• Figure essentielle dans la tradition française des intellectuels engagés, Jacques Julliard revient en historien, en philosophe et en chroniqueur sur la cosmogonie intime du Général pour le 50e anniversaire de sa disparition. Péguy, Bernanos et Mauriac, lui aussi décédé le même automne 1970, forment la trinité littéraire du Commandeur. Un éclairage passionnant.
    Alors que la France commémore le cinquantième anniversaire de sa disparition, et que se multiplient les interprétations occasionnelles ou opportunistes sur son héritage, c'est à Charles de Gaulle écrivain que revient Jacques Julliard. Et ce, afin de ressaisir le génie du Général dans son intimité même : là où sa parole et son action se sont nourris de ceux qui furent vraiment les siens. À savoir : Paul Claudel, Georges Bernanos, François Mauriac -; et surtout Charles Péguy.
    Pourquoi la politique a-t-elle besoin de la poésie ? Et comment réagirent certains de ces auteurs devant un si illustre lecteur ? Révélant ce pan méconnu de la généalogie spirituelle du Commandeur, Jacques Julliard entre lui-même en dialogue avec ces écrivains passionnés par les Saintes Écritures.
    Un beau remède contre toutes les réductions contemporaines.
    Une leçon inspirée de mémoire vivante.

  • A la manière de Marx dans Le 18 Brumaire, l'un de nos plus grands analystes politiques, spécialiste des mouvements d'opinion, décrypte les impasses des enjeux et des perspectives de la France d'aujourd'hui. Superbement lumineux.
    Quel " Nouveau Monde " a véritablement instauré l'élection d'Emmanuel Macron ? Pourquoi, en emportant le traditionnel clivage gauche-droite, a-t-elle ravivé des oppositions disparues ? Comment la rupture des équilibres politiques anciens a-t-elle entraîné de nouvelles fractures sociales ? En quoi le triomphe du bloc élitaire, étendant son pouvoir sur l'entière société, a-t-il rouvert une grave période de tension et de violence ? Et le rejet de ce libéralisme autoritaire désormais dominant peut-il provoquer, en 2022, la victoire d'un bloc populiste unifié ?
    C'est à toutes ces questions cruciales que répond ici, Jérôme Sainte-Marie. En expert reconnu des études d'opinion et du conseil politique, convoquant l'histoire et l'actualité, le décodage des idéologies et le décryptage des sondages, l'examen critique des appareils administratifs, financiers, médiatiques et des mouvements militants ou contestataires, il montre, recourant à Marx comme à Tocqueville, que loin de s'atomiser, la société française se polarise.
    Jamais la montée aux extrêmes entre les élites et le peuple n'avait été explorée comme ici, dans toute sa profondeur.
    Un exercice pénétrant de lucidité sur aujourd'hui. Une indispensable leçon d'anticipation sur demain. Un essai sur la France contemporaine sans précédent, pour tous ceux qui veulent comprendre et prévoir.

  • Le philosophe québécois, pourfendeur du multiculturalisme, interroge ici le politiquement correct, la pensée unique et l'empire auto-consacré du Bien.
    Et si nous lisions l'actualité du monde à l'envers ? Et si la bienpensance n'était pas l'antidote mais la cause de la crise que traversent les démocraties occidentales ? Et si, par-delà les colères sociales, les silences qu'une minorité impose à la majorité alimentaient la contestation populaire ?
    En observateur averti et en penseur accompli, Mathieu Bock-Côté décrypte ici les lois explicites et implicites qui régentent la vie publique. Il passe au crible les critères de la respectabilité politique. Il analyse le traitement médiatique réservé à un Alain Finkielkraut, un Michel Onfray ou encore un Éric Zemmour en France, mais s'intéresse aussi à la régression de la liberté d'expression dans le monde anglo-saxon. Qu'est-ce qui distingue un infréquentable d'un modéré, un extrémiste d'un humaniste, un analyste d'un polémiste ? La conversation civique est mise à mal, ce qui n'est pas sans effet sur le clivage traditionnel entre la droite et la gauche en plus d'alimenter ce qu'on appelle la révolte populiste.
    Après avoir brillamment révélé les failles et les faillites du multiculturalisme, Mathieu Bock-Côté revient avec un maître-ouvrage sur le grand malaise démocratique d'aujourd'hui où le politiquement correct a remplacé la censure d'hier.

  • Nos sociétés érigent en idéal la capacité d'agir, celle de l'individu libre et autonome. Pourtant, de tout le corps social montent des exaspérations, revendications ou souffrances de la part de vies empêchées, à mille lieux de cet idéal d'accomplissement. L'avenir de la social-démocratie passe par l'invention de nouveaux pouvoirs d'agir : travail, consommation, liens intimes, citoyenneté, connaissance. Il est crucial de garantir notre puissance d'agir dans toutes ces sphères, sauf à sombrer dans un sentiment d'impuissance face aux inégalités ou à la transition climatique. Cet essai indique les conditions pour que la liberté continue d'exister au bénéfice de chacun et de tous.
    Ancienne élève de l'École polytechnique et des Ponts et Chaussées, Vanessa Wisnia-Weill est expert des politiques éducatives et sociales dans les services du Premier ministre. Elle a publié de nombreux rapports au département " Questions sociales " de France Stratégie.

  • Au XIX e siècle, le saint-simonisme invente la société libérale et individualiste du bonheur régie par l'élite. Depuis 2017, Emmanuel Macron en a fait son programme. Du coup, tout s'éclaire de ses intentions, de ses actions et de ses échecs. Un pamphlet où la pensée le dispute à la formule.
    Quasi inconnu des Français deux ans avant d'être élu à la présidence de la République, Emmanuel Macron ne vient pourtant pas de nulle part. Il se rattache clairement à un courant progressiste remontant au xixe siècle, le saint-simonisme, qui, à l'époque, promouvait la résorption du politique dans l'économie, l'attribution du pouvoir aux experts et aux scientifiques, le dépassement des cadres traditionnels et la fusion des identités par l'abolition des frontières, l'intégration européenne et la globalisation financière.
    Ce lien étroit avec le saint-simonisme éclaire les choix politiques de l'actuel Président de la République. Plongeant dans le passé pour mieux décrire notre avenir, Frédéric Rouvillois dévoile ainsi le sens caché du macronisme : sa volonté de liquider les réalités anciennes afin de leur substituer, sur tous les plans, un " nouveau monde " fluide, ouvert, sans identités ni barrières, afin que rien ne vienne gêner le mouvement perpétuel des individus et des biens qu'exige la mondialisation.
    Voici, amplifié par la gestion erratique de la pandémie qui a frappé la planète et dérouté la France, un dernier inventaire avant liquidation.

  • La gauche aussi à ses jeunes théoriciens iconoclastes. Depuis 2016, Le Vent Se Lève rassemble dans un même combat contre la domination hégémonique de l'idéologie néolibérale. Voici leur manifeste. Urgent ! À lire et à relire.
    Une époque s'achève, une autre s'annonce.
    Réveiller l'Histoire, renouer avec l'idéal de la République sociale, rétablir le souverain qui est le peuple, conjurer le désenchantement et, finalement, réenchanter la politique et le monde : voilà le programme de la génération nouvelle qui s'élève.
    Depuis sa création fin 2016, Le Vent Se Lève est un média d'opinion qui tente d'apporter sa contribution au débat public en conciliant sur Internet les exigences du travail journalistique avec un engagement clair et assumé.
    Cette formule a réuni plusieurs centaines de bénévoles, désireux de contribuer à l'émergence d'un projet culturel global, notamment au travers d'entretiens avec Judith Butler, Rafael Correa, Alessandro Di Battista, Íñigo Errejón, Gaël Giraud, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Chantal Mouffe, Clara Serra et Nathan Sperber.
    Leur devise est follement ambitieuse : "Tout reconstruire, tout réinventer", et c'est pourquoi il méritent d'être entendus.

  • Les droits de l'homme sont régulièrement assimilés à une bien-pensance qui conduirait à la crétinisation des esprits. La liberté de l'individu serait responsable de la dissolution des liens sociaux, de la montée des incivilités, de la domination néolibérale. Les droits contemporains signeraient la fin du politique, car ils ne seraient que des revendications égoïstes détachées de toute délibération collective. Il est temps de répondre à ce fatras de reproches. Non, les droits de l'homme ne font pas de nous des malotrus, ni de mauvais citoyens, et ils ne se confondent pas avec le néolibéralisme. Au contraire, il est urgent, aujourd'hui que la tentation autoritaire s'étend, de donner aux droits de l'homme leur pleine signification. Réplique aux confusions ambiantes, ce livre voudrait servir de boussole démocratique pour des temps troublés.
    Justine Lacroix est professeure de science politique à l'Université libre de Bruxelles. Jean-Yves Pranchère est professeur de philosophie politique à l'Université libre de Bruxelles. Ils ont publié ensemble Le Procès des droits de l'homme. Généalogie du scepticisme démocratique (Seuil, 2016).

  • Depuis les années 1970, le poids des transmissions patrimoniales n'a cessé d'augmenter, pour se rapprocher des niveaux observés au xixe siècle. Or non seulement l'héritage est très inégalitaire, mais son imposition a reculé dans la plupart des pays. Aujourd'hui, pour devenir riche, il ne suffit pas de travailler beaucoup ; il faut aussi hériter. Cette évolution est contraire à l'idéal démocratique, qui réserve une place centrale au mérite. Vivons-nous encore dans une société moderne ? Pour réparer les inégalités successorales, on peut accroître la progressivité de l'imposition, développer la culture philanthropique et créer une dotation universelle alimentée par les recettes fiscales. Si l'héritage est de retour, il est urgent de le démocratiser.
    Nicolas Frémeaux est maître de conférences en économie à l'université Paris 2. Ses recherches portent sur les inégalités et l'économie de la famille.

  • In Girum imus nocte et consumimur igni. " Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. " Qui aurait pu imaginer que cette locution latine, palindrome à l'origine incertaine, livrerait aujourd'hui la tonalité d'une vaste contestation et, au-delà, l'allégorie d'une époque ?
    En novembre et décembre 2018, ont en effet surgi sur les ronds-points de France des dizaines de milliers de gilets jaunes. S'ils y ont brûlé des feux conjugués de leurs colères, de leurs espoirs et d'une implacable répression d'État, ils y ont aussi entamé une longue marche giratoire autour d'un autre foyer : celui d'une politique ancrée dans le local, où s'articuleraient autonomie, écologie et justice sociale. Une politique de la Commune, ou plutôt des communes, qui ne serait plus seulement une lubie d'anarchistes ou de révolutionnaires sans révolution, mais un appel auquel les mouvements sociaux du futur auront à répondre.
    Pour en entendre d'ores et déjà la rumeur, il faut s'essayer à une lecture d'ensemble du soulèvement jaune. Comprendre comment une mobilisation imprévue a mis en crise les habitudes éculées de la lutte. Expliquer pourquoi ce mouvement s'est tenu à l'écart des idéologies, parvenant, en définitive, à politiser des groupes populaires et périurbains jusqu'alors réfractaires à la politique. Et finir par inscrire l'événement dans une série de protestations qui font des potentialités libératrices et démocratiques du " proche " un nouvel enjeu d'imagination politique.

  • La mondialisation ne se résume pas au succès de quelques multinationales et à la richesse d'une minorité de nantis. Les acteurs les plus engagés dans la mondialisation demeurent discrets, souvent invisibles. Depuis une trentaine d'années, les routes de l'échange transnational ont connu de profondes mutations. Elles relient aujourd'hui la Chine, l'atelier du monde, à un " marché des pauvres " fort de quatre milliards de consommateurs, en Algérie, au Nigeria ou en Côte d'Ivoire. Pour apercevoir ces nouvelles " Routes de la Soie ", il faut se détacher d'une vision occidentalo-centrée et déplacer le regard vers des espaces jugés marginaux, où s'inventent des pratiques globales qui bouleversent l'économie du monde. On découvre alors une " autre mondialisation ", vue d'en bas, du point de vue des acteurs qui la font.
    Armelle Choplin est maîtresse de conférences en géographie à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, en accueil à l'Institut de Recherche pour le Développement. Elle a publié Nouakchott, au carrefour de la Mauritanie et du monde (Karthala, 2009) et Inconspicuous Globalization (Articulo, 2015 avec Olivier Pliez).
    Olivier Pliez est géographe, directeur de recherche au CNRS (UMR LISST, Toulouse). Il a publié Les Cités du désert. Des villes sahariennes aux saharatowns (PUM-IRD, 2011) et Migrations entre les deux rives du Sahara (Autrepart, 2005, avec Sylvie Bredeloup).

  • Qu'est-ce que le populisme ? D'où vient-il ? Quels sont ses théoriciens ? Que signifie la vague planétaire qui l'incarne ? En 260 notices et entrées et une centaine de contributeurs internationaux, la somme qui manquait sur la question.
    Eu égard aux polémiques qui l'accompagnent et à son omniprésence dans l'espace public, il faut prendre au sérieux la question populiste.
    Mais qu'est-ce que le
    populisme ? Depuis un demisiècle, les auteurs butent sur une définition. Sans doute parce que la réalité renvoie moins à
    un populisme qu'à
    des populismes. D'où le choix assumé du
    pluriel pour rendre compte de la richesse, de l'épaisseur et de la diversité du phénomène : un choix qui explique aussi bien le titre de ce livre que sa forme de dictionnaire.
    Un dictionnaire auquel ont contribué 107 auteurs de 12 nationalités différentes, spécialistes d'histoire, de littérature, de philosophie, de droit public ou de science politique, et qui ne comporte pas moins de 263 notices traitant aussi bien de thèmes que de pays, de partis, de mouvements, d'institutions ou de personnalités - avec pour ambition de permettre au lecteur de cerner plus précisément ce qui est devenu une réalité incontournable de la vie politique contemporaine.
    Eu égard aux polémiques qui l'accompagnent et à son omniprésence dans l'espace public, il faut prendre au sérieux la question populiste.
    Mais qu'est-ce que le
    populisme ? Depuis un demisiècle, les auteurs butent sur une définition. Sans doute parce que la réalité renvoie moins à
    un populisme qu'à
    des populismes. D'où le choix assumé du
    pluriel pour rendre compte de la richesse, de l'épaisseur et de la diversité du phénomène : un choix qui explique aussi bien le titre de ce livre que sa forme de dictionnaire.
    Un dictionnaire auquel ont contribué 107 auteurs de 12 nationalités différentes, spécialistes d'histoire, de littérature, de philosophie, de droit public ou de science politique, et qui ne comporte pas moins de 263 notices traitant aussi bien de thèmes que de pays, de partis, de mouvements, d'institutions ou de personnalités - avec pour ambition de permettre au lecteur de cerner plus précisément ce qui est devenu une réalité incontournable de la vie politique contemporaine.

  • Que n'a pas inventé la Rome antique ? Voici le tableau inédit et vivant des populismes qui ont déstabilisé la République. Une rétrospection enjouée et éclairante par un agrégé de lettres classiques, âgé de 26 ans.
    Il y a du Cicéron chez Emmanuel Macron, et du Clodius chez Donald Trump. C'est en historien de l'Antiquité que Raphaël Doan démontre que nous n'avons pas inventé le populisme. Les Romains, à la fin de la République, connaissent une lutte à mort entre ce qu'ils appellent les populares et les optimates. Appel au peuple, goût des solutions radicales, recours à la figure de l'homme fort : ces tribuns en toges et en sandales ressemblent trait pour trait à ceux du xxie siècle.
    Dans cette époque, avec son sénat et sa plèbe, ses discours et ses émeutes, ses guerres et ses violences, tout est d'actualité. Y compris la question essentielle : le populisme est-il le bouclier des humbles contre une élite sourde à ses revendications, ou le futur glaive des tyrans contre la liberté ?
    Un premier essai époustouflant, écrit avec une plume exemplaire.

  • Depuis plusieurs décennies, la France soutient activement les emplois de services à la personne. Aujourd'hui, le secteur compte 1,2 million de salariés, représentant plus de 5 % des effectifs totaux. Malgré ce succès apparent, cette stratégie n'est ni efficace ni juste. Elle crée un faible nombre d'emplois en comparaison de leur coût public. Précaires et mal rémunérés, ces emplois " bas de gamme " contribuent à la polarisation de notre société, ainsi qu'à l'augmentation des inégalités ethniques et de genre. En outre, l'État subventionne des services de confort pour les plus aisés, au détriment des services publics ouverts à tous. C'est ainsi qu'on en revient à une société de domestiques, comme au xixe siècle, avec de " nouveaux pauvres " au service de " nouveaux riches ". Heureusement, plusieurs pistes existent pour sortir de ce contre-modèle.
    Clément Carbonnier est maître de conférences en économie à l'université de Cergy-Pontoise (THEMA).
    Nathalie Morel est assistant professor en sciences politiques à Sciences Po (CEE, LIEPP).
    Ils animent tous deux l'axe socio-fiscal du Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP) à Sciences Po.

  • Le multiculturalisme serait l'alpha et l'oméga de la démocratie, le seul visage possible de la modernité. Mais comment en sommes nous arrivés là ? Comment des intellectuels ont imposé à la France et aux nations occidentales la notion d'« identités particulières », et comment lui ont-ils retiré celle d'« identité commune » ? Qu'est-ce qui se cache derrière le culte de la diversité ? Pour Mathieu Bock-Côté, mai 1968 marque le début d'une révolution inventée par une gauche métamorphosée. Constatant l'effondrement du marxisme, elle a inventé l'égalitarisme identitaire. Critique de l'Occident, déconstruction des traditions, invention de l'antiracisme, telles ont été les étapes d'un redoutable projet : la confiscation de la démocratie par une minorité. S'inspirant des oeuvres des plus grands penseurs de la modernité, de Tocqueville à Muray, en passant par Marcel Gauchet, Raymond Aron ou encore Jean-Pierre Le Goff, revenant sur cinquante ans de vie intellectuelle, de la faillite du communisme à la création de la contre-culture, en passant par l'avènement du droit de l'hommisme et de l'idéologie antidiscriminatoire, Mathieu Bock-Côté propose le décryptage lucide et sévère d'un autoritarisme qui ne dit pas son nom.

  • Le recrutement des nouvelles élites de l'État semble évoluer de manière accélérée. Les hauts fonctionnaires sont de plus en plus souvent passés par HEC ou l'ESSEC, avant ou après l'ENA. Certains d'entre eux quittent provisoirement le service de l'État pour rejoindre des grandes entreprises, des banques ou des cabinets de conseil, comme l'illustrent le parcours d'Emmanuel Macron lui-même et celui de plusieurs des membres de son cabinet. Les députés de la nouvelle Assemblée sont, eux aussi, en grand partie issus du monde de l'économie (plutôt qu'enseignants, journalistes ou avocats comme par le passé). Dès lors pèse le soupçon d'une collusion croissante entre ces diverses élites. Une " oligarchie " a-t-elle pris en main la direction de l'État, comme le soutiennent divers populismes ?
    Données quantitatives à l'appui, Pierre Birnbaum, sociologue et historien de l'État, propose une enquête d'une grande précision qui révèle une réelle transformation des élites du pouvoir dans les années 2000. Mais, loin des caricatures, il montre que l'État à la française acquis aux méthodes de gestion du privé n'en résiste pas moins, et que la majorité de ses serviteurs, grands ou petits, lui reste fidèle.
    Professeur émérite à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Pierre Birnbaum a publié au Seuil Les Sommets de l'État (1977), Les Fous de la République (1994), La République et le Cochon (2013) et Léon Blum, un portrait (2016).

  • Par l'auteur de la Soft-Idéologie, un éclairage total des moyens actuels de censure de masses. La face obscure de la société mondiale du tout-communication enfin révélée dans ses moindres détails.
    Pourquoi les convictions des " élites " ne séduisent-elles plus les masses ? Comment une guerre idéologique, que les libéraux avaient l'habitude de remporter, a finalement basculé ? En quoi les nouvelles technologies ont-elles été les premiers outils de ce renversement ?
    Pour comprendre ce phénomène à l'oeuvre, François-Bernard Huyghe part d'un constat : la gestion économique de droite alliée à des références morales de gauche se heurtent au mécontentement populaire. Ce qui ne serait rien si ce couple ne menait à l'effondrement de la crédibilité des appareils politiques, culturels et médiatiques. C'est donc une " crise de la séduction " à laquelle nous assistons. Les promoteurs de " la société ouverte " ont accumulé des erreurs qui ont non seulement conduit à leur effacement, mais ont aussi détruit un logiciel idéologique qu'il leur faudra, à terme, renouveler.
    Diagnostic lucide et sans concession, ce livre expose les moyens mis en oeuvre par les deux camps idéologiques pour imposer leur hégémonie.

  • Après le succès qu'ont rencontré les Considérations sur la France, le philosophe politique s'empare à la veille des élections européennes du passé, du présent et de l'avenir du Vieux Continent. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?
    Attaquée par les populismes, critiquée par ses membres, décrédibilisée aux yeux des citoyens, l'Europe, à la veille d'élections cruciales, traverse une crise grave. Dans un entretien passionnant, Jean-Claude Milner interroge les conditions de la survie de l'Union.
    Mythe de la fin de l'histoire, ennui de la paix, critique du néolibéralisme, le philosophe aborde aussi la justice sociale, dont il dénonce l'abandon au profit de l'enrichissement. La culture européenne, puisqu'elle existe, n'est pas à créer mais à retrouver.
    Dans ces entretiens éblouissants d'intelligence, de vivacité et de vérité, Jean-Claude Milner ne cède à aucun dogmatisme, pense le présent en mettant en perspective le passé et fait montre d'une pondération critique rare.
    De la vertu des Pères fondateurs à l'incurie de Bruxelles, c'est l'idéal européen qu'il s'agit de sauver.

  • Voix essentielle de la France insoumise, Bastien Lachaud dénonce ici nos aveuglements géopolitiques qui nous font endosser les conflits qui ne sont pas les nôtres. Un appel à revenir à la France libre.
    Depuis quelques années, un très étrange sentiment antirusse s'est emparé des élites politiques et médiatiques. De l'élection de Donald Trump à l'affaire Benalla, derrière n'importe quel problème du monde, Moscou serait forcément impliquée.
    Bastien Lachaud lance l'alerte : cette illusion a déjà fait naître une nouvelle guerre froide. Elle pourrait bientôt, tout simplement, ramener la guerre.
    Mais à l'heure des hackers et des fake news, comment démêler le vrai du faux ? L'élu de la France Insoumise reprend les critiques formulées contre la Russie et les remet en perspective. Il refuse ainsi la fausse alternative entre va-t-en-guerre et inconditionnels du Kremlin, et propose avec sagesse des pistes pour enfin renouer une relation apaisée avec un pays que l'histoire et la géopolitique désignent nécessairement comme un partenaire de la France.
    Un livre pour repenser la géopolitique du xxie siècle.

  • Pourquoi assistons-nous, impuissants, au délitement de notre démocratie ? Quels sont les liens qu'entretiennent les catholiques avec les droits de l'homme ? Pourquoi la défaite de 1940 est-elle à l'origine des crises que nous vivons aujourd'hui ? Jusqu'à quel point l'école reconduitelle les inégalités sociales ? C'est à ces questions et à bien d'autres, que Jean-Claude Milner a voulu répondre dans ce livre d'entretien. Des origines de la séparation des pouvoirs telles que conceptualisées par Montesquieu, au rôle des notables et de la petite bourgeoisie intellectuelle dans le jeu politique, de la guerre d'Algérie aux raisons qui en font, aujourd'hui encore, une ligne de fracture idéologique, du regroupement familial au port du voile dans l'espace public, sans oublier notre rapport ambivalent à l'État-Nation et à l'Europe... C'est en revisitant les traces du passé, que Jean-Claude Milner éclaire le présent. Après Relire la Révolution Jean-Claude Milner poursuit, avec cet échange vif mais nuancé, sa relecture de l'état de l'histoire de France.

  • Pour un traité de démocratisation de l'Europe Comment contenir le déferlement de la vague populiste qui risque de balayer nos démocraties ? Comment prévenir l'éclatement de l'Union européenne ? Pour en finir avec des politiques économiques disqualifiées, mettre l'austérité en minorité et lutter contre les inégalités, il est urgent de démocratiser le gouvernement de la zone euro. Rédigé par une équipe pluridisciplinaire de juristes, politistes et économistes, repris par Benoît Hamon, le projet de traité, ici présenté et commenté, institue une Assemblée parlementaire de la zone euro permettant de promouvoir la justice fiscale et sociale. Le traité peut être adopté en l'état par les pays qui s'y rallieront. Le texte est précédé d'une introduction qui expose sa mise en oeuvre de façon pédagogique. L'objectif est que chaque citoyen s'empare du débat européen et que les différentes forces sociales et politiques contribuent à améliorer ce projet et à nous sortir de la sinistrose ambiante. Stéphanie Hennette, professeure de droit public à l'université Paris Ouest Nanterre, Thomas Piketty, directeur d'études à l'EHESS, professeur à l'École d'économie de Paris/Paris School of Economics, Guillaume Sacriste, maître de conférences en science politique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne), Antoine Vauchez, directeur de recherche au CNRS.

  • De la conversion personnelle du jeune Emmanuel à la politique du président Macron envers les juifs, les catholiques, les protestants et surtout les musulmans, où vont les religions et la laïcité en France ? Une enquête biographique, une investigation citoyenne, un document choc fourmillant de révélations.
    En quoi croit Emmanuel Macron ? Pourquoi en appelle-t-il aux religions ? Que dit-il vraiment aux catholiques, aux protestants, aux juifs et aux musulmans ? Se veut-il le réformateur de l'islam de France ? Et envisage-t-il de bouleverser la laïcité ?
    C'est à ces questions, et à d'autres, que répond cette enquête inédite et exclusive. D'Amiens, et du baptême d'adolescence du président, à l'Élysée, et à la fabrication des grands discours sur la transcendance et la spiritualité, en passant par la rencontre avec Paul Ricoeur, les propos paradoxaux de campagne et les tractations officieuses avec les institutions confessionnelles, ce sont autant les mystères d'une vie et les secrets d'une politique que Salomon Malka dévoile.
    Mgr Georges Pontier, le pasteur François Clavairoly, le grand rabbin Haïm Korsia, Ahmet Ogras, mais aussi et entre autres Rémi Brague, Olivier Abel, Francis Kalifat, Ghaleb Bencheikh témoignent au cours de cette investigation qui passe des Bernardins au Conseil d'État, du CRIF au CFCM, de la PMA à la GPA et du communautarisme à la violence sociétale, sans cesser d'interroger les liens des cultes à l'État. Et si le moment religieux du quinquennat permettait, mieux que tout, de décrypter l'énigme Macron ?
    Une investigation sans précédent. Un livre indispensable.

  • Treize ans après la publication de son essai majeur, La Nouvelle Judéophobie, Pierre-André Taguieff signe une étude stimulante dans laquelle il explore et analyse les formes les plus récentes de la haine antijuive, portée par un antisionisme radical mâtiné de complotisme et une islamisation croissante de la cause palestinienne. La tuerie antijuive de l'« Hyper Cacher », porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, s'inscrit dans l'année terrible commencée le 26 janvier 2014 avec la manifestation parisienne « Jour de colère », mais aussi dans la dernière vague antijuive mondiale qui a débuté en octobre 2000 et touché particulièrement la France. Les actions jihadistes des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly montrent que, pour les islamistes radicaux, deux raisons suffisent pour mériter la mort : être juif, être « islamophobe ». La judéophobie contemporaine se caractérise avant tout par sa diffusion planétaire, qui lui fait perdre une grande partie de ses traits nationaux. La diabolisation des Juifs traverse désormais toutes les frontières. Dès lors, la lutte contre la judéophobie doit elle aussi être globalisée.

  • Souvenez-vous ! Le 2 avril 2011, Frédéric Lefebvre révèle à une journaliste que le livre qui l'a le plus marqué est Zadig Évoltaire, une « leçon de vie » à ses yeux. Eh bien ce conte philosophique oublié de François-Marie Enroué, nous l'avons retrouvé ! Grâce à l'humaniste délicat qui se cache sous le costume strict du secrétaire d'État au Commerce, nous redécouvrons cette fine analyse des moeurs politiques à la cour de Tsar Cosy, le prézydent de tous les Français de droite.

    Pour notre plaisir et notre édification, nous y croiserons la belle Starla, délicieuse première donna, et l'intrigante Samira, ancienne ministre de la Justesse en disgrâce, qui enflamment le coeur de Zadig Évoltaire, stagiaire ambitieux chargé de l'instruction littéraire du prézydent. Au gré des péripéties qui rythment l'ascension du jeune conseiller, nous ferons également la connaissance du redoutable Guéant Vert et du machiavélique Fiellon l'Ensablé, sans oublier ces satellites du pouvoir que sont Frédéric Déférant, Chirak l'Ancien, Ségoïste Royal ou la fille du Borgne national...

    Oui, vraiment, nous sommes heureux et fiers de vous offrir ce Zadig Évoltaire qui, au Panthéon de la littérature, a toute sa place auprès d'oeuvres impérissables telles que Ainsi parlait Zara ou Du côté de chez Swatch...

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