• « S'il est vrai qu'une philosophie digne de ce nom est avant tout un discours sur l'essentiel, qui se développe et se ramifie comme un arbre, ou éclate comme une fusée, avec plus ou moins de retard, la petite quantité des attitudes fondamentales doit corriger la pluralité indéfinie des oeuvres. » Cet ouvrage part de ceux qui ont réussi à faire cristalliser une approche, une attitude, un esprit, pour offrir au lecteur la reprise des étapes majeures de l'aventure de la pensée occidentale depuis Parménide jusqu'à Sartre et Bruaire en passant par Platon, Descartes, Spinoza, Kant, Marx, Nietzsche ou encore Bergson.

  • La Consolation est un texte unique dans l'antiquité, où une figure allégorique, Philosophia, s'adresse à son élève (Boèce) et lui apporte la consolation de son enseignement (évidemment une présentation du monde de type néo-platonicien). Ce dialogue est l'OEuvre d'un haut personnage romain chrétien, sénateur et patrice, emprisonné et accusé de haute trahison, alors qu'il attendait la mort, vers 524 après J.-C.. Cette situation « d'urgence » et d'imminence de la mort (pensons à celle de Socrate), démentie par la belle sobriété du texte, est devenu un modèle pour la philosophie, dernier rempart de la beauté et de la méditation, symbole de résistance à l'oppression et de méditation sur la condition humaine.
    La Consolation de Philosophie devait devenir l'un des ouvrages fondamentaux du Moyen Age, à côté de ceux de St Augustin, de St Benoît et de Bède le vénérable. C'est évidemment aussi un lointain modèle de la Divine Comédie de Dante. Boèce est un parfait représentant de la haute culture italienne de l'époque, déchirée entre sa fidélité à une tradition classique tenace (les satires grecques ou latines, la philosophie grecque, les consolations de Cicéron, Ovide ou Sénèque) et les réalités politiques de son temps, celui de l'Empereur Justinien (occupation par les Goths, la persécution des chrétiens, attrait d'un Orient encore brillant de sa vie culturelle).
    La présente traduction, inédite, tient compte de très nombreux travaux modernes ; elle est due à un spécialiste de Boèce, Jean-Yves Guillaumin, professeur à l'Université de Franche-Comté.

  • Chaque jour, nous recevons une quantité d'informations et notre cerveau peine à les traiter de manière rationnelle. Comment discerner alors les messages de notre intuition au milieu de toutes ces informations ? Que nous invite-t-elle à retenir et vers quels choix nous dirige-t-elle pour prendre les bonnes décisions ?
    C'est la question la plus courante au sujet de l'intuition car il est souvent difficile de faire le choix entre intuition et raison. Dès qu'une pensée sort un peu du cadre habituel, elle peut être sabotée par plusieurs autres, plus rationnelles ou raisonnables, pour la ramener dans le « droit » chemin.
    Avec l'intuition, la prise de décision se fait avec plus de légèreté et de paix intérieure.

    /> C'est la voie que propose ce livre : ne pas s'épuiser à réfléchir mais développer une écoute fine de ses ressentis et des messages de l'intuition, de manière ludique et tranquille.

  • « Je me proposai, pour ma thèse de doctorat, d'étudier les concepts fondamentaux de la mécanique. C'est ainsi que je fus conduit à m'occuper de l'idée de temps. Je m'aperçus, non sans surprise, qu'il n'est jamais question de durée proprement dite en mécanique, ni même en physique, et que le "temps" dont on y parle est tout autre chose. Je me demandai alors où est la durée réelle, et ce qu'elle pouvait bien être, et pourquoi notre mathématique n'a pas de prise sur elle. De ces réflexions est sorti l'Essai sur les données immédiates de la conscience où j'essaie de pratiquer une introspection absolument directe et de saisir la durée pure » (Bergson, lettre à G. Papini, 21 octobre 1903).
    /> À la croisée de la psychologie et de la métaphysique, le premier ouvrage de Bergson, paru en 1889, contient en germe l'ensemble de sa philosophie. En nous invitant à nous déprendre de nos cadres de pensée figés, il y montre que le temps n'est pas une réalité physique, mais une dimension de la conscience vivante, et, tissant un lien entre philosophie de la conscience et théorie de l'action, il aborde à nouveaux frais la question de la liberté.

    Édition établie sous la direction de Paul-Antoine Miquel
    Présentation, notes, chronologie et bibliographie par Emmanuel Picavet
    Annexe sur « Bergson et l'invention de la durée » par Sébastien Miravète

  • Si les sciences ont généré des progrès indiscutables, elles suscitent aussi des inquiétudes. Auraient-elles trahi nos attentes? Seraient-elles responsables, en nous instituant «maîtres et possesseurs de la nature», du dérèglement climatique, de la pollution et de la destruction de la biosphère? L’accusation est trop simpliste, car la science n’est pas indépendante de son contexte socioéconomique et ses applications techniques sont d’abord inscrites dans des choix de société. La science peut tout à fait nous aider à construire un monde où il fait bon vivre, mais l’expérience a montré que le primat du profit la détourne d’un tel objectif.
    En sa qualité de citoyen et d’enseignant-chercheur, Jean-Marie Vigoureux dénonce ainsi le détournement de la science et la marchandisation non régulée de ses applications. Il nous montre comment sciences et techniques servent davantage la finance et la grande industrie que le développement humain, mais aussi pourquoi les valeurs développées par la pratique des sciences sont tout aussi indispensables à notre humanité qu’elles sont essentielles à la démocratie.
    À l’heure où la crise environnementale menace l’humanité dans son existence même, l’émergence d’une réelle science éthique et citoyenne requiert donc la remise en cause du libéralisme et la refondation de nos démocraties autour de l’idée d’un progrès véritable qui ne peut se concevoir que dans la justice et le partage. Comme aimait le rappeler Albert Einstein: «Il est illusoire et dangereux de tout attendre de la science, car la connaissance de ce qui est ne nous renseigne jamais sur ce qui doit être. […] La science peut nous permettre de réaliser les buts que nous nous fixons, mais la détermination de ces buts est en dehors de son domaine. Pour décider du changement, il faut faire appel à des objectifs qui relèvent d’un choix volontaire.»

  • En citoyen philosophe, Cicéron démonte ici, avec une logique implacable, les mécanismes de la crédulité et de la superstition. Conformément aux idéaux de la cité antique, il défend la liberté de pensée face aux dieux et à l'angoisse qui paralyse.
    Cet ouvrage vif et ironique, qu'on lit d'une traite, est éminemment actuel en notre temps où se multiplient les intégristes et sectaires de tout bord. Il passionnera aussi par ses descriptions captivantes sur la voyance, l'astrologie, l'interprétation des rêves ou les oracles grecs et romains.
    Pour la plupart de ces techniques divinatoires antiques, cet ouvrage constitue, dans un style vivant et avec un humour féroce, le seul témoignage qui soit parvenu au monde moderne.

  • De 1750 à 1830, l'Europe traverse une époque d'intenses bouleversements politiques et sociaux. Entre ces deux dates, la Révolution française éclate comme un coup de tonnerre qui met à l'ordre du jour l'émancipation historique de l'humanité. Elle constitue un événement total : pour la première fois, la liberté devient, à la place de Dieu ou de la nature, le principal objet de la pensée, puisque la souveraineté du peuple et l'autonomie deviennent les horizons de la philosophie.
    De Rousseau, qui élève la liberté au rang de toute légitimité, à Hegel et aux idéalistes allemands pour qui l'esprit est liberté, en passant par Kant qui consacre le droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes et fait de la liberté l'absolu à l'échelle de la finitude humaine, cet ouvrage revient sur les théories qui ont marqué cette période et continuent d'influencer notre histoire démocratique.



  • « Le rationaliste est l'ennemi de l'autorité, des préjugés, de ce qui est traditionnel. Il est porté par la croyance en une "raison" commune à toute l'humanité, en un pouvoir commun d'examen rationnel, qui serait le fondement et la force vive de l'argumentation. Au-dessus de sa porte se trouve inscrit le précepte de Parménide : "Juge par argumentation rationnelle." J'avoue moi aussi garder espoir en la raison. Certes, elle est fragile, nourrie par nos passions et sentiments, et sa flamme prométhéenne doit toujours être entretenue de peur qu'elle ne vacille et s'amenuise. Mais cet espoir est justifié. »
    On entend souvent aujourd'hui qu'au fond, la vérité, les faits objectifs n'existent pas, qu'il n'y a pas de points de vue qui soient réellement plus rationnels que d'autres. La raison passe également pour autoritaire et antidémocratique : elle conduirait à l'intolérance, au dogmatisme, au non-respect de la multiplicité des points de vue. Professeur de philosophie à l'université du Connecticut, Michael Lynch répond aux différents arguments avancés contre la raison - de ceux du scepticisme ancien à ceux du relativisme postmoderne - et soutient qu'elle est précisément ce dont les démocraties ont besoin pour être véritablement démocratiques.


  • L'intuition est une capacité universelle : à l'instar de la musique ou d'une langue étrangère, elle se travaille et se cultive pour devenir un guide intérieur, un phare qui nous éclaire et nous accompagne sur notre chemin de vie.

    Dans ce livre, Marie-Estelle Couval et Alexis Champion vous emmènent à la découverte de votre intuition. Forts de leur solide expérience de formateurs, ils vous présentent une méthode rigoureuse et efficace pour accéder, pas à pas, à votre potentiel intuitif. Pour la première fois, le processus scientifique de l'intuition est explicité en détail. Vous saurez tout sur la façon dont l'intuition se manifeste et comment la convoquer à volonté.
    Didactique et pédagogique, cet ouvrage explique :
    - Les étapes pour interroger efficacement vos ressentis et vos sens.
    - La façon d'utiliser votre mental et vos émotions pour ne plus les subir.
    - La bonne attitude à adopter pour « intuiter » au quotidien.
    - De nombreux exercices et exemples pour pratiquer votre intuition régulièrement, aussi bien dans votre vie personnelle que professionnelle.

    La méthode efficace pour éclairer votre vie !

    Grâce à cet ouvrage complet, vous aiguisez votre intuition et vous vous familiarisez avec votre propre fonctionnement mental et physique. En faisant appel à toutes vos facultés, vous percevez mieux le monde qui vous entoure et vous progressez sur le chemin qui mène à vous-même.

  • C'est par l'injuste que nous entrons dans le domaine de la justice, disait Ricoeur. Or, partout, depuis Sidi Bouzid jusqu'à Wall Street, en passant par la place Tahrir et celle de la Puerta del Sol, ceux qui sont victimes de l'injustice crient leur souffrance. Plus que des attentes, ils manifestent des exigences de justice sociale. Mais la justice sociale est-elle possible ? Est-elle réalisable ? Les réponses des théories contemporaines de la justice sont insatisfaisantes. Ainsi que l'a montré Sen, elles se déchirent entre des approches idéales qui s'enferrent dans des considérations vaines sur la société parfaitement juste et des approches comparatives qui proposent une pluralité de critères d'évaluation sociale qui peuvent être contradictoires entre eux.
    Feriel Kandil se ressaisit de la question en portant l'éclairage sur les conditions de possibilité de la justice sociale, qui sont aussi ses conditions de réalisation. Pour ce faire, elle s'appuie sur les travaux de Paul Ricoeur et d'Éric Weil. Une approche renouvelée de la justice est ainsi proposée, qui considère la justice sociale non pas seulement, à la manière de Rawls, comme une vertu des institutions, mais également comme une propriété de la bonne action publique, c'est-à-dire de celle qui contribue au bien-vivre ensemble dans des institutions justes.

  • Ceci est la première traduction française de La Plainte de la Nature (De Planctu Nature) d'Alain de Lille (1120?-1202). Ce prosimètre, écrit vers 1167-1173 et inspiré de la Consolation de Philosophie de Boèce, exprime la plainte conjointe de la Nature et de l'auteur sur le triste état de l'humanité. Après une présentation détaillée et pittoresque de la Nature et de son rôle, la plainte porte sur l'extension généralisée de l'homosexualité, thème traité dans un jeu étourdissant de figures grammaticales. Puis elle passe aux autres fléaux dominants : argent, corruption, mensonge, alcool etc., en insistant sur le cas des moines. En seconde partie, la « plainte » prend un sens juridique et la Nature porte plainte contre ceux qui la bafouent, en particulier un mystérieux « seul devant tous les autres ». Dans l'oeuvre on entend aussi une plainte de l'auteur sur lui-même. Cet aspect autobiographique est étudié dans l'Introduction. L'ouvrage, écrit dans un esprit de dépit et de révolte, voit dans la Nature et la Raison les points d'appui de l'homme pour ne pas tomber dans la monstruosité et l'aberration. D'abord ignorée, La Plainte de la Nature n'apparaît qu'à la fin du XIIIe siècle. Son rationalisme soumis à la Nature influença profondément Jean de Meun dans son Roman de la Rose et Rabelais y trouva bien des thèmes satiriques.

  • ÉDITORIAL
    Le temps du soin - Nathalie Sarthou-Lajus
    INTERNATIONAL
    Philosophie virale - Guillaume le Blanc
    La crise du coronavirus - Étienne Perrot
    SOCIÉTÉ
    Pour une recherche médicale plus attentive au réel - Didier Sicard
    Méditation pascalienne sur le confinement - Laurence Devillairs
    Leçons sur le retard - Entretien avec Hélène L'Heuillet
    RELIGION
    Jacques Ellul : une espérance pour un monde sans issue - Frédéric Rognon
    Raison et foi : des rapports revitalisés - Nathalie Sarthou-Lajus
    CULTURE
    Les formes contemporaines de censure - Entretien entre Jean-Baptiste Amadieu et Carole Talon-Hugon

    Sans oublier les chroniques, expos, films, livres...

  • Nier l'existence d'un droit de résistance, n'était-ce pas aussi pour Kant une façon de défendre l'État issu de la Révolution française ? Tel est le point de départ choisi par D. Losurdo pour procéder à une relecture de l'ensemble de la pensée politique kantienne : face à toutes les « incohérences » que celle-ci semble comporter, face à tant de « duplicités », mi-calculées, mi-imposées par le contexte allemand et européen de l'époque, peut-on encore s'en tenir à l'image traditionnelle d'un homme exclusivement préoccupé de rigueur morale et de défense de l'ordre établi ? Le lien entre persécution et art d'écrire que laisse deviner le texte kantien ne suggère-t-il pas, au contraire, une toute autre figure, plus dramatique et moins rassurante ? Celle d'un philosophe contraint de se livrer à un exercice permanent d'autocensure et de dissimulation pour échapper à la vigilance des autorités prussiennes ? Et celle d'une théorie politique dont l'ambiguïté ne fait que réfléchir ce qui, dans les conditions de l'Allemagne contre-révolutionnaire, constitue le prix à payer pour tout intellectuel progressiste désireux de jouir d'une relative liberté d'expression : la laborieuse recherche d'un compromis avec le pouvoir en place.

  • https://youtu.be/rGPaIKFkUM8

    Dépendant affectif ou sexuel, cyberdépendant, accro au cannabis, au travail, au jeu, à la nourriture... Sommes-nous tous potentiellement dépendants ?... Quels sont ces liens si particuliers que nous établissons avec la dépendance jusqu'à ne plus pouvoir nous en passer ? Quelles différences y a-t-il entre dépendances et addictions ? Que vient panser ou combler la dépendance au point de devenir une habitude déconnectée de notre raison ? Y a-t-il des points communs à toutes les formes de dépendance ? Autant de questionnements et paradoxes soulevés par Corinne Van Loey dans cet ouvrage de réflexion. L'auteure nous présente un nouvel éclairage, une vision personnelle de la dépendance, une analyse de l'origine de toute forme de dépendance, de nouvelles pistes de réflexion, une meilleure compréhension du processus addictif et des solutions pour que thérapeutes et patients parviennent à dépasser cette souffrance, accèdent au mieux-être et trouvent une issue au sentiment d'impuissance. Pour que le « subir » se transforme en « choisir » laissant place à la motivation, au changement et à la liberté. cannabis

  • Le titre de cet ouvrage, inspiré de Kant, ouvre un espace immense : celui qu'explore en tous sens, en frayant les trajets multiples de sa recherche, la pensée contemporaine. Réunies dans une collaboration significative, on trouvera ici une quarantaine de contributions, offrant une sorte de coupe ou d'analyse spectrale du tissu vivant de la culture qui est en train de se créer. Elles relèvent pour majeure partie de la philosophie, mais également de la théologie, de la psychanalyse, de la critique littéraire et d'autres sciences humaines. Ceux qui les signent sont tous d'éminents et brillants spécialistes. Le moindre intérêt de ce livre n'est pas de rassembler leurs noms et leurs styles si différents, mais si proches dans leur intelligence et leur bonheur de penser. Un instrument unique de réflexion et d'information est ainsi offert au lecteur qui veut lui aussi penser avec son temps.

  • Leggere Fichte è uno dei frutti del lavoro di comune e libera discussione intorno ad alcuni importanti aspetti del pensiero di J. G. Fichte (Rammenau, 1762 - Berlino, 1814), che da alcuni anni - sulla base della solida tradizione italiana negli studi sulla filosofia classica tedesca - è svolto dai partecipanti ai seminari bolognesi della Rete italiana per la ricerca su Fichte: un'organizzazione informale di studiosi del pensiero fichtiano (in particolare) e della filosofia classica tedesca (in generale), che, promossa tra gli altri da Claudio Cesa, Carla de Pascale, Marco Ivaldo, Giuseppe Duso, riunisce periodicamente studiosi affermati, giovani ricercatori, dottorandi e laureandi nella discussione critica di temi significativi della filosofia fichtiana.In questo terzo volume, presenta invece contributi intorno alle complesse relazioni storico-teoriche che, nell'ambito di questioni di filosofia tanto teoretica quanto pratica, intercorrono tra Fichte e i suoi contemporanei: Kant (Ivaldo); Jacobi e Kant (Acerbi); Schlegel e Schleiermacher (Picardi); Hegel (Tafani; Furlani).

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    Le bonheur, qu'est-ce que le BONHEUR et comment l'obtenir ?
    Voilà la question qui n'a de cesse de nous préoccuper et dont le talentueux Frederic Paulhan s'empare pour nous offrir ses plus pertinentes réflexions philosophiques.
    EXTRAIT : « Le pessimisme est un problème à la mode. On s'en est beaucoup occupé, soit pour le défendre, soit pour le combattre ; mais le sujet n'est pas épuisé et ne le sera peut-être jamais. Les considérations que je présente ici n'ont nullement pour but de résoudre définitivement la question, dont je ne veux examiner que quelques points. La valeur de la vie humaine ne peut en effet s'établir sans des raisonnements fondés sur un nombre incalculable de faits que personne ne connaît peut-être suffisamment encore, que je ne connais pas à coup sûr. S'il est déjà difficile et presque impossible pour chacun de nous de dire à peu près ce que vaut sa vie propre, à plus forte raison la difficultés augmente-t-elle ou l'impossibilité se montre-t-elle mieux quand il s'agit de porter un jugement sur la vie de l'humanité en général et non seulement sur la vie telle qu'elle s'offre à nous actuellement, mais sur la vie que nos descendants pourront avoir un jour.
    La première question qui se pose est celle-ci : Qu'est-ce qui donne de la valeur à la vie ? La réponse ici est relativement facile. Ce qui fait la valeur de la vie, d'une manière générale, c'est le bonheur. M. Spencer a très bien établi ce point dans sa Morale évolutionniste, une remarque se présente cependant, et il convient de l'examiner avant de passer outre. »

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    Cette nouvelle fut écrite par Nikolaï Gogol, romancier, dramaturge, nouvelliste, poète et critique littéraire d'origine ukrainiene. Il est considéré comme l'un des meilleurs écrivains de la littérature russe. Il nous livre ici le journal intime de
    Poprichtchine, un fonctionnaire qui perd petit à petit tous rapports à la réalité jusqu'à finir par perdre totalement la raison.


    Le texte prend un sens quasi-prémonitoire quand on sait que Gogol a lui aussi été employé dans un ministère et qu'il a fini sa vie fortement déprimé, en proie à des délires paranoïaques.

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    Texte suivi de Le Déisme, évolution de la théologie par Thomas Henry Huxley in Hume. Sa vie, sa philosophie, 1880.

    Ce texte est la dernière oeuvre du philosophe anglais David Hume inspiré du texte antique De Natura Deorum de Cicéron. Ce dialogue fictif est découpé en douze chapitres pendant lesquels les personnages débattent de la nature de Dieu. David Hume à l'image du mouvement des Lumières tente de construire une religion naturelle, une croyance religieuse philosophique basée sur la Raison, sur les oeuvres de la Nature.
    Extrait : « Dans cette petite portion de l'univers, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération et la végétation qui ressemblent l'un à l'autre et sont les causes d'effets similaires. Quel nombre d'autres principes ne pourrons-nous pas supposer naturellement dans l'étendue et la variété immense de l'univers, s'il nous était donné de voyager de planète en planète et de système en système, pour examiner toutes les parties de cette vaste machine ? Il n'est pas un de ces quatre principes (et l'esprit de conjecture pourrait en découvrir cent autres) qui ne puisse nous fournir une théorie pour juger de l'origine du monde, et c'est montrer trop à découvert sa partialité que de borner absolument nos idées au principe qui détermine les opérations de nos esprits. Si, par cette raison, ce principe était plus à notre portée, on pourrait encore excuser une pareille partialité. Mais la raison nous est aussi peu connue dans son mécanisme intérieur que l'instinct ou la végétation, et peut-être que la nature, ce mot vague et indéterminé auquel le vulgaire est accoutumé de tout rapporter, n'est, dans le fond, pas plus facile à expliquer. L'expérience nous fait connaître tous les effets de ces principes, mais les principes eux-mêmes et la manière dont ils opèrent nous sont absolument inconnus : il est aussi intelligible, aussi conforme à l'expérience de dire que par la végétation, le monde a été produit d'une semence jetée par un autre monde, que de dire qu'il s'est formé par la raison et le génie divin, dans le sens que Cléanthe l'entend. »

  • Après le décès de leur père, Isobel et Helen Westlake sont forcées d'abandonner la demeure dans laquelle elles ont grandi et déménagent à Chester dans le nord de l'Angleterre. Tandis qu'Isobel entretient une relation amicale avec Adam, tout en tentant de mener sa carrière et de veiller sur sa cadette, Helen fait la connaissance du flamboyant Oliver Vane... Amour, frustration et surtout vérités cachées sont au rendez-vous de cette réécriture moderne de Raisons et sentiments de Jane Austen.

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    « L'homme est né pour le plaisir : il le sent, il n'en faut point d'autre preuve. Il suit donc sa raison en se donnant au plaisir. »


    Le Discours sur les passions de l'Amour reste une énigme littéraire, il fut attribué à Blaise Pascal mais cette paternité reste le sujet de débats enflammés encore de nos jours.
    Ce texte a pour thème l'amour-passion, conçu à la fois comme une expression et un dépassement de la raison. Un texte entouré de mystères où les sentiments sont abordés et analysés avec la rigueur d'un traité de physique.

  • Les Dialogues non moins profitables que facétieux ont paru en 1565, soit après la mort de l'auteur. Ils sentaient un peu le fagot... mais connurent un assez grand succès à l'époque (onze éditions de 1565 à 1602). Mais depuis 1870, on n'avait pas republié ces textes si savoureux et audacieux. À la manière de Montaigne, Tahureau traite des petits et des grands sujets, de la vanité, des danses, des voyages, se moque des médecins, des juristes, des théologiens, et même de la religion. Dans son introduction, M. Gauna évalue l'épicurisme de l'auteur et réexamine la délicate question de la libre-pensée à la Renaissance. Dans ses notes et commentaires, il explique les allusions et passages difficiles.

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    Dans ce texte, l'axe principal de la comparaison entre le christianisme et le judaïsme est le rapport au politique. Elie Benamozegh, rabbin et philosophe, remet en question les termes classiques de cette comparaison en expliquant qu'elle a été jusqu'à ce jour mal réalisée dans la mesure où un aspect majeur du judaïsme est resté dans l'ombre. Sa théorie générale tient au fait que, selon lui, le judaïsme est un système double, à la fois un code civil et une morale, une politique et une religion ; le christianisme ayant de son côté annulé en lui le code pour ne garder que la morale.

    EXTRAIT : « En attendant, s'il est quelque chose qui retarde l'avènement de ce grand jour, c'est la supériorité que s'arroge le fils sur son vieux père, - le christianisme sur la religion d'Israël, - en fait de morale. S'il y a un outrage qu'un père ne puisse endurer sans s'avilir, c'est sans contredit celui-là. A la vérité, à la critique, à l'opinion, le devoir et la tâche d'examiner cette prétention, de vider ce procès qui dure depuis des siècles. Bien des fois, hélas ! l'hébraïsme a dû en entendre le reproche ; bien des fois s'est réalisée sur lui la terrible prédiction d'Isaïe : que, dans son martyre séculaire, à la persécution se joindrait la calomnie. Serait-il arrivé le jour de la justice, de l'impartialité, de la bonne critique ? Espérons-le. Déjà des plumes savantes ont travaillé à la grande oeuvre ; déjà l'opinion est émue, ébranlée, et l'on parle, dans la haute critique, de certaines maximes judaïques (telles que la célèbre réponse de Hillel au prosélyte) qui avaient devancé et inspiré le fondateur du christianisme.»

  • La valeur de la raison dans la pensée de Pascal est loin d'être évidente. Alors que les écrits scientifiques témoignent d'une rigueur rationnelle remarquable et vont parfois jusqu'à défendre la raison humaine, dans les écrits apologétiques, on observe un changement de style et l'apparition d'une certaine critique de la raison. Comment définir le statut de la raison humaine dans l'ensemble de l'oeuvre de Pascal ? Y a-t-il une rupture entre les oeuvres scientifiques et apologétiques, une rupture qui s'exprimerait par la critique de la raison que Pascal exerce dans les Pensées? Ou s'agit-il plutôt d'une redéfinition de l'usage de la raison et de l'élaboration d'une nouvelle rationalité non géométrique et non cartésienne dans les écrits apologétiques ? Cet ouvrage retrace l'itinéraire de la raison, des connaissances naturelles aux connaissances surnaturelles, des mathématiques et de la science de la nature à la théologie et à l'apologétique. Les analyses mettent en lumière la force de la raison chez Pascal, force qui provient de la connaissance claire et humble de ses propres limites et qui prend sa source dans une lumière surnaturelle et la certitude du coeur.

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