• Depuis la Seconde Guerre mondiale, le "réfugié" préfère en général l'appellation de "nouvel arrivant" ou d'"immigré", pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié. Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

    Née en 1906, Hannah Arendt fut l'élève de Jaspers et de Heidegger. Lors de la montée au pouvoir des nazis, elle quitte l'Allemagne et se réfugie eux Etats-Unis, où elle enseigne la thoérie politique. À travers ses essais, tels que La Condition de l'homme moderne, Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalemou encore Le Système totalitaire, elle manifeste sa qualité d'analyste lucide de la société contemporaine. Elle meurt en 1975.

  • « Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution », écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à lasile. Le fils dEinstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement.
    Trois destins sentrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et dépopée dun géant. Laurent Seksik dévoile un drame de lintime où résonnent la douleur dune mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.

  • Normal

    Warren Ellis

    Prévoir le futur. Certains nomment ça fixer l'abîme. À Normal Head on accueille des veilleurs stratégiques civils ou militaires rendus fous par leurs visions de bouleversements géopolitiques, guerres de drones et apocalypses diverses. Quand on retrouve à la place d'un patient un tas d'insectes dans son lit, les névrosés et déséquilibrés de l'institut se lancent dans une folle enquête, entre aliénation et surveillance...

  • Ça fait longtemps, qu'il y a des migrants ? Comment protège-t-on les réfugiés ? Les enfants, ils migrent aussi ?Migrants, réfugiés, sans-papiers... un livre pour lutter contre les idées fausses et les préjugés, comprendre l'actualité et changer notre regard sur « les autres ».Écrit par Bérangère Taxil, professeure de droit international, spécialisée en droit des réfugiés, et Émilie Lenain, juriste spécialisée en droit des étrangers.

  • Papiers

    Violaine Schwartz

    "Un jour, j'ai réussi à passer.
    Dans un camion de kiwis.
    J'avais déplacé les cartons de fruits pour me cacher derrière.
    Trente-huit heures, je suis resté dans ce camion fermé.
    Trente-huit heures.
    Toutes les demi-heures, ils allumaient le froid.
    On était deux dans les kiwis, mais l'autre, il est parti en Finlande."

  • Le mot de «  psychiatrie  », la «  médecine de l'âme  », ne date que du début du xixe  siècle. Il recouvre toutefois un ensemble d'observations et de pratiques remontant à la plus haute Antiquité, dont Hippocrate et Gallien ont réalisé une vaste synthèse en fondant la théorie des humeurs, base d'une approche nouvelle, prescrivant aux médecins de rétablir un équilibre corrompu chez leurs malades.Aux traitements médicaux, exercices physiques, diète, bains, purgations a longtemps été associé le recours à Dieu et à ses saints, dans le cadre de pèlerinages et de séances d'exorcisme. Et si la médecine reconnaît ensuite que la folie est curable, elle recourt à des traitements d'immersion, de secousse, d'électrisation, à des prescriptions visant à remplacer le mal par le mal, à des machines rotatoires qui, pour avoir souvent été expérimentés par les praticiens eux-mêmes, n'ont souvent rien à envier aux méthodes des périodes antérieures. À cette époque aussi, la sexualité peut constituer un dérèglement psychiatrique... comme un traitement.Après la période des traitements de choc et de la chirurgie du cerveau, ce n'est qu'au milieu du xxe  siècle qu'apparaissent les psychothérapies, les physiothérapies et les médicaments psychotropes efficaces... bien qu'ils ne soient pas tous sans dangers  !Des remèdes ancestraux les plus insolites aux médications récentes, l'auteur nous offre un panorama inédit et fascinant de la psychiatrie à travers l'Histoire.  Psychiatre hospitalier à Paris et ancien président de la Société médicale des psychiatres des hôpitaux, Michel Caire est également docteur en histoire à l'École pratique des hautes études. 

  • Le labyrinthe d'une vie

    Adam Foulds

    En 1840, John Clare, poète autrefois encensé mais désormais oublié, choisit de se faire interner dans un établissement psychiatrique pour lutter contre une forme sévère de dépression. Au même moment, Alfred Tennyson, jeune écrivain déjà célèbre, s'installe dans le village voisin et devient proche du docteur Allen, le progressiste directeur de l'asile. Au-delà des murs de l'institution se trouve tout ce à quoi Clare, le « poète paysan », aspire : la beauté de la nature et les femmes de sa vie - Mary, son amour d'enfance, et Patty, son épouse. Sous la plume lyrique et sensuelle d'Adam Foulds, le monde clos de l'asile prend vie, du personnel médical aux patients, des fous à la logique éperdue emplis de désespoir, de violence mais aussi de fantaisie.

    Né en 1974, Adam Foulds est romancier et poète. Il est titulaire d'un master d'écriture créative de l'université d'East Anglia.
    Le Labyrinthe d'une vie a été finaliste du Man Booker Prize et a remporté l'Encore Award et le Prix de l'Union européenne de littérature. Son recueil de poésie, The Broken Word (2008) a remporté le Costa Poetry Award et le Somerset Maugham Award. Le magazine Granta l'a récemment qualifié comme un des meilleurs jeunes écrivains britanniques.

  • « Or çà, mes hôpitaux de ces dernières années, adieu ! Sinon au revoir ; alors, salut ! En tout cas ; j'ai vécu calme et laborieux chez vous. »Ruiné depuis la mort de sa mère, souffrant de nombreux maux (ulcères, syphilis...), Paul Verlaine (1844-1896) vit ses dix dernières années entre l'hôtel et l'hôpital. Il y multiplie les séjours, commence par Tenon, finit par Bichat, fréquente entre-temps Cochin, l'asile de Vincennes, Saint-Antoine, Saint-Louis, préfère Broussais. Dans ses chroniques de la vie hospitalière, le poète se mue en prosateur d'un quotidien rugueux.

  • C'est l'histoire d'un homme, Waberi Abdulaziz Nuur, devenu Aziz Kassim Mohamed au fil du temps et des deuils. L'homme ne parle plus : il est mort. Il n'est plus là pour raconter les traces que la vie a laissées sur son corps, sa naissance à la frontière du Kenya et de la Somalie, l'exil, ce long et terrible voyage qui l'a mené de la Somalie à Montréal, la perte des siens, l'amour des siens. Sa fille se fait l'interprète de ses rides et de ses cicatrices. Sa voix est empreinte de tendresse pour cet homme, ce père.

  • La France dans la deuxième moitié du XIXème siècle a été terre d'espoir, d'asile et d'assimilation pour nombre d'habitants d'Europe-centrale. Le destin fera se rencontrer à Paris quatre familles : juive polonaise, germanique d'Hermannstadt, lorraine, aveyronnaise...

  • « Un jour, j'avais dix-sept ans, j'ai disparu de moi. » Pendant près de soixante ans, Pierre Argan a vécu absent à lui-même, sur l'île de Luz où il a été interné. Mais ce matin de septembre, le vieil homme se réveille. Il remonte alors le cours de sa vie, se souvient peu à peu de son enfance, de son premier amour Margot... et de cette journée d'automne, en 1942, où tout a basculé.
    « L'amour est cette ombre parfumée qui ne vous quitte jamais... » Un roman poétique et envoûtant, qui nous parle de mémoire, de création, d'exil et d'amour.

    Les avenirs est le premier roman d'Hafid Aggoune. Il a reçu le prix de l'Armitière 2004 et le prix Fénéon 2005, et fait aujourd'hui l'objet d'une nouvelle édition.


    Ce livre est à lire absolument - Edmonde Charles-Roux, présidente de l'Académie Goncourt

    « Les avenirs » est un sacré livre : avec ce qu'il faut de style et d'intensité dans l'écriture et une histoire si bien sentie qu'on la jurerait vécue par l'auteur lui-même, s'il n'était né trente ans après l'Occupation... - Anne Crignon, Le Nouvel Observateur

  • Bien en sécurité dans son appartement de la rue Cartier, à Québec, un homme rédige des listes de manière compulsive; il se tient prêt. Guerre mondiale, bactériologique, civile : il possède un plan pour chacune de ces éventualités - elles surviendront, il n'y a rien de plus certain. Il prévoit tout, jusqu'à l'extrême. Surtout ne pas parler; personne n'est digne de confiance lorsque l'on a quelque chose à cacher.
    Le Plan accompagne ce personnage qui n'a qu'une seule envie : vivre selon ses propres règles, avec ses propres peurs, à une époque où le « social » prend de plus en plus de place.
    Ce roman, drôle et terrible à la fois, pose de multiples questions sur la différence et la folie, sur notre rapport au monde et nos anxiétés quotidiennes, qu'elles soient en lien avec notre identité ou les repas congelés que l'on avale.

  • Présentation de l'ouvrage : Porté par un souci constant de mieux comprendre les patients atteints de psychoses au long court, l'auteur tente d'en éclairer les mécanismes profonds en se référant aux études sociologiques et surtout psychanalytiques de diverses écoles. Le rôle des équipes infirmières, en contact plus étroit avec les patients que ne peut l'être les médecins, apparait un apport incontournable dans la cohérence théorique et la pratique des soins et du suivi des patients. Des exemples cliniques permettent de mieux comprendre l'indispensable étayage d'une psychologie des profondeurs, dont une compréhension partagée est le minimum exigible pour qu'une équipe soit solidaire et stable dans sa pratique. Trois expériences différentes en centres hospitaliers relatent les difficultés, le temps nécessaire pour atteindre cette cohérence. L'incidence de la psychanalyse sur la conduite d'un service, sur la qualité des liens qui s'y nouent et sur la vie même de l'auteur est un témoignage des modifications qu'une analyse personnelle peut induire dans la pratique des soins et le regard sur l'existence.
    Auteur : Michel Nique a été psychiatre des hôpitaux et chef de service.

  • Peu de temps après la mort de sa grand-mère, à l'aube de l'an 2000, une jeune fille de seize ans est internée à l'hôpital psychiatrique. Son diagnostique: schizophrénie paranoïde. Pourtant, certaines personnes de la ville sont convaincues que la petite n'est pas folle, que ce qui l'affecte n'a rien d'humain. Existerait-il quelque chose d'invisible à l'homme qui peut s'emparer de lui et détruire sa vie? Enfermée entre les quatre murs de cet hôpital, que fera Camille quand elle constatera que sa vie ne lui appartient plus? Pour quoi, ou plutôt pour "qui" vit-elle?

    Histoire basée sur un fait vécu

  • Roman choc traitant de la désinstitutionnalisation En 2004, ceux qui se prononçaient contre la désinstitutionnalisation se voyaient répondre quils navaient pas de coeur.
    Cétait vouloir garder les fous dans leurs geôles. Le personnel qui les traitait au quotidien se devait de laisser partir leurs patients du jour au lendemain, sans poser de question. Le silence dalors fut considéré tel un consentement. Il était si payant de sortir les fous et de les accueillir chez soi !
    Du coup, les pauvres devenaient une marchandise TRÈS payante, qui séchangeait et se monnayait une fois la maison de leurs hôtes payée.
    Bruno Jetté, psychosociologue, était de ceux qui ont osé sopposer à la désinstitutionnalisation. Ayant vu ses ex-patients se nourrir à même les poubelles, mendier dans la rue et dormir dans les ruelles, ses pires craintes se sont confirmées.
    Il se porta à leur défense en dénonçant la situation. Ce faisant, il faillit tout perdre, y compris la raison.
    Et si le roman quil nous livre ici nen était pas tout à fait un ?

  • L'isolement en asile, traitement grandement utilisé à la fin du xixe siècle pour guérir la folie, a été remis en question au fur et à mesure que le xxe siècle passait. La conception des réseaux de santé, le développement des disciplines psychiatrique et psychologique dans l'après-guerre, la découverte des neuroleptiques au début des années 1950 et les contrecoups de la Révolution tranquille, accompagnés d'un vent de décléricalisation, ont mené à une révolution psychiatrique : la désinstitutionnalisation.

    Cet ouvrage expose les tenants et les aboutissants d'une première vague de désinstitutionnalisation qui a marqué les années 1960 et 1970 en contexte canadien-français (Québec, Ontario et Nouveau-Brunswick). Proposant une étude sociohistorique et une analyse critique de cette période charnière en santé mentale, les auteurs évaluent les conséquences des transferts sur la vie des patients sortis des asiles ainsi que le rôle des intervenants en matière d'accompagnement. Ils soulèvent également des pistes d'intervention entourant les nouveaux enjeux de la prise en charge des personnes souffrant de maladie mentale.

    Alliant criminologie, histoire, sociologie, travail social et sciences infirmières, -l'ouvrage traite autant de politiques d'hygiène mentale, de contrôle social, de médicaments psychotropes que de marginalisation des malades mentaux. Il met au jour un vaste patrimoine matériel et immatériel de la santé mentale au Canada.

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