• Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire. Toutes les recherches poétiques d'une époque lassée de la rigueur du Parnasse et des suavités symbolistes se retrouvent dans "Alcools", publié en 1913. D'instinct, Apollinaire y rejoint la tradition poétique française la plus pure, la plus directe, telle qu'elle s'incarne chez Ronsard et François Villon. Lorsque le poète penché sur la Seine se remémore son amour dans "Le Pont Mirabeau", la beauté grave et bouleversante de la douleur la plus discrète et la plus tragique y cotoie un air de romance populaire. Dans "Marizibill", il associe des strophes bouffonnes et pathétiques: "Elle se mettait sur la paille / Pour un maquereau roux et rose / C'était un juif il sentait l'ail / Et l'avait venant de Formose / Tirée d'un bordel de Changaï / Je connais gens de toutes sortes / Ils n'égalent pas leurs destins / Indécis comme feuilles mortes / Leurs yeux sont des feux mal éteints / Leurs coeurs bougent comme leurs portes." Le mouvement épique de "La Chanson du mal-aimé", qui porte l'incantation à un degré magnifique d'évidence et d'émotion, la nonchalance habile et délicieuse de certains poèmes de circonstance, la résurrection de vieilles légendes rhénanes, attestent la diversité de ce recueil qui rassemble les poèmes écrits entre 1898 et 1913. Renonçant à la ponctuation traditionnelle - l'une des innovations les plus discutées et les plus critiquées d'Apollinaire -, le poète ne connaît d'autre scansion que celle commandée par la respiration et par la palpitation intérieure de la passion. Aucun livre de cette époque n'a exercé une influence comparable sur la poésie française de la première moitié du XXe siècle, ouvrant la voie à un nouveau lyrisme et inspirant notamment dada et le surréalisme. Avec "Alcools", la poésie d'Apollinaire atteint sa cime la plus haute et la plus pure.

    6 Autres éditions :

  • Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

    9 Autres éditions :

  • Un élève officier de l'armée austro-hongroise, aspirant écrivain, adresse ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et sollicite son avis. De 1903 à 1908, en quelque dix lettres, le jeune homme, alors à la croisée des chemins, hésitant entre la voie toute tracée de la carrière militaire et la solitude aventureuse de la vie d'écrivain, confie à son aîné admiré ses doutes, ses souffrances, ses émois sentimentaux, ses interrogations sur l'amour et la sexualité, sa difficulté de créer et d'exister. Le poète lui répond. Une correspondance s'engage. Refusant d'emblée le rôle de critique, Rilke ne dira rien sur ses vers, mais il exposera ce qu'implique pour lui le fait d'écrire, de vivre en poète et de vivre tout court.

    /> Publié pour la première fois dans son intégralité, cet échange intime ne permet pas seulement de découvrir enfin le contrechamp de lettres qui furent le bréviaire de générations entières, il donne au texte de Rilke une puissance et une portée nouvelles, et invite à repenser la radicalité de son engagement esthétique, mais aussi la modernité frappante de sa vision de la femme.

    Édition établie par Erich Unglaub.

    5 Autres éditions :

  • Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce quele proscrit qui, dans Châtiments, vient defustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ;mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties - « Autrefois », «Aujourd´hui» -sont séparées par la césure tragique de l´année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétique prend naissance dans la mort, et « ce livre », nous dit l´écrivain, « doit être lu comme on lirait le livre d´un mort ».
    Mais Les Contemplations construisent aussi une destinée. Il se peut qu´elle emprunte à la biographie de l´écrivain ; on se tromperait pourtant à la confondre avec la sienne. Car si le lyrisme de Hugo touche à l´universel, c´est que le poète précisément dépouille ici l´écorce individuelle pour atteindre à l´intime : le sien propre et celui du lecteur qui saura ainsi se retrouver dans le miroir que lui tendent ces Mémoires d´une âme.

    2 Autres éditions :


  • Noir volcan est un recueil de poésie affranchie, libératrice, terrienne.

    Il fait partie d'un étonnant renouveau de la poésie constaté par les libraires dont Alexandre Bord : « Des poétesses comme Cécile Coulon et Rupi Kaur, dont les textes ont pu être lus au préalable sur les réseaux sociaux, attirent en librairie des lecteurs qui n'avaient jamais acheté un recueil de poésie. »
    En quelques années, Cécile Coulon a fait l'objet d'une ascension fulgurante. Elle a publié sept romans dont Trois saisons d'orage (Viviane Hamy), prix des Libraires, et Une bête au paradis (L'Iconoclaste), prix littéraire du Monde.
    Son premier recueil de poésie, Les Ronces (Le Castor Astral), a reçu le prestigieux prix Apollinaire.

  • N'ayez les coeurs contre nous endurcis.
    Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois.
    Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d'Orléans.
    Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux et ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté.

    1 autre édition :

  • Marcel Proust se répétait Chant d'automne de Baudelaire :
    " J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre/ Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer, Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre, Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer ".
    Peut-être aucun poète ne nous t-il a laissé autant d'images durables et de vers mémorables. Il fut le poète du crépuscule, de l'ombre, du regret, de l'automne. Mais il est l'homme de tous les paradoxes. Il y a d'ailleurs chez lui une perpétuelle nostalgie du soleil sur la mer, du soleil de midi en été : "Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ".
    L'été pour Baudelaire fut celui de l'enfance. Un été à jamais révolu. Et sa poésie est aussi la recherche de ce paradis perdu. Moderne et antimoderne, Baudelaire est d'une certaine manière notre contemporain. Aucun poète n'a mieux parlé des femmes -; des femmes et de l'amour -; que Baudelaire dans quelques poèmes sublimes comme La Chevelure ou L'invitation au voyage.
    Ce fut un homme blessé, un cruel bretteur, un fou génial, un agitateur d'insomnies.
    Baudelaire aura été l'un des plus lucides observateurs de la désacralisation de l'art dans le monde moderne, lui qui admirait tant la peinture de Delacroix et de Manet. Dandy et proche des chiffonniers, anarchiste de gauche puis de droite, il fut l'homme de tous les paradoxes et originalités.
    En 30 chapitres qui sont autant de diamants noirs, Antoine Compagnon aborde le réalisme et le classicisme de Baudelaire, le rôle de Paris et de Honfleur, de la ville et de la mer mais aussi le rire, la procrastination et le catholicisme. Dans le même esprit qu'Un été avec Montaigne, " à sauts et à gambades ", Antoine Compagnon nous fait redécouvrir Les Fleurs du mal et Les Petits poèmes en prose en nous faisant partager un Baudelaire inclassable et irréductible.

  • K.O.

    Hector Mathis


    Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d'ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante...
    Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C'est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l'Europe et la précarité...
    Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d'un sentiment d'urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l'amitié et l'errance. Il s'y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.
    Né en 1993, Hector Mathis grandit aux environs de Paris entre la littérature et les copains de banlieue. Ecrivant sans cesse, s'orientant d'abord vers la chanson, il finit par se consacrer pleinement au roman. Frappé par la maladie à l'âge de vingt-deux ans, il jette aujourd'hui l'ensemble de ses forces dans l'écriture.

  • À en croire le nombre de poètes contemporains, il serait tentant de penser que nous vivons un âge d'or de la poésie. Évidemment, il n'en est rien. Dona Gioia pose ici un regard acerbe sur la moindre exigence esthétique des poètes d'aujourd'hui. Cette crise de la poésie est symptomatique d'une époque obnubilée par le paraître, au détriment des charmes de l'anonymat. L'ambition d'être publié n'est-elle pas finalement le plus grand obstacle à la libre création poétique ? Quoi de moins poétique que la course à la notoriété ?

    Sans pour autant sacraliser les icônes du passé, Dana Gioia constate surtout l'absence de projet esthétique profond et novateur chez les poètes d'aujourd'hui. Publié dans les années 1990, cet essai n'a rien perdu ni de son actualité, ni de sa force provocatrice.

    Dana Gioia est un écrivain et poète américain, né en 1950. Après avoir étudié à la Stanford Business School, il travaille dans l'agroalimentaire, et occupera le poste de vice-président de la General food corporation. Lorsqu'il publie Can Poetry Matter ?dans le journal The Atlantic en 1991, il gagne une renommée mondiale. En 1992, il quitte le monde des affaires pour se consacrer exclusivement à l'écriture, en tant que poète et critique littéraire.

  • La baie vitrée Nouv.

    La baie vitrée

    Yvon Le Men

    Les poèmes de La baie vitrée sont nés d'une catastrophe quasi planétaire et de ses minuscules répercussions intimes. À la mi-mars, comme plus de trois milliards d'individus, Yvon Le Men se trouve confiné à son domicile. Il est enfermé au milieu de ses livres, à l'écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d'oiseau qui l'apaisent. Seul et relié aux autres. Assigné à résidence, avec nulle part où aller sauf à l'intérieur de soi. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots du poète découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Ils ouvrent portes et fenêtres, conjurent l'absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit « le livre des oreilles et des yeux » qui manquait à son oeuvre. Un ouvrage essentiel.

    Né à Tréguier en 1953, installé à Lannion, Yvon Le Men est la figure de proue de la poésie aujourd'hui écrite en Bretagne. Depuis son premier livre, Vie (1974), écrire et dire sont les seuls métiers de ce poète qui fait partager sa passion au plus grand nombre dans des spectacles ou au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. En 2019, il a obtenu le Goncourt de la poésie pour Un cri fendu en mille, dernier volume de la trilogie Les continents sont des radeaux perdus publiée par Bruno Doucey.

  • Ciblée par de nombreuses menaces, dues à son statut d'écrivaine féministe et militante, la narratrice s'isole dans un chalet en pleine forêt pour disparaître. Face à la neige qui recouvre tout au-dehors, elle peut s'abandonner à son monde intérieur et retrace pour nous le fil des événements. Elle se souvient de l'arrivée du beau-frère dans la famille, toute la violence des hommes qu'il cristallise à lui seul. À son contact les personnalités s'effilochent et l'inacceptable devient pardonnable; la famille détourne les yeux, on lui demande à elle, l'écrivaine, de maintenir la paix par le silence, de céder à ceux qui tentent depuis toujours de tuer le langage. Or, face à cette violence, elle ne peut qu'ouvrir une porte à la vérité par l'écriture et tenter de construire un témoignage universel.

    Née au Québec en 1957, Élise Turcotte est poète, nouvelliste et romancière. Ses romans, parmi lesquels : Le Bruit des choses vivantes, La Maison étrangère et Guyana, ont été salués par la critique et ont remporté de nombreux prix littéraires au Québec. L'Apparition du chevreuil, paru à l'automne 2019, est finaliste du Prix des Libraires du Québec 2020.

    1 autre édition :

  • Une femme. Un homme. Ils marchent, séparément. Ils ont quitté leur village et traversent le désert pour atteindre la mer. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils partis ?
    Nous n'en saurons pas beaucoup plus, mais l'essentiel nous est donné : nous savons que la femme est partie parce que le livre de son enfance a été déchiré et qu'elle est entrée dans le langage. Son exil est celui de toutes les femmes qui tentent dans le monde d'aller vers la liberté, à travers la lecture et l'écriture.
    Quant à l'homme... Lui ne sait pas lire les signes écrits sur une page. Son univers est celui des signes du ciel, du vent, des herbes, des traces d'animaux. L'homme et la femme ne se rejoindront que devant la mer. « Nous sommes sous le soleil. / Nos corps n'ont plus d'ombre », disent-ils enfin.

    Née en 1952 en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur arrive en France à l'âge de 5 ans. Aujourd'hui installée à La Rochelle, elle se consacre à l'écriture qu'elle a toujours perçue comme une force émancipatrice. Ses romans l'ont révélée à un large public, au point de nous faire oublier que son premier livre était un recueil de poèmes : Naissance de l'oubli (1989). En 2011, Bruno Doucey a facilité son retour à la poésie en publiant Notre nom est une île.

  • "Tout commence par la perte des eaux.
    L'outre se désemplit pour livrer le passage à une entité complète en soi. Pas un corps étranger ; un bourgeon, une ébauche, une excroissance intime, qui, une fois émergé, devient cet autre auquel seuls nous rattachent les liens de l'amour et du désarroi.
    Dès cette première séparation, la joie se teinte de désolation: il ne se souviendra pas de ce temps-là, de ce partage de nos matières, de ce qu'il a pris de moi pour se former, de ce que je lui ai donné pour le façonner. Cette amnésie des enfants, heurtée à la permanence obstinée de la mémoire des mères, c'est la toute première déchirure."

    Née en 1957, à Trois-Boutiques, de parents d'origine indienne, Ananda Devi a grandi au contact de plusieurs langues, dans le tissage culturel et humain si particulier de l'île Maurice. Ethnologue de formation, traductrice de métier, elle est sensible à l'imbrication des identités, à la question de l'altérité et à la situation des femmes dans le monde. Ses précédents recueils - Quand la nuit consent à me parler (2011) et Ceux du large (2017) - sont parus aux Éditions Bruno Doucey.

  • Si les mathématiques étaient un genre littéraire, ce serait certainement la poésie. L´élément poétique peut venir par l´apparition d´éléments étrangers et inattendus dans un texte.On peut trouver une certaine beauté aux mots qui surgissent avec leur charge de mystère dans un dialogue où ils n´ont rien à faire. Ils appartiennent à une autre langue. C´est un peu comme quand vous écoutez une chanson dans une langue étrangère à laquelle vous ne comprenez rien et que vous y percevez une force tout à fait mélodieuse et mystérieuse.

  • "Vivre pauvre sans être rustre
    Avoir peu et tout offrir
    Garder le meilleur pour l'ami ou l'étranger
    Reprendre tous les matins le même chemin
    Savoir que toute la vie sera ainsi
    Et en sourire

    Moi
    J'ai vu
    Sisyphe heureux."

    Katerina Apostolopoulou est née à Volos, en Grèce, en 1981. Après des études de lettres et de civilisation françaises à l'université d'Athènes, elle arrive à Paris, où elle vit encore aujourd'hui, pour effectuer un DEA de littérature comparée à la Sorbonne. Elle se tourne alors vers la traduction et le théâtre. En 2016, elle entreprend de traduire Ceux qui se taisent de Bruno Doucey pour les éditions Vakxikon, à Athènes. Avec J'ai vu Sisyphe heureux, elle publie son premier recueil.

  • Les Éditions Rhéartis, présentent dans sa gamme patrimoine, les oeuvres de la philosophie antique et notamment les textes de la période médiévale japonaise. Le traité des cinq roues, est un des rares textes qui nous vient du Japon et qui traite du sujet des samouraïs. Ce livre est un guide pratique de l'art du combat. Mais aussi de la philosophie de l'art Samouraïs.

    Voici un extrait: «Je suis un samouraï né dans la province Harima, et mon nom est Shimmen Musashi-no-kami, Fujira-no-genshin. Je suis âgé de soixante ans. J'ai prêté attention aux Voies de la tactique dès ma jeunesse et j'eus mon premier duel à l'âge de treize ans. Pour ce premier duel, mon adversaire était Arima Kihê, bon sabreur de l'école Shintô que j'ai vaincu. À l'âge de seize ans, je vainquis Akiyama, fort au sabre et originaire de la province de Tajima. À l'âge de vingt et un ans, je me suis rendu à Kyoto et y ai rencontré les meilleurs sabreurs du Japon. Je les ai rencontrés plusieurs fois en duel sans jamais être vaincu par aucun d'entre eux. Puis j'ai pérégriné à travers les provinces où j'ai rencontré plusieurs sabreurs de diverses écoles et bien que j'ai été jusqu'à avoir une soixantaine de duels avec eux, je n'ai jamais été vaincu par aucun. Tout cela se passa alors que j'avais de treize à vingt-neuf ans environ».

  • « La première fois que j'ai vu une femme j'avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j'ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C'était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.
    Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c'en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l'horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu'il appelait vaguement l'Autre-Côté. » Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, un univers littéraire plein d'invention, de poésie et d'ironie.

  • "Aide à la personne, soin, accueil, éducation...
    Prise en charge du corps de l'autre, des besoins de l'autre.
    Entretien des bureaux, des maisons, des écoles.

    Des femmes au travail.

    Ces textes ont été écrits comme des instantanés photos.

    Ici et maintenant."

    Née en 1960, en Moselle, d'un père polonais et d'une mère allemande, Fabienne Swiatly se dit fille des aciéries et de la langue allemande, des bleus de travail et de la soudure, des ouvriers exploités et des manifs." Poète, novelliste et romancière, elle est l'autrice d'une oeuvre qui scrute le quotidien, interroge les frontières de langues et de classes, donne la parole aux êtres qui en sont privés. Dans l'atelier où elle forge ses livres, les mots se baladent souvent en bleu de travail.

  • Après la publication des recueils Une île en terre (2016) et Le poids d'un nuage (2017), Yvon Le Men nous offre le troisième volume de sa trilogie Les continents sont des radeaux perdus. Avec Un cri fendu en mille, l'heure n'est plus aux paysages de l'enfance ni aux oeuvres qui ont fait naître une conscience au monde. C'est de la découverte physique, sensible, amoureuse de ce monde dont nous parle ici le poète. Les premières destinations nous entraînent en Europe. Puis viennent les voyages au long cours, autour du mont Liban, à Bamako, en Afrique noire, en Chine, à Port-au-Prince ou au Brésil. D'un pays à l'autre, un même désir d'étreindre le monde, une même soif de découvertes, une même propension à se penser soi-même comme un autre. Un carnet de voyages, au coeur du monde, à travers soi.

    "Où sont passés
    les livres
    lus

    les montagnes
    grimpées

    les étoiles
    contemplées

    les villes
    parcourues

    les fleuves longés
    et traversés

    par toi
    tout au long de ta vie"

    Né à Tréguier en 1953, installé à Lannion, Yvon Le Men est la figure de proue de la poésie aujourd'hui écrite en Bretagne. Depuis son premier livre, Vie, écrire et dire sont les seuls métiers de ce poète qui fait partager sa passion au plus grand nombre dans des spectacles ou au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Après Sous le plafond des phrases et En fin de droits, il confie aux Éditions Bruno Doucey la publication d'une trilogie, dont Un cri fendu en mille est le troisième volume.

  • Ce joli recueil réunit des contes, des fables et des légendes d'ici et d'ailleurs. Il reprend de grands classiques familiers et permet aussi de découvrir de nouvelles histoires fantastiques, issues des différentes cultures populaires ou de la mythologie. Il apportera aux enfants de vrais moments de plaisir soir après soir.


  • "La" biographie de Charles Baudelaire (1821-1867).

    Nous savons tous que Charles Baudelaire était un immense poète romantique, dont la vie personnelle fut aussi dissolue que le génie artistique fut immense. Mais dans cet ouvrage, on découvrira aussi, grâce à de nombreux documents et sources de valeur, un nouveau personnage : l'auteur revient sur le dandysme du poète, sur la réelle place qu'occupait la drogue dans sa vie ou encore sur la puissance de son talent, bien loin de se réduire aux Fleurs du mal. Marie-Christine Natta ne laisse pas plus d'espace aux controverses historiographiques qu'aux interprétations littéraires ou psychologiques concernant Baudelaire. Seuls les faits comptent.

    1 autre édition :

  • Cet essai incisif, au " parfum de résurrection ", rappelle que vivre en poète, c'est lutter pied à pied contre les forces qui poussent à l'exil pour habiter la vie entière. Pour une résurrection de la vie. Depuis les temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales ou écrites, il y eut des poètes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son exigence la plus haute. Quand on n'entend plus ce diapason, c'est bien la cacophonie qui règne, intellectuelle, spirituelle, morale : le symptôme d'un abandon, d'une lâcheté et, bientôt, d'une défaite. Pour Jean-Pierre Siméon, il est urgent de restituer à notre monde sans boussole la parole des poètes, rebelle à tous les ordres établis. Pas de malentendu : si la poésie n'est pas la panacée, si elle n'offre pas de solutions immédiates, elle n'en est pas moins indispensable, d'urgente nécessité même, parce que chaque poème est l'occasion, pour tous sans exception, de sortir du carcan des conformismes et consensus en tous genres, d'avoir accès à une langue insoumise qui libère les représentations du réel, bref, de trouver les voies d'une insurrection de la conscience.

  • Ligne 5, République, Bobigny... Ligne 9, Jasmin, La Muette, Charonne... Chaque jour des millions de femmes et d'hommes se croisent dans le métro parisien, les yeux rivés à l'écran de leur téléphone mobile, pressés d'arriver à destination. Et pourtant, il y a tant à voir et tant à vivre dans ce monde souterrain. Tant de livres à déchiffrer sur les visages que l'on côtoie. Tant de scènes à filmer avec la caméra de l'empathie. Tant de jeunes et de vieux, de malades et de bien-portants, de riches et de pauvres "emportés dans le même voyage". Il fallait un regard de poète pour mettre au jour l'inépuisable richesse de ces transports en commun. Ce regard, c'est une femme venue de Syrie qui nous l'offre, dans ces "métropoèmes" écrits directement en français. La poésie aussi est un service public.

    Née à Lattaquié en Syrie, Maram al-Masri entreprend des études à Damas, avant de s'exiler à Paris où elle connaît une situation difficile. En 2003, Cerise rouge sur un carrelage blanc la révèle au public francophone. Sa poésie, saluée par la critique des pays arabes et traduite dans de nombreuses langues, fait d'elle une des grandes voix du Moyen-Orient. Ses six précédents recueils, parmi lesquels Elle va nue la liberté, Le Rapt et La femme à sa fenêtre ont été publiés par Bruno Doucey.

  • L'écrivain Éric Pessan feuillette son album intime. Il nous décrit poétiquement les photos retrouvées, imaginées ou exposées par d'autres, et tente de reconstituer l'image de soi. En écho, la plasticienne, poète et performeuse Delphine Bretesché livre une série de dessins de son Journal dessiné Extraits, spécialement réalisés pour l'ouvrage.

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