• Depuis une quinzaine d'années, les « circuits courts » de commercialisation de produits alimentaires font leur grand retour en France. La vente directe par le producteur et l'approvisionnement local des artisans et petits commerces, pourtant millénaires, avaient en effet quasiment disparu au profit des supermarchés. Crises alimentaires aidant, et en particulier celle de la « vache folle », les consommateurs veulent aujourd'hui savoir d'où viennent leurs aliments et comment ils ont été produits. D'où un renouveau des pratiques anciennes, comme les marchés ou la vente à la ferme, mais aussi l'apparition de formes inédites, reposant par exemple sur Internet. Un mouvement finalement très divers et assez éloigné de l'image souvent réductrice véhiculée dans certains médias. Après avoir planté le décor historique, cet ouvrage se place délibérément du côté du consommateur curieux. Il répond à des questions quotidiennes : où puis-je trouver ces produits ? Sont-ils plus chers, moins chers, vraiment meilleurs de goût ? Quelle différence entre une Amap et la vente à la ferme ? Il élargit ensuite la réflexion aux implications de cette forme d'achat : quel effet sur l'emploi et l'économie locale ? Quel impact sur l'environnement et sur le paysage périurbain ? Quelles pistes pour toucher aussi les plus démunis ? Manger local : une « bonne idée » ou pas, finalement ?

  • L'ouvrage propose un cadre d'analyse des situations de coexistence et de confrontation des modèles agricoles et alimentaires, et porte ainsi un nouveau regard sur le développement territorial. Il le met à l'épreuve dans une série de travaux conceptuels et d'études de cas en France et de par le monde.

  • L'ouvrage dessine les contours d'une Politique agricole commune (PAC) idéale, en termes d'objectifs et d'instruments, qui permettrait de faciliter la nécessaire transition agro-écologique des systèmes agricoles et agro-alimentaires européens.

  • Cet ouvrage examine la place, le rôle et les fonctions qu'occupent aujourd'hui les agriculteurs et l'agriculture dans les territoires ruraux français. Il fait le point sur les mutations qu'ont subies ces territoires au cours des dernières décennies, tant d'un point de vue démographique qu'économique.
    En s'appuyant sur un ensemble de données statistiques récentes, les auteurs proposent une analyse renouvelée des dynamiques rurales contemporaines.

  • Les phénomènes migratoires occupent aujourd'hui une place essentielle dans les agendas politiques. Moins connus sont leurs effets sur les équilibres socioéconomiques des territoires d'origine et d'accueil, dans un contexte climatique déjà préoccupant.

    Composante première des mouvements de population, la migration des campagnes vers les villes est une stratégie d'amélioration de vie pour les ménages grâce aux transferts matériels et immatériels de la part des migrants et constitue un des leviers de développement local, mais elle compromet aussi l'attractivité des territoires ruraux, notamment aux yeux des plus jeunes. Elle prive en outre les secteurs agricoles et agro-alimentaires d'un capital humain nécessaire.

    À l'heure où resurgissent les crises alimentaires et où s'aggravent les tensions liées aux ressources naturelles dans l'espace afro-méditerranéen, les migrations peuvent également fragiliser la sécurité alimentaire et hydrique des territoires les plus pauvres.

    Qu'ont été et que sont les tendances migratoires en Méditerranée ? Comment intégrer ces mobilités internes et internationales comme facteur de développement territorial ? Comment aborder les migrations des jeunes et des femmes ? Quels sont les liens entre migrations et environnement ? Quels rôles jouent les innovations et le secteur privé ? Quelles réponses peuvent apporter les acteurs de la coopération et du développement ?

    La nouvelle édition du rapport Mediterra, codirigée par le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et l'Agence française de développement (AFD), donne la parole à des experts et à des institutions partenaires afin de mieux comprendre cette thématique complexe, d'identifier des solutions durables et pérennes.

  • Alors que le monde industrialisé pensait en avoir fini avec la question des subsistances, la Seconde Guerre mondiale replace l'agriculture et l'alimentation au coeur des enjeux de la reconstruction. L'Europe de l'Ouest, ravagée et affaiblie, se tourne alors vers les États-Unis pour penser une modernisation capable de fonder une nouvelle expansion. En France, l'après-guerre est ainsi le théâtre d'une profonde transformation du monde rural sous l'effet de la diffusion volontariste du « progrès », instrument d'une mise à niveau de la productivité agricole au service de la restauration de la position française dans le monde. Dans ce contexte, la création en 1946 de l'Inra constitue un moment crucial de la rencontre entre science et politique, dans la quête d'une voie de développement qui mobilise les outils des sciences du vivant pour en rationaliser l'exploitation.
    D'abord conçu comme un institut de recherche et d'expérimentation dévolu à la seule agriculture, l'Inra élargit peu à peu ses missions, déployant des compétences nouvelles sur les industries agroalimentaires, la nutrition, la biologie moléculaire ou encore l'environnement.
    Serviteur zélé des politiques publiques de modernisation, l'institut s'affirme dans le concert des grands opérateurs de recherche, aux côtés du CNRS, de l'Inserm et de l'Institut Pasteur. Mais confronté à l'essor de la recherche privée, à l'effacement du volontarisme d'État et à la montée de la contestation des sciences et des techniques, il se trouve précocement contraint, dans les années 1980 et surtout 1990, à repenser en profondeur son identité et son rôle, dans la prise de conscience croissante de l'interconnexion des questions agricoles, alimentaires et environnementales.
    Au coeur des enjeux de l'économie de la connaissance du monde contemporain, la trajectoire historique de l'Inra représente une véritable énigme, observatoire privilégié de la genèse d'une gouvernance globale du vivant et de la sécurité alimentaire. Fondé sur une documentation originale et sur un recours à la mémoire des acteurs, le présent ouvrage constitue la première synthèse historique sur cet organisme de recherche.

  • L'initiative de la Grande Muraille Verte (GMV), projet transcontinental, est une réponse de l'Afrique à la désertification, à la pauvreté et au changement climatique. Elle repose sur une approche concertée, multisectorielle, mettant en synergie des actions de lutte contre ces trois fléaux majeurs pour le continent africain. La particularité de la GMV est, tout en créant et consolidant une ligne de défense par des activités de reboisement et d'aménagement, de contribuer efficacement au développement intégré des zones rurales et d'aider à la lutte contre la pauvreté dans le cadre d'un développement durable. Il s'agit de l'installation et de la mise en valeur intégrée d'espèces végétales à valeur économique adaptées aux terres arides et aux particularités locales, de bassins de rétention, de systèmes de production agricoles et autres activités génératrices de revenus. La GMV intègre ainsi plusieurs systèmes des plantations artificielles anciennes ou nouvelles, des unités agro-sylvo-pastorales. Des zones de parcours villageoises ou intercommunautaires, des parcs animaliers, des réserves communautaires et des couloirs de migration de faune. Cet édifice transcontinental est une référence de modèle d'intégration sous-régional mettant en exergue une initiative originale initiée par des pays fortement assujettis aux phénomènes de désertification et de changement climatique Il constitue un Modèle Multisectoriel de Développement Intégré des Zones Andes (MDI/ZA). Dédié à la lutte contre tes effets et l'avancée de la désertification, à la restauration et la mise en valeur des zones dégradées et au mécanisme de développement propre dû à sa forte capacité de séquestration de carbone. L'ouvrage vise un large public, notamment les scientifiques, enseignants, décideurs, techniciens charges de la mise en oeuvre de la GMV et permet d'apprécier l'originalité du projet dans son approche concertée et multisectorielle et ses résultats dans le développement intégré des zones arides a semi-arides.

  • Les études sur le développement rural en Afrique sont émaillées de récits d'échec, de désenchantement et de crise. Pourtant, la culture du coton est reconnue comme une réussite. Selon une explication répandue, elle serait le résultat d'un développement dirigé, d'une série d'innovations techniques apportées de l'extérieur ; les paysans n'en seraient que les simples exécutants. L'ouvrage propose une autre lecture de cette révolution agricole qui souligne au contraire le rôle actif des paysans. L'histoire agraire et sociale du coton en Côte d'Ivoire est ancrée dans les périodes précoloniale et coloniale. Après l'indépendance, le succès rapide et considérable du coton résulte largement d'initiatives paysannes. Débats conflictuels au sein de la société rurale, expérimentations et pratiques innovantes des planteurs, négociations avec des intervenants externes constituent la trame du changement agricole. Dès lors, c'est tout un ensemble d'enjeux sociaux et culturels qui sous-tend l'histoire récente du coton. Aujourd'hui, dans le cadre de la privatisation, le modèle cotonnier est largement remis en cause en Côte d'Ivoire. Le démantèlement du monopole cotonnier offre la possibilité de nouvelles initiatives aux paysans, qui défendent leurs intérêts, s'organisent en coopératives et ajustent leurs façons de cultiver. Ils s'affichent comme les acteurs principaux de leur développement.

  • Malgré les sécheresses, le surpeuplement rural et la paupérisation, la petite région du Wolaita, au sud de l'Éthiopie, avec ses paysages verdoyants, échappe difficilement à son image d'Éden véhiculée par les voyageurs du XIXe siècle. Ancien grenier de l'empire éthiopien, montagne paysanne aménagée selon un remarquable savoir-faire, le Wolaita connaît pourtant un inexorable déclin. Loin des clichés et grâce à une analyse régionale soucieuse d'intégrer les dynamiques économiques et politiques, l'auteur restitue, sur plus d'un siècle, la lente transformation de ce petit pays. Depuis l'époque du conquérant Ménélik II jusqu'à la période socialiste en passant par le règne du Négus, elle retrace l'histoire du peuple d'agriculteurs-jardiniers du Wolaita, contraint à s'adapter au jeu des politiques successives. Entre l'intégration dans l'Éthiopie moderne et les spécificités régionales, entre l'ouverture économique et les sursauts identitaires, l'auteur montre comment s'élabore la construction territoriale actuelle, jusque dans ses espaces les plus reculés. Dans cette marche vers la modernité, la chute de l'Éden éthiopien ne préfigure-t-elle pas l'avènement d'une Éthiopie nouvelle ? L'ouvrage s'adresse tant aux géographes qu'aux économistes, mais également aux historiens et agronomes, ainsi qu'à tout lecteur concerné par les questions de développement.

  • Au début du xxie siècle, le paludisme demeure la première cause de mortalité et de morbidité au Cameroun, comme dans l'ensemble des pays de l'Afrique subsaharienne. Mais pour tout programme de lutte de grande envergure, une analyse de situation de l'endémie se révèle indispensable, comme le souligne l'OMS dans sa nouvelle initiative « Faire reculer le paludisme » ou « Roll back malaria ». C'est pour répondre à cette préoccupation qu'a été menée la présente expertise collégiale. Celle-ci fournit une revue complète de la littérature consacrée à l'impact des projets de développement et des grands aménagements urbains sur l'endémie palustre et sur les autres maladies vectorielles liées à l'eau. Au Cameroun, on constate une dilution des cas de paludisme et de bilharziose en milieu urbain, une stabilisation du paludisme dans l'environnement des périmètres rizicoles, de même qu'une progression des indices onchocerquiens dans les localités proches des chutes d'eau et des rapides ainsi que leur recul en aval, suite au changement du régime des eaux. Mais au-delà de l'exemple camerounais, il ressort de cette expertise que dans tout pays où sévissent les maladies endémiques liées à l'eau, la question de l'impact sanitaire des aménagements hydrauliques et hydro-agricoles doit être posée dès le stade de la conception d'un projet, mais également lors de sa mise en oeuvre et pendant toute sa phase d'exploitation. Ingénieurs, économistes, agents des services spécialisés de santé et d'éducation, sociologues, tous les acteurs du développement doivent oeuvrer ensemble et rester en dialogue permanent avec les communautés concernées. Telle est la condition pour que les populations bénéficient pleinement et sans contrepartie des retombées économiques et sociales attendues de tels projets.

  • La désertification est un phénomène mondial qui affecte près de la moitié de la surface de la planète, notamment en Afrique où 43 % des terres se trouvent dans des zones arides ou semi-arides. La lutte contre la désertification dans ces milieux constitue une des priorités majeures des États sahélo-sahariens du Circum-Sahara. L' « Initiative africaine Grande Muraille Verte » (IAGMV) répond à ces enjeux via un ensemble d'actions destinées à assurer le développement socio-économique régional. Elle signe l'émergence d'un leadership de l'Afrique dans la prise en charge de ses défis environnementaux, à travers la gestion durable et la valorisation de l'important potentiel de développement des zones arides du continent. Malgré l'acquisition de connaissances scientifiques et techniques dans les domaines liés à la gestion durable des terres en zones arides, la majeure partie de ces données n'ont pas été capitalisées et diffusées, ce qui fragilise la mise en place des différentes politiques de lutte contre la désertification. Cet ouvrage a ainsi pour objectif de faire l'état des lieux des connaissances et initiatives sur la gestion des problématiques de la désertification. Il capitalise les résultats, les expériences, les techniques et autres données issues de la recherche scientifique, mais aussi des pratiques et des savoirs traditionnels acquis au cours des cinquante dernières années. Il propose les recommandations qui en découlent afin d'optimiser les stratégies et les performances des programmes et projets de l' « Initiative Grande Muraille Verte ». Il s'adresse aux chercheurs, hydrologues, écologues, agronomes ainsi qu'aux développeurs et aménageurs investis dans les programmes de lutte contre la désertification.

  • Que signifie l'investissement actuel pour une campagne chargée de réassurer nos identités ? Étant de plus en plus nombreux à être citadins, ne s'agit-il donc là pour nous que d'une nostalgie ? Les ethnologues, géographes et sociologues dont les travaux sont rassemblés dans ce volume montrent la complexité du phénomène. S'il est vrai que la patrimonialisation de la campagne peut parfois prendre çà et là des accents passéistes, il ne s'agit que d'un effet trompeur. Dans ces reconquêtes, il ne s'agit pas seulement pour les ruraux de témoigner des valeurs qui les ont fait tenir ; il s'agit aussi, pour une société toute entière (anciens et nouveaux habitants), de se réapproprier un bien commun à partir de projets tournés vers l'avenir. Une multitude d'acteurs - associations, élus, techniciens, agriculteurs, entreprises agroalimentaires, professionnels du tourisme ou de la culture - débattent, à travers la « mise en patrimoine » d'un territoire, d'un foie gras, d'une race domestique, d'un champagne ou d'un savoir-faire..., d'autres types de rapport au monde (à l'espace, au temps, à l'habiter, au corps...) qu'il convient d'instituer. Et, patrimoine ne rimant ni avec « folklore » ni avec fermeture sur soi, ces articles démontrent que, pour y réussir, ce sont les avis de ces acteurs qu'il convient, avant tout, de prendre en compte. Cet ouvrage est issu d'un programme de recherche collectif financé par la mission du Patrimoine ethnologique du ministère de la Culture en 1994 et 1995 et intitulé « Nouveaux usages de la campagne et patrimoine ». Il est le résultat d'une animation scientifique qui, outre les responsables de la présente publication, a mobilisé sous l'autorité de la mission du Patrimoine ethnologique de nombreuses personnalités de la recherche et de la valorisation des territoires ruraux. Citons ceux qui nous ont accompagné dans la rédaction des textes de l'appel d'offres et dans les séminaires organisés aux Moussières et à Die : Noël Barbe, Jean Davallon, Françoise Dubost, Thierry Geffray, Philippe Goergen, Pierre-Antoine Landel, François Portet, Yvon Lamy, Bernadette Lizet, André Pitte. Qu'ils soient tous ici chaleureusement remerciés.

  • La représentation des campagnes dans l'espace public est ambivalente. L'adjectif rural qualifie-t-il un espace de production agricole, un univers bucolique, des territoires « périphériques » ? À distance de visions uniformisées ou de l'urgence médiatique, cet ouvrage met en lumière différentes facettes des dynamiques des espaces ruraux et périurbains. Ces dynamiques apparaissent complètement intégrées aux enjeux économiques et sociaux contemporains, que ce soit en termes de démographie et de modes de vie, d'activités économiques, ou bien de politiques publiques. Est abordée, plus particulièrement, l'importance de la fonction des bourgs, de la gestion du foncier et de son articulation aux questions environnementales, ou encore de l'architecture institutionnelle des territoires.
    /> Cette contribution collective fournit des éléments de réflexion sur les dynamiques économiques et sociales des espaces ruraux et périurbains, et s'adresse aux responsables professionnels et politiques ainsi qu'aux chargés d'étude et d'enseignement. Elle s'inscrit dans la poursuite des questionnements et connaissances proposés dans Politiques agricoles et territoires (éditions Quæ, 2009) et Repenser l'économie rurale (éditions Quæ, 2014).


  • L'irrigation permet de sécuriser les cultures dans des contextes géographiques où les pluies sont insuffisantes. Elle est indispensable à la sécurité alimentaire mondiale sujette au défi démographique. Pour autant, les enjeux d'une agriculture irriguée durable sont multiples pour répondre aux nécessités actuelles et futures. L'ouvrage apporte des éclairages sur ces différents défis, à partir de retours d'expériences issus de plusieurs décennies d'actions de développement international de l'agriculture irriguée.

  • Dans les années soixante-dix, les organismes internationaux prennent le relais des États du tiers monde pour soutenir et contrôler les politiques agricoles qui ont précédemment échoué. En Côte-d'Ivoire, la Banque mondiale finance un ambitieux projet de la Compagnie ivoirienne pour le Développement des Textiles (CIDT) : introduire la culture attelée, intensifier les cultures vivrières et rendre les champs permanents dans le Nord-Ouest ivoirien. Ce livre retrace les débuts (1974 à 1978) de la passionnante aventure de paysans qui, dans une région faiblement peuplée, ont élaboré des systèmes agraires en harmonie avec l'environnement. Opérant un tri dans la panoplie technologique proposée par la CIDT, ils restent à l'affût de ce qui améliorera leur niveau de vie ou l'organisation de leur travail. Mais les nouvelles techniques contribuent à accentuer les différenciations socio-économiques ; la stabilisation des cultures demeure encore une chimère, pour la CIDT comme pour les paysans, et, dans ces conditions, le bulldozer ravage les sols ; la concurrence vivriers-coton n'est pas un vain mot quand c'est une société cotonnière qui se charge de promouvoir le riz et le maïs ; l'installation récente des Peul et de leurs zébus chassés du Sahel par la sécheresse suscite des projets de développement contraignants, pour les éleveurs comme pour les paysans ; les villes attirent les jeunes aussi... Tout bouge, la voie du développement n'est décidément pas aussi clairement tracée que le croyait la CIDT, mais la culture attelée est adoptée et la puissante volonté de progrès des paysans ne laisse pas indifférent. Quinze ans ont passé. De nouvelles études de l'ORSTOM cherchent à saisir l'évolution actuelle : l'ajustement structurel sévit ici comme ailleurs dans le tiers monde, les charrues sont toujours là, mais il n'y a plus l'aide de l'État comme dans les années soixante, plus d'aide internationale comme dans les années soixante-dix, les paysans se trouvent seuls à inventer leur avenir.

  • Au village, tandis que les anciens s'inquiètent de l'avenir de la communauté, les jeunes s'ennuient... D'ailleurs, ils postulent de moins en moins pour succéder à leurs parents sur les exploitations agricoles. Quant à ces derniers, ils espèrent sortir leurs enfants de la condition paysanne : « le meilleur héritage qu'on puisse leur laisser, c'est l'instruction ». Ces changements sont le signe d'une remise en cause des anciennes valeurs paysannes (attachement au terroir, affirmation dans le travail) pour de nouvelles aspirations (mieux-être, ouverture à la ville). Aux yeux des paysans andins, l'école est un moyen privilégié pour changer de statut social, participer au progrès et s'intégrer à la société péruvienne. La mobilité sociale n'est plus un vain mot ; elle constitue le principal objectif des stratégies familiales. L'accès à l'instruction modifie l'organisation socio-économique des familles et celle de l'institution communale. D'une gestion collective des ressources, la communauté s'oriente vers la simple fourniture de services. Le resserrement des relations avec la ville accentue l'opposition entre les intérêts familiaux et ceux de la communauté. Mais les conflits ne sont-ils pas le moteur du changement social ?

  • Les interactions entre sociétés humaines et environnement constituent un défi majeur pour l'avenir de la planète. Les conférences internationales (Rio, Kyoto, Johannesburg, etc.) montrent toute l'ambiguïté et tous les enjeux économiques et politiques nationaux qui s'y expriment. Dans ce contexte hautement politique, comment créer des convergences qui répondent aux besoins des populations et à une gestion environnementale appropriée ? C'est bien là toute la difficulté du développement durable. L'une des réponses qu'apporte ce livre passe par la nécessité de renouveler en profondeur les problématiques scientifiques et par l'importance de développer des études au niveau local ; car c'est là où se trouvent confrontées les stratégies des sociétés et les réponses qu'elles apportent aux multiples contraintes auxquelles elles ont à faire face. Connaître et faire connaître, dans les processus de prise de décision, les capacités d'adaptation et d'innovation des sociétés locales, cerner de nouveaux modes de régulation pour l'usage des ressources naturelles, proposer des stratégies alternatives de développement durable : tels sont les enjeux fondamentaux des études développées dans ce livre, à partir d'exemples contrastés pris dans la zone bioclimatique méditerranéenne.

  • Au Nord comme au Sud, l'accès à l'eau, que celle-ci soit à usage domestique ou agricole, devient de plus en plus difficile pour les populations pauvres, alors que les différents types d'exclusion se combinent pour accentuer les inégalités. Pour comparer les processus actuellement en cours sur les cinq continents et tenter d'inverser ces tendances, l'IRD a organisé en 2005 des rencontres à l'université d'Agadir avec l'appui du CRDI et de la Ford Fondation. Les chercheurs, décideurs et responsables d'ONG réunis à cette occasion proposent dans le présent CD un cadre d'action et invitent les pouvoirs publics à renouveler les politiques publiques et répondre aux revendications locales.

  • Dans un contexte où la décentralisation est devenue un enjeu majeur des politiques nationales et européennes, le développement régional multiplie ses domaines d'applications : territoires, pôles d'excellence rurale, réseaux d'acteurs et innovation, gestion durable des espaces naturels, produits de qualité, etc.
    Cette diversité a été analysée et valorisée en lien étroit avec les acteurs des territoires ruraux, par le programme transversal PSDR ("Pour et sur le développement régional") que l'Inra a conduit depuis 1994 dans cinq régions françaises. Ce livre présente la synthèse des recherches réalisées, les résultats obtenus et l'analyse des liens ou tensions entre les dynamiques territoriales et d'autres leviers de développement. Au-delà des chercheurs français et étrangers, ce livre s'adresse aux acteurs privés et publics des territoires, des collectivités territoriales et du développement rural.

  • Un pays est d'abord un territoire, et il a fallu des siècles pour occuper celui du Québec. Mais la désintégration des régions périphériques et le fossé qui se creuse chaque jour davantage entre elles et la région de Montréal constituent une menace sans précédent pour l'identité, l'intégrité et l'avenir du Québec.

    Depuis la parution de la première édition en 2006, «Y a-t-il un avenir pour les régions?» est devenu un livre de référence pour penser la problématique des régions au Québec. Si plusieurs situations ont évolué, le constat qu'y posait Roméo Bouchard garde toute sa pertinence car depuis, la dévitalisation et la pression sur les ressources forestières, agricoles et surtout minières s'accentuent dans les régions périphériques.

    Cet essai percutant, entièrement réactualisé, dresse un bilan sans complaisance de 40 ans de politiques de développement régional et d'initiatives de développement local et propose une véritable politique d'occupation du territoire. Traçant un portrait précis de chacune des régions administratives du Québec leur histoire, leurs particularités, leurs richesses et leurs défis , il révèle le Québec dans toute son étendue et sa variété. Il inspirera à coup sûr des projets de voyage, de développement rural et d'entraide inter-régionale.

  • Dans le prolongement de l'ouvrage Les paysans peuvent-ils nourrir le tiers-monde? (Publications de la Sorbonne, 1995), les auteurs centrent ici l'analyse sur les implications pour les petits producteurs familiaux ou paysans des politiques de libéralisation économique mises en oeuvre à l'échelle mondiale depuis le début des années 1980. La première partie étudie les modalités de passage d'une régulation de l'agriculture dominée par les interventions de l'Etat à une régulation centrée sur le marché. Dans la deuxième partie sont examinées les conséquences de cette mutation pour les producteurs ruraux, c'est-à-dire les relations entre les forces de décomposition ou de différenciation des paysanneries et leurs dynamiques de résistance ou d'adaptation. La troisième partie s'intéresse plus particulièrement aux processus d'organisation des paysans et à leurs actions collectives. Par-delà la très grande diversité des situations en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe, les analyses comparatives font ressortir les capacités d'innovation économique, sociale et politique des sociétés paysannes, mais aussi l'urgence d'un projet de développement qui aille au-delà de leur subordination à l'Etat ou de leur soumission au marché.

  • Cet essai considère l'espace public mexicain en tant que construction sociale hiérarchisée, révélatrice des rapports de pouvoir et des orientations idéologiques qui se manifestent depuis que les femmes autochtones, organisées collectivement, y jouent un rôle spécifique, tant économique que politique. L'analyse des dispositifs de développement rural, au sein de l'espace économique, met en évidence les phénomènes d'altérisation mais aussi de constitution du sujet femme autochtone, à partir des rapports de pouvoir qu'elles subissent et sur lesquels elles se donnent la possibilité d'agir. L'espace politique féminin autochtone, quant à lui, est un espace pluriel où de nouveaux imaginaires entrent en compétition; parmi eux, le corporatisme et la résistance rebelle zapatiste. Rendre compte de l'intervention des femmes autochtones dans l'espace public nécessite d'articuler le genre avec l'exclusion ethnique, la classe sociale et la citoyenneté. Dès lors, ce texte met en évidence les identités sociales, sexuelles, culturelles et ethniques - et leurs transformations -, ainsi que les processus de légitimation sociale et politique de groupes sociaux émergents.

  • Cet ouvrage prend le parti de traiter de la transformation contemporaine des campagnes dans un cadre national et d'observer les processus actuellement à l'oeuvre, en Allemagne. Comme partout en Europe, les changements socio-économiques impulsés par la société urbaine ont entraîné dans les campagnes allemandes la marginalisation de l'agriculture et ont favorisé le développement de fonctions nouvelles de résidence, de tourisme et de loisirs ou encore de conservatoire de nature, de paysages et de patrimoines. Le cas allemand est ici examiné non pas pour le camper dans une supposée exceptionnalité mais plutôt pour éclairer la façon dont se cristallisent, dans des contextes situés, des représentations et des pratiques qui remodèlent les espaces ruraux : les évolutions se jouent à l'articulation entre les dynamiques parfois expérimentales de niveau local et les modèles européens en circulation que les acteurs captent et réinterprètent en se référant à des répertoires d'idées et de savoir-faire plus ou moins institués et légitimés au fil des décennies antérieures. L'ouvrage interroge les conséquences de la réunification, le fonctionnement du système fédéral et les manières dont se sont construits historiquement les catégories et les outils de l'action publique du pays. Chercheurs en sciences sociales et spécialistes du monde rural, les contributeurs de l'ouvrage ont engagé un dialogue mêlant les points de vue disciplinaires et confrontant les cultures scientifiques françaises et allemandes. Privilégiant les approches diachroniques et multiscalaires, ils explorent ensemble les processus contemporains de construction de la ruralité en Allemagne.

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