• " Je n'aime pas beaucoup les lettres, ni en recevoir ni en envoyer. Sauf de toi et à toi - et quelques autres. C'est ce qu'on doit appeler l'amitié"
    Tout en prenant un malin plaisir à se déclarer réticent à ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson déploie dans l'art épistolaire autant de brio et de virtuosité que de talents de stratège et de séducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins " autorisée " de son autobiographie, à son franc-parler, sa malice, son goût de l'ironie et de la facétie.
    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.
    " Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes ", écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de " messages portés par les nuages ", selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré

  • Trois guinées est sans doute le texte le plus engagé de Virginia Woolf. Lors de sa sortie, en 1938, The Times affirmait: "L'appel aux femmes de Mrs Woolf est un défi sérieux auquel doivent répondre tous les penseurs." En 2020, ce texte demeure un défi. Il s'inscrit comme une suite d'Une chambre à soi.

  • Au début du XXe siècle, sous l'égide de l'Organisation sioniste mondiale, les fondements de l'État d'Israël tel que nous le connaissons sont posés. Coup de tonnerre : en 1905, Israel Zangwill quitte l'organisation dont il est un membre historique. Partisan de la création d'un État juif, il demeure sceptique quant à l'idée de le localiser en Palestine. À la fin de sa vie, Zangwill résume ses positions dans un ouvrage majeur, où il propose même une relecture de l'Ancien Testament.Il réconcilie le projet d'un État juif avec des idéaux pacifistes, humanistes, et révolutionnaires. Il se montre tout aussi soucieux de préserver son peuple de la montée des périls, que de respecter l'occupation historique du territoire convoité. Nécessairement, son propos prend aujourd'hui une lueur particulière.

    Israel Zangwill (1864-1926) est un écrivain, essayiste et journaliste britannique. Il connaîtra un certain succès littéraire. Conscient des dangers qui menacent les juifs à la fin du XIXe siècle, il s'interroge sur la survie de son peuple et envisage la création d'un État juif. Critique envers les visées coloniales de l'Organisation sioniste mondiale, il la quitte en 1905. Il fonde alors l'Organisation juive territorialiste qui entend créer un État juif hors de la Palestine.

  • Édition enrichie de Jean Starobinski comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    "Rien n'a plu davantage dans les lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin : les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. À mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent, dans leur tête, un air moins merveilleux et moins bizarre : et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. Dans la forme de lettres, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale, à un roman ; et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue."
    Montesquieu.

  • En 1935, José Ortega y Gasset prononce un discours au Congrès international des bibliothécaires.Depuis la naissance de l'imprimerie, l'accès aux livres s'est démocratisé. Mais cette profusion est paradoxale : « la culture, qui avait libéré l'homme de sa forêt primitive, le propulse de nouveau dans une forêt, de livres cette fois-ci, non moins confuse et étouffante. » Dans ce contexte, le bibliothécaire ne peut plus être qu'un diffuseur de livres. Il doit trier l'information, être un filtre entre l'homme et l'écrit.Ce discours vertigineux, limpide et bouillonnant, déploie l'érudition d'Ortega y Gasset. Ses intuitions les plus aiguisées portent jusqu'à la racine de notre époque et, de la place du livre au rôle du savoir, nous invitent à une profonde remise en question.

    Philosophe espagnol, José Ortega y Gasset (1883-1955) a été professeur à l'université de Madrid, avant de parcourir l'Europe, l'Amérique du Sud et les États-Unis. Il est le fondateur en 1923 de la Revue de l'Occident. Au rayonnement considérable, sa métaphysique est à l'origine d'un renouveau de la philosophie espagnole, faisant de la métaphore un outil de la pensée. Il est l'auteur du Thème de notre temps (1923), de L'Espagne invertébrée (1921) mais surtout de La Révolte des masses (1930).

  • L'Essai sur le don de Marcel Mauss est l'un des textes majeurs, si ce n'est le texte majeur, de l'anthropologie du XXe siècle. Par l'étude des systèmes d'échange de la kula et du potlatch, il démontre que le don fut historiquement l'un des moteurs de nos sociétés. À l'encontre de tout rationalisme le potlatch, pratiqué chez certaines tribus amérindiennes, amène au sommet de l'échelle sociale les individus capables de se défaire de tout ce dont ils possèdent. Un système qui se révèle radicalement opposé au nôtre, où les possédants détiennent le pouvoir.

    Dans cet ouvrage précurseur, Mauss bat en brèche bon nombre d'idées reçues sur les principes de l'échange et du don. Par-delà leur dimension économique une dimension spirituelle. "Nous n'avons pas qu'une morale de marchand " conclut Mauss.

    Marcel Mauss (1872-1950) est la grande figure de l'anthropologie française, ainsi que le neveu du sociologue Émile Durkheim. Il a construit pendant plusieurs décennies une oeuvre protéiforme et a marqué en profondeur l'ensemble des sciences humaines de son siècle. Son essai anthropologique sur le don a bouleversé notre regard historique sur l'économie. Il a su conjuguer son travail de recherche à des convictions socialistes, et s'engagea en particulier en faveur du colonel Dreyfus.

  • À en croire le nombre de poètes contemporains, il serait tentant de penser que nous vivons un âge d'or de la poésie. Évidemment, il n'en est rien. Dona Gioia pose ici un regard acerbe sur la moindre exigence esthétique des poètes d'aujourd'hui. Cette crise de la poésie est symptomatique d'une époque obnubilée par le paraître, au détriment des charmes de l'anonymat. L'ambition d'être publié n'est-elle pas finalement le plus grand obstacle à la libre création poétique ? Quoi de moins poétique que la course à la notoriété ?

    Sans pour autant sacraliser les icônes du passé, Dana Gioia constate surtout l'absence de projet esthétique profond et novateur chez les poètes d'aujourd'hui. Publié dans les années 1990, cet essai n'a rien perdu ni de son actualité, ni de sa force provocatrice.

    Dana Gioia est un écrivain et poète américain, né en 1950. Après avoir étudié à la Stanford Business School, il travaille dans l'agroalimentaire, et occupera le poste de vice-président de la General food corporation. Lorsqu'il publie Can Poetry Matter ?dans le journal The Atlantic en 1991, il gagne une renommée mondiale. En 1992, il quitte le monde des affaires pour se consacrer exclusivement à l'écriture, en tant que poète et critique littéraire.

  • Mafalda ; INTEGRALE

    Quino

    Enfin l'intégrale ultime !On ne présente plus Mafalda, petite fille qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l'éveil d'un enfant, Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l'étrange animal qui le peuple : l'être humain. Quino donne naissance à Mafalda en 1964, personnage contestataire et anticonformiste de 10 ans, qui fera de lui un dessinateur mondialement reconnu.Mafalda fait partie de ces chefs-d'oeuvre que tout le monde devrait posséder dans sa bibliothèque. C'est pourquoi nous vous proposons cette nouvelle édition, entièrement en noir et blanc et bénéficiant d'un appareil critique savant et inédit, reprenant l'intégralité des strips de la BD de Quino ! L'occasion d'enfin posséder l'intégrale ultime d'un indispensable de la bande dessinée internationale.

  • Le monde universitaire est peuplé d'enthousiastes, persuadés qu'ils aident à faire avancer la recherche. Mais à quoi bon avancer quand on a perdu sa boussole ? Dans ce pamphlet, Baptiste Dericquebourg fait le constat d'une Université profondément en crise, uniquement capable d'assurer la reproduction de ses propres ministres. Philosophie et littérature sont désormais bonnes pour elles-mêmes, et le culte de ces disciplines a finalement mené à une « esthétique de l'impuissance ». Les théoriciens structuralistes sont loin d'être innocents de ce processus, à commencer par Pierre Bourdieu.

    Âgé de 33 ans, Baptiste Dericquebourg, a étudié la littérature et la philosophie à la Sorbonne et à l'École Normale Supérieure. Plutôt que d'entrer dans le monde universitaire, il choisit d'abord d'enseigner à l'Institut Français d'Athènes, puis en lycée et en collège. Depuis cinq ans, il est professeur de Lettres classiques en classes préparatoires littéraires en Bretagne. Il a également participé à la traduction de Marxisme et philosophie de Karl Korsch, publié aux Éditions Allia.

  • Dans sa première rencontre avec le cinéma de Kiarostami, le public européen découvrait un Iran  profond : une vision contemplative, donc à distance, célébrant l'enfance et les villages, la vie dans un présent intemporel, comme intouchée par l'existence moderne. Complexe dans cette apparente simplicité, l'oeuvre d'Abbas Kiarostami connaîtra une transformation radicale. Il n'est plus alors un réalisateur «?iranien?», mais un cinéaste et photographe international. Animé par l'intranquillité qui l'engage à prendre la route, il semble être partout chez lui, avec le même détachement esthétique, sa sérénité, sa disponibilité, son ouverture. Ce livre reprend et rassemble les deux ouvrages de l'auteur sur l'oeuvre de Kiarostami publiés en 2001 et 2012. Il comprend un dialogue avec le réalisateur et photographe. 

  • John Cowper Powys se défie de l'affliction autant que de la sérénité. Le philosophe avance, en funambule, sur un fil tendu au-dessus du gouffre de la solitude. Dans une approche présentée comme « libre, sceptique et indépendante », il se propose de « retourner aux sensations fondamentales de la conscience planétaire ». Pour ce faire, en grand érudit, il invoque les présocratiques, Rousseau, le stoïcisme, et renoue avec les philosophies orientales, deux décennies avant la Beat Generation.

    Mais l'auteur se fait surtout intraitable critique. Son désir de « rappeler la philosophie », comme sa dénonciation de l'impuissance des grands systèmes philosophiques, résonnent avec force. La recherche de la solitude et le mépris du destin font dès lors office de vaccin contre l'amertume de l'existence.

    John Cowper Powys est né en Angleterre en 1872 dans une famille de onze enfants. Il oriente ses premiers écrits vers la recherche poétique, puis officie de nombreuses années comme conférencier aux États-Unis. Notamment célébré pour ses romans, il est aussi l'auteur d'une riche oeuvre philosophique. Plusieurs fois nommé pour le prix Nobel de littérature, il fut admiré par des personnalités aussi diverses que Glenn Gould ou Henry Miller.

  • Dans Le Sens du bonheur, Krishnamurti examine, avec l?objectivité et la lucidité qui le caractérisent, les formes sous lesquelles s?expriment ce que nous appelons complaisamment notre culture, notre éducation, ou la religion, la politique et la tradition. Selon Krishnamurti, la véritable culture n?est pas une question d?éducation, d?apprentissage, de talent, ni même de génie, mais ce qu?il décrit comme le « mouvement intemporel vers la découverte du bonheur, de Dieu, de la vérité ». Pour lui, « quand ce mouvement est bloqué par l?autorité, par la tradition, par la peur, c?est la décadence ». Il souligne avec une franchise sans concession la fausseté de certaines de nos attitudes et de nos institutions, et ses remarques ont des implications d?une grande portée. Krishnamurti ne se limite pas au seul public immédiat, mais s?adresse à tous ceux qui sont disposés à l?écouter, quels qu?ils soient et où qu?ils soient. Aux quatre coins du monde, les candidats désireux de l?écouter sont légion. Car ce qu?il dit est sans parti pris, universel, et dévoile les racines mêmes des problèmes qui nous assaillent en tant qu?êtres humains. Ce livre sera porteur de sens pour tous ceux qui sont en quête de spiritualité.

  • Mafalda T.1

    Quino

    Mafalda, 46 ans, toutes ses dents et toujours aussi fraîche et impertinente !On ne présente plus Mafalda, petite fille qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l'éveil d'un enfant, Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l'étrange animal qui le peuple : l'être humain. Quino donne naissance à Mafalda en 1964, personnage contestataire et anticonformiste de 10 ans, qui fera de lui un dessinateur mondialement reconnu.Les éditions Glénat sont fières de vous présenter la réédition complète de cette série emblématique à travers une nouvelle maquette sans aucun doute attrayante pour toutes les générations ! Petit bonus pour les inconditionnels, bibliophiles ou collectionneurs : une fois la série complète rééditée (janvier 2012), les tranches de tous les tomes rassemblés composeront un dessin décoiffant !

  • Josef von Sternberg est à l'origine d'une des carrières les plus accidentées de l'histoire du cinéma américain. Après des années d'assistanat, il tourna l'un des premiers films indépendants, claqua la porte de plusieurs plateaux, partit filmer en Allemagne puis au Japon, dénicha Marlene Dietrich, fut monteur pour d'autres et directeur de la photographie pour lui-même, réalisa un peu partout des morceaux de films, dégringola plusieurs fois les marches de la gloire pour les remonter une à une. Il légua au cinéma un gisement de chefs-d'oeuvre éblouissants, parfois reconnus, parfois oubliés ou demeurés secrets. Cet ouvrage est un exercice d'admiration au sujet d'une oeuvre parmi les plus farouchement insolites et tragiquement sensuelles jamais tournées au sein de l'industrie hollywoodienne.

    Mathieu Macheret est critique de cinéma au journal Le Monde. Il a écrit aux Cahiers du cinéma entre 2011 et 2014 et collabore actuellement aux revues Trafic et Études, ainsi qu'à l'émission Plan Large sur France Culture. Il a également contribué à des ouvrages collectifs sur les cinéastes Otto Preminger, Francis Ford Coppola, Jacques Tourneur, Manoel de Oliveira, Guy Gilles, Samuel Fuller, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

  • Une anthologie de textes inédits et illustrés sur l'alcool par le plus grand boit-sans-soif de la littérature américaine.

    Splendeurs et misères d'une âme imbibée d'alcool.
    Dans ce recueil de prose et de poésie couvrant l'ensemble de sa carrière, Charles Bukowski se sert de la bouteille comme d'une longue vue pour observer au plus près le spleen et l'idéal des déchus de l'Amérique.
    Sans jamais se départir de son sourire en coin, celui qui s'autoproclamait « le vieux dégueulasse » raconte comment l'alcool lui servait à la fois de muse, de combustible et de gaz hilarant.

  • Ce recueil, qui fait place aussi bien à l'essai qu'à la poésie, met face à face vingt et un textes et les images qui leur correspondent. Des pages d'époques, de longueur et de genres différents, qui déploient toute la gamme d'un styliste virtuose : poèmes, proses, caprices, petite scène dramatique, critique d'art, compte-rendu d'exposition... avec pour dénominateur commun, la peinture. Walser y exprime toute la saveur des peintures galantes de Fragonard, fait bruisser de vie les images d'un album d'Anker ; converse avec l'Olympia de Manet, révèle des détails inattendus de La Vénus du Titien, rehausse le mordant des miniatures de Daumier... Voici un itinéraire dans la galerie intérieure de Robert Walser, à la découverte d'une sensibilité perçante, chaloupée et délicieusement espiègle.

    Robert Walser (1878-1956) est l'auteur d'une oeuvre pleinement découverte après sa mort. Aujourd'hui, il est considéré comme le plus grand écrivain alémanique de la première moitié du XXe siècle. L'essentiel de son oeuvre se compose de centaines de proses rassemblées en volumes par l'auteur lui-même ou dispersées sous forme de « feuilletons » dans les journaux de l'époque, d'autres encore restées à l'état d'esquisses, comme Le Territoire du crayon.

  • Le Paradoxe sur le comédien est l'un des dialogues les plus célèbres - et les plus controversés - de Denis Diderot (1713-1784). Prenant à rebours l'idée d'une "sensibilité" particulière des comédiens, il y soutient que l'acteur doit maîtriser avec sang-froid tous les éléments de son jeu. Loin de ressentir les passions du personnage qu'il incarne, il crée une sorte de double idéal : "Un mannequin l'enveloppe."
    Diderot élargit le propos à la morale (une émotion ne se communique aux autres que si nous la "jouons"), à la politique (les rois et les magistrats doivent sacrifier à une mise en scène pour convaincre), à l'esthétique (la vraisemblance procède de la réalité, mais en s'opposant à elle), à la philosophie du langage (les mots sont par eux-mêmes ambigus, et le sens leur est donné par les gestes dont on les accompagne).

  • Avec humour et un zeste d'analyse critique, voici décryptée la vie de bureau telle que nous la connaissons tous. Nicolas Santolaria observe avec talent le monde du travail tel qu'il va ou deviendra pour le meilleur... ou pour le pire. Le livre culte de la "start-up nation" !
    La machine à café, l'open-space, la disparition des frontières entre vie privée et vie professionnelle, les pots d'entreprise, le harcèlement olfactif, la pratique de la trottinette, les cafés envahis par les MacBook des indépendants... En une cinquantaine de chroniques, Nicolas Santolaria, journaliste au regard affuté, explore l'univers que nous partageons tous, celui du travail tel qu'il se pratique aujourd'hui. Des situations cocasses ou embarrassantes aux " tics " contemporains dans les échanges relationnels, du langage mâtiné d'anglais aux nouvelles théories de management, farfelues ou proprement effrayantes, sans oublier les névroses plus ou moins sérieuses que cela génère, tout passe au crible de la plume alerte de l'auteur.
    Loin de n'être qu'humoristiques, ces chroniques, dans une démarche proche des mythologies de Barthes, sont également nourries de références, qui permettront au lecteur curieux d'aller plus loin sur certains sujets.
    Organisé en cinq parties (Lieux et objets ; Pratiques ; Bien-être et névroses ; Langage ; Relations humaines), le livre est rythmé d'illustrations de Matthieu Chiara, également auteur de la couverture.
    Une lecture de détente... au bureau (ou pas) !

  • Mafalda, 46 ans, toutes ses dents et toujours aussi fraîche et impertinente !On ne présente plus Mafalda, petite fille qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l'éveil d'un enfant, Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l'étrange animal qui le peuple : l'être humain. Quino donne naissance à Mafalda en 1964, personnage contestataire et anticonformiste de 10 ans, qui fera de lui un dessinateur mondialement reconnu.Les éditions Glénat sont fières de vous présenter la réédition complète de cette série emblématique à travers une nouvelle maquette sans aucun doute attrayante pour toutes les générations ! Petit bonus pour les inconditionnels, bibliophiles ou collectionneurs : une fois la série complète rééditée (janvier 2012), les tranches de tous les tomes rassemblés composeront un dessin décoiffant !

  • Aujourd'hui, l'histoire est partout. Divertissement, outil de connaissance, elle est aussi devenue un enjeu de pouvoir, inspirant instrumentalisations et appropriations. Dans ce nouvel opus de la collection " Le mot est faible ", il s'agit d'affirmer l'histoire comme une activité critique et partagée de la vie sociale, afin de lutter contre toutes les formes de dépossession.
    L'histoire est une des plus anciennes activités humaines. Et pourtant, elle est tout sauf immobile : ses formes et son rôle n'ont cessé d'évoluer. Ce qui définit notre temps, c'est que l'histoire est partout : elle s'est démocratisée, investissant tous les domaines de la culture collective. Devant le sentiment d'accélération, de déclin ou de fin du monde, le passé a par ailleurs pris un poids inédit dans nos sociétés. Divertissement, outil de connaissance, l'histoire est devenue un formidable enjeu de pouvoir, faisant l'objet d'instrumentalisations intensives. Or dans le même temps, des conceptions conservatrices de l'histoire tentent de s'imposer : " fin de l'histoire ", " roman " ou " récit " national, " crise ", " réforme ", " fake news " ou " postvérité ", autant de mots qui nourrissent de nouvelles formes de confiscation de l'histoire commune. Face à ces discours, il serait contre-productif de réserver l'histoire à l'histoire savante des historiens, ou de prétendre qu'elle devrait se désintéresser du présent. Si toute histoire ne se vaut pas, si l'histoire ne peut pas tout, il ne faut pas céder à l'impression que nous serions impuissants devant elle : il est temps d'en rouvrir les portes et de la ressaisir comme un outil de connaissance et d'émancipation collective, comme une activité critique et partagée de la vie sociale. Dire cela, ce n'est ni l'affaiblir ni exagérer sa puissance, c'est au contraire, et à la condition expresse de respecter quelques règles, lutter contre toutes les formes de dépossession.

  • Alors que l'innovation et la créativité sont les enjeux stratégiques de demain, nos méthodes d'évaluations de la performance, héritées du taylorisme, semblent figées à l'ère industrielle. Aujourd'hui, la productivité reste le principe directeur de la pensée managériale  : une priorité au sein des organisations. 
    Dans Silicon Valley, la réputation des magnats en témoigne : Jeff Bezos travaillerait 12 heures par jour, 7 jours sur 7 ; Tim Cook commencerait sa journée à 4:30  ; pour Marc Zuckerberg, on parle de 14 heures de travail par jour.  Notre culture est obsédée par la productivité - travailler plus et plus vite - parfois jusqu'à l'épuisement et au burn out. 
    D'origine anglosaxonne, l'idéologie du «  hustle », se diffuse à grande vitesse en France et dans le monde, mettant en danger notre santé mentale et physique mais aussi, paradoxalement, la performance de nos entreprises. De la globalisation du rêve américain à la glorification de la culture start-up, l'auteure remonte aux sources des forces culturelles, sociétales et biologiques qui alimentent nos croyances professionnelles toxiques. 
    Ecrit avec clarté, humour et intelligence, cet essai offre un cadre de réflexion pour repenser profondément et durablement la façon dont nous travaillons et nous affranchir du culte que nous vouons à la productivité. 

  • Je vends une vie mâle, excellente et noble, une vie libre. Qui l'achètera ? (I, 7)

  • S/Z

    Roland Barthes

    S/Z
    Sous ce titre, ou ce monogramme, transparaît une nouvelle particulièrement énigmatique de Balzac : Sarrasine. Texte qui se trouve ici découpé en " lexies ", stratifié comme une partition inscrite sur plusieurs registres, radiographié, " écouté " au sens freudien du mot.
    " Si l'on veut rester attentif au pluriel d'un texte, il faut bien renoncer à structurer ce texte par grandes masses, comme le faisaient la rhétorique classique et l'explication de texte : point de construction de texte: tout signifie sans cesse et plusieurs fois, mais sans délégation à un grand ensemble final, à une structure dernière. "
    R. B.
    Roland Barthes (1915-1980)
    Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • Au terme de sa longue vie, Goethe affirmait qu'il venait tout juste d'apprendre à lire. Dans ce recueil des meilleurs essais de Doris Lessing, rassemblés pour la première fois, on retrouve la sagesse et la passion d'un auteur qui a elle-même appris, au cours de son intense et longue vie, à lire le monde autrement. Depuis les expériences sexuelles secrètes de Tolstoï jusqu'aux mystères du soufisme, en passant par la critique des grands classiques de la littérature, ces essais abordent un très grand nombre de sujets, de cultures, de périodes et de thèmes.
    Peinture de l'âme humaine, de nos espoirs, de nos peurs et de nos désirs, Le temps mord offre un portrait unique en son genre de l'un des auteurs les plus talentueux de notre époque.

    « Dans ces passages résonne cette voix ferme, intransigeante et courageuse qui a fait de Lessing une icône de la liberté de pensée. »
    Times Literary Supplement

empty