• Après le succès de Et soudain, la liberté, co-écrit avec Evelyne Pisier, voici le nouveau roman de Caroline Laurent. Au coeur de l'océan Indien, ce roman de l'exil met à jour un drame historique méconnu. Et nous offre aussi la peinture d'un amour impossible.
    PRIX MAISON DE LA PRESSE 2020 Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie.
    Septembre 2018. Pour Joséphin, l'heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère...
    Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit à Diego Garcia, aux Chagos, un archipel rattaché à l'île Maurice. Elle qui va pieds nus, sans brides ni chaussures pour l'entraver, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l'administrateur colonial. Un homme de la ville. Une élégance folle.
    Quelques mois plus tard, Maurice accède à l'indépendance après 158 ans de domination britannique. Peu à peu, le quotidien bascule et la nuit s'avance, jusqu'à ce jour où des soldats convoquent les Chagossiens sur la plage. Ils ont une heure pour quitter leur terre. Abandonner leurs bêtes, leurs maisons, leurs attaches. Et pour quelle raison ? Pour aller où ?
    Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.
    Â
    Roman de l'exil et de l'espoir,
    Rivage de la colère nous plonge dans un drame historique méconnu, nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.
    Caroline Laurent est lauréate du Prix Maison de la Presse 2020.
    Rivage de la colère finaliste de nombreux prix :

    Prix des Maisons de la Presse - Lauréate
    Prix France Bleue/ Page des Libraires
    Prix des Libraires
    Prix Françoise Sagan
    Prix Orange
    Prix des lecteurs Babelio À propos de Et soudain, la liberté : " Singulier et attachant. Un ouvrage né d'une promesse du crépuscule. " Olivia de Lamberterie, Elle " Un hymne à la vie, une vie dont on se souvient longtemps après avoir refermé le livre. " Françoise Dargent, Le Figaro- Prix Maison de la Presse 2020- Prix du Roman Métis des Lecteurs- Prix du Roman Métis des Lycéens- Grand Prix des bloggeurs 2020- Prix du Salon du Livre du Mans- Prix Louis Guilloux

  • "Je voyais maintenant que c'étaient les créatures les moins terrestres qu'il soit possible de concevoir. Ils étaient formés d'un grand corps rond, ou plutôt d'une grande tête ronde d'environ quatre pieds de diamètre et pourvue d'une figure. Cette face n'avait pas de narines - à vrai dire les Martiens ne semblent pas avoir été doués d'un odorat - mais possédait deux grands yeux sombres, au-dessous desquels se trouvait immédiatement une sorte de bec cartilagineux. [...] En groupe autour de la bouche, seize tentacules minces, presque des lanières, étaient disposés en deux faisceaux de huit chacun. Depuis lors, avec assez de justesse, le professeur Stowes, le distingué anatomiste, a nommé ces deux faisceaux des mains."

  • Le Bateau-usine nous plonge en pleine mer d'Okhotsk, zone de conflit entre la Russie et le Japon. Nous sommes à bord d'un bateau de pêche, où le crabe, produit de luxe, est conditionné en boîtes de conserve. Marins et ouvriers travaillent dans des conditions misérables. Un sentiment de révolte gronde...
    Ce récit bouleversant, inspiré de faits réels, provoque un puissant sentiment d'empathie avec ces hommes et leurs aspirations. L'oralité, le style incisif et le "regard caméra" adopté par le narrateur font de cette identification un appel à la révolte en soi.

    Phénomène de société au Japon, livre culte en France et traduit dans le monde entier, Le Bateau-usine reste une référence pour tous les révoltés et contestataires. Un phare donc, pour naviguer sur les eaux de notre présent tempétueux.

    Kobayashi Takiji est né en 1903. Devant le succès de ses premiers livres, auprès des intellectuels comme des ouvriers et des paysans, il est mis sous surveillance par l'appareil de sécurité de l'État. La publication, en 1929, du Bateau-usine le consacre comme l'un des plus grands romanciers de la classe ouvrière japonaise. Mais, dans un contexte de répression, l'ouvrage est censuré dès sa sortie. Il est soumis à interrogatoire par la police secrète et meurt sous la torture le 20 février 1933.

  • Tilliers, petite ville de France, à la fin des années soixante.Dans la famille Farkas, Claire (la mère) soutient et transmet, Luciane (la fille) se révolte et s'émancipe ; Abraham (le père) écoute et soigne ; Franz (le fils) observe et (s') écrit.Ensemble et séparément, ils vivent et racontent les séquelles de la guerre d'Algérie et les conséquences de mai 68 ; la cause des femmes et les silences des hommes ; l'acné juvénile et les cicatrices du colonialisme ; les mélodies des Beatles et les maladies d'amour.

  • C'est une longue et belle histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de détention sur l'île de Buru, avec ferveur, et un élan vital qu'on partage aussitôt. Une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.
    Minke, jeune journaliste brillant et curieux de tout, y croise le destin d'Ontosoroh, la nyai, concubine d'un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais, idéalistes et ambitieux, tous deux rêvent d'une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. Deux personnages extraordinaires, aussi attachants que singuliers - au regard d'un monde qui mûrit sa révolution. On l'aura compris, le Monde des hommes est plus qu'un roman, c'est un monument.
    Pramoedya Ananta Toer est né en 1925 sur l'île de Java. Après avoir été emprisonné par le gouvernement colonial hollandais de 1947 à 1949, il est envoyé en 1965, sous la dictature de Suharto, au bagne de Buru, dont il sort en 1979 sous la pression internationale. Grand humaniste, fidèle à ses idéaux jusqu'à la fin de sa vie en 2006, il est surveillé et systématiquement censuré.

    Son oeuvre est immense - plus de cinquante romans, nouvelles et essais, traduits dans près de quarante langues.

  • Le vieux chasseur blanc Natty Bumpo, accompagné de son chien Hector, erre dans la Prairie, ces nouveaux territoires vierges à l'ouest du Mississippi. Il croise en chemin une famille de pionniers, composée d'une vingtaine d'hommes, femmes et enfants, qui semble cacher une créature mystérieuse dans l'un de ses chariots. Des Sioux attaquent le campement au cours de la nuit et volent le bétail, mais grâce à Natty, tous s'en sortent indemnes. Ce n'est que le début d'une série de péripéties qui impliqueront un jeune chasseur d'abeilles, un naturaliste imbu de sa personne, un officier à la recherche de son épouse kidnappée, et des Indiens Pawnees d'une grande noblesse.

  • Voici le nouveau volet d'une histoire qu'on voudrait sans fin tant elle est captivante et considérable. L'histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de bagne sur l'île de Buru - une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.

    Jeune intellectuel javanais, Minke s'est vu ravir sa femme au lendemain de leurs noces. À Ontosoroh, concubine d'un riche colon, on a ravi sa fille, et bientôt le domaine qu'elle a mis une vie à bâtir. Face aux rouages bien rodés de la domination coloniale, Minke et Ontosoroh sont désormais indéfectiblement liés. Le combat n'en est qu'à ses débuts...

    En rencontrant Surati, défigurée volontaire pour échapper aux griffes du directeur hollandais de la sucrerie, ou Trunodongso, paysan exproprié et ses rêves de sédition, Minke se décide à prendre la plume, et à écrire au nom de son peuple.

    Par sa richesse romanesque et sa force d'évidence, Enfant de toutes les nations est une oeuvre majeure, où l'on entre pour ne plus ressortir, sinon heureux d'avoir intimement perçu, à travers la conscience d'un homme, une comédie humaine à la mesure des peuples et du monde moderne.
    Pramoedya Ananta Toer est né en 1925 sur l'île de Java. Après avoir été emprisonné par le gouvernement colonial hollandais de 1947 à 1949, il est envoyé en 1965, sous la dictature de Suharto, au bagne de Buru, dont il sort en 1979 sous la pression internationale. Grand humaniste, fidèle à ses idéaux jusqu'à la fin de sa vie en 2006, il est surveillé et systématiquement censuré.

    Son oeuvre est immense - plus de cinquante romans, nouvelles et essais, traduits dans près de quarante langues.

  • Le 22 mai 2020, deux statues martiniquaises de Victor Schoelcher furent brisées. Mais le bruit provoqué par ces destructions fut vite couvert par le fracas médiatique suscité par la mort de l'Afro-Américain George Floyd tué à Minneapolis, par la police, le 25 mai. Les images de son agonie agirent comme un catalyseur et déchaînèrent dans le monde des actes iconoclastes contre les statues glorifiant de « grands hommes » blancs, dont l'action est condamnée à divers titres (esclavagisme, colonialisme, racisme). Comme d'autres pays, la France, où tout avait donc commencé un peu plus tôt, fut touchée. Pour mieux comprendre la réalité et les enjeux du débat, et après avoir rendu compte de la situation sur plusieurs continents, Jacqueline Lalouette étudie le cas de la France ultramarine et continentale, où diverses statues liées à l'histoire de l'esclavage et de la colonisation furent contestées, vandalisées et, pour certaines, détruites. L'auteur s'interroge ensuite sur les solutions préconisées, de leur retrait à la réalisation de statues de nouveaux héros. Elle donne au final les clés de compréhension de ce débat passionné, en lui-même révélateur des oppositions mé-morielles, parfois violentes, qui traversent la France.  

  • Ami noir : Généralement utilisé comme gilet pare-balles dans une conversation stérile. Exemple : "Je ne peux pas être raciste, j'ai un ami noir." À travers ce lexique irrévérencieux, véritable guide de survie dans une société dite post-coloniale, Piment, collectif formé de quatre passionnés de cultures afro-diasporiques - Célia Potiron, Christiano Soglo, Binetou Sylla et Rhoda Tchokokam - et auteur d'une émission culturelle diffusée sur Radio Nova, proposent cette oeuvre protéiforme regroupant leurs propres définitions et réflexions sur des mots et des expressions anciens ou modernes, nécessaires ou superflus, politiques ou humoristiques. Palais sensibles, s'abstenir !

    Formé en mai 2017, à l'époque des premiers balbutiements de l'industrie des podcasts « afros » en France, le collectif Piment anime une émission culturelle diffusée sur Radio Nova et largement écoutée en podcast. Il réunit quatre passionnés de cultures d'Afrique et de sa diaspora : Célia Potiron, Binetou Sylla, Rhoda Tchokokam et Christiano Soglo.

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    L'instruction

    Antoine Brea

    Patrice Favre a suivi les traces de son père magistrat. Sorti d'école, il est nommé temporairement juge d'instruction en banlieue parisienne - une banlieue lointaine, mi-réelle mi-fantomatique. On observe les débuts de Favre, ses premières audiences au Palais de justice, ses investigations dans le cas criminel dont il a hérité : le meurtre d'un détenu emprisonné pour crime sexuel. Son prédécesseur - Herzog, un magistrat décati, énigmatique, en tout cas plus expérimenté - s'y est épuisé avant de se donner la mort.

    Au fil de son enquête, où il progresse pour l'essentiel en reprenant l'instruction qu'a menée Herzog, Favre est renvoyé à ses dilemmes, à ses choix de vie, à sa propre histoire familiale et au récit national trouble, à toute la comédie sociale qu'il faut jouer pour tenir le rang dans son milieu et son métier.

    Roman empruntant parfois au documentaire, L'instruction questionne avec inquiétude la société française contemporaine à travers le prisme techno-cratique, judiciaire, carcéral et policier. C'est une manière d'anti-polar où l'enquête consiste surtout dans la recherche existentielle, voire métaphysique, d'une solution au malaise croissant de l'enquêteur.

  • La maison de verre

    Pramoedya Ananta Toer

    • Zulma
    • 22 November 2018

    Comme le maître des marionnettes dans un théâtre d'ombres, Pangemanann est chargé par le Gouverneur des Indes néerlandaises de surveiller et contrecarrer les activités anticoloniales. C'est à lui qu'on ordonne de mettre Minke hors d'état de nuire, de faire cesser ses appels au boycott, son syndicat et son journal. Le commissaire Pangemanann, d'abord tiraillé par sa conscience face à un homme qu'il admire, ne s'embarrasse bientôt plus de scrupules. Espionnage, intimidation, arrestations, attentats : tout est bon pour détruire Minke et son oeuvre. Mais les enjeux de cette lutte pourraient bien dépasser Pangemanann, qui apparaît de plus en plus comme le double obscur de Minke...
    « En tant qu'inspecteur, puis commissaire, mon travail avait toujours été de surveiller mon peuple. [...] Telle était la volonté du Gouverneur général. Les Indes néerlandaises ne devaient pas changer, il fallait les perpétuer. Et si, ayant pu préserver ces notes, elles parvenaient un jour jusqu'à vous, j'aimerais que vous les intituliez La Maison de verre... »

  • Je suis une maudite sauvagesse
    chronique d'An Antane Kapesh
    Édition bilingue innu-aïmun / français
    Édité et préfacé par Naomi Fontaine
    Traduit en français par José Mailhot

    Résumé
    Un classique. Dans Je suis une maudite Sauvagesse, An Antane Kapesh dresse un constat de la situation des Autochtones et plaide en leur faveur. Monologue inquiétant. Cri d'une Innue qui voit son peuple se laisser assimiler et sa culture se détériorer sous l'action du Blanc.

    Extrait de la préface de Naomi Fontaine
    « Elle était Innue. Elle était née dans la forêt, avait vécu jusqu'à l'âge adulte comme nomade. Et il y a eu la réserve, le pensionnat, la haine, le racisme comme un système, le vol de son territoire, le vol de son humanité. Lorsqu'elle écrit : Je suis une maudite Sauvagesse, ce n'est ni de la témérité ni de l'arrogance. Elle pèse le poids de ce regard porté sur elle, sans baisser les yeux. Car elle sait, ce que nous avons oublié, nous les héritiers du Nord, elle sait la valeur de sa culture. Elle n'est pas colonisée. Je n'avais jamais rien lu de tel avant. »

    L'auteure
    Née en 1926 dans le Grand Nord, la vie d'An Antane Kapesh bascule en 1953 lorsque le gouvernement déracine sa famille de ses terres. Commence alors son long combat pour la préservation des territoires, de la culture et de la langue des Innus. Ses livres Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshi-manitu innushueu (paru pour la première fois en 1976) et Qu'as-tu fait de mon pays ? / Tanite nene etutamin nitassi ? relatent sa vie et sa pensée sur l'histoire des Innus. Mère de huit enfants, elle décède à Sept-Îles en 2004. Gardienne de la pensée innue, elle est une source d'inspiration pour les écrivains autochtones.


    An Antane Kapesh : la première écrivaine innue

  • « Dans la poche intérieure de ma veste, je transportais deux feuilles de papier méticuleusement pliées : mon diplôme de fin d'études secondaires et une convocation de la Stovia, l'école de médecine de Betawi. N'était-ce pas formidable ? »

    Voici Minke en homme neuf dans un monde nouveau : laissant derrière lui des heures douloureuses, il s'embarque pour la capitale des Indes néerlandaises et ses possibilités infinies. Mais on n'échappe ni à ses souvenirs ni à sa condition : pour entrer à la Stovia - la seule école supérieure autorisée aux Indonésiens par le code colonial -, il lui faut renoncer à ses vêtements européens, et marcher pieds nus...

    Ce désaveu sera le dernier. Minke, avec une poignée d'hommes et une femme exceptionnelle - Mei, professeur et activiste chinoise - passe à l'action : il crée un premier syndicat, une association pour l'éducation des masses, un journal indépendant en malais... Il n'est plus temps de comprendre le monde, mais de le changer !

    Après Le Monde des hommes et Enfant de toutes les nations, voici, avec Une empreinte sur la terre, le troisième volet du Buru Quartet, publié en français pour la première fois, directement traduit de l'indonésien. Fresque politique, roman d'initiation, d'amour et d'émancipation, le Buru Quartet est une incroyable machine romanesque - géniale, puissante et unique.

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre
    Le Rwanda est un mystère. Il y a vingt ans, en avril 1994, un effroyable génocide s'y déroulait, révélant au monde l'envers d'une colonisation manipulatrice, où tout fut mis en oeuvre pour faire s'affronter les Hutus et les Tutsis. Changement de décor complet aujourd'hui : le pays-martyr affiche sa prospérité et se rêve en plaque tournante de l'Afrique de l'Est. Le Front patriotique Rwandais au pouvoir depuis deux décennies y a, à la hussarde et d'une poigne de fer, transformé les villes, les paysages, l'économie, les mentalités.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il nous donne à comprendre, à travers le récit d'une journaliste devenue au fil des ans l'une des plus grandes chroniqueuses des bonheurs et des malheurs de l'Afrique, la tourmente d'un peuple et les fatales erreurs de ceux qui l'asservirent. Un récit poignant, écrit à la première personne et accompagné de grands entretiens. Une parole libre et dérangeante pour raconter ce pays aussi fascinant que déroutant.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Jean-Pierre Chrétien (Les Rwandais sont aussi les acteurs de leur propre histoire) et Dorcy Rugamba (Une société martiale et solidaire)
    Un voyage historique, culturel et politique afin de mieux connaître les passions rwandaises. Et donc mieux les comprendre.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - "(...) Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un «décodeur» des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités (...). A chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps
    - "Comment se familiariser avec "l'âme" d'un pays pour dépasser les clichés et déceler ce qu'il y a de juste dans les images, l'héritage historique, les traditions ? Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir." - Librairie Sciences Po
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Spécialiste de l'Afrique pour le journal Le Soir (Bruxelles), auteur de nombreux livres, Colette Braeckman a fait du reportage de terrain, aux côtés des grandes et petites gens, sa marque de fabrique. Une authentique exploratrice des âmes et de la culture rwandaises.

  • Paru en 1964, cet essai fit l'effet d'une bombe. L'auteur y dénonce le mythe qui fait de la capitale péruvienne une terre promise et une ville parfaite. Selon lui, par des politiques culturelles, artistiques, architecturales et sociales, le passé colonial serait célébré, marginalisant l'histoire péruvienne. Cette réécriture de l'histoire permettrait aux élites sociales d'assurer leur suprématie sur les classes populaires, et de justifier la discrimination qu'elles subissent. Des pratiques qui rappellent certains mouvements et dirigeants du siècle dernier voire actuel. Mais ici, au fil des pages, c'est une ville tout autre qui se laisse entrevoir et remet en question un Pérou qui renie ses origines, son passé et son identité propres. Avec une postface de Mario Vargas Llosa.

  • La réflexion politique sur l'école en général et l'enseignement de l'histoire en particulier aurait intérêt à délaisser quelque temps le domaine de la controverse stérile alimentée par quelques astrologues de la catastrophe pérorant dans Le Figaro, Marianne, ou Causeur.
    En redonnant la parole au terrain, elle pourrait se targuer d'une forme d'intelligence des choses susceptible de formuler plus sereinement les questions urgentes que l'école pose aujourd'hui à la société.
    C'est ce qu'ambitionne de faire cet ouvrage en proposant un retour historique sur l'enseignement de l'histoire du point de vue de ceux qui l'écrivent, l'enseignent ou l'apprennent. Il s'agit donc de donner la parole aux praticiens et usagers depuis le moment où l'histoire s'est constituée comme une discipline scolaire à la fin du XIXe siècle.
    Nous y faisons ressortir la configuration des tensions et débats dont la plupart existent encore aujourd'hui sous des formes qui ne sont que recyclées ; nous y rappelons les expériences pédagogiques oubliées, les tentatives plus ou moins temporaires de bouleverser les paradigmes dominants de l'histoire scolaire ; mais nous y éclairons aussi les raisons des pesanteurs dans lesquelles s'englue souvent l'histoire scolaire, assignée à la délicate mission de garantir une identité nationale et un comportement politique codifié dans les coulisses feutrées de la République.
    C'est ce jeu de miroir entre une discipline tiraillée dans ses finalités, objet de multiples récupérations et confiscations politiques, et des enseignants en prise avec des réalités autrement plus concrètes qui nous intéresse ici. Sans basculer dans la mystique de l'âge d'or d'une résistance enseignante, il s'agit de montrer qu'entre la norme et le terrain, des bribes de ruses, de contournement, d'accommodements ont toujours existé, plus ou moins silencieuses ou ostensibles, et que dans ces interstices réside la possibilité d'une réflexion sur l'enseignement de l'histoire autre que le commentaire médiatique ou la confiscation politique.
    Ce livre pose quelques jalons d'une histoire populaire de l'enseignement de l'histoire depuis le XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Il donne aussi à voir différentes expériences, temporalités, géographies d'une pratique scolaire de l'histoire à l'école primaire comme dans l'enseignement secondaire.

    Laurence De Cock est enseignante et historienne. Elle anime le collectif "Aggiornamento histoire". Avec Mathilde Larrère, elle anime "Les Détricoteuses" sur Médiapart. Figure charismatique et médiatique, influente sur les réseaux sociaux, elle a dirigé plusieurs ouvrages, dont La Fabrique scolaire de l'histoire (Agone) ou Paniques identitaires (Le Croquant). C'est une spécialiste des questions pédagogiques.

  • « Les réseaux Foccart » : la formule a fait couler beaucoup d'encre. Comme s'ils étaient le sésame invisible et insaisissable de la Françafrique. En 1969, le journaliste Georges Chaffard brosse le portrait de « Jacques Foccart. L'homme des affaires secrètes ». La France est en plein post-mai 68 ; le général de Gaulle vient de quitter le pouvoir et « l'affaire Foccart » a éclaté dans les médias. L'heure est aux règlements de comptes politiques. Reprenant l'enquête de Georges Chaffard dans une édition critique nourrie des archives découvertes depuis un demi-siècle autour de Jacques Foccart et d'enquêtes de terrain en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, Jean-Pierre Bat propose une photographie historique de la France et de la décolonisation de l'Afrique dans les années 1960. La biographie de Foccart permet de retracer les sociabilités et trajectoires politiques nées de la Seconde Guerre mondiale et de la crise coloniale à travers une génération qui connaît l'apogée de son influence avec la fondation de la Ve  République. Une « balade » étonnante dans les coulisses de la République franco-africaine à l'heure des indépendances.  Jean-Pierre Bat, archiviste paléographe, agrégé et docteur en histoire, est chercheur associé à l'École nationale des chartes (PSL Université). Il a été responsable du «  fonds Foccart  » aux Archives nationales. Il est notamment l'auteur du Syndrome Foccart (Folio, 2012) et de La Fabrique des barbouzes (Nouveau Monde éditions, 2015). 

  • En 1815, Charlotte-Adélaïde Picard embarque, en compagnie de toute sa famille, à bord du bateau La Méduse en direction du Sénégal où son père a été nommé administrateur. Lorsque la frégate fait naufrage au large des côtes mauritaniennes, le Gouverneur réquisitionne les canots de sauvetage pour sa famille et son entourage. Il abandonne les autres passagers dans des chaloupes surchargées ou sur un radeau de fortune sur lequel, comme l'a peint Géricault, les malheureux en viennent à s'entredévorer pour survivre.
    La famille Picard parvient à rallier Saint-Louis, où elle est prise en charge par le Gouverneur anglais. Charlotte trouve refuge sur l'île de Safal où elle essaie de cultiver la terre pour entretenir la famille.

    Charlotte-Adélaïde Dard (1798-1862) rescapée du fameux naufrage de La Méduse, a passé cinq ans au Sénégal à exploiter une terre ingrate pour nourrir sa famille.En 1820, après avoir vécu de multiples déconvenues et la mort de son père, Charlotte épouse Jean Dard, fondateur de l'École mutuelle, et repart en France. Elle écrit alors le récit de son aventure qui sera publié en 1824 et traduit en anglais dès 1827.

  • La maison familiale au Maroc, lieu de l'enfance et des souvenirs, elle n'y passait plus que des vacances... Rosa l'a quittée il y a vingt ans, pour faire un beau mariage en métropole, au milieu des années cinquante, au moment où l'Histoire a changé la donne. Alors quand Egon, son second père, meurt, ce retour aux sources ne peut être que bouleversant. Chaque objet effleuré, chaque tiroir ouvert, chaque propos échangé avec sa vieille nourrice ou sa volubile marraine, réveille un nouveau fantôme. Face au passé, à ce deuil qui fait écho à d'autres deuils, à la transmission inattendue de secrets de famille, ce sont ses propres choix de vie qu'elle va comprendre peu à peu et remettre en question.

  • " On n'arrête pas de découvrir, ou de redécouvrir, Léon Werth, et c'est chaque fois aussi réjouissant. Décidément, l'auteur de Déposition – Journal 1940-1944 est un visionnaire hors du commun. " Le Canard enchaîné
    Léon Werth part en Cochinchine en 1925. Il a déjà publié
    Clavel soldat dont l'antimilitarisme fit scandale lors de sa parution en 1919. Son récit est imprégné de l'émerveillement de celui qui rencontre un univers étranger, et qui se délecte de cette étrangeté. Il s'immerge dans les paysages, les senteurs, les goûts nouveaux puis en exprime les moirures, les infinies subtilités.

    " Le dourian ressemble à un petit jacquier. Imaginez l'enveloppe à piquants d'un marron d'Inde, contenant un fruit gros comme un melon. Mais le dourian est un fruit difficile, un fruit auquel on n'accède point du premier coup. Son odeur, pour la désigner, il suffit de n'oser point la nommer. Oui... c'est bien cela que cela sent. Quand on passe devant un étalage de dourians, cette odeur vous poursuit et elle prête à une déplorable confusion. Au goût, cela rappelle le camembert d'abord, un camembert sucré. "

    Et d'une ample relation de voyage il fait, sans que le lecteur sous le charme s'en rende compte, un pamphlet rageur contre la bêtise du colonialisme et la stupidité des " politiciens qui donnent aux problèmes des solutions claires sans même en définir les termes ".

  • Palestine

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    «Plomb durci» (2008-2009), «Pilier de défense» (2012), «Bordure protectrice» (2014): les trois dernières offensives militaires d'envergure menées par Israël contre Gaza ont fait des milliers de morts du côté palestinien et donné lieu à de nouvelles expropriations de terres en Cisjordanie. Ces guerres de conquête israélienne ont ravivé, chez les militant.e.s de la justice sociale, le besoin d'exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien et l'importance de renouveler le vocabulaire politique lié à cette question.

    Dans cet ouvrage en partie rédigé dans le feu de l'action, à l'été 2014, Noam Chomsky et Ilan Pappé, deux ardents défenseurs de la cause palestinienne, mènent une longue conversation dirigée par Frank Barat, militant des droits de la personne. Pour eux, le problème palestinien est depuis le début un cas évident de colonialisme et de dépossession, même si on préfère le traiter comme une affaire complexe soi-disant difficile à comprendre et, plus encore, à résoudre.

    Leurs échanges portent à la fois sur le sionisme en tant que phénomène historique, la pertinence d'analyser la situation en Palestine comme un apartheid, l'efficacité de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et la viabilité de la solution à un ou à deux États...

    Tour d'horizon de la question palestinienne, ce livre a le mérite d'envisager la situation en Palestine comme un baromètre de la répression politique. Car l'injustice qui accable le peuple palestinien a des ramifications partout dans le monde. «De Ferguson à Barcelone, en passant par Mexico, nombreux sont les gouvernements qui calquent les méthodes employées par Israël pour opprimer les Palestiniens. Leur recours aux mêmes tactiques et, souvent, aux mêmes armes démontre que les Palestiniens servent maintenant de cobayes - et que la Palestine est devenue un grand laboratoire», écrit Frank Barat.

  • Tremblant d'une rage masquée par les yeux d'un enfant algérien, Pierre Sang Papier ou Cendre offre un panorama magistral de ce que fut la réalité des cent trente-deux années de colonisation en Algérie. » Pierre Daum, Libération

  • Bilan d'un ensemble de recherches statistiques et ethnographiques réalisées en Algérie autour des années 1960, cet ouvrage analyse les relations entre les structures économiques et les structures temporelles qui sont au principe des pratiques économiques, mise en réserve ou épargne, échange de don ou crédit, entraide ou coopération. Dans une économie précapitaliste, la logique de la reproduction simple et la vision cyclique de la durée qui en est corrélative interdisent toute appréhension d'un futur autre que celui qui est immédiatement inscrit dans le présent au titre de potentialité objective. À l'opposé, toute la logique d'un « cosmos économique » qui, comme celui qu'importe et impose la colonisation, est objectivement caractérisé par la prévisibilité et la calculabilité, exige une disposition prospective et calculatrice qui s'exprime aussi bien dans les calculs et les projets économiques de l'existence quotidienne que dans la projection d'un avenir révolutionnaire. L'analyse des variations des pratiques économiques et des représentations de l'économie en fonction de la position occupée dans le système économique permet d'établir les conditions économiques de possibilité des dispositions économiques dont la théorie économique crédite décisoirement tous les agents. Elle établit aussi les conditions économiques de la révolte contre les conditions économiques, apercevant dans la possession du minimum d'assurances sur l'avenir qui est la condition d'une appropriation rationnelle de l'avenir le principe de la différence entre les projets révolutionnaires des prolétaires et les attentes eschatologiques des sous-prolétaires.

    Cet ouvrage est paru en 1977.

  • L'Afrique, bombe démographique ou relais de la croissance mondiale ?

    En 2050, l'Afrique sera le continent le plus peuplé, avec plus de 2,48 milliards d'habitants, soit un doublement de sa population en 30 ans. Un pays comme le Niger va voir sa population passer de 21 à 68 millions d'habitants.

    Comment imaginer l'avenir africain? À un "afro-pessimisme" largement justifié - "il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, pas de routes, donc on ne peut rien faire" - a succédé un "afro-optimisme" souvent déconnecté des réalités : "il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, pas de routes, donc tout reste à faire et ceci constitue un réservoir de croissance fantastique."

    L'enjeu est immense pour L'Europe, de plus en plus isolée face au duopole sino-américain. Alors que la Chine a durablement pris position en Afrique, l'Europe saura-t-elle accompagner le décollage africain, et trouver dans le continent un allié de poids sur la scène internationale ?

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