie au-delà des bornes de la tragédie.
    Premier roman de lécrivain Isabel Waiti-Mulholland, Dans le coeur dHiruharama comporte de nombreuses références à la culture maorie, son écriture poétique rappelle le réalisme magique de la littérature sud américaine.

  • Entrelacs de vies marginales à la lisière de la mangrove ou dans les squats des quart iers périphériques de Nouméa, dans une Nouvelle-Calédonie où le bulldozer trace droit, inéluctablement, la route coaltarée de la modernité, boostée par lexploitation du nickel...
    Se croisent, pour le meilleur et pour le pire , un employé municipal, qui ent ret ient amoureusement les tombes de ses morts, une Miss Sunshine tout de blanc vêtue, accro... au lait en poudre, un toubib en délicatesse, un rasta singulier, un ingénieur faussement écolo, une journaliste affriolante, un broussard, pas tendre du tout et une femme trop amoureuse..., chacun avec ses zones dombre et de lumière, de mystère et de poésie, de violence et de générosité...
    Des destins tragiques, souvent.
    Auteur reconnu tant par ses romans que ses recueils de nouvelles, Claudine Jacques signe ici un roman féroce inspiré des travers de la société néo-calédonienne. Le lecteur y retrouvera le style fluide qui caractérise son écriture et qui donne envie de tourner les pages jusquà la dernière.

  • Seul en Europe, avec la Suède et la Suisse, le Royaume-Uni a traversé le siècle, sans occupation étrangère, sans guerre civile, sans rupture politique. Et, dans le même temps, il a su s'affirmer, rarement sous l'empire des nécessités, le plus souvent par choix volontariste, comme le creuset d'une démocratie économique et sociale réussie et le laboratoire d'une culture originale.

  • Comment, débarqué à Veracruz sur les traces d'Hernán Cortés, dont le nom - et ce n'est nullement un hasard ! - assone avec le mien, je me lançai à la conquête du Mexique ; comment j'échouai à une table du café-salon « le Regis » où, dans la grande opérette suscitée autour de moi par le choeur des mariachis, je m'enivrai avec Violeta, « fille du port », cousine lointaine de la Traviata ; comment, acteur inconscient d'une étrange représentation théâtrale, je m'égarai avec mon héroïne dans un univers de décors, de cartes postales, de stéréotypes flamboyants et, sous l'effet des champignons hallucinogènes, je devais voir surgir, des coulisses de mon esprit, dans une immense éruption onirique, les images primaires, les archétypes fondamentaux qui en forment l'armature. Sans doute ma « maladie » date-t-elle de cette époque : cette continuelle impression que le sol glisse sous mes pas, le sens sous mes mots, que les continents désancrés ne cessent de dériver... l'Asie, l'Afrique, l'Amérique où l'on a cru me rencontrer. Mais c'est peut-être simplement le fantôme, l'ombre, la doublure de Morgan Sportes qu'on a ainsi croisés : 36 ans, journaliste à éclipses, écrivain par accès et par excès.

  • En ce dimanche matin, 7 décembre 1941, alors qu'Honolulu se réveille sous un grand soleil, le capitaine de corvette japonais Mitsuo Fuchida se dirige vers l'archipel d'Hawaii aux commandes de son bombardier. Une escadrille de plusieurs centaines d'avions entre dans l'espace aérien de l'île d'Oahu, sans être repérée par les forces américaines : il est presque 8 heures, la bataille de Pearl Harbor commence.

    Le plan est parfait, la cible idéale : détruire la flotte américaine du Pacifique et supprimer la possibilité d'une riposte. L'assaut est lancé simultanément sur les bases aériennes et sur la rade de Pearl Harbor. L'effet de surprise est garanti : «Raid aérien sur Pearl Harbor. Ceci n'est pas un exercice !»
    Pearl Harbor, c'est la bataille qui précipite les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. En moins de deux heures, l'attaque japonaise coûte la vie à 2 340 soldats américains.

    Passé le choc initial, les États-Unis déclarent la guerre au Japon. C'est le temps de la mobilisation générale et de la préparation de la revanche. Heure par heure, Hélène Harter retrace l'agression qui marqua le tournant de la guerre du Pacifique.


  • " Ce jour-là, je n'ai pas pu faire mon travail ", dira le capitaine Legorjus, officier du GIGN l'unité d'intervention d'élite de la gendarmerie, en charge de négocier une issue pacifique à la prise en otages de 30 gendarmes à Ouvéa (Nouvelle-Calédonie) par des indépendantistes kanaks. Conseiller du film L'ordre et la morale de Matthieu Kassovitz (La Haine) d'après son histoire, le capitaine Legorjus a repris la plume pour raconter ici cette épopée violente et brutale...

    Avril 1988, île d'Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. Vingt-trois gendarmes sont pris en otage par des indépendantistes kanaks qui veulent faire entendre leur cause. Pour rétablir l'ordre, la France envoie 300 militaires dont les troupes d'élite du 11e choc et le commando de nageurs de combat Hubert, tous deux spécialistes des coups de force. A leurs côtés, le GIGN, les supergendarmes tout aussi performants, connus comme les as de la négociation. Car, avant de faire parler les armes, des pourparlers sont engagés. Deux hommes se font face : le capitaine Legorjus, commandant du GIGN, et Alphonse Dianou, un indépendantiste kanak, à la tête des ravisseurs.
    Mais rien ne va comme prévu. Au coeur d'une cohabitation houleuse, entre les deux tours de l'élection présidentielle, les enjeux sont trop politiques. Paris joue un double jeu. les évènements s'emballent jusqu'à l'issue fatale : l'assaut donné le 5 mai fera 21 morts. C'est ce drame que nous raconte de l'intérieur le capitaine Legorjus. Une histoire vraie qu'il a vécue au plus près, seul témoin au contact de tous les protagonistes : les militaires, souvent divisés sur l'éthique et la méthode, François Mittterrand et Jacques Chirac au paroxysme de leur affrontement et, enfin, les Kanaks désunis. Plus de vingt ans après les faits, il parle pour la première fois des exécutions sommaires après l'assaut et montre qu'une sortie pacifique aurait pu éviter un bain de sang. Un récit choc où la valeur du sacrifice prend tout son sens quand la politique démissionne.
    Philippe Legorjus est, au moment des évènements, le patron du GIGN. Ancien membre des commandos de marine, auteur de faits d'armes reconnus, il retourne à la vie civile un an seulement après Ouvéa. Son histoire a inspiré le film de Mathieu Kassovitz L'Ordre et la Morale, dont il a été le conseiller spécial.
    Jacques Follorou est journaliste au Monde. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment Bérégovoy, le dernier secret et Une juge à abattre, en collaboration avec Isabelle Prévost-Desprez.

  • Acte de brigandage, entreprise économique ou moyen politique, la piraterie est multiple et, sous des aspects très différents, elle se manifeste à toutes les époques et sur tous les continents, bien loin du type classique du pirate cher aux romans d'aventures. Des Barbaresques au drame des boat people, des flibustiers aux terroristes et aux radios-pirates, c'est un véritable phénomène que les points de vue d'une trentaine de spécialistes explorent ici dans sa totalité. Mais ces Vues sur la piraterie - analyses, récits ou témoignages - mettent en jeu d'autres approches qui touchent à l'histoire des marginalités, des médias ou des pratiques illicites, sans oublier, bien sûr, celle d'une grande légende.

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